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  • La dissolution est la décision de mettre fin à votre société. C’est la première étape de sa fermeture, suivie de la liquidation puis de la radiation.
  • Elle peut être amiable (décidée par les associés), judiciaire (prononcée par un juge) ou de plein droit (automatique).
  • Toutes les démarches pour la dissolution d’une entreprise se font en ligne sur le guichet unique de l’INPI.
  • Pour une dissolution-liquidation amiable simple, comptez environ 330 à 500 € de frais obligatoires en 2026.

Vous envisagez d’arrêter votre activité et de fermer votre société ? La dissolution est le point de départ de toute fermeture définitive d’entreprise. Qu’elle découle d’un choix des associés, de difficultés financières ou d’une obligation prévue par la loi, elle obéit à des règles précises et à un calendrier à respecter. Voici comment elle fonctionne, ce qu’elle coûte et combien de temps elle prend.

Qu’est-ce que la dissolution d’une entreprise ?

La dissolution met fin à la vie de votre société. Elle déclenche la disparition de sa personnalité juridique, c’est-à-dire de son existence propre aux yeux de la loi.

Une dissolution ne fait pas disparaître la société du jour au lendemain. L’entreprise conserve sa personnalité morale le temps de la liquidation. Cette survie lui permet de payer ses dettes, de récupérer ses créances et de rendre aux associés les sommes restantes.

Une société ne peut jamais être radiée sans avoir d’abord été dissoute. La dissolution est donc un passage obligé.

Dissolution, liquidation, radiation : quelles différences ?

La dissolution, la liquidation et la radiation désignent trois moments distincts d’une même procédure de fermeture d’entreprise. La dissolution est la décision de fermer. La liquidation est sa mise en œuvre, avec le règlement des dettes et le partage du solde. La radiation est l’acte administratif final qui supprime la société des registres.

Étape Ce que c’est Quand elle intervient
Dissolution La décision de mettre fin à la société Au départ, par vote des associés ou jugement
Liquidation Le règlement des dettes, la vente des actifs et le partage du solde Juste après la dissolution
Radiation La suppression de la société des registres officiels À la toute fin, après la liquidation

Qui peut décider de la dissolution d’une entreprise ?

Deux acteurs peuvent enclencher la dissolution d’une société. Les associés, d’abord, peuvent voter une dissolution anticipée. Il s’agit d’une décision volontaire, prise ensemble. Le tribunal, ensuite, peut prononcer la dissolution, notamment lorsqu’il décide d’une liquidation judiciaire qui entraîne automatiquement la fin de la société. Le juge peut aussi ordonner une dissolution forcée s’il constate un juste motif, par exemple une mésentente grave entre associés.

Quelles sont les causes de dissolution d’une entreprise ?

Les causes de dissolution d’une société se rangent en trois grandes catégories : la dissolution de plein droit, la dissolution amiable et la dissolution judiciaire. L’article 1844-7 du Code civil énumère l’ensemble de ces causes.

La dissolution de plein droit

La dissolution automatique intervient sans aucune décision des associés, dès qu’un événement prévu se réalise.

Ainsi, la dissolution de l’entreprise est de plein droit lors de l’arrivée du terme. Une société est créée pour une durée maximale de 99 ans. À l’approche de cette échéance, les associés peuvent voter la poursuite de l’activité et fixer un nouveau terme. S’ils ne font rien, la société est dissoute automatiquement. C’est également le cas, pour la réalisation ou l’extinction de l’objet social ou la survenance d’une cause de dissolution inscrite dans les statuts.

Camille et son frère créent une SCI dans un seul but, construire un petit immeuble locatif. Une fois le bâtiment achevé et vendu, l’objet de la société est atteint. La SCI se trouve alors dissoute de plein droit, sans qu’aucune assemblée ne soit nécessaire. Voilà ce qu’on appelle la réalisation de l’objet social.

La dissolution amiable

La dissolution amiable repose sur l’accord des associés, ou sur la seule volonté de l’associé unique dans une société à un seul propriétaire. Les associés se mettent d’accord pour cesser l’activité et fermer la société.

Plusieurs raisons mènent à ce choix :

  • Une volonté stratégique, quand l’activité n’est plus rentable ou que les associés veulent se consacrer à un autre projet ;
  • Une perte de capitaux propres, lorsque les pertes font tomber les capitaux propres sous la moitié du capital social et obligent à statuer sur la continuation ou non de l’activité ;
  • Une fusion ou un rachat, quand la société est absorbée par une autre structure.

La dissolution judiciaire

La dissolution judiciaire est prononcée par un juge. Elle peut survenir dans quatre cas :

  • La dissolution pour juste motif, en cas de mésentente paralysant la société ou d’inexécution de ses obligations par un associé ;
  • L’annulation du contrat de société, rare en pratique ;
  • La réunion de toutes les parts en une seule main, lorsqu’une personne intéressée en demande la dissolution ;
  • La liquidation judiciaire, quand une entreprise en difficulté fait l’objet d’une procédure collective.
La liquidation judiciaire n’a rien à voir avec une liquidation amiable. Elle suppose que l’entreprise soit en cessation des paiements, c’est-à-dire incapable de régler ses dettes avec sa trésorerie disponible.

Quelles sont les étapes d’une dissolution amiable ?

La dissolution amiable suit cinq étapes, de la décision des associés jusqu’à la radiation de la société.

  1. La décision en assemblée générale. Les associés se réunissent en assemblée générale extraordinaire (ou l’associé unique décide seul) et votent la dissolution. Un procès-verbal est rédigé. Il désigne un liquidateur, souvent le gérant lui-même, chargé des opérations à venir.
  2. La publication de l’avis de dissolution. Dans le mois qui suit la décision, un avis de dissolution doit paraître dans un journal d’annonces légales pour informer les tiers.
  3. Le dépôt du dossier sur le guichet unique. Depuis le 1er janvier 2023, la déclaration de dissolution se fait obligatoirement en ligne sur le guichet unique de l’INPI, dans le mois suivant le procès-verbal. Le dossier comprend le PV de dissolution, l’attestation de parution et les justificatifs du liquidateur.
  4. Les opérations de liquidation. Le liquidateur règle les dettes, vend les actifs et recouvre les créances. Il établit ensuite les comptes de liquidation.
  5. La clôture et la radiation. Une nouvelle assemblée approuve les comptes de liquidation. Un avis de clôture est publié, puis la société est radiée du Registre du commerce et des sociétés (RCS). Cette radiation marque la fin définitive de la société.
Depuis le 1er janvier 2020, le procès-verbal de dissolution n’a plus à être enregistré auprès du service des impôts, sauf s’il prévoit une transmission de biens entre associés. Cette formalité, autrefois payante, a disparu.

Dissoudre une entreprise nécessite un PV de dissolution, une annonce légale et un dépôt au Guichet unique INPI. LegalPlace vous accompagne dans toutes ces étapes sans complexité, que vous fermiez une SAS, une SARL ou une SCI.

Comment se déroule la dissolution judiciaire ?

La dissolution judiciaire est pilotée par le tribunal et non par les associés. Contrairement à une dissolution amiable, les associés n’en maîtrisent ni le calendrier ni les modalités. Elle se déroule en quatre temps.

  1. Le jugement d’ouverture. Le tribunal prononce l’ouverture de la procédure, ce qui arrête immédiatement l’activité de la société.
  2. La dissolution. Le jugement de liquidation judiciaire tient lieu de procès-verbal de dissolution. Un avis est publié dans un journal d’annonces légales pour avertir les créanciers.
  3. La liquidation des actifs. Le tribunal nomme un liquidateur judiciaire qui vend les biens de la société et règle les dettes dans un ordre fixé par la loi.
  4. La clôture. Si les actifs ne suffisent pas à payer toutes les dettes, la procédure est close pour insuffisance d’actif.
Une clôture pour insuffisance d’actif n’efface pas les dettes. Les créanciers conservent leurs droits envers les cautions et les associés qui se sont personnellement engagés.

Quelles sont les conséquences fiscales et sociales de la dissolution ?

Fermer une société entraîne des obligations fiscales et des formalités sociales qu’il vaut mieux anticiper.

Les conséquences fiscales de la dissolution d’une entreprise

La dissolution génère plusieurs impôts, surtout au moment de la liquidation des actifs. Vous devez tenir compte de trois éléments.

L’impôt sur les sociétés reste dû sur les bénéfices réalisés jusqu’à la clôture, ainsi que sur les plus-values dégagées par la vente des actifs. La TVA s’applique en principe aux cessions d’actifs, sauf exonération. Une déclaration de résultat de clôture doit enfin être déposée pour régulariser la situation avant la radiation.

Si, après paiement des dettes, il reste de l’argent à partager, ce surplus s’appelle le boni de liquidation. Au niveau de la société, un droit de partage de 2,5 % s’applique sur le montant du boni. Ce droit n’est pas dû dans les sociétés à associé unique comme l’EURL ou la SASU.
Ensuite, au niveau de chaque associé, le boni est imposé comme un dividende. Vous avez le choix entre la flat tax de 31,4 % en 2026 ou le barème progressif de l’impôt sur le revenu, qui ouvre droit à un abattement de 40 %.

La fiscalité de la dissolution d’entreprise varie selon votre forme juridique et le montant du boni de liquidation. Mieux vaut estimer ces impositions avant même de voter la dissolution.

Les conséquences sociales de la dissolution d’une entreprise

La dissolution touche aussi vos salariés et votre propre statut de dirigeant. En présence de salariés, la fermeture entraîne leur licenciement, avec versement des indemnités et des soldes de tout compte. Toutes les cotisations sociales dues jusqu’à la date de dissolution doivent être réglées, y compris celles assises sur ces indemnités. Le dirigeant, lui, perd son statut social à compter de la dissolution. Le président d’une SAS cesse par exemple d’être assimilé-salarié, ce qui met fin à ses cotisations à l’URSSAF.

Catégorie Conséquence Détail
Fiscale Impôt sur les sociétés Dû sur les bénéfices et les plus-values de cession d’actifs
Fiscale TVA Applicable aux cessions d’actifs, sauf exonération
Fiscale Déclaration de clôture Déclaration de résultat à déposer en fin de liquidation
Sociale Licenciements Indemnités et soldes de tout compte à verser aux salariés
Sociale Cotisations À régler jusqu’à la date effective de dissolution
Sociale Statut du dirigeant Fin du statut social et des cotisations URSSAF

Combien coûte la dissolution d’une entreprise en 2026 ?

Dissoudre une entreprise n’est pas gratuit. Le budget dépend du mode de dissolution et de la complexité de la liquidation. Le tableau ci-dessous récapitule les frais à prévoir en 2026, hors accompagnement. Les tarifs des annonces légales sont exprimés hors taxes.

Poste de coût Dissolution amiable Dissolution judiciaire
Avis de dissolution (annonce légale) 152 € HT 152 € HT
Avis de clôture de liquidation 110 € HT 110 € HT
Frais de greffe (dissolution) 177,01 € (72,81 € en EURL/SASU) Compris dans la procédure
Radiation au RNE 13,16 € 13,16 €
Honoraires du liquidateur 1 000 à 4 000 € (souvent le gérant) 3 000 à 15 000 € (liquidateur judiciaire)
Coût total estimé Environ 1 300 à 4 500 € Environ 3 500 à 20 000 €

Une dissolution-liquidation amiable très simple, sans honoraires de liquidateur externe, revient en pratique à environ 330 à 500 € de frais obligatoires. Les tarifs des annonces légales reposent sur le forfait fixé par l’arrêté du 19 novembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026.

Quels délais pour dissoudre une entreprise ?

Une dissolution-liquidation amiable simple se boucle souvent en quelques mois. Une liquidation judiciaire prend en moyenne bien plus longtemps. Le tableau ci-dessous reprend les dates clés à respecter.

Étape Délai à retenir Détail
Décision de dissolution Jour de l’AGE ou de la décision de l’associé unique Date officielle inscrite au procès-verbal
Publication de l’avis de dissolution Dans le mois suivant la décision Annonce légale informant les tiers
Dépôt au guichet unique Dans le mois suivant le procès-verbal Dossier transmis en ligne à l’INPI
Durée de la liquidation Jusqu’à 3 ans maximum Le liquidateur règle dettes et actifs
Avis de clôture et radiation Dans les 30 jours suivant l’approbation des comptes Fin officielle de la société

Dissolution ou mise en sommeil : que choisir ?

La mise en sommeil d’une société suspend l’activité de façon temporaire, pour deux ans maximum, sans dissoudre l’entreprise. Vous conservez votre société et pouvez relancer l’activité plus tard. La dissolution, elle, est irréversible et convient quand l’arrêt est définitif. Si vous hésitez encore, comprendre la différence entre dissolution et mise en sommeil vous aide à trancher selon votre projet.

La dissolution est la première étape pour fermer une société, avant la liquidation et la radiation. Elle peut être décidée à l’amiable par les associés, prononcée par un juge, ou intervenir automatiquement. Toutes les démarches passent désormais par le guichet unique de l’INPI, dans des délais courts qu’il faut respecter pour éviter tout rejet. Le coût d’une dissolution amiable simple reste modéré, mais grimpe vite en cas de liquidation judiciaire ou de boni de liquidation à imposer. LegalPlace peut prendre en charge l’ensemble de vos formalités de dissolution pour vous éviter les erreurs et les allers-retours avec le greffe.

FAQ

Quelle est la différence entre une dissolution et une liquidation ?

La dissolution est la décision de mettre fin à l'existence juridique de la société. Elle ouvre le processus de fermeture. La liquidation vient ensuite. Elle consiste à régler les dettes, vendre les actifs et partager le solde entre les associés. La dissolution est l'intention, la liquidation en est la mise en œuvre.

Peut-on fermer une entreprise du jour au lendemain ?

Non. Il faut d'abord dissoudre la société, puis liquider ses biens, et enfin obtenir sa radiation. Cette suite d'étapes prend au minimum plusieurs semaines, même pour une société sans activité.

Quelles sont les conséquences de la dissolution d'une société ?

La dissolution entraîne la liquidation de la société, mais sa personnalité morale est maintenue le temps des opérations. La société ne disparaît définitivement qu'après sa radiation du RCS.

Combien coûte la dissolution d'une entreprise en 2026 ?

Pour une dissolution-liquidation amiable simple, comptez environ 330 à 500 € de frais obligatoires (annonces légales, greffe, radiation). Le budget grimpe à 1 300 à 4 500 € si un liquidateur est rémunéré, et bien davantage pour une liquidation judiciaire.

Combien de temps dure une dissolution-liquidation ?

Une liquidation amiable se termine souvent en quelques mois à un an. La loi accorde un délai maximal de 3 ans pour clôturer la liquidation. Une liquidation judiciaire dure en moyenne plus longtemps.

Peut-on dissoudre une entreprise gratuitement ?

Non. Certains frais sont incompressibles, comme les annonces légales et les frais de greffe. Vous pouvez seulement limiter la dépense en réalisant vous-même les démarches sur le guichet unique.

Qui peut être nommé liquidateur ?

Le liquidateur peut être le gérant, un associé ou un tiers. Dans une dissolution amiable, il est désigné par les associés. Dans une liquidation judiciaire, il est nommé par le tribunal.

Doit-on enregistrer le PV de dissolution aux impôts ?

Non, plus depuis le 1er janvier 2020, sauf si le procès-verbal prévoit une transmission de biens entre associés. Cette formalité, autrefois obligatoire et payante, a été supprimée.
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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 24/06/2026

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2 Commentaires
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Bonjour

Je suis très déçu du manque de réactivité de LegalPlace concernant mon dossier N°6778462.
Cela fait maintenant plus de deux semaines que l’on m’indique que le dossier est « en cours de finalisation » à cause d’un prétendu bug technique lié à un document, sans qu’aucune date précise ni solution ne soit communiquée.

Je comprends qu’un problème technique puisse survenir, mais il est inacceptable qu’un dossier de liquidation déjà complet reste bloqué aussi longtemps sans suivi clair.

Merci de traiter ce dossier avec plus de sérieux et de réactivité.

Bonjour,

Nous sommes sincèrement désolés pour cette situation et comprenons parfaitement votre mécontentement.

Nous ne pouvons pas accéder directement aux dossiers clients depuis cet espace. Pour un traitement prioritaire et un suivi précis de votre demande relative au dossier n°6778462, nous vous invitons à contacter notre service client via le formulaire de contact disponible sur notre site LegalPlace :

Votre message sera transmis à l’équipe concernée pour qu’une réponse vous soit apportée dans les meilleurs délais.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris