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  • Quitter une SAS passe principalement par la cession de ses actions à un autre actionnaire ou à un tiers extérieur, selon une procédure encadrée.
  • Les statuts de la SAS peuvent contenir des clauses qui limitent ou retardent votre départ, clause d’agrément, clause de préemption ou clause d’inaliénabilité.
  • Le président de SAS cumule deux statuts juridiques indépendants, celui de dirigeant et celui d’actionnaire et quitter l’un n’entraîne pas automatiquement la perte de l’autre.
  • La plus-value réalisée lors de la cession est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux global de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Quitter une SAS n’est pas aussi simple que de démissionner d’un emploi. En tant qu’actionnaire, vous détenez des actions, pour partir, vous devez les céder, les donner ou les faire racheter par la société. La procédure dépend de ce que prévoient vos statuts pour la gestion de la SAS, de votre éventuel rôle de dirigeant et de la situation entre actionnaires.

Peut-on quitter une SAS quand on veut ?

En théorie, un actionnaire de SAS est libre de céder ses actions à tout moment. La SAS (Société par actions simplifiée) est encadrée par les articles L. 227-1 à L. 227-20-1 du Code de commerce, qui lui confèrent une grande souplesse statutaire. Contrairement à la SARL, les actions d’une SAS sont en principe librement cessibles, la loi ne prévoit aucune procédure d’agrément obligatoire par défaut.

Les fondateurs d’une SAS peuvent insérer dans les statuts de la SAS des clauses qui restreignent, retardent ou conditionnent la cession des actions. Avant d’envisager votre départ, la première étape est donc de relire attentivement vos statuts et votre pacte d’actionnaires pour mesurer l’étendue réelle de votre liberté de sortie.

En SAS, les termes “associé” et “actionnaire” désignent la même personne. On parle d’associé dans les sociétés de personnes (SNC, SCI…) et d’actionnaire dans les sociétés par actions dont fait partie la SAS.

Quelles clauses statutaires à vérifier avant de quitter une SAS ?

La grande liberté statutaire de la SAS (article L. 227-15 du Code de commerce) permet aux actionnaires fondateurs d’insérer des mécanismes de contrôle très variés sur les cessions d’actions. Ces clauses (clause d’agrément, de préemption et d’inaliénabilité) visent à protéger la cohésion de l’actionnariat, mais elles peuvent constituer un frein réel pour un actionnaire qui souhaite partir.

Clauses relatives à la cession d'actions

La clause d’agrément

La clause d’agrément en SAS soumet toute cession d’actions à l’accord préalable des autres actionnaires, à l’unanimité ou à la majorité selon ce que prévoient les statuts. Son objectif est de contrôler l’entrée de nouveaux actionnaires et d’écarter tout acquéreur jugé indésirable pour la société.

Contrairement à la SA, la clause d’agrément en SAS peut viser tout type de cession, y compris les cessions au conjoint, à un descendant, à un ascendant ou à un autre actionnaire. Aucun transfert n’est automatiquement exempté, tout dépend de la rédaction de vos statuts.

En cas de refus d’agrément, les autres actionnaire ont l’obligation de vous proposer une solution alternative, rachat par eux-mêmes ou désignation d’un autre acquéreur, dans le délai prévu aux statuts. Si aucune solution n’est proposée à l’expiration de ce délai, vous retrouvez votre liberté de céder à l’acquéreur initialement identifié. Le non-respect d’une clause d’agrément entraîne la nullité de la cession.

Thomas veut céder ses 25 % dans une SAS à un investisseur extérieur. Les statuts prévoient une clause d’agrément. L’assemblée des associés refuse l’agrément mais ne lui propose aucun autre acheteur dans le délai de 3 mois prévu aux statuts. Thomas peut alors librement céder ses actions à l’investisseur initialement identifié.

La clause de préemption : priorité aux associés existants

La clause de préemption en SAS oblige l’actionnaire cédant à proposer ses actions en priorité aux actionnaires bénéficiaires de cette clause, avant toute cession à un conjoint, un descendant, un tiers ou tout autre acquéreur désigné dans les statuts. C’est un droit de premier refus organisé au profit de l’actionnariat existant. Si aucun actionnaire ne souhaite exercer son droit de préemption dans le délai imparti, l’actionnaire sortant retrouve sa liberté de céder, sous réserve d’une éventuelle clause d’agrément.

Ne pas respecter une clause de préemption n’entraîne pas la nullité de la cession, mais expose le cédant au versement de dommages-intérêts en réparation du préjudice causé au bénéficiaire lésé. Le risque financier peut être significatif.

La clause d’inaliénabilité : blocage temporaire de la cession

La clause d’inaliénabilité en SAS interdit à un actionnaire de céder ses actions pendant une durée déterminée, qui ne peut excéder 10 ans. Les statuts doivent préciser le point de départ de cette période, date de création de la société ou date de souscription des actions.

La clause d’inaliénabilité peut être aménagée avec précision, elle peut ne viser que certains actionnaires nommément désignés, ou n’immobiliser qu’une fraction des actions détenues, laissant la part excédentaire librement cessible. Une fois le délai écoulé, les actions redeviennent librement cessibles, sous réserve des autres clauses existantes.

La clause d’inaliénabilité ne peut être adoptée ou modifiée qu’à l’unanimité des actionnaires. Un actionnaire seul ne peut donc pas imposer ou lever cette restriction.
Léa a cofondé une SAS avec deux actionnaires il y a 18 mois. Les statuts prévoient une clause d’inaliénabilité de 3 ans. Léa ne peut pas quitter la SAS sans accord des actionnaires avant l’expiration de ce délai, sauf à obtenir une dérogation votée à l’unanimité.

Comment se retirer d’une SAS par la cession de ses actions ?

La voie la plus courante pour quitter une SAS est la cession d’actions de la SAS. Il s’agit de vendre vos titres à un acheteur qui prend votre place au capital. Vous percevez un prix, vous sortez de la société.

À qui peut-on céder ses actions en SAS ?

Un actionnaire qui souhaite sortir d’une SAS peut céder ses actions à trois catégories d’acquéreurs, un autre associé, un tiers extérieur ou à la société elle même.

Cession d’actions de la SAS à un autre actionnaire

Céder ses actions à un autre actionnaire est souvent l’option la plus simple. Les actionnaires déjà présents au capital connaissent la société, et la cession entre actionnaires déclenche rarement des blocages statutaires.

En SAS, contrairement à la SA, une clause d’agrément peut viser tout type de cession y compris les cessions entre actionnaires. Vérifiez toujours la rédaction exacte de vos statuts.

Cession d’actions de la SAS à un tiers extérieur

Il est possible de céder ses actions à un tiers extérieur (un investisseur, un repreneur, un salarié…) mais cette option est davantage encadrée. Les statuts prévoient souvent une clause d’agrément qui soumet cette cession à l’accord préalable des autres actionnaires.

Cession d’actions de la SAS à la société elle-même

La société elle-même peut également racheter vos actions dans le cadre d’une réduction de capital.

Si votre SAS compte moins de 250 salariés et réalise un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, et que vous cédez plus de 50 % du capital, vous avez l’obligation légale d’informer les salariés de votre projet de cession au moins 2 mois avant la signature. Les salariés peuvent alors présenter une offre d’achat, sans caractère prioritaire sur les autres offres.
Sophie détient 30 % du capital d’une SAS spécialisée dans le conseil en marketing. Elle souhaite se reconvertir et propose ses actions à Karim, actionnaire à 40 %. Les statuts ne prévoient pas de clause d’agrément pour les cessions entre actionnaires. La cession peut donc se réaliser directement, sans vote préalable de l’assemblée.

La valorisation des actions de la SAS pour fixer le prix de cession

Avant de quitter une SAS, il faut fixer un prix de cession juste. Cette étape est souvent source de tensions, notamment lorsque les actionnaires ont des intérêts divergents. Plusieurs méthodes de valorisation des actions SAS pour sortie coexistent (valeur mathématique, valeur de rendement, valeur de productivité etc).

Tableau récapitulatif des différentes méthodes de valorisation des actions de la SAS

Méthode Principe Usage typique
Valeur mathématique (patrimoniale) Actif net comptable divisé par le nombre d’actions Sociétés stables, holdings
Valeur de rendement Capitalisation des bénéfices futurs attendus Sociétés en croissance
Valeur de productivité Basée sur la capacité bénéficiaire PME industrielles
Méthode des comparables Référence à des transactions similaires sur le marché Start-ups, secteurs actifs
Méthode mixte (goodwill) Combinaison de la valeur patrimoniale et de rendement Approche la plus courante

Vos statuts ou votre pacte d’actionnaires peuvent imposer une méthode de calcul précise, voire prévoir la nomination d’un expert indépendant en cas de désaccord. En l’absence de toute précision, les parties négocient librement le prix.

Si le prix de cession est manifestement sous-évalué dans un but de minoration fiscale, l’administration fiscale peut remettre en cause la valorisation retenue. Mieux vaut documenter soigneusement la méthode choisie et conserver les justificatifs.

La méthode patrimoniale (valeur mathématique)

La méthode patrimoniale pour valoriser les actions de la SAS consiste à diviser l’actif net comptable de la société par le nombre total d’actions. L’actif net comptable correspond à la différence entre ce que possède la société (immobilisations, trésorerie, créances…) et ce qu’elle doit (dettes, emprunts…). C’est une méthode simple et objective, particulièrement adaptée aux sociétés stables dont la valeur repose principalement sur leur patrimoine, comme les holdings ou les sociétés foncières. Elle présente toutefois une limite, elle ne tient pas compte du potentiel de croissance future de l’entreprise.

Julie souhaite céder ses 20 % dans une SAS holding. L’actif net comptable de la société s’élève à 500 000 €, réparti en 1 000 actions. La valeur unitaire de chaque action est donc de 500 €. Les 200 actions de Julie sont valorisées à 100 000 €.

La valeur de rendement

La valeur de rendement repose sur la capacité de la SAS à générer des bénéfices dans le futur. Elle consiste à capitaliser les résultats prévisionnels de l’entreprise à un taux de rendement attendu par les investisseurs. Cette méthode est particulièrement adaptée aux sociétés en forte croissance dont la valeur réelle dépasse largement leur patrimoine comptable. Elle implique de faire des projections financières sérieuses, ce qui peut être source de désaccord entre actionnaires lorsque les perspectives sont incertaines.

Romain veut quitter une SAS spécialisée dans le développement logiciel dont le bénéfice annuel moyen prévisionnel est de 80 000 €. En appliquant un taux de capitalisation de 10 % retenu d’un commun accord, la valeur globale de la société est estimée à 800 000 €. Romain, qui détient 25 % du capital, peut prétendre à 200 000 €.

La valeur de productivité

La valeur de productivité pour valoriser les actions de la SAS s’appuie sur la capacité bénéficiaire historique de la société, c’est-à-dire sur les résultats réellement dégagés lors des derniers exercices. Elle est souvent utilisée pour valoriser des PME industrielles dont l’activité est stable et prévisible. Concrètement, on calcule un bénéfice moyen sur plusieurs années, puis on le multiplie par un coefficient sectoriel pour obtenir la valeur globale de l’entreprise.

Léa souhaite céder ses parts dans une SAS de fabrication industrielle. Les bénéfices des trois derniers exercices s’élèvent respectivement à 90 000 €, 100 000 € et 110 000 €, soit un bénéfice moyen de 100 000 €. En appliquant un coefficient sectoriel de 5, la valeur globale de la société est estimée à 500 000 €.

La méthode des comparables

La méthode des comparables pour valoriser les actions de la SAS consiste à se référer à des transactions récentes portant sur des sociétés similaires en termes de secteur, de taille et de rentabilité. Elle permet d’ancrer la valorisation dans la réalité du marché plutôt que dans les seuls chiffres comptables de la société. Cette approche est particulièrement utilisée pour les start-ups évoluant dans des secteurs où les transactions sont fréquentes et bien documentées.

Antoine veut céder ses actions dans une SAS de e-commerce réalisant 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. En analysant des transactions récentes dans ce secteur, les actionnaires retiennent un multiple de valorisation de 1,2 fois le chiffre d’affaires. La valeur globale de la société est donc estimée à 2,4 millions d’euros.

La méthode mixte (goodwill)

La méthode mixte, aussi appelée goodwill, combine la valeur patrimoniale et la valeur de rendement pour obtenir une estimation équilibrée de la valeur des actions de la SAS. Elle part du principe que la valeur d’une entreprise ne se limite pas à son patrimoine comptable, une part de valeur, le goodwill, provient de sa réputation, de sa clientèle fidèle, de son savoir-faire ou de ses parts de marché. C’est l’approche la plus courante en pratique car elle offre une vision complète et nuancée de la valeur réelle de l’entreprise au moment de la sortie.

Clara cède ses 30 % dans une SAS de conseil en ressources humaines. La valeur patrimoniale de la société ressort à 300 000 € et sa valeur de rendement à 500 000 €. En appliquant la méthode mixte avec une pondération égale, la valeur retenue est de 400 000 €. La quote-part de Clara s’élève donc à 120 000 €.

La procédure de cession d’actions étape par étape

La cession d’actions SAS procédure suit un ordre précis.

  1. Vérifier les clauses statutaires de la SAS;
  2. Notifier votre intention de céder aux actionnaires de la SAS;
  3. Obtenir l’agrément des actionnaires si nécessaire ;
  4. Valoriser les actions de la SAS et négocier le prix ;
  5. Rédiger l’acte de cession des actions de la SAS ;
  6. Mettre à jour le registre des mouvements de titres ;
  7. Déclarer la cession des actions de la SAS aux impôts ;
  8. Informer le Guichet unique de la cession d’actions.

Étape 1 :  Vérifier les clauses statutaires de la SAS

Avant toute démarche, relisez attentivement vos statuts et votre pacte d’actionnaires pour identifier les éventuelles clauses d’agrément, de préemption ou d’inaliénabilité qui pourrait restreindre la cession d’actions de la SAS.

Étape 2 : Notifier votre intention de céder les actions de la SAS

Si une clause de préemption existe, vous devez informer les autres actionnaires de votre intention de vendre vos actions de SAS, en précisant le prix envisagé et les conditions de la cession. Cette notification déclenche le délai pendant lequel les actionnaires peuvent exercer leur droit de priorité.

Étape 3 : Obtenir l’agrément des actionnaires si nécessaire

En présence d’une clause d’agrément en SAS, vous devez convoquer une assemblée ou recueillir le consentement des actionnaires selon les modalités prévues aux statuts. La demande d’agrément doit indiquer l’identité de l’acquéreur, le nombre d’actions cédées et le prix proposé. Sans cet agrément, la cession encourt la nullité.

Étape 4 : Valoriser les actions de la SAS et négocier le prix

Fixez le prix de cession des actions de la SAS selon la méthode de valorisation retenue et formalisez l’accord de principe avec votre acheteur. Ce prix doit être documenté et justifiable vis-à-vis de l’administration fiscale.

Étape 5 : Rédiger l’acte de cession des actions de la SAS

La rédaction d’un acte écrit n’est pas légalement obligatoire pour une cession d’actions, mais elle est utile pour des raisons probatoires en cas de litige ultérieur. L’acte de cession d’actions SAS doit mentionner l’identité complète des parties, le nombre d’actions cédées, le prix de cession global et unitaire, les modalités de paiement ainsi que la date de transfert de propriété. L’acte doit être signé par les deux parties.

Étape 6 : Mettre à jour le registre des mouvements de titres

Une fois l’acte signé, le transfert de propriété des actions s’effectue par inscription au compte du cessionnaire. Le président de la SAS doit inscrire la cession sur le registre des mouvements de titres, document juridique obligatoire qui retrace l’historique de tous les transferts de titres intervenus dans la société (article R. 228-10 du Code de commerce). Cette inscription rend la cession opposable à la société et aux tiers.

Étape 7 : Déclarer la cession des actions de la SAS aux impôts

Les modalités de déclaration de la cession d’actions à auprès du service des impôts varient selon que la cession est ou non constatée par un acte écrit. Lorsqu’un acte écrit a été rédigé, la cession doit être enregistrée auprès du service des impôts dans le mois suivant la signature de l’acte, conformément à l’article 635 du Code général des impôts. En l’absence d’acte écrit, la cession doit faire l’objet d’une déclaration auprès du service des impôts dans le mois suivant sa date, conformément à l’article 639 du Code général des impôts.

L’enregistrement de la cession d’actions de la SAS n’est pas gratuit. Des droits d’enregistrement de 0,1 % du prix de cession sont dus lors de cette formalité, avec un minimum de perception de 25 €. Ces droits sont en principe à la charge de l’acquéreur, sauf accord contraire prévu dans l’acte de cession. La fiscalité applicable à la plus-value éventuelle réalisée par le vendeur est détaillée dans la section dédiée ci-après.

Étape 8 :  Informer le Guichet unique de la cession d’actions de la SAS

Si la cession d’actions entraîne une modification des statuts (répartition du capital ou identité des actionnaires mentionnée dans les statuts), une mise à jour doit être déposée au Guichet unique. En revanche, si les statuts ne mentionnent pas la répartition du capital ni l’identité des actionnaires, aucune modification statutaire n’est requise, seule la mise à jour du registre des mouvements de titres est obligatoire.

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Comment quitter une SAS en tant que président ou dirigeant ?

Quitter la présidence d’une SAS et quitter une SAS en tant qu’actionnaire sont deux actes juridiquement distincts qui obéissent à des règles différentes.

La démission du président de SAS : procédure et formalités

Le président de SAS est révocable dans les conditions prévues par les statuts. Lorsqu’il souhaite partir de lui-même, il doit démissionner de ses fonctions de dirigeant selon une procédure précise.

Pour démissionner, le président de la SAS rédige d’abord une lettre de démission adressée aux actionnaires ou à l’organe compétent désigné par les statuts, en précisant la date de prise d’effet. Une assemblée des actionnaires est ensuite convoquée pour acter la démission et désigner un nouveau président, la SAS ne peut pas fonctionner sans dirigeant légal. Un avis de modification est alors publié dans un journal d’annonces légales, puis le dossier de changement de dirigeant est déposé au Guichet unique pour mise à jour du Kbis.

Le président qui quitte une SAS en tant que dirigeant doit organiser une passation de pouvoirs rigoureuse, accès aux comptes bancaires, signatures en cours, contrats en cours de négociation. Un départ précipité peut engager sa responsabilité personnelle à l’égard des tiers et des actionnaires.
Marc est président et actionnaire à 20 % d’une SAS dans le secteur de la tech. Il démissionne de la présidence en janvier 2026 et transmet les rênes à une actionnaire. Il reste néanmoins actionnaire avec ses 20 % d’actions, sa démission de la direction n’a aucun effet sur sa participation au capital.

Les conséquences de la démission sur le statut social du président

Le statut social du président de SAS dépend uniquement de l’existence et du montant de sa rémunération. Les conséquences de la démission diffèrent donc selon les situations.

Si le président de la SAS était rémunéré, il bénéficiait du statut d’assimilé-salarié rattaché au régime général de la Sécurité sociale, avec une protection complète en matière de maladie, retraite, invalidité et capital décès. La fin du mandat entraîne la perte immédiate de cette affiliation. Un nouveau statut ou une couverture complémentaire devra être trouvé rapidement pour éviter toute période sans protection sociale. Si le président de la SAS était non rémunéré, il ne bénéficiait d’aucune protection sociale au titre de son mandat. La démission ne change donc rien sur ce plan.

Si vous cumuliez votre mandat de président avec un contrat de travail au sein de la SAS, la rupture de ce contrat de travail doit être traitée séparément de la démission du mandat social. Les deux procédures sont indépendantes et obéissent à des règles différentes.

Peut-on quitter la présidence tout en restant actionnaire ?

Il est possible de quitter la présidence de la SAS tout en restant actionnaire. La qualité d’actionnaire et la qualité de dirigeant sont deux statuts juridiquement indépendants en SAS.

Un président de SAS peut démissionner de ses fonctions de direction tout en conservant ses actions. Il reste alors actionnaire, perçoit des dividendes si la société en distribue, et participe aux assemblées selon les droits attachés à ses actions. Inversement, un actionnaire peut céder la totalité de ses actions tout en continuant à exercer la présidence, jusqu’à ce que les nouveaux actionnaires décident de le révoquer ou de renouveler son mandat.

Quelle est la fiscalité lors du départ d’une SAS ?

Deux impositions s’appliquent lors de la cession d’actions d’une SAS, les droits d’enregistrement sont à la charge de l’acheteur, tandis que l’imposition de la plus-value éventuelle est à la charge du vendeur.

Les droits d’enregistrement sont dus lors de l’enregistrement de la cession d’action de la SAS auprès du service des impôts. Leur montant s’élève à 0,1 % du prix de cession, avec un minimum de perception de 25 €. En principe à la charge de l’acquéreur, l’acte de cession peut néanmoins prévoir que ce coût est partagé entre les deux parties ou pris en charge par le cédant. Pour les sociétés à prépondérance immobilière (dont plus de la moitié de l’actif est composée d’immeubles non affectés à l’exploitation), le taux passe à 5 %.

La plus-value de cession réalisée par l’actionnaire de la SAS vendeur correspond à la différence entre le prix de cession et la valeur d’origine des titres. Elle est soumise par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux global de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur option globale expresse, l’actionnaire peut choisir l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option peut s’avérer avantageuse pour les contribuables faiblement imposés ou pour ceux qui bénéficient d’un abattement pour durée de détention sur des titres acquis avant le 1er janvier 2018.

Imposition Taux À la charge de
Droits d’enregistrement 0,1 % du prix (min. 25 €) Acheteur en principe
PFU impôt sur le revenu 12,8 % de la plus-value nette Vendeur
PFU prélèvements sociaux 18,6 % de la plus-value nette Vendeur
Total PFU 31,4 % de la plus-value nette Vendeur
Barème progressif IR sur option 0 % à 45 % selon tranche + 18,6 % de prélèvements sociaux Vendeur

Lorsque l’actionnaire opte pour le barème progressif et que les titres ont été acquis avant le 1er janvier 2018, un abattement pour durée de détention peut s’appliquer. L’abattement de droit commun est de 50 % entre 2 et 8 ans de détention, et de 65 % au-delà de 8 ans. Un abattement renforcé, allant jusqu’à 85 % pour les titres détenus plus de 8 ans, est accessible pour les cessions de PME de moins de 10 ans ou pour les dirigeants de PME partant à la retraite.

Nicolas cède ses actions dans une SAS pour 150 000 €. Il les avait acquises pour 100 000 €. Sa plus-value nette est de 50 000 €. Soumis au PFU, il acquitte 6 400 € d’impôt sur le revenu (12,8 %) et 9 300 € de prélèvements sociaux (18,6 %), soit un total de 15 700 €.

Comment quitter une SAS en cas de conflit entre actionnaires ?

Un conflit entre actionnaires est l’une des situations les plus délicates pour quitter une SAS sans accord des aactionnaires. La procédure varie selon la nature du blocage.

Si les actionnaires de la SAS refusent d’agréer votre cessionnaire, les statuts doivent prévoir une solution de substitution, rachat par les actionnaires existants ou rachat par la société elle-même, dans un délai précis. Si aucune solution n’est proposée à l’expiration de ce délai, vous retrouvez votre liberté de céder à l’acquéreur initialement identifié (article L. 227-14 du Code de commerce).

Si les actionnaires refusent de racheter vos actions et qu’aucun tiers n’est agréé, la situation devient un blocage réel. Plusieurs recours existent alors. La médiation permet de faire intervenir un tiers neutre, désigné d’un commun accord, pour aider les parties à trouver une issue négociée sans recourir au juge. L’expertise judiciaire de valorisation peut être sollicitée lorsque le prix est le point de blocage. Le président du tribunal de commerce peut nommer un expert chargé de fixer la valeur des actions de façon indépendante (article 1843-4 du Code civil). La dissolution judiciaire pour mésentente est le dernier recours. Lorsque le conflit paralyse durablement le fonctionnement de la société, un actionnaire peut saisir le tribunal de commerce d’une demande de dissolution de la SAS pour juste motif

Amina et ses deux co-actionnaires sont en conflit profond depuis plus d’un an au sein de leur SAS de e-commerce. Les actionnaires refusent d’agréer tout cessionnaire proposé par Amina et refusent de racheter ses actions. Après l’échec d’une médiation amiable, Amina saisit le tribunal de commerce pour demander la dissolution pour mésentente. Le juge, constatant la paralysie décisionnelle totale de la société, prononce la dissolution.

Quelles sont les alternatives à la cession pour quitter une SAS ?

La cession d’actions n’est pas le seul moyen de quitter une SAS. Trois alternatives existent selon votre situation et vos objectifs.

  • La dissolution-liquidation amiable de la SAS ;
  • La réduction de capital avec rachat de ses propres actions ;
  • La donation de ses actions à un tiers.

La dissolution-liquidation amiable de la SAS

Si les actionnaires s’accordent pour mettre fin à la société, la dissolution-liquidation amiable permet de fermer la SAS et de récupérer votre quote-part du boni de liquidation après règlement de toutes les dettes sociales. Cette procédure suppose l’accord unanime des actionnaires. Elle implique la nomination d’un liquidateur, la publication d’un avis de dissolution dans un journal d’annonces légales, le règlement des dettes, la répartition de l’actif net entre actionnaires, puis la radiation de la société au RNE via le Guichet unique.

Dissoudre une entreprise nécessite un PV de dissolution, une annonce légale et un dépôt au Guichet unique INPI. LegalPlace vous accompagne dans toutes ces étapes sans complexité, que vous fermiez une SAS, une SARL ou une SCI.

La réduction de capital avec rachat de ses propres actions

Pour quitter la SAS, la société peut racheter vos actions puis les annuler, ce qui réduit mécaniquement le capital social. Cette opération nécessite une décision collective des actionnaires et suppose que la SAS dispose de réserves suffisantes pour financer le rachat d’actions SAS sans mettre en péril sa solvabilité. Cette solution est particulièrement utile lorsqu’aucun autre actionnaire ni aucun tiers ne souhaite acquérir vos actions. Elle permet à l’actionnaire sortant de récupérer la valeur de ses titres directement auprès de la société, sans avoir à trouver un acquéreur externe.

La donation de ses actions à un tiers

Plutôt que de vendre, un actionnaire peut transmettre ses actions à titre gratuit par voie de donation. Cette option est souvent utilisée dans le cadre d’une transmission familiale, conjoint, enfants, ou d’une opération de restructuration patrimoniale.

La donation d’actions de la SAS reste néanmoins soumise aux mêmes clauses statutaires que n’importe quelle autre forme de cession. Une clause d’agrément peut imposer l’accord préalable des autres actionnaires avant tout transfert, y compris à titre gratuit, et sa violation entraîne la nullité de la donation. Une clause de préemption peut obliger le donateur à proposer ses actions en priorité aux actionnaires existants avant de les transmettre. Une clause d’inaliénabilité peut également bloquer toute transmission pendant une durée maximale de 10 ans.

    Quitter une SAS s’effectue principalement par la cession de ses actions à un actionnaire, à un tiers ou à la société elle-même. La procédure implique de vérifier les clauses statutaires (agrément, préemption, inaliénabilité), de valoriser les actions, de rédiger un acte de cession, de mettre à jour le registre des mouvements de titres et de déclarer l’opération aux impôts dans le mois suivant la signature. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 0,1 % du prix de cession (minimum 25 €). La plus-value réalisée est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 %. Le départ du président de SAS obéit à une procédure distincte de celle de l’actionnaire, ces deux statuts sont juridiquement indépendants et peuvent être dissociés.

FAQ

Peut-on quitter une SAS sans l'accord des autres associés ?

En principe, un actionnaire de SAS peut céder librement ses actions sans avoir à obtenir l'accord des autres associés, c'est le principe de libre cessibilité des actions en SAS. Toutefois, si les statuts contiennent une clause d'agrément, l'accord des autres actionnaire est requis avant toute cession, y compris entre associés ou au profit d'un membre de la famille, car en SAS cette clause peut viser tout type de transfert. En cas de refus d'agrément, les associés ont l'obligation de proposer une solution alternative dans le délai prévu aux statuts. Si aucune solution n'est proposée à l'expiration de ce délai, l'associé retrouve sa liberté de céder à qui il souhaite. Une clause d'inaliénabilité peut également bloquer temporairement la cession, mais pour une durée maximale de 10 ans.

Que se passe-t-il si personne ne veut racheter mes actions ?

Si aucun actionnaire ni aucun tiers ne souhaite acquérir vos actions, votre départ est effectivement bloqué dans l'immédiat, la SAS ne prévoit pas de mécanisme légal permettant à un associé de se retirer unilatéralement en récupérant son apport, sauf si les statuts prévoient expressément un droit de retrait avec clause de variabilité du capital. Plusieurs solutions peuvent être envisagées. Il est possible de négocier avec les autres associés un rachat par la société elle-même via une réduction de capital. Il est également possible de solliciter la nomination d'un expert judiciaire pour fixer la valeur des actions si le prix est le point de blocage. En dernier recours, une demande de dissolution judiciaire pour mésentente paralysante peut être introduite devant le tribunal de commerce.

Comment fixer le prix de cession de mes actions SAS ?

La valorisation des actions SAS pour sortie est librement négociée entre le cédant et l'acquéreur, sauf si les statuts ou le pacte d'actionnaires imposent une méthode précise. Les méthodes les plus utilisées sont la valeur mathématique (actif net comptable), la valeur de rendement (capitalisation des bénéfices futurs) et la méthode mixte qui combine les deux approches. En cas de désaccord persistant sur le prix, les statuts peuvent prévoir la nomination d'un expert indépendant. À défaut d'accord sur le choix de l'expert, n'importe quelle partie peut saisir le président du tribunal de commerce pour en désigner un. Le prix retenu doit impérativement être documenté et justifiable vis-à-vis de l'administration fiscale pour éviter tout risque de redressement.

Peut-on quitter une SAS sans avoir remboursé son compte courant d'associé ?

Un compte courant d'associé est une somme d'argent prêtée par l'associé à la société, c'est une créance que l'associé détient sur la SAS, distincte de sa participation au capital. Juridiquement, le remboursement du compte courant est donc indépendant de la cession des actions. Un associé peut tout à fait céder ses actions sans que son compte courant soit préalablement remboursé. En pratique cependant, l'acquéreur négociera souvent le sort du compte courant dans le cadre de la cession globale, soit le vendeur le récupère auprès de la société avant la cession, soit le cessionnaire reprend la créance à son compte en contrepartie d'un ajustement du prix.

Quelles sont les conséquences du départ d'un associé fondateur ?

Le départ d'un associé fondateur peut avoir des répercussions importantes sur la dynamique interne et la crédibilité externe de la SAS. Sur le plan juridique, si l'associé fondateur détenait des actions de préférence ou des droits de vote multiples, leur cession peut modifier substantiellement les équilibres de gouvernance entre les associés restants. Sur le plan financier, certains partenaires bancaires ou investisseurs ont pu conditionner leur soutien à la présence des fondateurs, un départ peut déclencher des clauses de remboursement anticipé ou de renégociation. Sur le plan humain, la sortie d'un fondateur peut affecter la confiance des équipes et des clients.

Peut-on partir sans perdre ses droits à l'assurance chômage (ARE) ?

Le président de SAS est affilié au régime général en tant qu'assimilé-salarié, mais ce statut ne lui ouvre aucun droit à l'ARE au titre de son mandat social, que la cessation de fonctions soit volontaire ou non.

Comment quitter une SASU ?

La SASU est une SAS à associé unique, il n'y a par définition aucun autre associé à consulter ni dont obtenir l'agrément. L'associé unique qui souhaite quitter sa SASU dispose de deux options principales. La première est la cession de la totalité des actions à un ou plusieurs acquéreurs, ce qui transfère 100 % du capital et transforme la SASU en SAS pluripersonnelle (si plusieurs actionnaires). La procédure est simplifiée, pas de clause d'agrément à respecter entre associés, pas d'assemblée pluripersonnelle à convoquer. La seconde option est la dissolution-liquidation de la SASU si l'activité doit cesser définitivement. Dans les deux cas, les formalités fiscales et le dépôt au Guichet unique restent obligatoires.

Quelles sont les formalités pour quitter une SAS en tant qu'actionnaire ?

Quitter une SAS en tant qu'actionnaire implique plusieurs formalités. L'acte de cession d'actions de la SAS doit d'abord être rédigé, non obligatoire légalement. Le registre des mouvements de titres doit ensuite être mis à jour immédiatement, puis la cession enregistrée auprès du service des impôts dans le mois suivant, des droits d'enregistrement de 0,1 % du prix de cession sont alors acquittés. Si la cession génère une plus-value, elle doit être déclarée lors de la déclaration de revenus annuelle. La modification des statuts au Guichet unique n'est requise que si les statuts mentionnent la répartition du capital ou l'identité des associés.
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Juriste de formation et experte SEO, Marion Cluptil fait le lien entre la rigueur du droit et les exigences du référencement naturel pour que les contenus de LegalPlace soient aussi fiables qu’accessibles.

Dernière mise à jour le 11/05/2026

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