Fermeture administrative : motifs, durée, procédure et recours en 2026
Dernière mise à jour le 22/10/2026
- Qu’est-ce qu’une fermeture administrative ?
- Quels sont les motifs d’une fermeture administrative ?
- Qui peut ordonner une fermeture administrative ?
- Quelle est la procédure de fermeture administrative ?
- Quelle est la durée d’une fermeture administrative ?
- Que risque-t-on à ne pas respecter une fermeture administrative ?
- Comment contester une fermeture administrative ?
- Fermeture administrative : quelles conséquences pour l’entreprise et les salariés ?
- Comment éviter une fermeture administrative ?
- La fermeture administrative est une mesure de police décidée par le préfet, le ministre de l’Intérieur ou le maire, sans jugement pénal préalable.
- Depuis le 20 août 2026, la fermeture administrative d’un bar, d’un restaurant ou d’un commerce de nuit peut atteindre 6 ou 12 mois en cas de récidive.
- Sauf urgence, l’exploitant doit pouvoir présenter ses observations avant toute fermeture administrative, et rouvrir malgré l’arrêté est un délit.
- L’arrêté de fermeture administrative peut être contesté devant le tribunal administratif dans les 2 mois, et les salariés restent payés pendant la fermeture.
Qu’est-ce qu’une fermeture administrative ?
Définition de la fermeture administrative
Une fermeture administrative est une décision prise par une autorité publique, le plus souvent le préfet, qui suspend temporairement l’activité d’un établissement ouvert au public. Elle ne punit pas l’exploitant au sens pénal. Elle sert à faire cesser un trouble ou un danger pour l’ordre public, la sécurité ou la santé des personnes.
La décision de fermeture administrative prend la forme d’un arrêté, c’est-à-dire un acte officiel signé par l’autorité compétente. Cet arrêté doit être motivé. Il indique les faits reprochés, les textes appliqués et la durée de la fermeture. Il peut aussi être affiché sur la devanture de l’établissement, de manière visible depuis la rue. Cet affichage est par exemple obligatoire en cas de fermeture pour travail illégal.
Fermeture administrative, judiciaire ou volontaire : quelles différences ?
La fermeture administrative ne doit pas être confondue avec la fermeture judiciaire, prononcée par un tribunal pénal à titre de sanction après une condamnation. Elle se distingue aussi de la fermeture décidée par le dirigeant lui-même, pour des congés, des travaux ou une fermeture d’entreprise définitive.
| Type de fermeture | Qui la décide ? | Nature de la mesure | Inscrite au casier judiciaire ? |
|---|---|---|---|
| Fermeture administrative | Préfet, ministre de l’Intérieur ou maire | Mesure de police pour faire cesser un trouble ou un danger | Non |
| Fermeture judiciaire | Tribunal pénal | Peine complémentaire après une condamnation | Oui, comme la condamnation |
| Fermeture volontaire | Le dirigeant | Décision de gestion (congés, travaux, cessation d’activité) | Non |
Quels établissements sont concernés par une fermeture administrative ?
Tout lieu ouvert au public peut faire l’objet d’une fermeture administrative. En pratique, certains établissements sont beaucoup plus exposés que d’autres :
- Les bars, cafés et autres débits de boissons ;
- Les restaurants, boulangeries et commerces alimentaires ;
- Les épiceries de nuit, snacks et sandwicheries qui vendent à emporter ;
- Les discothèques et établissements qui diffusent de la musique ;
- Les établissements recevant du public (ERP), comme les salles de sport, les commerces ou les salles de spectacle.
Si vous préparez l’ouverture d’un restaurant ou d’un bar, mieux vaut connaître les règles de la fermeture administrative dès le départ. Elles conditionnent la manière dont vous organiserez votre activité au quotidien.
Quels sont les motifs d’une fermeture administrative ?
Une fermeture administrative repose toujours sur un texte précis. Le motif détermine l’autorité compétente, la procédure à suivre et la durée maximale de la fermeture. Quatre régimes regroupent la grande majorité des fermetures.
Débits de boissons et restaurants : infractions et troubles à l’ordre public
L’article L3332-15 du Code de la santé publique prévoit trois cas de fermeture administrative pour les débits de boissons et les restaurants. Le préfet peut d’abord agir après des infractions aux règles propres à ces établissements, par exemple le non-respect des horaires d’ouverture, la vente d’alcool à des mineurs ou l’exploitation sans la licence adaptée.
Le préfet peut aussi fermer un bar ou un restaurant en cas d’atteinte à l’ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques. Il s’agit par exemple de bagarres à répétition, de nuisances sonores nocturnes ou de clients ivres sur la voie publique. Enfin, la fermeture est possible en cas de crimes ou délits commis en lien avec la fréquentation de l’établissement, comme un trafic de stupéfiants toléré dans la salle.
Pour une fermeture fondée sur l’ordre public ou sur des crimes et délits, les faits reprochés doivent avoir un lien avec la fréquentation du débit de boissons ou ses conditions d’exploitation. Un incident sans rapport avec le bar ne suffit pas à justifier sa fermeture.
Vente à emporter et établissements diffusant de la musique
Les épiceries de nuit, les snacks et tous les commerces qui vendent à emporter de l’alcool ou des plats préparés sur place peuvent être fermés si leur activité trouble l’ordre, la sécurité ou la tranquillité publics. La même règle vise les établissements qui diffusent de la musique, comme les discothèques ou les bars musicaux.
La fermeture administrative des commerces de vente à emporter et des lieux musicaux, prévue par les articles L332-1 et L333-1 du Code de la sécurité intérieure, cible surtout les nuisances liées à l’activité nocturne. Il s’agit par exemple des attroupements devant la boutique, du bruit, des déchets ou de la consommation d’alcool sur la voie publique. La fermeture dure 3 mois au plus, et jusqu’à 6 mois en cas de récidive depuis la loi du 18 août 2026.
Fermeture administrative pour travail dissimulé
Le travail illégal peut entraîner une fermeture administrative, quel que soit le secteur d’activité. Sont visés notamment le travail dissimulé, l’emploi d’un étranger sans autorisation de travail, le prêt illicite de main-d’œuvre et le marchandage.
Selon l’article L8272-2 du Code du travail, le préfet peut fermer l’établissement à titre temporaire, pour une durée de 3 mois au plus. Il tient compte de la proportion de salariés concernés, de la répétition et de la gravité des faits. Il doit en informer sans délai le procureur de la République. La fermeture peut s’accompagner de la saisie du matériel professionnel. Sur un chantier, elle prend la forme d’un arrêt de l’activité de l’entreprise sur le site.
Depuis la loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, l’établissement qui a sciemment eu recours aux services d’un travailleur dissimulé peut lui aussi être fermé. Le donneur d’ordre ne peut donc plus se retrancher derrière son sous-traitant.
Fermeture administrative pour hygiène (DDPP)
La fermeture administrative pour raisons d’hygiène est le cas le plus médiatisé. Après un contrôle, les agents de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), souvent appelés « services vétérinaires », peuvent constater qu’un établissement présente une menace pour la santé des consommateurs. Les inspecteurs vérifient notamment les points suivants :
- La propreté des cuisines, des équipements et des chambres froides ;
- Le respect de la chaîne du froid et des températures de conservation ;
- La traçabilité des produits et le respect des dates limites ;
- L’absence de nuisibles (rongeurs, cafards) ;
- La formation du personnel à l’hygiène alimentaire.
En matière d’hygiène alimentaire, le Code rural prévoit d’abord une mise en demeure, c’est-à-dire un courrier officiel qui ordonne à l’exploitant de corriger les manquements dans un délai fixé par l’administration. En cas de danger grave et imminent, l’administration peut ordonner la fermeture immédiate de tout ou partie de l’établissement. Cette fermeture dure alors jusqu’à la réalisation des travaux et du nettoyage nécessaires.
Les autres cas de fermeture administrative
D’autres textes permettent de fermer un établissement dans des situations plus particulières :
- Le non-respect des règles de sécurité incendie dans un ERP, après avis de la commission de sécurité, jusqu’à la réalisation des travaux de mise en conformité ;
- Le trafic de stupéfiants, le recel ou l’association de malfaiteurs facilités par l’exploitation d’un commerce ou d’un lieu ouvert au public, pour une durée de 6 mois au plus.
La loi du 18 août 2026 a créé un nouveau cas de fermeture administrative pour les commerces qui vendent du protoxyde d’azote détourné de son usage. La fermeture est alors d’un mois au plus, après une mise en demeure d’au moins 48 heures.
Qui peut ordonner une fermeture administrative ?
Le préfet de département est l’autorité principale en matière de fermeture administrative. À Paris, ce rôle revient au préfet de police. Selon le motif et la gravité des faits, d’autres autorités peuvent intervenir :
- Le préfet, pour la grande majorité des fermetures (débits de boissons, restaurants, vente à emporter, travail illégal, hygiène, trafic de stupéfiants) ;
- Le ministre de l’Intérieur, qui peut prononcer une fermeture de 3 mois à 1 an pour certains débits de boissons et restaurants, ou prolonger une fermeture liée au trafic de stupéfiants ;
- Le maire, lorsque le préfet lui a délégué ce pouvoir pour les débits de boissons, la vente à emporter ou les établissements musicaux de sa commune ;
- Le maire ou le préfet, pour la fermeture d’un ERP qui ne respecte pas les règles de sécurité.
Les agents de terrain ne décident pas eux-mêmes de la fermeture. Policiers, gendarmes, inspecteurs du travail ou agents de la DDPP constatent les faits et rédigent un rapport ou un procès-verbal. C’est ce document qui sert de base à l’arrêté. Lorsque le maire agit sur délégation, il doit transmettre son arrêté au préfet dans un délai de 3 jours. Si le maire n’agit pas malgré une mise en demeure, le préfet peut ordonner lui-même la fermeture.
Quelle est la procédure de fermeture administrative ?
La procédure normale : avertissement, mise en demeure et observations
En dehors des situations d’urgence, l’administration ne peut pas fermer un établissement sans avoir permis à l’exploitant de s’expliquer. Le Code des relations entre le public et l’administration lui impose de laisser à la personne concernée la possibilité de présenter des observations écrites et, si elle le demande, orales. L’exploitant peut se faire assister par un avocat ou représenter par la personne de son choix.
La procédure suit généralement ces étapes :
- Les agents de contrôle constatent les faits et rédigent un rapport ou un procès-verbal ;
- L’administration adresse à l’exploitant un courrier qui expose les faits reprochés et la mesure envisagée, souvent sous la forme d’un avertissement ou d’une mise en demeure ;
- L’exploitant dispose d’un délai, fixé par l’administration, pour présenter ses observations et prouver qu’il a corrigé la situation ;
- L’autorité décide, au vu de ces éléments, de classer le dossier, de s’en tenir à un avertissement ou de prendre un arrêté de fermeture ;
- L’arrêté est notifié à l’exploitant, souvent par les forces de l’ordre, puis affiché sur l’établissement.
Pour les débits de boissons et restaurants fermés pour infraction à leur réglementation, la fermeture doit être précédée d’un avertissement. Cet avertissement peut même suffire lorsque le manquement est exceptionnel ou facile à corriger.
La fermeture administrative en urgence
En cas d’urgence ou de danger grave et imminent, l’administration peut se passer de la phase contradictoire. C’est le cas typique d’une cuisine infestée de nuisibles ou d’une salle dont les issues de secours sont bloquées. L’arrêté est alors notifié sur place et l’activité doit cesser immédiatement.
Après une fermeture administrative en urgence, l’exploitant conserve tous ses droits de recours. Il ne peut simplement pas les exercer avant la fermeture. En pratique, c’est dans ces situations que les procédures d’urgence devant le juge administratif prennent tout leur sens.
Karim gère un snack à Lyon. Lors d’un contrôle, la DDPP relève des températures non conformes dans sa chambre froide et le met en demeure de régulariser sous dix jours. Karim envoie ses observations et ses factures de réparation. À la contre-visite, la chambre froide tombe de nouveau en panne. Le préfet ferme alors la cuisine, mais Karim peut continuer à vendre des boissons. Il remplace l’équipement, une nouvelle visite valide la conformité et la fermeture est levée trois semaines plus tard.
Quelle est la durée d’une fermeture administrative ?
Durée maximale selon le motif de fermeture administrative
La durée d’une fermeture administrative est fixée par l’arrêté, dans la limite d’un plafond prévu par la loi. Ce plafond varie selon le motif, et il a été relevé par la loi du 18 août 2026. L’autorité choisit une durée proportionnée à la gravité des faits, et les durées les plus longues sont réservées aux faits graves ou répétés.
| Motif de fermeture | Durée maximale | En cas de réitération | Texte applicable |
|---|---|---|---|
| Infractions aux règles des débits de boissons et restaurants | 6 mois | 12 mois | Code de la santé publique, art. L3332-15 |
| Atteinte à l’ordre public, à la santé ou à la tranquillité (débits de boissons, restaurants) | 3 mois | 6 mois | Code de la santé publique, art. L3332-15 |
| Crimes ou délits liés à l’établissement (débits de boissons, restaurants) | 6 mois | 12 mois | Code de la santé publique, art. L3332-15 |
| Troubles causés par la vente à emporter ou la diffusion de musique | 3 mois | 6 mois | Code de la sécurité intérieure, art. L332-1 et L333-1 |
| Travail dissimulé et travail illégal | 3 mois | Non prévu | Code du travail, art. L8272-2 |
| Hygiène alimentaire | Jusqu’à la mise en conformité | Non prévu | Code rural, art. L233-1 |
Pour les débits de boissons et les restaurants, le ministre de l’Intérieur peut en outre prononcer une fermeture de 3 mois à 1 an. La durée de fermeture déjà subie sur décision du préfet se déduit alors de la sienne.
Une fermeture administrative de 15 jours signifie que l’établissement doit rester fermé pendant 15 jours à compter de la date fixée par l’arrêté. À l’issue de ce délai, l’exploitant peut rouvrir, sauf si l’arrêté subordonne la réouverture à une mise en conformité ou à une nouvelle visite de contrôle.
Lucie exploite un bar musical à Rennes. Après plusieurs plaintes pour tapage nocturne, le préfet ferme son établissement pendant 3 semaines. Quelques mois plus tard, de nouvelles nuisances sont constatées. Comme il s’agit d’une réitération, la nouvelle fermeture peut aller jusqu’à 6 mois, contre 3 mois au plus pour une première fois.
Comment rouvrir après une fermeture administrative ?
Après une fermeture administrative à durée fixe, l’établissement peut rouvrir à la date prévue par l’arrêté, sauf si l’arrêté exige une contre-visite. Lorsque la fermeture dure « jusqu’à la mise en conformité », comme en matière d’hygiène ou de sécurité incendie, l’exploitant doit prouver qu’il a corrigé les manquements.
Pour obtenir la levée d’une fermeture liée à l’hygiène ou à la sécurité, l’exploitant adresse à l’administration les justificatifs de sa mise en conformité, par exemple les factures de travaux, les rapports de vérification des installations ou les attestations de formation du personnel. Les services de contrôle organisent une contre-visite. Si elle est concluante, l’autorité prend un arrêté qui lève la fermeture. Tant que cet arrêté n’est pas signé, l’établissement doit rester fermé.
L’exploitant peut aussi demander une levée anticipée d’une fermeture à durée fixe, en montrant que le trouble a cessé. Pour les débits de boissons fermés pour atteinte à l’ordre public, le préfet peut par exemple réduire la durée si l’exploitant s’engage à suivre la formation au permis d’exploitation.
Une fermeture administrative peut-elle être définitive ?
La fermeture administrative est par nature temporaire. Certaines fermetures ont toutefois des effets durables sur l’activité. Une fermeture de 6 mois prononcée pour trafic de stupéfiants entraîne la suppression de toutes les autorisations qui permettaient d’exploiter le commerce. De même, la fermeture d’un débit de boissons pour crimes ou délits entraîne l’annulation du permis d’exploitation de l’exploitant.
Dans ces situations, la réouverture suppose d’obtenir de nouvelles autorisations. Une longue fermeture fragilise aussi fortement la valeur du fonds de commerce et la relation avec le bailleur. Les conséquences sur le bail commercial dépendent des clauses du bail et de la situation, et doivent être examinées au cas par cas.
Que risque-t-on à ne pas respecter une fermeture administrative ?
Rouvrir malgré un arrêté de fermeture est une infraction pénale. Les peines dépendent du texte sur lequel repose la fermeture.
| Fondement de la fermeture | Peines encourues | Exécution d’office |
|---|---|---|
| Débits de boissons et restaurants (Code de la santé publique) | 2 mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende | Oui, depuis le 20 août 2026 |
| Vente à emporter et diffusion de musique (Code de la sécurité intérieure) | 2 mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende | Oui, depuis le 20 août 2026 |
| Trafic de stupéfiants ou protoxyde d’azote (Code de la sécurité intérieure) | 6 mois d’emprisonnement, 7 500 € d’amende, confiscation des revenus de l’ouverture illégale et interdiction de gérer un commerce pendant 5 ans | Oui, depuis le 20 août 2026 |
Comment contester une fermeture administrative ?
Le recours gracieux auprès du préfet ou du maire
Le recours gracieux contre une fermeture administrative consiste à demander à l’auteur de l’arrêté de le retirer ou d’en réduire la durée. C’est une démarche gratuite et sans formalisme particulier. Elle est utile si vous pouvez apporter des éléments nouveaux, par exemple la preuve que les travaux ont été réalisés.
Ce recours ne suspend pas la fermeture. L’établissement reste fermé tant que l’administration n’a pas répondu favorablement. Si elle ne répond pas dans un délai de 2 mois, son silence vaut refus. Formé dans le délai de recours contentieux, le recours gracieux prolonge ce délai, qui recommence à courir à compter de la réponse ou du refus implicite.
Le référé-suspension et le référé-liberté
Le référé-suspension permet de demander au juge administratif de suspendre l’arrêté en attendant le jugement sur le fond. Il doit être accompagné d’un recours en annulation. Deux conditions doivent être réunies. Il faut d’abord justifier d’une urgence, par exemple le risque de ne pas pouvoir payer ses charges ou ses salariés. Il faut ensuite soulever un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté, comme l’absence de procédure contradictoire ou une durée disproportionnée.
Le référé-liberté vise les atteintes les plus graves. Il permet de demander au juge de faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, comme la liberté d’entreprendre. L’article L521-2 du Code de justice administrative impose au juge de se prononcer dans un délai de 48 heures. Les conditions de ce référé restent toutefois difficiles à remplir.
Le recours au fond devant le tribunal administratif
Le recours pour excès de pouvoir vise à obtenir l’annulation de l’arrêté de fermeture administrative. Il doit être déposé devant le tribunal administratif dans les 2 mois qui suivent la notification de l’arrêté. Cette procédure est longue et ne permet pas, à elle seule, de rouvrir rapidement.
Le recours au fond garde un intérêt même après la réouverture. Un arrêté annulé est considéré comme n’ayant jamais existé, ce qui évite qu’il soit retenu comme un antécédent lors d’un futur contrôle. L’annulation permet aussi de demander à l’administration une indemnisation du préjudice subi.
| Recours | Objectif | Délai | Effet sur la fermeture |
|---|---|---|---|
| Recours gracieux | Obtenir le retrait ou la réduction de la mesure | Dans les 2 mois de la notification | Aucun effet suspensif |
| Référé-suspension | Suspendre l’arrêté en attendant le jugement | Avec le recours au fond, dès que possible | Suspension si urgence et doute sérieux |
| Référé-liberté | Faire cesser une atteinte grave à une liberté fondamentale | Décision du juge en 48 heures | Mesures immédiates si atteinte manifestement illégale |
| Recours au fond | Obtenir l’annulation de l’arrêté | Dans les 2 mois de la notification | Annulation, ouvrant droit à une éventuelle indemnisation |
Fermeture administrative : quelles conséquences pour l’entreprise et les salariés ?
Les conséquences financières pour l’entreprise
Une fermeture administrative stoppe les recettes du jour au lendemain, alors que la plupart des charges d’exploitation continuent de courir. Le loyer, les salaires, les abonnements, les remboursements d’emprunt et les assurances restent dus. Pour un restaurant, s’ajoute la perte des denrées périssables, qui ne pourront pas être vendues.
L’assurance de l’entreprise ne couvre pas forcément une fermeture administrative. La garantie perte d’exploitation de l’assurance multirisque professionnelle couvre le plus souvent les arrêts d’activité consécutifs à un dommage matériel, comme un incendie ou un dégât des eaux. La prise en charge d’une fermeture administrative dépend des clauses de votre contrat et de la cause de la fermeture. Vérifiez votre contrat et déclarez la fermeture à votre assureur dans le délai qu’il prévoit.
Une fermeture qui se prolonge peut mettre l’entreprise en difficulté. Si elle ne peut plus payer ses dettes avec sa trésorerie disponible, son dirigeant doit envisager une procédure collective, comme le redressement judiciaire ou, dans les cas les plus graves, la liquidation.
Fermeture administrative et salariés : le salaire reste dû
La fermeture administrative ne suspend pas les contrats de travail. L’employeur doit continuer à verser les salaires pendant toute la durée de la fermeture. La Cour de cassation a jugé qu’une fermeture administrative ne constitue pas un cas de force majeure permettant de rompre un contrat de travail. L’employeur reste tenu de ses obligations envers ses salariés, même si l’établissement ne peut plus accueillir de clients.
En pratique, l’employeur peut organiser la période de fermeture avec ses équipes, par exemple en planifiant la prise de congés payés dans le respect des règles habituelles. Il ne peut pas imposer de congés sans solde. La possibilité de recourir à l’activité partielle pendant une fermeture administrative n’est pas garantie et dépend de l’appréciation de l’administration.
Comment éviter une fermeture administrative ?
La plupart des fermetures administratives font suite à des manquements qui auraient pu être corrigés en amont. Quelques réflexes réduisent fortement le risque :
- Suivre les formations obligatoires, comme le permis d’exploitation pour vendre de l’alcool ou la formation à l’hygiène alimentaire en restauration ;
- Mettre en place un plan de maîtrise sanitaire, avec des relevés de température, des fiches de traçabilité et un plan de nettoyage tenus à jour ;
- Tenir le registre de sécurité de l’établissement et faire vérifier régulièrement les extincteurs, l’alarme et les installations électriques ;
- Respecter les horaires d’ouverture et limiter les nuisances sonores, par exemple avec un limiteur de son ;
- Déclarer chaque salarié avant son embauche et vérifier l’autorisation de travail des salariés étrangers ;
- Respecter l’affichage obligatoire dans un restaurant ou un débit de boissons.
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Dernière mise à jour le 22/10/2026
FAQ
Qui paie les salaires en cas de fermeture administrative ?
L’employeur continue de payer les salaires pendant une fermeture administrative. La fermeture ne suspend pas les contrats de travail et ne constitue pas un cas de force majeure. Les salariés doivent donc percevoir leur rémunération pendant toute la durée de la fermeture, même si l’établissement ne réalise plus aucun chiffre d’affaires.
Que faire dans les 48 heures après une fermeture administrative ?
Après la notification d’une fermeture administrative, l’exploitant doit d’abord lire attentivement l’arrêté. Il y trouve les faits reprochés, la durée de la fermeture, le texte appliqué et les voies de recours. Il rassemble ensuite les pièces utiles (rapport de contrôle, factures, photos, registres) et engage sans attendre les corrections demandées. Il informe aussi ses salariés, qui restent payés, ainsi que son assureur dans le délai prévu par le contrat. Si la fermeture paraît injustifiée ou disproportionnée, un référé devant le tribunal administratif permet d’obtenir une décision rapide.
Comment se calcule une fermeture administrative de 15 jours ?
Une fermeture administrative de 15 jours court à partir de la date d’effet indiquée dans l’arrêté. L’établissement reste fermé pendant 15 jours consécutifs, week-ends compris. Il peut rouvrir à l’issue de ce délai, sauf si l’arrêté conditionne la réouverture à une mise en conformité ou à une contre-visite.
Comment connaître la raison d'une fermeture administrative ?
L’arrêté de fermeture doit être motivé. Il précise les faits reprochés et les textes appliqués. Il est notifié à l’exploitant et souvent affiché sur la devanture de l’établissement. Pour les fermetures liées à l’hygiène, les résultats des contrôles sanitaires sont aussi consultables sur le site Alim’confiance.
Une fermeture administrative figure-t-elle au casier judiciaire ?
Non. La fermeture administrative est une décision de l’administration, et non une condamnation prononcée par un juge pénal. Elle n’apparaît donc pas au casier judiciaire. L’administration en garde toutefois la trace, et une nouvelle infraction peut entraîner une fermeture plus longue en cas de réitération.
Peut-on faire de la vente à emporter pendant une fermeture administrative ?
Tout dépend des termes de l’arrêté. Certaines fermetures ne visent qu’une partie de l’établissement ou qu’une activité, par exemple la cuisine. Dans ce cas, les autres activités peuvent continuer. Si l’arrêté ferme l’ensemble de l’établissement, toute vente est interdite, y compris à emporter. En cas de doute, demandez une confirmation écrite à l’administration avant de reprendre une activité.
Une fermeture administrative peut-elle être levée avant son terme ?
Oui. L’exploitant peut demander une levée anticipée en prouvant qu’il a fait cesser les causes de la fermeture, par exemple en réalisant les travaux ou le nettoyage exigés. L’administration peut organiser une contre-visite avant de prendre un arrêté de réouverture. Le juge administratif peut aussi suspendre l’arrêté dans le cadre d’un référé.
Comment demander la fermeture administrative d'un bar ?
Un riverain ne peut pas obtenir directement la fermeture administrative d’un bar. Il peut en revanche signaler les nuisances à la mairie, à la police ou à la gendarmerie, qui constatent les faits. Ces constats sont transmis au préfet, qui décide de la fermeture, ou au maire lorsque le préfet lui a délégué ce pouvoir. Plus les troubles sont documentés et répétés (mains courantes, plaintes, constats d’un commissaire de justice), plus l’administration dispose d’éléments pour agir.
Où consulter la liste des fermetures administratives ?
Il n’existe pas de liste nationale unique des fermetures administratives. Pour l’hygiène alimentaire, le site Alim’confiance publie les résultats des contrôles sanitaires des établissements. Certaines préfectures communiquent aussi sur les fermetures qu’elles prononcent, sur leur site internet ou leurs réseaux sociaux.
La fermeture administrative est-elle couverte par l'assurance ?
Pas automatiquement. La garantie perte d’exploitation classique couvre surtout les arrêts d’activité dus à un dommage matériel. La prise en charge d’une fermeture administrative dépend des clauses du contrat, et l’assureur peut refuser si la fermeture résulte d’un manquement de l’exploitant. Relisez attentivement les garanties et les exclusions de votre contrat.
Sources de l'article
- Article L3332-15 du Code de la santé publique
- Articles L331-1 à L334-3 du Code de la sécurité intérieure
- Article L8272-2 du Code du travail
- Article L233-1 du Code rural et de la pêche maritime
- LOI n° 2026-798 du 18 août 2026 visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens
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