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  • En SAS, la clause de préemption oblige l’associé qui cède ses actions à les proposer d’abord aux autres associés, qui disposent d’une priorité de rachat.
  • Elle figure dans les statuts ou dans un pacte d’associés ; les statuts peuvent aussi prévoir une inaliénabilité des actions limitée à dix ans (article L227-13 du Code de commerce).
  • Une cession réalisée en violation d’une clause de préemption statutaire est nulle (article L227-15 du Code de commerce), sans preuve d’une collusion frauduleuse (Cour de cassation, 8 juillet 2026).

La clause de préemption est un outil juridique permettant d’encadrer la cession d’actions et de parts sociales de la société. Elle peut être insérée directement dans les statuts de la société (SAS, SARL ou SCI) ou bien dans un pacte d’associés.

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Qu’est-ce que la clause de préemption en SAS ?

Le champ d’application de la clause de préemption

La clause de préemption intervient principalement en droit des sociétés. En vertu de cette clause dans le cadre de la gestion de la SAS, lorsqu’un associé de la SAS décide de céder ses titres, il doit obligatoirement prévenir les autres associés de son intention. En effet, de par la clause de préemption, ceux-ci bénéficient d’un droit de priorité sur la cession des actions et/ou des parts sociales.

Où peut-on insérer une clause de préemption ?

La clause de préemption est une clause bien spécifique. Elle peut être directement insérée dans les statuts de la société : dans ce cas, elle sera qualifiée de clause statutaire.

Autre option : elle peut être stipulée dans un pacte d’associés. Pour rappel, le pacte d’associés est une convention établie entre les associés de la société afin d’organiser son fonctionnement ainsi que l’ordre de mouvements de titres. Il constitue un acte distinct des statuts.

Quel est l’intérêt de la clause de préemption ?

En général, la clause de préemption est stipulée afin de contrôler les entrées de nouveaux actionnaires dans une société. Ainsi, si un associé sortant décide de céder ses actions et ses parts sociales de la société, alors les autres associés seront prioritaires pour les racheter. Si ces derniers décident de ne pas exercer leur droit de préemption, alors la cession des titres de l’associé sortant pourra être ouverte aux tiers.

Les conditions de validité de la clause de préemption

Elle n’est pas anodine. C’est pourquoi, elle est soumise à des conditions de validité strictes.

Les conditions de fond et de forme de la clause de préemption

S’agissant des conditions de fond, la clause de préemption doit mentionner :

  • Les titres visés par la clause : il peut s’agir des actions et/ou des parts sociales de la société ;
  • Les opérations entraînant la mise en œuvre de cette clause (fusion, cession à titre onéreux, donation ou nantissement par exemple) ;
  • Les conditions de prix auxquelles la préemption s’exercera ;
  • Les modalités de notification : en général, l’associé sortant doit prévenir les autres associés de son intention de céder ses titres par lettre recommandée avec accusé de réception ;
  • Si parmi les associés de la société, certains sont prioritaires sur d’autres, ceux-ci doivent être également mentionnés dans les dispositions de la clause de préemption ;
  • Le délai accordé aux associés pour se prononcer sur l’offre de cession de titres : il est en général de trois mois ;
  • Les modalités de répartition des actions préemptées dans le cas où plusieurs associés souhaiteraient jouir de leur droit de préemption ;
  • Les conséquences lorsque les associés renoncent à l’exercice de leur droit de préemption.
Pour être valable, la clause de préemption ne doit pas aboutir à rendre les actions définitivement incessibles. En SAS, les statuts peuvent librement encadrer la cession des actions : ils peuvent la soumettre à un agrément préalable (article L227-14 du Code de commerce) ou prévoir une inaliénabilité temporaire, dont la durée ne peut excéder dix ans (article L227-13 du Code de commerce). La clause de préemption reste valable dès lors qu’elle organise seulement un ordre de priorité entre acquéreurs, sans interdire la cession.

La clause de préemption n’est soumise à aucun formalisme particulier. Elle doit cependant être écrite et non équivoque afin d’éviter tout contentieux éventuel.

Dans ses dispositions, la clause de préemption peut prévoir un droit octroyé au cédant afin que celui-ci puisse se rétracter s’il souhaite renoncer à la vente.

Quelle est la différence entre une clause d’agrément, une clause de préemption et un pacte de préférence ?

Il convient de la rédiger avec précaution. En effet, en cas de contentieux, les juges du fond apprécieront souverainement le caractère de la clause et pourront la requalifier en clause d’agrément par exemple. Pour rappel, une clause d’agrément permet d’encadrer les conditions dans lesquelles les associés pourront céder leurs titres en subordonnant la vente à l’agrément de l’assemblée générale de la société ou de tout autre organe social compétent.

Il existe également un risque de confusion de la clause de préemption avec le pacte de préférence. À la différence de cette dernière, le pacte de préférence laisse le vendeur libre de céder le bien en question ou non. Dans le cas où il déciderait de vendre, en revanche, le vendeur serait dans l’obligation de proposer prioritairement son offre au bénéficiaire du pacte de préférence.

La requalification judiciaire de la clause de préemption en clause d’agrément ou en pacte de préférence peut vous faire perdre le contrôle de l’actionnariat de votre société. C’est pourquoi, il convient de la rédiger avec précaution.

Clause de préemption : comment la mettre en œuvre ?

La procédure pas à pas pour appliquer la clause de préemption

Étape 1 : Notifier le projet de cession de titres aux autres associés de la société

Si vous souhaitez vendre des actions ou des parts sociales de votre société et qu’une clause de préemption est prévue dans les statuts ou le pacte d’associés, alors vous avez l’obligation de notifier aux autres associés de la société votre projet de cession. Pour ce faire, il convient d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception, précisant le nombre de titres cédés, le prix de cession et les modalités de paiement.

Étape 2 : Laisser le délai de réflexion s’écouler

Une fois le projet de cession notifié, un délai de réflexion accordé aux autres associés commence à courir. En général, ce délai est de trois mois. Il faut en effet laisser un délai raisonnable aux autres associés pour se prononcer sur la proposition de cession de titres de l’associé sortant. En cas de contentieux, le caractère « raisonnable » du délai sera apprécié souverainement par les juges du fond.

Étape 3 : La réponse des associés de la société

Lorsque le délai de réflexion est écoulé, les associés de la société doivent choisir entre exercer leur droit de préemption ou y renoncer individuellement.

En l’absence de réponse des associés, le cédant sera libéré de ses obligations et pourra proposer son offre de cession à des tiers. De la même façon, si tous les associés renoncent à l’exercice de leur droit de préemption, l’associé sortant pourra, de plein droit, céder ses titres à des tiers.

Les sanctions en cas de non-respect de la clause de préemption

La clause de préemption étant assez contraignante, des sanctions sont prévues en cas de non-respect des dispositions prévues par la clause. Il faut distinguer selon que la clause de préemption est stipulée dans les statuts ou si elle est extra-statutaire, c’est-à-dire dans un pacte d’associés par exemple. En effet, tandis que les statuts ont une valeur institutionnelle et contractuelle, le pacte d’associés a une seule valeur contractuelle.

La violation d’une clause de préemption statutaire

Lorsque la clause de préemption figure dans les statuts d’une SAS, sa violation est directement sanctionnée par l’article L227-15 du Code de commerce, aux termes duquel toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle. Une cession réalisée sans permettre aux autres associés d’exercer leur droit de préemption peut donc être annulée.

Cette nullité n’exige pas la preuve d’une collusion frauduleuse entre le cédant et l’acquéreur. La Cour de cassation l’a confirmé dans un arrêt du 8 juillet 2026 (chambre commerciale, pourvoi n° 25-11.354) : l’annulation d’une cession d’actions de SAS contraire à une clause statutaire n’est pas subordonnée à la démonstration d’une collusion frauduleuse entre le cédant et le cessionnaire. Le seul non-respect de la clause de préemption inscrite dans les statuts suffit à entraîner la nullité.

L’associé qui cède ses titres en ignorant la clause peut en outre être condamné à verser des dommages et intérêts en réparation du préjudice causé aux autres associés.

Quid du non-respect d’une clause de préemption dans un pacte d’associés ?

La violation des dispositions du pacte d’associés, et donc de la clause de préemption si elle est extra-statutaire, peut donner lieu à des sanctions. Pour ce faire, il faut rapporter la preuve de la violation des dispositions du pacte d’associés. À cette issue, le non-respect de cette clause peut donner lieu au versement de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.

Si la clause de préemption est insérée dans un pacte d’associés, il est possible de prévoir une clause résolutoire en cas de non-respect des dispositions du pacte, entraînant, de plein droit, la résolution du pacte d’associés. À cet effet, une clause pénale peut également être ajoutée afin de prévoir un montant de dommages et intérêts en cas de violation du pacte d’associés.

La clause de préemption dans la SAS

La clause de préemption est un dispositif juridique intégré dans tout type de société : SA, SAS, SARL, etc. Cependant, elle est très prisée dans les sociétés par actions simplifiée et obéit au même régime que les conditions énumérées ci-dessus.

Cependant, la question se pose de savoir si elle doit être intégrée dans les statuts de la SAS ou être mentionnée dans un acte distinct, à l’instar du pacte d’associés.

En réalité, cela dépend des objectifs poursuivis par les associés de la SAS :

  • Si tous les associés peuvent jouir d’un droit de préemption en cas de cession de titres d’un associé sortant, alors la clause de préemption sera, de préférence, insérée dans les statuts de la SAS ;
  • Si seuls certains associés peuvent bénéficier prioritairement de la clause de préemption, alors cette dernière pourra être insérée dans les statuts. En revanche, la SAS devra, au préalable, respecter la procédure dite de commissariat aux avantages particuliers. Le commissaire aux apports sera désigné à l’unanimité des associés. À défaut, il s’agira du président du tribunal de commerce du lieu du siège social de la SAS. Le commissaire aux apports sera en charge de rendre un rapport de gestion de la SAS 3 jours au moins avant la signature des statuts de la SAS. Ce rapport permettra d’évaluer et d’apprécier les droits particuliers conférés à certains associés par la clause de préemption. Cependant, cette procédure peut engendrer un certain coût. Pour les jeunes SAS, il sera donc préférable d’insérer celle-ci dans un pacte d’associés ;
  • Si seuls certains associés sont concernés par la clause de préemption et qu’ils souhaitent garder confidentiels les avantages qui leur sont octroyés, alors il convient de l’insérer dans un pacte d’associés.

Exemple de clause de préemption en SAS

Voici un exemple de clause de préemption que l’on peut insérer dans les statuts d’une SAS :

Article [X] – Droit de préemption en cas de cession d’actions

En cas de projet de cession d’actions par un associé, à titre onéreux, celui-ci devra notifier son intention à la société et à chacun des autres associés par lettre recommandée avec accusé de réception, en indiquant :

  • l’identité du cessionnaire pressenti,
  • le nombre d’actions objet de la cession,
  • le prix et les conditions de la cession projetée.

Les associés disposeront d’un délai de 30 jours à compter de la réception de cette notification pour exercer leur droit de préemption, par lettre recommandée adressée au cédant et à la société.

En cas d’exercice du droit de préemption par plusieurs associés, les actions seront réparties entre eux au prorata de leur participation au capital social, sauf accord contraire.

Si aucun associé n’exerce son droit dans le délai imparti, le cédant pourra réaliser la cession aux conditions notifiées, dans un délai de 60 jours. Passé ce délai, toute nouvelle cession sera soumise à la présente procédure.

La clause de préemption permet aux associés d’une SAS de racheter en priorité les actions qu’un associé souhaite céder, afin de garder la maîtrise de l’actionnariat. Pour être valable, elle doit être écrite, précise et ne pas rendre les actions incessibles : les statuts peuvent l’assortir d’un agrément ou d’une inaliénabilité limitée à dix ans. Insérée dans les statuts, sa violation entraîne la nullité de la cession sur le fondement de l’article L227-15 du Code de commerce, désormais sans qu’une collusion frauduleuse ait à être prouvée ; insérée dans un pacte d’associés, elle n’ouvre droit qu’à des dommages et intérêts. Le choix entre statuts et pacte dépend donc du niveau de protection recherché et de la confidentialité souhaitée.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 27/08/2026

FAQ

Qu'est-ce qu'un droit de préemption en droit des sociétés ?

Le droit de préemption en droit des sociétés est la faculté accordée aux associés ou actionnaires d’acheter en priorité des titres qu’un membre souhaite céder à un tiers. Il est généralement prévu par les statuts ou un pacte d’associés. Ce mécanisme vise à préserver la stabilité de l’actionnariat en contrôlant l’entrée de nouveaux associés.

Qu'est-ce que le droit de préemption pour les parts sociales ?

Le droit de préemption sur les parts sociales permet aux associés d’acheter en priorité les parts qu’un autre associé souhaite céder à un tiers. Ce droit est prévu par les statuts ou un pacte d’associés. Il vise à contrôler l’entrée de nouveaux associés et à préserver la stabilité de la société.

Comment procéder à une cession d'actions en SAS ?

Pour céder des actions en SAS, le cédant signe un acte de cession précisant les modalités et obtient, si nécessaire, l’agrément prévu par les statuts. La cession est ensuite opposée à la société par dépôt d’un exemplaire au siège social. Enfin, elle est enregistrée dans le registre des mouvements de titres.

Comment fonctionne une clause de préemption dans les statuts d'une SAS ?

La clause de préemption oblige un associé qui souhaite céder ses actions à les proposer en priorité aux autres associés (ou à ceux désignés), avant tout tiers, selon les modalités et délais fixés dans les statuts ou un pacte. Si les bénéficiaires n’exercent pas leur droit dans le délai prévu, le cédant retrouve sa liberté de vendre à l’acquéreur initial.

Quelle différence entre clause de préemption et clause d'agrément dans une SAS ?

La clause de préemption donne aux associés un droit d’acheter en priorité les actions cédées, tandis que la clause d’agrément soumet l’entrée d’un nouvel associé à l’approbation préalable de la société. La première protège la répartition du capital entre associés existants, la seconde filtre l’identité des repreneurs.

Que se passe-t-il en cas de non-respect d'une clause de préemption entre associés de SAS ?

La cession conclue en violation d’une clause de préemption statutaire peut être annulée (article L. 227-15 du Code de commerce), et l’associé lésé peut demander des dommages-intérêts. Selon les circonstances, il peut aussi obtenir sa substitution à l’acquéreur si la mauvaise foi de ce dernier est établie.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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