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  • L’indemnité carburant recouvre deux dispositifs distincts qui sont la prime carburant versée par l’employeur à ses salariés, et l’aide ponctuelle de l’État réservée aux travailleurs modestes.
  • La prime carburant versée par l’employeur reste facultative. Elle est exonérée de cotisations sociales et d’impôt jusqu’à 600 € par an et par salarié en 2026.
  • Pour 2026, l’indemnité carburant est ouverte à tous les salariés et se cumule avec le remboursement des transports publics, à titre temporaire.
  • La mise en place de l’indemnité de carburant repose sur un accord collectif ou une décision unilatérale de l’employeur, après consultation du CSE lorsqu’il existe.

L’indemnité carburant désigne, dans le langage courant, deux aides bien différentes qui allègent le coût des trajets des actifs, à savoir la prime carburant et l’aide ponctuelle de l’État. Côté entreprise, il s’agit surtout de la prime carburant, une somme que l’employeur peut verser à ses salariés pour couvrir une partie de leurs frais de trajet domicile-travail. En comptabilité, cette prime s’enregistre comme une charge de personnel déductible du résultat, et son montant exonéré figure sur le bulletin de paie.

Qu’est-ce que l’indemnité carburant ?

Le terme « indemnité carburant » prête à confusion, car il renvoie à deux mécanismes qui n’ont ni la même source ni le même bénéficiaire. D’un côté, l’employeur peut aider ses salariés à payer l’essence ou le gazole de leurs trajets. De l’autre, l’État a mis en place, à certaines périodes, une aide directe aux automobilistes aux revenus modestes.

La prime carburant est versée par l’entreprise à ses salariés. L’aide de l’État, elle, est versée directement par l’administration fiscale aux particuliers qui en font la demande. Les deux ne se cumulent pas dans le même circuit et ne répondent pas aux mêmes règles.

La prime carburant versée par l’employeur

La prime carburant est une participation de l’employeur aux frais de carburant que le salarié engage pour se rendre au travail avec son véhicule personnel. Elle fait partie de ce que le Code du travail appelle la « prime de transport ». Concrètement, l’entreprise verse une somme, forfaitaire ou calculée sur justificatifs, qui vient soulager le budget déplacement du salarié.

La prime carburant versée par l’employeur concerne les véhicules thermiques comme les véhicules électriques, hybrides ou à hydrogène. Pour ces derniers, elle couvre aussi les frais de recharge ou d’alimentation.

L’aide de l’État aux travailleurs

L’aide de l’État « indemnité carburant » est un dispositif distinct de la prime d’entreprise, déployé en 2026 pour les actifs qui roulent beaucoup et gagnent peu. Il s’agit d’une aide ponctuelle, versée une seule fois par l’administration fiscale, sans lien avec l’employeur. Cette aide continue d’apparaître dans les recherches alors qu’elle obéit à une logique totalement différente de la prime versée par l’entreprise, qui, elle, s’inscrit dans la durée.

Prime carburant, prime de transport et indemnité kilométrique : quelles différences ?

La prime carburant, la prime de transport et l’indemnité kilométrique se ressemblent, mais ne couvrent pas les mêmes situations. La prime carburant et la prime de transport concernent les trajets domicile-travail. L’indemnité kilométrique, en revanche, rembourse les déplacements réalisés dans le cadre du travail. Le forfait mobilités durables, lui, encourage les modes de transport plus écologiques.

Critère Prime carburant / de transport Indemnité kilométrique Forfait mobilités durables
Trajets concernés Domicile-travail Déplacements professionnels Domicile-travail en mobilité douce
Caractère Facultatif Remboursement de frais engagés Facultatif
Mode de transport Voiture, deux-roues motorisé Véhicule personnel en mission Vélo, covoiturage, mobilités partagées
Base de calcul Forfait ou frais réels Barème kilométrique Forfait annuel

La distinction compte, car les régimes fiscaux et sociaux diffèrent. Un même salarié peut ainsi percevoir une prime carburant pour venir travailler et une indemnité kilométrique lorsqu’il utilise sa voiture pour une mission professionnelle.

La prime carburant employeur est-elle obligatoire ?

Non, la prime carburant reste facultative. L’employeur choisit librement de la mettre en place ou non. Cette liberté marque une différence nette avec la prise en charge des abonnements de transports en commun, qui, elle, est obligatoire.

En effet, l’article L3261-2 du Code du travail impose à tout employeur de rembourser 50 % du prix des abonnements de transports publics souscrits par ses salariés pour leurs trajets domicile-travail. La prime carburant relève d’une autre logique. Elle vise les salariés qui utilisent leur voiture, souvent faute d’alternative en transport collectif, et l’employeur décide seul de l’accorder.

Même facultative, la prime carburant obéit à des règles précises une fois instaurée. L’employeur ne peut pas la réserver arbitrairement à certains salariés. L’attribution doit suivre des critères objectifs afin d’éviter toute rupture d’égalité entre les collaborateurs placés dans une situation comparable.

Qui peut bénéficier de la prime carburant en 2026 ?

En 2026, la prime carburant s’ouvre à l’ensemble des salariés. Cette évolution marque un vrai changement, car les conditions restrictives des années précédentes sont suspendues jusqu’au 31 décembre 2026.

Jusqu’en 2025, seuls certains salariés pouvaient recevoir cette prime de façon exonérée. Il fallait, par exemple, résider dans une zone mal desservie par les transports en commun ou travailler selon des horaires décalés incompatibles avec les lignes régulières. Désormais, ces conditions ne s’appliquent plus temporairement. Tout salarié qui engage des frais de carburant pour se rendre au travail peut donc en profiter.

Ceux qui peuvent bénéficier de la prime carburant sont donc :

  • Les salariés en CDI ou en CDD, à temps plein comme à temps partiel ;
  • Les salariés qui utilisent une voiture, mais aussi un deux-roues motorisé, pour leurs trajets domicile-travail ;
  • Les salariés qui prennent déjà en charge un abonnement de transport public, puisque le cumul est autorisé pour 2026.
L’ouverture de la prime carburant à tous les salariés et son cumul avec les transports publics résultent d’une mesure temporaire, applicable jusqu’au 31 décembre 2026. À partir de 2027, les critères plus restrictifs pourraient revenir, sauf reconduction décidée par les pouvoirs publics.

Les conditions pour bénéficier de la prime carburant suspendues pour 2026

Deux conditions d’attribution de la prime carburant sont suspendues pour l’année 2026. D’une part, le salarié n’a plus besoin de justifier que son domicile ou son lieu de travail se situe hors d’une zone couverte par les transports collectifs. D’autre part, l’interdiction de cumuler la prime carburant avec le remboursement d’un abonnement de transport public disparaît.

Cette souplesse vise à soutenir le pouvoir d’achat des salariés face au coût des déplacements. Elle facilite aussi la vie des employeurs, qui n’ont plus à vérifier des critères parfois difficiles à contrôler.

Le cas des salariés à temps partiel et multi-employeurs

Un salarié à temps partiel a droit à la prime carburant dans les mêmes conditions qu’un salarié à temps plein, dès lors qu’il travaille au moins à mi-temps. En dessous de ce seuil, la prise en charge de la prime carburant peut être calculée au prorata de son temps de travail.

Lorsqu’un salarié cumule plusieurs emplois, chaque employeur peut lui verser une prime carburant. Le plafond d’exonération de 600 € s’apprécie alors employeur par employeur, ce qui permet au salarié multi-employeurs de bénéficier de plusieurs primes exonérées.

Quel est le montant de la prime carburant en 2026 ?

En 2026, la prime carburant est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu jusqu’à 600 € par an et par salarié. Ce plafond a doublé par rapport à 2025, où il s’élevait à 300 € pour le carburant. Il rejoint ainsi celui déjà prévu pour les frais d’alimentation des véhicules électriques, hybrides et à hydrogène.

Le montant de la prime carburant

L’employeur fixe librement le montant qu’il verse. Il peut choisir une somme inférieure au plafond, mais toute part versée au-delà de 600 € redevient soumise aux cotisations et à l’impôt, comme un complément de salaire classique.

Dispositif Plafond d’exonération 2026 À noter
Prime carburant (véhicule thermique) 600 € / an / salarié Plafond doublé pour 2026
Frais d’alimentation (électrique, hybride, hydrogène) 600 € / an / salarié Recharge comprise
Prime carburant + forfait mobilités durables Cumul possible Dans la limite du plafond global, calculé salarié par salarié
Sonia, employeur d’une agence de communication en zone périurbaine, verse à chacun de ses salariés une prime carburant de 50 € par mois, soit 600 € sur l’année. La totalité de cette somme échappe aux cotisations sociales et à l’impôt en 2026. Si elle décidait de porter cette prime à 700 € annuels, seuls 600 € resteraient exonérés, et les 100 € supplémentaires seraient traités comme du salaire.

Le plafond d’exonération de la prime carburant porté à 600 € en 2026

Le doublement du plafond de la prime carburant découle d’une mesure gouvernementale confirmée par le Bulletin officiel de la Sécurité sociale le 6 août 2026. Cette hausse, qui fait passer le plafond de 300 € à 600 €, s’inscrit dans une logique de soutien au pouvoir d’achat et concerne uniquement l’exercice 2026.

Le montant du plafond peut désormais évoluer par voie réglementaire, sans passer par une loi. Cette simplification, validée par le Conseil constitutionnel en 2026, rend le dispositif plus réactif face aux variations du prix des carburants.

Le régime social et fiscal de la prime carburant

La prime carburant n’entre pas dans l’assiette des cotisations sociales et n’est pas imposable pour le salarié, tant qu’elle reste dans la limite de 600 € par an. Le fondement de cette exonération figure à l’article 81, 19° ter du Code général des impôts pour le volet fiscal.

Pour l’entreprise, la prime carburant constitue une charge déductible de son résultat imposable. Elle représente donc une façon d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés à un coût maîtrisé, sans alourdir les charges sociales.

Comment mettre en place la prime carburant dans l’entreprise ?

La mise en place de la prime carburant suit quelques étapes précises. L’employeur doit d’abord choisir son cadre juridique, puis informer les salariés et tracer les versements. Voici la marche à suivre :

  1. Choisir le cadre de mise en place, par accord collectif ou par décision unilatérale de l’employeur ;
  2. Consulter le CSE lorsque l’entreprise en est dotée, avant toute décision unilatérale ;
  3. Définir les modalités de la prime (montant, bénéficiaires, critères d’attribution et mode de versement) ;
  4. Informer les salariés au moins un mois avant la mise en application ;
  5. Verser la prime et la faire figurer sur le bulletin de paie de chaque salarié concerné ;
  6. Conserver les justificatifs afin de sécuriser l’exonération en cas de contrôle URSSAF.
Paul dirige une PME de transport de 15 salariés implantée dans une commune rurale. La plupart de ses collaborateurs viennent travailler en voiture, faute de ligne de bus adaptée. Il décide d’instaurer une prime carburant de 40 € par mois par une décision unilatérale, après avoir recueilli l’avis de son CSE. Il informe ses équipes un mois avant, puis fait apparaître la prime sur chaque fiche de paie. En moins d’un mois, le dispositif est opérationnel et entièrement exonéré.

Accord collectif ou décision unilatérale pour mettre en place la prime carburant en entreprise

L’employeur dispose de deux voies pour instaurer la prime carburant. La première passe par un accord collectif, négocié avec les représentants du personnel ou au niveau de la branche. La seconde repose sur une décision unilatérale, prise directement par l’employeur.

La décision unilatérale reste la voie la plus rapide et la plus utilisée dans les petites structures. Lorsqu’un CSE existe, l’employeur doit toutefois le consulter avant de trancher. Ces obligations envers le CSE garantissent que les représentants du personnel sont associés à la décision.

Justificatifs et versement de la prime carburant en entreprise

Pour sécuriser l’exonération de la prime carburant, l’employeur doit pouvoir prouver la réalité des frais engagés. Il conserve donc les justificatifs de trajet ou une attestation sur l’honneur du salarié, ainsi que la trace des versements effectués. Une note de frais claire facilite ce suivi.

Le versement de la prime carburant peut prendre plusieurs formes. L’employeur règle la prime par virement, par chèque, ou via des titres-mobilité, ces supports dématérialisés dédiés aux frais de déplacement. Dans tous les cas, la prime doit apparaître sur le bulletin de paie, avec une mention distincte du salaire.

Peut-on cumuler la prime carburant avec d’autres dispositifs ?

Oui, la prime carburant se cumule avec plusieurs autres dispositifs d’aide aux déplacements, sous réserve de respecter les plafonds d’exonération. Ce cumul permet à l’employeur de composer une politique de mobilité adaptée à ses salariés.

Les principaux cumuls autorisés sont les suivants :

  • Avec le remboursement des abonnements de transports publics, désormais possible pour 2026 ;
  • Avec le forfait mobilités durables, dans la limite d’un plafond global d’exonération ;
  • Avec l’indemnité kilométrique versée pour les déplacements professionnels, qui répond à une autre finalité.

Le point de vigilance porte sur le calcul. Chaque cumul avec la prime carburant s’apprécie salarié par salarié, afin de vérifier que la somme des aides exonérées ne dépasse pas le plafond applicable à chaque salarié.

L’indemnité carburant recouvre deux réalités qu’il faut distinguer. Pour l’entreprise, la prime carburant est un levier de pouvoir d’achat facultatif, exonéré jusqu’à 600 € par an et par salarié en 2026, ouvert à tous les salariés et cumulable avec les transports publics à titre temporaire. Sa mise en place se fait par accord collectif ou décision unilatérale, après consultation du CSE, avec versement tracé sur le bulletin de paie. L’aide de l’État du même nom, versée une seule fois aux travailleurs modestes, obéit à une logique différente et n’engage pas l’employeur.

Devis d'expertise comptable

Xavier de Labarrière

Expert-comptable inscrit à l’Ordre Xavier est spécialisé dans l’accompagnement des petites entreprises et entreprises à forte croissance. Il a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise en tant qu’expert comptable. Il est président de ComptaPlace, la filiale d’expertise comptable de LegalPlace.

Dernière mise à jour le 20/08/2026

FAQ

L'employeur est-il obligé de verser une prime carburant ?

Non, la prime carburant reste facultative. L’employeur décide librement de l’instaurer. Seule la prise en charge de 50 % des abonnements de transports publics est obligatoire pour tous les employeurs.

Quel est le montant maximum exonéré de la prime carburant en 2026 ?

Le plafond d’exonération de cotisations sociales et d’impôt de la prime carburant atteint 600 € par an et par salarié en 2026. Ce montant a doublé par rapport à 2025. Toute somme versée au-delà est traitée comme du salaire.

Tous les salariés peuvent-ils recevoir la prime carburant ?

Oui, en 2026, la prime carburant est ouverte à tous les salariés. Les conditions restrictives des années précédentes sont suspendues jusqu’au 31 décembre 2026. Un salarié qui prend déjà en charge un abonnement de transport public peut aussi en bénéficier.

La prime carburant est-elle soumise à l'impôt sur le revenu ?

Non, tant qu’elle reste dans la limite de 600 € par an, la prime carburant n’est pas imposable pour le salarié. Elle échappe également aux cotisations sociales. La part versée au-delà du plafond redevient imposable.

Peut-on cumuler la prime carburant et le forfait mobilités durables ?

Oui, le cumul de la prime carburant et du forfait mobilités durables est autorisé, dans la limite d’un plafond global d’exonération. Le calcul s’effectue salarié par salarié afin de ne pas dépasser la limite applicable à chacun.

Comment justifier les frais de carburant auprès de l'employeur ?

Le salarié fournit une attestation sur l’honneur ou des justificatifs de ses trajets domicile-travail. L’employeur conserve ces documents ainsi que la trace des versements, ce qui sécurise l’exonération de la prime carburant en cas de contrôle URSSAF.

L'aide de l'État « indemnité carburant » existe-t-elle encore en 2026 ?

L’aide de l’État « indemnité carburant » de 100 € a été versée en 2026 aux travailleurs modestes, sur demande auprès de l’administration fiscale, jusqu’au 31 août 2026. Il s’agit d’une aide ponctuelle, distincte de la prime versée par l’employeur.

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Rédigé par

Xavier de Labarrière

Expert-comptable inscrit à l'Ordre Xavier est spécialisé dans l'accompagnement des petites entreprises et entreprises à forte croissance. Il a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise en tant qu'expert comptable. Il est président de ComptaPlace, la filiale d'expertise comptable de LegalPlace.