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  • Une holding EURL est une société mère unipersonnelle qui détient des parts ou des actions dans une ou plusieurs filiales, avec une responsabilité limitée aux apports de l’associé unique.
  • Elle ouvre droit à deux régimes fiscaux avantageux : le régime mère-fille (dès 5 % du capital d’une filiale détenu pendant 2 ans) et l’intégration fiscale (dès 95 % de détention).
  • Son gérant associé unique relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS) ; en holding SASU, le dirigeant serait assimilé salarié.

Créer une holding EURL est un moyen pour un actionnaire unique de constituer une société dont l’activité est basée sur la participation financière dans d’autres sociétés. La création d’une holding se fait suivant divers objectifs poursuivis par les associés. Ainsi, il est courant de recourir à ce montage pour :

  • Racheter une entreprise par endettement ;
  • Parvenir à une optimisation fiscale ou patrimoniale ;
  • Créer une filiale en France…

Qu’est-ce que la holding EURL ?

La holding est une société de participation dans laquelle la « société mère » possède des parts ou des actions. Celles-ci sont réparties dans une ou plusieurs entreprises appelées « filiales ».

L’avantage principal est de disposer d’une structure qui peut exercer un contrôle sur l’ensemble des sociétés d’un même groupe. L’actif du bilan d’une holding est constitué, dans la majorité des cas, par des titres. Ceux-ci représentent les droits détenus dans le capital.

Définition

La création d’une EURL holding ou société de portefeuille est une structure dont l’objet social permet à l’unique actionnaire de participer financièrement dans une ou plusieurs autres sociétés. Il n’y a pas de forme juridique propre à cette option.

Le dirigeant est libre de choisir entre une SAS, une SARL ou encore une EURL. L’EURL est une SARL à associé unique. D’un point de vue juridique, la responsabilité de ce dernier est limitée à ses apports. Ainsi son bien personnel est exclu et protégé.

Les différents types de sociétés holding

Les holdings peuvent être différenciées selon plusieurs critères, notamment selon la nature de leurs activités. Une holding pure ou passive se cantonne à une gestion patrimoniale. Les activités de la société mère sont alors basées sur la simple détention de titres de participations.

Si la société mère possède une activité distincte de ses filiales, il s’agit d’une holding mixte ou active. Elle influe sur la gestion de ses filiales et leur fournit différents services à titre interne. Il s’agit entre autres de services financiers, administratifs ou comptables.

En outre, les holdings se distinguent selon leur domaine d’activité rattaché à celui de leurs filiales. Peuvent être citées : les holdings bancaires, celles spécialisées dans le secteur des nouvelles technologies ou le transport.

Une holding peut tout à fait être unipersonnelle et c’est précisément le cas de la holding EURL, détenue par un seul associé. La société civile, à l’inverse, suppose au moins deux associés, ce qui la distingue de l’EURL.

Pourquoi créer une holding EURL ?

Créer une holding EURL permet de mettre en place un groupe de sociétés contrôlé par un unique actionnaire. L’objectif est de bénéficier des avantages juridiques et fiscaux, notamment par le biais de l’intégration fiscale ou du régime mère-fille. Par ailleurs, une holding EURL est un outil de financement efficace des sociétés-filiales. Ce qui présente un intérêt particulier pour leur développement.

Le fonctionnement du régime mère fille

Le régime mère-fille devient accessible dès que la holding détient au moins 5 % du capital d’une filiale durant deux années. Dans cette option, le système d’imposition permet la réduction de l’impact fiscal. La double imposition n’a pas lieu d’être puisque la société mère bénéficie d’une exonération d’impôts sur les sociétés.

Cela concerne notamment les bénéfices et autres revenus issus des filiales et qui sont remontés vers la société mère. Toutefois, il est obligatoire de réintégrer une quote-part de 5 % de ces dividendes dans le résultat soumis à l’impôt de la holding.

Le fonctionnement du régime de l’intégration fiscale

Dans l’intégration fiscale, les résultats des différentes sociétés de la holding sont regroupés. L’impôt dû est sommé dans un paiement unique. Le résultat imposable pour l’ensemble du groupe est déterminé par la holding. Toutefois, il est indispensable de remplir certains critères :

  • La société mère doit détenir 95 % du capital des filiales intégrées ;
  • Les sociétés fiscalement intégrées sont soumises à l’IS ;
  • La date de clôture des exercices comptables des filiales est la même ;
  • Le capital de la société mère ne doit pas être détenu, directement ou indirectement, à 95 % ou plus par une autre société soumise à l’impôt sur les sociétés.
L’intégration fiscale permet de compenser les bénéfices et les pertes des filiales. L’objectif est de minimiser le montant des impôts à payer.

La fiscalité avantageuse sur la cession des titres

La holding EURL offre aussi un cadre intéressant pour vendre les titres de ses filiales. Lorsqu’une holding soumise à l’impôt sur les sociétés cède des titres de participation détenus depuis au moins 2 ans, la plus-value relève du régime des plus-values à long terme. En 2026, cette plus-value est exonérée d’impôt sur les sociétés, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 12 % de son montant brut, réintégrée au résultat imposable. Seule cette quote-part est donc taxée : l’imposition effective de la cession reste très faible, ce qui rend la holding particulièrement adaptée aux opérations de réorganisation ou de transmission. Pour aller plus loin, la fiscalité de la plus-value sur cession de parts sociales dépend du régime applicable à la société qui cède.

Pour profiter de ces régimes, la holding doit être soumise à l’impôt sur les sociétés, dont le taux normal est de 25 % en 2026 (taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices, sous conditions).

Comment créer une holding EURL ?

Selon les objectifs de l’actionnaire unique, la création d’une holding requiert une attention particulière sur certains détails. Il s’agit particulièrement du choix de la forme juridique, de la formulation de l’objet social ou encore du contenu des différentes conventions avec les filiales.

La création d’une holding

Les démarches pour la création d’une holding sont les mêmes que pour toute autre entreprise. Cependant, le choix de la forme juridique comme l’objet social doivent correspondre aux activités envisagées par les actionnaires.

Il faut prévoir une gestion effective d’actifs. Autrement, des sanctions liées à un éventuel abus de droit peuvent s’appliquer. Quelle que soit la forme juridique envisagée, il est impératif que la holding soit soumise à l’impôt sur les sociétés.

Les étapes d’une création d’entreprise

La création d’une holding se procède de différentes manières. Par exemple, il est possible de créer son entreprise avant d’envisager d’investir son capital dans des filiales. Tout au contraire, l’apport initial peut être utilisé directement pour créer une holding et acquérir des filiales.

Le montage par le haut

Le montage par le haut permet de monter une holding à partir de titres d’une ou plusieurs sociétés. Cette nouvelle structure est considérée comme l’entité morale principale détentrice d’actions dans les entreprises du groupe. Ce montage juridique convient particulièrement pour la reprise d’entreprise.

Le montage par le bas

Le montage par le bas passe par la création d’une nouvelle société et le fait d’y intégrer une activité déjà existante. Celle-ci est la société mère et l’actionnaire unique est considéré comme fondateur de la filiale. Ce montage juridique est assez coûteux car il requiert le concours d’un commissaire aux apports.

Combien coûte la création d’une holding EURL ?

Créer une holding EURL suppose les mêmes frais qu’une EURL classique. En 2026, comptez en moyenne entre 200 et 400 € de frais administratifs : publication d’une annonce légale, frais d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés via le guichet unique et déclaration des bénéficiaires effectifs. Le capital social, lui, peut être fixé à 1 € seulement. En cas d’apport en nature, un commissaire aux apports devient obligatoire dès qu’un apport dépasse 30 000 € ou que le total des apports en nature excède la moitié du capital : ses honoraires sont alors à prévoir en plus.

Quel est le fonctionnement d’une holding EURL ?

La holding EURL est similaire à une holding SARL qui ne compte qu’un seul actionnaire. À la question une holding peut-elle avoir une activité commerciale, la réponse est affirmative. Et les règles de gestion sont simplifiées. Elle est administrée par un gérant qui peut être un associé ou non. Sa révocation est fixée dans les statuts.

Par ailleurs, le patrimoine de l’unique actionnaire est protégé. En cas de dettes sociales, il ne peut être tenu responsable qu’à la hauteur de ses apports. Le principal avantage de la fiscalité d’une holding réside dans le fait que c’est le bénéfice net qui est imposé, après déduction de toutes les charges.

Côté TVA, une holding purement passive, qui se contente de détenir des titres, n’est pas assujettie et ne récupère donc pas la TVA sur ses dépenses ; elle est en revanche redevable de la taxe sur les salaires. Une holding active, qui facture des prestations à ses filiales, peut relever de la TVA et déduire celle de ses dépenses. Enfin, lorsque la holding EURL verse des dividendes à son associé unique gérant, la fraction supérieure à 10 % du capital social (augmenté des primes d’émission et des sommes inscrites en compte courant d’associé) est soumise aux cotisations sociales des travailleurs non-salariés. En deçà de ce seuil, ces dividendes relèvent de la seule imposition, à la flat tax ou au barème de l’impôt sur le revenu.

La gestion des taxes sur la valeur ajoutée (TVA) est un élément crucial de toute entreprise. Dans ce contexte, la holding TVA joue un rôle essentiel en offrant des stratégies efficaces pour optimiser la TVA et maximiser les avantages fiscaux.

Voici une vidéo pour mieux comprendre comment créer une holding :

 

Holding EURL ou SASU : que choisir ?

La holding peut prendre la forme d’une EURL ou d’une SASU, ses deux versions unipersonnelles les plus courantes. Le choix entre SASU ou EURL pour votre holding dépend surtout du régime social du dirigeant, de la fiscalité et de la souplesse de gestion recherchée. En holding EURL, le gérant est un travailleur non-salarié : ses cotisations sont plus faibles, mais sa protection sociale est moindre. En holding SASU, le président est assimilé salarié, mieux protégé mais avec des cotisations plus élevées. Les dividendes versés au dirigeant sont par ailleurs soumis à cotisations sociales au-delà de 10 % du capital en EURL, alors qu’ils y échappent en SASU.

Caractéristiques Holding EURL Holding SASU
Dirigeant Gérant Président
Régime social dirigeant Travailleur non-salarié si associé unique Assimilé salarié si rémunéré
Dividendes versés au dirigeant Cotisations sociales sur la fraction > 10 % du capital
Fiscalité des bénéfices Impôt sur le revenu, option possible pour l’impôt sur les sociétés Impôt sur les sociétés, option possible pour l’impôt sur le revenu pour 5 ans maximum
Souplesse de fonctionnement Cadre légal strict, proche de la SARL Grande liberté statutaire

En pratique, la holding EURL séduit les dirigeants qui veulent des charges sociales contenues, tandis que la holding SASU attire ceux qui privilégient la protection sociale et la souplesse statutaire. Dans les deux cas, l’option pour l’impôt sur les sociétés est nécessaire pour profiter des régimes mère-fille et d’intégration fiscale.

Quels sont les inconvénients d’une holding EURL ?

L’un des inconvénients de la holding EURL est sans doute le formalisme qu’elle exige. En effet, cela peut être un frein à l’organisation de l’entreprise, par exemple lors de la nomination d’un gérant. Il en est de même pour transformer l’EURL en SARL, lors de l’intégration de nouveaux actionnaires.

Ce cadre juridique strict peut également représenter une difficulté au moment de la cession des parts sociales. Enfin, le gérant d’une holding EURL est soumis au régime des indépendants qui est jugé moins favorable que celui des assimilés-salariés.

    La holding EURL permet à un associé unique de piloter un groupe de sociétés tout en protégeant son patrimoine personnel. Son intérêt tient surtout à sa fiscalité : régime mère-fille, intégration fiscale et imposition réduite des plus-values de cession de titres, à condition d’opter pour l’impôt sur les sociétés. En contrepartie, son gérant relève du régime des indépendants et son fonctionnement reste encadré, là où la holding SASU offre davantage de souplesse et une meilleure protection sociale. Le bon choix dépend donc de votre projet, de votre rémunération et de vos objectifs de transmission.

Créer ma holding

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 22/06/2026

FAQ

Quel est le principe d'une holding ?

La holding est une structure qui permet de détenir des participations dans plusieurs sociétés et de mettre en place une unité de direction. La holding et ses filiales forment un groupe de sociétés. Son objectif principal est de contrôler une ou plusieurs sociétés et d’en tirer profit, notamment par le biais des dividendes.

Quel est le meilleur statut pour une holding ?

Bien qu’il soit possible d’opter pour une SARL ou une SA, la SAS (société par actions simplifiée) est souvent choisie pour une holding. Ce montage est plus flexible et permet d’effectuer plus facilement diverses opérations, comme l’octroi d’un droit de vote multiple à certaines actions.

Pourquoi créer sa holding ?

La création d’une holding peut répondre à plusieurs objectifs : restructurer un groupe de sociétés, reprendre une ou plusieurs entreprises, ou encore transmettre un patrimoine sous forme d’actions ou de parts sociales, par exemple à ses héritiers.

Quelle est la différence entre une holding EURL et une holding SASU ?

La principale différence tient au statut du dirigeant. En holding EURL, le gérant est un travailleur non-salarié (TNS), aux cotisations plus faibles. En holding SASU, le président est assimilé salarié, mieux protégé mais avec des cotisations plus élevées. La SASU offre aussi une plus grande liberté statutaire, tandis que l’EURL suit un cadre légal strict.

Une holding EURL peut-elle avoir une activité commerciale ?

Oui. Si son objet social le prévoit, une holding EURL peut exercer une activité commerciale en plus de la détention de titres : on parle alors de holding active ou animatrice. Elle peut par exemple fournir des services administratifs, comptables ou stratégiques à ses filiales.

Combien coûte la création d'une holding EURL ?

En 2026, il faut compter en moyenne entre 200 et 400 € de frais administratifs (annonce légale, immatriculation, déclaration des bénéficiaires effectifs). À cela peuvent s’ajouter les honoraires d’un commissaire aux apports en cas d’apport en nature important.

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Rédigé par

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.