Qu’est-ce que la procédure de sauvegarde et comment fonctionne-t-elle ?
Dernière mise à jour le 12/05/2026
- Qu’est-ce que la procédure de sauvegarde ?
- Sauvegarde vs redressement vs liquidation : quelles différences ?
- Quelles sont les conditions pour ouvrir une procédure de sauvegarde ?
- Comment se déroule une procédure de sauvegarde ?
- Quelles sont les conséquences de la procédure de sauvegarde ?
- Qu’est-ce que la procédure de sauvegarde accélérée ?
- Procédure de sauvegarde : et après ?
- FAQ
- La procédure de sauvegarde est un mécanisme judiciaire préventif ouvert aux entreprises en difficulté qui ne sont pas encore en cessation des paiements.
- Seul le dirigeant peut en faire la demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde, volontairement, auprès du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire compétent.
- La procédure de sauvegarde débouche sur un plan de sauvegarde d’une durée maximale de 10 ans, destiné à restructurer l’entreprise tout en maintenant l’emploi.
- Agir tôt est décisif, attendre la cessation des paiements fait basculer l’entreprise vers le redressement judiciaire, une procédure bien plus contraignante que la sauvegarde.
Lorsqu’une entreprise traverse des difficultés économiques, financières ou juridiques qu’elle ne parvient pas à surmonter seule, la procédure de sauvegarde lui offre une protection judiciaire pour restructurer ses dettes et poursuivre son activité. Conçue pour les entreprises qui anticipent leurs problèmes avant d’atteindre la cessation des paiements, cette procédure collective permet au dirigeant de conserver le contrôle de la gestion de l’entreprise tout en négociant un plan de remboursement avec ses créanciers sous l’égide du tribunal.
Qu’est-ce que la procédure de sauvegarde ?
La procédure de sauvegarde est une procédure collective régie par les articles L620-1 à L627-4 du Code de commerce. Elle permet à une entreprise confrontée à des difficultés qu’elle ne parvient pas à surmonter seule de se placer sous la protection du tribunal, afin d’organiser le règlement de ses dettes tout en continuant à fonctionner.
Le principe de la procédure de sauvegarde repose sur l’anticipation. Contrairement au redressement judiciaire ou à la liquidation judiciaire, la procédure de sauvegarde intervient en amont de la cessation des paiements. L’entreprise est encore solvable, mais elle identifie des difficultés d’ordre économique, financier ou juridique susceptibles de compromettre sa pérennité à court ou moyen terme.
La procédure de sauvegarde poursuit trois objectifs complémentaires, permettre la poursuite de l’activité économique, maintenir l’emploi et organiser l’apurement du passif dans des conditions négociées avec les créanciers.
Sauvegarde vs redressement vs liquidation : quelles différences ?
La procédure de sauvegarde est la première des trois grandes procédures collectives prévues par le Code de commerce. Comprendre leurs différences entre la sauvegarde, le redressement judiciaire et la liquidation judiciaire est utile pour identifier la situation dans laquelle se trouve une entreprise et anticiper les conséquences de chaque voie.
| Critère | Sauvegarde | Redressement judiciaire | Liquidation judiciaire |
|---|---|---|---|
| Cessation des paiements | Non requise | Obligatoire | Obligatoire |
| Qui peut saisir le tribunal | Uniquement le dirigeant | Dirigeant, créancier, ministère public | Dirigeant, créancier, ministère public |
| Situation de l’entreprise | Difficultés insurmontables sans cessation des paiements | Cessation des paiements | Cessation des paiements + redressement impossible |
| Période d’observation | 12 mois maximum | 18 mois maximum | Aucune |
| Maintien du dirigeant | Oui, avec surveillance possible | Oui, avec assistance obligatoire | Non — le liquidateur prend le contrôle |
| Objectif principal | Réorganisation et maintien de l’activité | Apurement du passif et maintien si possible | Cession des actifs et remboursement des créanciers |
| Issue possible | Plan de sauvegarde (10 ans max) | Plan de redressement ou liquidation | Clôture pour extinction du passif ou insuffisance d’actifs |
Procédure de sauvegarde vs redressement judiciaire
La différence majeure entre la procédure de sauvegarde et le redressement judiciaire tient à un seul critère, la cessation des paiements. La sauvegarde intervient avant ce seuil, l’entreprise rencontre des difficultés sérieuses mais règle encore ses dettes. Le redressement judiciaire, lui, s’ouvre obligatoirement lorsque l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible.
Dans la sauvegarde, seul le dirigeant peut saisir le tribunal, ce qui lui garantit une maîtrise totale du calendrier et de la stratégie. Dans le redressement judiciaire, le dirigeant a l’obligation légale de déposer une déclaration de cessation des paiements dans les 45 jours suivant celle-ci, mais un créancier ou le ministère public peut également forcer l’ouverture de la procédure avant que le dirigeant n’agisse, le privant de toute initiative. Par ailleurs, la période d’observation est limitée à 12 mois dans la sauvegarde contre 18 mois dans le redressement, et le dirigeant conserve davantage d’autonomie dans sa gestion quotidienne.
Procédure de sauvegarde vs liquidation judiciaire
La procédure de sauvegarde et la liquidation judiciaire s’opposent sur quasiment tous les points. La sauvegarde est une procédure de préservation, l’entreprise continue son activité, le dirigeant reste aux commandes et l’objectif est de trouver un plan de restructuration viable. La liquidation judiciaire est une procédure de fermeture, l’activité cesse, le dirigeant est immédiatement dessaisi au profit d’un liquidateur, les salariés sont licenciés et les actifs sont vendus pour rembourser les créanciers.
La liquidation judiciaire ne s’ouvre que lorsque deux conditions sont réunies simultanément, la cessation des paiements est avérée et le redressement de l’entreprise est manifestement impossible. Elle ne comporte aucune période d’observation et ne peut déboucher sur aucun plan de continuation.
Quelles sont les conditions pour ouvrir une procédure de sauvegarde ?
Pour bénéficier de la procédure de sauvegarde, l’entreprise doit satisfaire à deux conditions cumulatives posées par l’article L620-1 du Code de commerce, justifier de difficultés réelles et insurmontables et ne pas être en état de cessation des paiements.
Conditions liées à la situation de l’entreprise
Pour ouvrir un procédure de sauvegarde l’entreprise doit justifier de difficultés réelles et insurmontables. Les difficultés de l’entreprise peuvent être de trois natures.
Les difficultés économiques regroupent une baisse durable du chiffre d’affaires, la perte d’un client stratégique ou un marché en déclin structurel. Les difficultés financières correspondent à une trésorerie insuffisante, un accès au crédit bloqué ou des échéances devenues difficiles à honorer. Les difficultés juridiques désignent notamment un litige en cours susceptible d’engendrer une condamnation financière significative pour l’entreprise.
La condition essentielle pour ouvrir une procédure de sauvegarde est que les difficultés de l’entreprise soient insurmontables par l’entreprise seule, c’est-à-dire qu’elle ne dispose pas des ressources internes suffisantes pour les résoudre sans intervention judiciaire. Une difficulté passagère et surmontable ne suffit pas à ouvrir la procédure. En pratique, le tribunal apprécie le caractère insurmontable des difficultés au cas par cas, en analysant la situation globale de l’entreprise. Plusieurs indices peuvent démontrer ce caractère insurmontable, l’épuisement des réserves de trésorerie sans perspective de reconstitution à court terme, l’impossibilité d’obtenir de nouveaux financements bancaires, le refus des créanciers de renégocier les échéances à l’amiable, ou encore la perte d’un débouché commercial majeur sans possibilité de le remplacer dans un délai raisonnable.
Qui est concerné par une procédure de sauvegarde ?
Pour ouvrir une procédure de sauvegarde l’entreprise doit exercer une activité économique réelle, qu’elle soit commerciale, artisanale, libérale ou agricole. Les personnes morales de droit privé et les personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante sont toutes deux éligibles à la procédure de sauvegarde.
Sont éligibles à la procédure de sauvegarde :
- Les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA, SNC et autres) ;
- Les entrepreneurs individuels (EI) y compris les micro-entrepreneurs ;
- Les artisans peu importe leur statut juridique ;
- Les professions libérales réglementées telles que les médecins, architectes ou avocats, ainsi que les exploitants agricoles.
Comment se déroule une procédure de sauvegarde ?
La procédure de sauvegarde judiciaire suit un enchaînement structuré en cinq étapes allant de la saisine du tribunal jusqu’à l’adoption d’un plan de restructuration. Chaque étape répond à des règles précises fixées par les articles L620-1 à L626-8 du Code de commerce :
- Demande d’ouverture de la procédure de sauvegarde auprès du tribunal ;
- Jugement d’ouverture et nomination des organes ;
- La déclaration de créances des créanciers ;
- Période d’observation ;
- Élaboration et validation du plan de sauvegarde.
Étape 1 : La demande d’ouverture de la procédure de sauvegarde auprès du tribunal
La demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde ne peut être déposée que par le représentant légal de l’entreprise c’est-à-dire le gérant pour une SARL, le président pour une SAS. C’est une démarche exclusivement volontaire, aucun créancier, aucun tiers ne peut l’imposer au dirigeant.
La demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde est adressée au tribunal de commerce pour les activités commerciales et artisanales, au tribunal judiciaire pour les professions libérales, ou au Tribunal des Activités Économiques (TAE) dans les 12 villes concernées par la réforme de janvier 2025.
Le dossier de demande d’ouverture d’une sauvegarde doit notamment comporter les comptes annuels du dernier exercice, une situation de trésorerie à jour, un compte de résultat prévisionnel, l’état chiffré des créances et des dettes, l’inventaire sommaire des biens de l’entreprise, ainsi qu’une attestation sur l’honneur certifiant l’absence de mandat ad hoc ou de conciliation dans les 18 mois précédant la demande.
Étape 2 : Le jugement d’ouverture de la sauvegarde et les organes nommés
Le jugement d’ouverture de la procédure de sauvegarde
Si le tribunal estime la demande de sauvegarde fondée, après avoir entendu le représentant légal et, le cas échéant, les représentants du comité social et économique (CSE), il rend un jugement d’ouverture de la procédure de sauvegarde. Ce jugement est publié au Registre National des Entreprises (RNE), au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) pour les sociétés commerciales, au Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC), ainsi que dans un support d’annonces légales, dans les 15 jours suivant la décision.
Dès l’ouverture de la procédure de sauvegarde, plusieurs effets protecteurs entrent en vigueur pour l’entreprise comme :
- L’’interdiction de payer les créances antérieures au jugement d’ouverture ;
- La suspension de toutes les poursuites individuelles des créanciers ;
- L’arrêt du cours des intérêts légaux, conventionnels et de retard, à l’exception des prêts d’une durée supérieure ou égale à un an.
La désignation des organes de la procédure
Une fois le jugement d’ouverture de la sauvegarde prononcé, le tribunal nomme simultanément les différents acteurs chargés de superviser et d’encadrer la procédure de sauvegarde. Il s’agit du mandataire judiciaire, du juge-commissaire, et le cas échéant de l’administrateur judiciaire lorsque les seuils légaux sont atteints.
Le mandataire judiciaire représente les intérêts des créanciers. Il est chargé de recueillir les déclarations de créances, de vérifier le passif de l’entreprise et de formuler des propositions d’admission ou de rejet de chaque créance. La décision finale appartient au juge-commissaire.
L’administrateur judiciaire est désigné de manière obligatoire lorsque l’entreprise emploie au moins 20 salariés et réalise un chiffre d’affaires hors taxes supérieur à 3 millions d’euros. Le tribunal lui confie une mission de surveillance ou d’assistance du dirigeant dans sa gestion. Dans certains cas, il peut se voir confier l’administration partielle ou totale de l’entreprise. L’administrateur judiciaire établit également le bilan économique et social qui servira de base au plan de sauvegarde.
Le juge-commissaire est un magistrat du tribunal chargé de veiller à la protection des intérêts de chaque partie et au bon déroulement de la procédure. Il joue un rôle d’arbitre, il autorise les actes de disposition importants que l’entreprise ne peut pas accomplir seule, comme la vente d’un immeuble, la conclusion d’un emprunt ou la souscription d’une sûreté réelle en garantie d’une créance née après l’ouverture de la procédure.
Étape 3 : Les déclarations de créances des créanciers
Une fois le jugement d’ouverture de la procédure de sauvegarde publié au BODACC, tous les créanciers dont la créance est antérieure au jugement d’ouverture ont l’obligation de déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire. Cette étape permet de dresser un état exhaustif du passif de l’entreprise, sur lequel reposera l’élaboration du plan de sauvegarde.
Le délai de déclaration pour les créances est de deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC, porté à quatre mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine. Ce délai est impératif, un créancier qui omet de déclarer sa créance dans les temps encourt la forclusion, c’est-à-dire la perte définitive de son droit à être remboursé dans le cadre de la procédure.
Étape 4 : La période d’observation de la procédure de sauvegarde
La période d’observation est la phase centrale de la procédure de sauvegarde. Cette période s’ouvre après le jugement d’ouverture. Elle constitue un temps d’analyse et de diagnostic pendant lequel l’entreprise continue son activité sous surveillance judiciaire. Sa durée est de 6 mois, renouvelable une fois pour 6 mois supplémentaires, soit 12 mois au maximum, à la demande de l’administrateur judiciaire, de l’entreprise ou du ministère public.
Durant la période d’observation de la procédure de sauvegarde, le dirigeant conserve la gestion courante de l’entreprise mais doit établir un inventaire des biens et dresser la liste complète des créanciers. L’administrateur judiciaire, lorsqu’il est désigné, réalise un bilan économique et social approfondi de l’entreprise. Ce bilan sert de base à l’élaboration du futur plan de sauvegarde.
Étape 5 : L’élaboration et la validation du plan de sauvegarde
À l’issue de la période d’observation, lorsqu’une possibilité sérieuse de redressement existe, le tribunal arrête un plan de sauvegarde. Ce plan est élaboré conjointement par le dirigeant et l’administrateur judiciaire, puis soumis au vote des créanciers ou des classes de parties affectées lorsque leur constitution est obligatoire.
La constitution de classes de parties affectées est imposée aux entreprises comptant plus de 250 salariés avec un chiffre d’affaires net dépassant 20 millions d’euros, ou dont le chiffre d’affaires net dépasse 40 millions d’euros.
Le plan de sauvegarde peut prévoir des délais de paiement, des remises de dettes partielles, l’arrêt ou la cession de certaines activités. Sa durée maximale est de 10 ans.
Quelles sont les conséquences de la procédure de sauvegarde ?
L’ouverture d’une procédure de sauvegarde produit des effets concrets et immédiats sur l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. Ces conséquences varient selon que l’on se place du côté du dirigeant, des créanciers, des salariés ou des partenaires contractuels.
Les effets de la sauvegarde pour l’entreprise et le dirigeant
Le dirigeant conserve ses pouvoirs de gestion pendant toute la durée de la procédure de sauvegarde. Il continue d’exercer les actes de gestion courante, passer des commandes, honorer les contrats en cours, gérer le personnel, et continue de percevoir sa rémunération, sauf décision contraire des associés ou actionnaires. Toutefois, lorsqu’un administrateur judiciaire est désigné, celui-ci encadre l’action du dirigeant. Selon la mission que lui confie le tribunal, l’administrateur surveille les décisions de gestion, assiste le dirigeant pour certains actes ou, dans les cas les plus graves, prend en charge directement une partie de l’administration de l’entreprise.
Les effets de la sauvegarde pour les créanciers et les créances
L’ouverture de la procédure de sauvegarde affecte tous les créanciers, mais de manière différente selon la date à laquelle leur créance est née.
Créances existant avant le jugement d’ouverture de la sauvegarde
Les créanciers dont la créance est antérieure au jugement d’ouverture de la sauvegarde font l’objet d’un traitement collectif strict.L’entreprise a l’interdiction de les payer individuellement à compter du jugement d’ouverture. Les créanciers concernés doivent déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC. Toutes les poursuites individuelles engagées avant l’ouverture sont suspendues, et aucune nouvelle poursuite ne peut être initiée pendant la période d’observation.
Créances apparues après le jugement d’ouverture de la sauvegarde
Les créances nées après le jugement d’ouverture de la sauvegarde bénéficient d’un régime plus favorable. Elles sont en principe payées à leur échéance normale. Les apports en trésorerie effectués après l’ouverture de la procédure bénéficient du privilège de sauvegarde, ils sont remboursés en priorité, avant toutes les autres créances, ce qui incite les partenaires financiers à soutenir l’entreprise en difficulté. Les créances salariales, elles, sont toujours réglées en priorité absolue, quelle que soit leur date de naissance.
Les effets de la sauvegarde pour les salariés
Les salariés de l’entreprise en procédure de sauvegarde conservent leurs contrats de travail. Aucun licenciement économique n’est automatiquement déclenché par l’ouverture de la procédure. Le dirigeant reste tenu de verser les salaires à leurs échéances habituelles.
Un point de vigilance important s’impose cependant, le régime de garantie des salaires (AGS) ne s’applique pas dans le cadre d’une procédure de sauvegarde. Contrairement au redressement judiciaire ou à la liquidation, l’AGS ne prend pas en charge les salaires impayés d’une entreprise en sauvegarde. L’entreprise doit donc disposer des liquidités suffisantes pour honorer ses obligations salariales par ses propres moyens.
Les effets de la sauvegarde sur les contrats en cours
Les contrats en cours au moment du jugement d’ouverture de la sauvegarde, contrats de bail commercial, contrats de franchise, contrats de crédit-bail, contrats fournisseurs, ne sont pas automatiquement résiliés. Conformément à l’article L622-13 du Code de commerce, aucune clause contractuelle ne peut prévoir leur résiliation automatique au seul motif de l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, une telle clause serait réputée non écrite. Lorsqu’un administrateur judiciaire est désigné, c’est lui seul qui dispose de la faculté d’exiger la poursuite des contrats en cours ou d’y mettre fin selon les besoins de la restructuration. En l’absence d’administrateur judiciaire, c’est le dirigeant qui exerce cette faculté, après avis conforme du mandataire judiciaire.
Qu’est-ce que la procédure de sauvegarde accélérée ?
La procédure de sauvegarde accélérée est une variante de la procédure de sauvegarde judiciaire classique, réservée aux entreprises ayant préalablement engagé une procédure de conciliation avec leurs créanciers. Elle est régie par les articles L628-1 et suivants du Code de commerce.
L’objectif de la procédure de sauvegarde accélérée est de permettre à une entreprise dont la conciliation a échoué, notamment parce que certains créanciers ont refusé de participer à un accord amiable, d’imposer judiciairement, dans des délais très courts, un plan de restructuration financière aux créanciers récalcitrants.
La procédure de sauvegarde accélérée présente deux caractéristiques distinctives par rapport à la sauvegarde classique. D’abord, elle est beaucoup plus rapide, la période d’observation est limitée à trois mois maximum, non renouvelable. Ensuite, elle n’est accessible qu’aux entreprises répondant à certains seuils, un chiffre d’affaires net supérieur à 20 millions d’euros ou un bilan supérieur à 25 millions d’euros, ou un effectif supérieur à 150 salariés.
Procédure de sauvegarde : et après ?
Une fois la période d’observation terminée, la procédure de sauvegarde ne se clôture pas automatiquement. Le tribunal tranche sur l’avenir de l’entreprise en fonction du bilan dressé pendant cette période. Trois issues sont possibles, l’adoption d’un plan de sauvegarde, la clôture anticipée de la procédure, ou la conversion vers une procédure plus contraignante.
L’adoption du plan de sauvegarde
La première issue, la plus favorable, après une procédure de sauvegarde est l’adoption d’un plan de sauvegarde. Lorsque le tribunal estime qu’il existe une possibilité sérieuse de redressement, il arrête le plan élaboré pendant la période d’observation. Ce plan engage l’entreprise pour une durée maximale de 10 ans et organise le remboursement échelonné du passif. Un commissaire à l’exécution du plan est nommé pour en surveiller la bonne application.
La clôture anticipée de la procédure de sauvegarde
La clôture anticipée peut être une issue de la procédure de sauvegarde. Dans de rares cas, si la situation de l’entreprise s’améliore suffisamment au cours de la période d’observation pour que les difficultés disparaissent, le tribunal peut mettre fin à la procédure avant son terme. Les créanciers sont alors réglés et l’entreprise reprend son activité normalement, sans qu’aucun plan de restructuration ne soit nécessaire.
La conversion de la sauvegarde en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire
Si l’adoption d’un plan de sauvegarde s’avère manifestement impossible, ou si la cessation des paiements est constatée en cours de procédure, le tribunal est tenu de convertir la procédure de sauvegarde. La conversion en redressement judiciaire intervient lorsqu’un redressement reste envisageable malgré la cessation des paiements. La conversion en liquidation judiciaire s’impose lorsque la situation est irrémédiablement compromise.
- La procédure de sauvegarde est un outil judiciaire préventif qui permet à une entreprise confrontée à des difficultés insurmontables, mais pas encore en cessation des paiements, de se restructurer sous protection du tribunal. En agissant tôt, le dirigeant conserve le contrôle de sa gestion, protège ses salariés et négocie un plan de remboursement avec ses créanciers sur une durée pouvant aller jusqu’à 10 ans. C’est précisément parce qu’elle intervient avant la crise irréversible que la procédure de sauvegarde reste, de toutes les procédures collectives, celle qui offre le plus de leviers pour rebondir.
FAQ
Peut-on ouvrir une procédure de sauvegarde si on est déjà en cessation des paiements ?
Combien coûte une procédure de sauvegarde ?
Qui peut demander l'ouverture d'une procédure de sauvegarde ?
Combien de temps dure une procédure de sauvegarde ?
Le dirigeant est-il dessaisi de la gestion pendant la sauvegarde ?
La procédure de sauvegarde apparaît-elle au Kbis ?
Que se passe-t-il si le plan de sauvegarde échoue ?
Dernière mise à jour le 12/05/2026
Sources de l'article
- Articles L620-1 et suivants du code de commerce
- Article L622-13 du Code de commerce
- Articles L628-1 et suivants du Code de commerce
- Article L631-1 du Code de commerce
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