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  • Une entreprise à mission s’engage à poursuivre un ou plusieurs objectifs sociaux ou environnementaux dans le cadre de l’exercice de son activité.
  • La raison d’être de l’entreprise se distingue de sa raison sociale en ce qu’elle doit manifester sa contribution à l’intérêt général.
  • Les objectifs fixés doivent être précis et en lien avec l’activité.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Pacte, de plus en plus d’entrepreneurs souhaitent donner du sens à leur activité en intégrant des objectifs sociaux et environnementaux à leur modèle économique.

C’est dans ce contexte qu’est née la qualité d’entreprise à mission, un statut juridique particulier permettant aux sociétés françaises d’affirmer officiellement leur engagement.

Qu’est-ce qu’une entreprise à mission ?

Une entreprise à mission, c’est une société qui ne se limite pas à la vente de produits ou de services. Elle se donne officiellement pour une raison d’être.

Il peut être question d’objectifs sociaux ou environnementaux.

Une marque de vêtements peut s’engager à protéger les océans.

Il ne s’agit pas d’une forme juridique nouvelle d’entreprise (comme la SAS ou la SARL), mais d’une option que l’on ajoute à son contrat de base.

Bon à savoir : L’entreprise à mission a été introduite par la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des entreprises) de 2019, codifiée aux articles L. 210-10 à L. 210-12 du Code de commerce.

Pourquoi créer une entreprise à mission ?

Créer une entreprise à mission apporte beaucoup de points positifs, tant pour l’image que pour le fonctionnement quotidien de l’activité.

Image et fidélisation des clients

Aujourd’hui, les clients et les jeunes diplômés cherchent du sens.

Les clients sont plus fidèles car ils savent que leur achat finance une bonne cause, et les salariés sont plus fiers de leur travail.

Bon à savoir : En étant une entreprise à mission, vous prouvez également que vous ne faites pas de greenwashing (faire semblant d’être écolo).

Accès à des financements à impact

Les banques et les investisseurs prêtent plus facilement de l’argent aux entreprises qui prennent soin de l’environnement ou de l’humain.

Être une entreprise à mission est un gage de sérieux qui peut vous ouvrir les portes de financements réservés aux projets responsables.

Cohésion des équipes

Quand une équipe sait pourquoi elle travaille, elle est plus soudée.

La mission sert de guide. Pour chaque décision importante, on se demande si cela respecte la mission.

Cela évite les conflits et donne une énergie positive à tout le monde dans l’entreprise.

Le saviez-vous ? LegalPlace vous accompagne de A à Z dans la création de votre entreprise : génération des statuts, publication de l’annonce légale, dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Vous répondez à quelques questions, LegalPlace gère toutes les formalités.

Quels sont les critères à respecter pour être une entreprise à mission ?

Pour obtenir officiellement cette qualité, une société doit respecter plusieurs règles strictes inscrites dans la loi.

Définir une raison d’être

L’entreprise doit ajouter dans ses statuts, une raison d’être, en dehors de l’objet social de la société.

Ce n’est pas une simple phrase de publicité, mais un principe fondamental qui doit guider toutes les décisions importantes des dirigeants.

Cette règle, prévue par le Code civil, oblige la direction à toujours garder le cap sur sa mission première.

Attention : Prenez le temps de bien rédiger votre raison d’être. Elle doit être assez précise pour servir de boussole à votre entreprise pendant plusieurs années.

Définir des objectifs

En plus de sa raison d’être, l’entreprise doit lister des buts très précis qu’elle veut atteindre.

Ils serviront de base pour vérifier si la mission est bien remplie.

Une entreprise peut s’engager concrètement pour la parité homme-femme, la protection de la nature ou l’aide à l’emploi local.
Attention : Ces objectifs doivent avoir un lien réel avec l’activité de l’entreprise.

Créer un comité de mission

L’entreprise doit mettre en place une équipe dédiée au suivi de la mission.

Ce comité, qui doit obligatoirement compter au moins un salarié, surveille si les objectifs sont bien en train d’être atteints et prépare un rapport chaque année.

Bon à savoir : Si votre entreprise compte moins de 50 employés, vous n’êtes pas obligé de créer un nouveau comité. Vous pouvez confier cette surveillance à votre organe de direction habituel.

Faire vérifier la mission par un organisme tiers indépendant (OTI)

Pour prouver sa sincérité, l’entreprise accepte d’être auditée par un expert extérieur et indépendant (accrédité par le COFRAC).

Ce vérificateur vient contrôler les résultats tous les 18 ou 24 mois selon la taille de votre structure.

Il analyse le travail du comité de mission et donne son avis officiel sur le respect de vos engagements.

Voici un tableau récapitulatif des contrôles de l’entreprise à mission : 

Type d’entreprise Fréquence du contrôle externe Organe de suivi interne
Plus de 50 salariés Tous les 18 mois Comité de mission obligatoire
Moins de 50 salariés Tous les 24 mois Référent mission (ou direction)

Quelle forme juridique doit avoir une entreprise à mission ?

La loi n’a pas créé une nouvelle catégorie de société. La qualité d’entreprise à mission est simplement une option que l’on ajoute aux règles de base de presque toutes les sociétés commerciales déjà existantes.

Les sociétés qui peuvent devenir à mission

La plupart des structures que vous connaissez peuvent adopter ce statut.

Voici les formes les plus courantes :

  • La SAS (ou SASU) : c’est la forme la plus choisie pour l’entreprise à mission car elle offre une immense liberté pour rédiger ses propres règles et définir précisément ses objectifs ;
  • La SARL (ou EURL) : très utilisée par les artisans et les petites entreprises qui veulent montrer leur engagement local.
  • La SA : Ce format est privilégié par les très grandes entreprises qui ont des règles de direction plus strictes ;
  • Les coopératives et mutuelles : elles peuvent aussi devenir une entreprise à mission si elles dépendent du Code de commerce ;
  • Les sociétés civiles : à condition qu’elles exercent une activité commerciale.

Les structures exclues du dispositif

Tout le monde ne peut pas prétendre à ce titre.

Pour être une entreprise à mission, il faut obligatoirement être une personne morale (une société) avec des statuts que l’on peut modifier lors d’une réunion officielle (une assemblée générale).

Vous ne pouvez donc pas devenir une entreprise à mission si vous êtes en auto-entreprise (entreprise individuelle), ou si vous gérez une association ou une fondation.

Ces structures ont d’autres moyens d’agir, mais elles ne rentrent pas dans le cadre légal de la société à mission.

Récapitulatif des formes juridiques pour l’entreprise à mission

Forme de société Éligible ? Pourquoi choisir cette forme ?
SAS / SASU Oui C’est la plus souple pour écrire sa mission sur mesure.
SARL / EURL Oui Très rassurante et bien encadrée pour les petites entreprises.
SA Oui Pour les grandes entreprises qui ont beaucoup d’actionnaires.
Société civile Oui Possible si elle a une activité commerciale (ex: certaines SCI).
Coopérative (SCOP, SCIC) Oui Pour les entreprises où les salariés sont les patrons.
Mutuelle Oui Si elle suit les règles du Code de commerce.
Auto-entrepreneur Non C’est une personne seule, pas une société avec des statuts.
Association / Fondation Non Ce ne sont pas des structures commerciales.
Le saviez-vous ? Si vous êtes actuellement auto-entrepreneur et que vous tenez absolument à devenir une entreprise à mission, vous devrez d’abord transformer votre activité en société (comme une SASU ou une EURL).

Comment devenir une entreprise à mission ?

Obtenir la qualité d’entreprise à mission est un parcours qui demande des démarches administratives précises.

Étape 1 : Définir la raison d’être et les objectifs de mission

Vous devez tout d’abord réfléchir avec vos équipes, vos associés et vos partenaires pour trouver votre mission.

Elle doit être sincère et liée à ce que vous faites vraiment au quotidien.

Bon à savoir : Cette mission doit être assez forte pour changer la manière dont vous gérez votre entreprise.

Étape 2 : Modifier les statuts en Assemblée Générale (AGE)

Une fois votre mission choisie, il faut l’inscrire officiellement dans les statuts de la société.

Pour cela, vous devez organiser une Assemblée Générale Extraordinaire (AGE).

Les associés doivent voter pour valider l’ajout de la mission et du titre de “société à mission”.

Bon à savoir : Selon votre type de société (SAS, SARL, SA), les règles de vote changent. En général, il faut une majorité des deux tiers ou des trois quarts pour que ce soit accepté.

Étape 3 : Déposer les nouveaux statuts au Greffe

Une fois le vote terminé, vous devez enregistrer vos nouveaux statuts auprès du Greffe du tribunal de commerce (via le Guichet Unique).

C’est à ce moment-là que la mention “entreprise à mission” apparaîtra sur votre extrait Kbis.

Bon à savoir : Vous pourrez alors officiellement l’utiliser sur vos factures et votre site internet.

Étape 4 : Créer le comité de mission

Vous devez ensuite nommer les membres de votre comité de mission.

Ce groupe doit être varié. Il peut comprendre :

  • Des salariés ;
  • Des dirigeants ;
  • Des experts extérieurs.

Vous devez aussi décider à quel rythme ils se réuniront et quels moyens ils auront pour surveiller le bon respect des objectifs.

Étape 5 : Choisir un vérificateur externe (l’OTI)

Enfin, vous devez désigner un organisme de contrôle indépendant (accrédité par le COFRAC).

C’est lui qui viendra vérifier vos résultats pour la première fois, environ 18 ou 24 mois après votre inscription officielle.

Quelles sanctions en cas de manquement à la mission de l’entreprise ?

La loi Pacte a prévu des règles strictes pour éviter que l’entreprise à mission ne soit qu’un simple outil de publicité sans actions réelles.

La procédure après un avis négatif de l’expert (OTI)

Si l’expert indépendant (l’OTI) rend un avis défavorable après son contrôle, tout n’est pas perdu immédiatement.

La loi laisse une chance à l’entreprise à mission de se rattraper.

La société a 90 jours pour se corriger et prendre les mesures nécessaires pour respecter ses objectifs.

Si après ces 3 mois, rien n’a changé, l’expert prévient le président du tribunal de commerce.

Le juge peut alors décider de retirer officiellement la qualité d’entreprise à mission.

L’action en justice par des personnes extérieures

Il n’y a pas que l’expert qui peut agir. N’importe quelle personne intéressée peut demander au juge de retirer le titre d’entreprise à mission si les règles ne sont pas suivies.

Cela peut être :

  • Des actionnaires qui ne sont pas d’accord avec la direction ;
  • Des salariés qui constatent que la mission n’est pas respectée ;
  • Des associations ;
  • Ou même des concurrents.
Bon à savoir : Cette surveillance par tout le monde oblige l’entreprise à mission à être sincère et sérieuse dans sa démarche.

Les conséquences d’une perte de statut

Si le juge décide que vous n’êtes plus une entreprise à mission, les conséquences sont lourdes :

  • Modification forcée des statuts : vous devez supprimer toutes les mentions de la mission dans vos papiers officiels ;
  • Mise à jour du Kbis : la mention disparaît de votre carte d’identité d’entreprise ;
  • Impact sur l’image : perdre son statut est très mauvais pour la réputation. Vous risquez de perdre la confiance de vos clients et des investisseurs qui croyaient en votre projet.
Bon à savoir : On ne perd pas son titre d’entreprise à mission par accident. C’est un processus long qui n’arrive que si la société refuse de corriger ses erreurs après avoir été avertie.

Exemples d’entreprise à mission en France

Depuis le lancement de la loi PACTE, le succès de ce modèle ne se dément pas.

À la fin de l’année 2023, on comptait déjà plus de 1 500 sociétés à mission en France selon le Mouvement des Entrepreneurs Responsables (MER).

Ce mouvement touche désormais tous les secteurs d’activité, de la petite boutique de quartier au géant industriel.

Voici des cas connus de société à mission : 

Entreprise Secteur d’activité Sa mission principale
Danone Grande distribution Agir pour une alimentation saine, durable et accessible à tous.
MAIF Assurance / Banque Soutenir les communautés et gérer les fonds de façon éthique.
Decathlon Sport / Outdoor Rendre le sport accessible au plus grand nombre en polluant moins.
Groupe RATP Transport Développer une mobilité durable et réduire l’impact écologique.
Le Monde Média / Numérique Garantir une information de qualité et l’indépendance des journalistes.
Luko Assurance / Tech Intégrer la transparence totale et l’impact social dans l’assurance.

L’entreprise à mission est un excellent outil pour les entrepreneurs qui veulent que leur travail serve à quelque chose de plus grand que le simple profit. En inscrivant ses buts dans ses papiers officiels et en acceptant d’être contrôlée par des experts, la société gagne la confiance des clients, des banques et des salariés. C’est une façon moderne et responsable de gérer son activité tout en protégeant la planète et la société.

FAQ

Quels sont les avantages d'une entreprise à mission ?

Le principal avantage est de donner du sens à son activité. Pour une entreprise à mission, cela permet d'attirer des clients qui partagent les mêmes valeurs et de motiver ses salariés. C'est aussi un excellent moyen de se démarquer de la concurrence en prouvant que ses engagements pour la planète ou la société sont réels et vérifiés, ce qui peut rassurer les banques et les investisseurs.

Quels sont les inconvénients d'une entreprise à mission ?

Le revers de la médaille est principalement lié à la paperasse et au coût. Devenir une entreprise à mission demande du temps pour changer ses statuts et nécessite de payer un expert pour le contrôle obligatoire. De plus, si la mission n'est pas remplie, l'entreprise risque de perdre sa crédibilité et son titre officiel devant un juge.

Qui contrôle la qualité d’une entreprise à mission ?

Le contrôle est double. À l'intérieur de l'entreprise à mission, c'est le comité de mission (ou un référent pour les petites boîtes) qui suit les actions au quotidien. À l'extérieur, un expert indépendant (appelé OTI) vient vérifier tous les 2 ou 3 ans si les objectifs écrits dans les statuts sont bien respectés.

Entreprise à mission, RSE et entreprise à impact : quelles différences ?

La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est une démarche volontaire sans obligation légale précise. L'entreprise à impact est un terme général pour désigner les sociétés qui veulent bien faire. L'entreprise à mission, elle, est la seule catégorie encadrée par la loi : les engagements sont écrits dans le contrat de la société et contrôlés par un expert extérieur.

Raison d’être et objet social : quelle différence ?

L'objet social, c'est ce que l'entreprise fait pour gagner de l'argent (vendre des fleurs, réparer des voitures). La raison d'être de l'entreprise à mission, c'est pourquoi elle le fait et quelle est son utilité pour le monde (protéger la biodiversité, favoriser le lien social). L'un décrit l'activité, l'autre décrit l'ambition humaine ou écologique.

Quelles sont les étapes à respecter pour créer une entreprise à mission ?

Pour lancer une entreprise à mission, il faut définir sa mission et ses buts concrets, écrire ces éléments dans les statuts de la société, déclarer cette qualité au Greffe du tribunal de commerce pour qu'elle apparaisse sur le Kbis, et mettre en place un suivi (comité ou référent) et prévoir le contrôle par un expert.

Quelles sont les entreprises à mission ?

Aujourd'hui, on trouve de tout. Des géants comme Danone ou la MAIF, mais aussi des marques de mode comme Faguo ou des commerces de meubles comme la Camif. Cependant, la grande majorité des entreprises à mission sont des petites entreprises (PME) locales et des startups engagées.

Quel est l’intérêt pour une société de se doter d’une raison d’être dans ses statuts ?

L'intérêt est de protéger l'ADN de l'entreprise. En inscrivant la raison d'être dans les statuts, l'entreprise à mission s'assure que même si les dirigeants changent, la mission restera la même. Cela oblige aussi la direction à toujours prendre ses décisions en respectant cet engagement de départ, ce qui sécurise la vision à long terme.

Combien d'entreprises à mission existe-t-il en France ?

Le succès est au rendez-vous ! En 2026, on compte désormais plusieurs milliers d'entreprises à mission en France (elles étaient déjà plus de 1 500 fin 2023). Ce chiffre continue de grimper car de plus en plus d'entrepreneurs souhaitent que leur boîte soit utile à la société tout en étant performante.

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 27/03/2026

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris