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  • La SASU est une société qui offre une responsabilité limitée aux apports, un régime social d’assimilé salarié pour le président rémunéré et la possibilité de choisir entre l’IS et l’IR pendant 5 exercices.
  • La micro-entreprise permet de démarrer une activité avec des formalités allégées, une comptabilité simplifiée et des cotisations sociales calculées uniquement sur le chiffre d’affaires encaissé.
  • Le choix entre SASU et micro-entreprise dépend principalement de votre chiffre d’affaires prévisionnel, du niveau de charges engagées et de vos besoins en protection sociale.
  • En micro-entreprise, le chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 203 100 € (vente) ou 83 600 € (services) pendant 2 années consécutives.

La SASU et la micro-entreprise sont les deux statuts les plus utilisés pour entreprendre seul en 2026. Ces deux statuts présentent des différences en matière de fiscalité, de protection sociale, de déduction des charges et d’obligations comptables, avec des conséquences directes sur votre rémunération et votre quotidien.

Quelles sont les caractéristiques de la SASU ?

La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est une société commerciale créée par un seul associé. Ce statut vous offre une grande liberté dans la rédaction des statuts, notamment pour organiser le fonctionnement et la prise de décision au sein de la société. Vous pouvez fixer librement le montant du capital social de votre SASU, à partir de 1 € symbolique.

La SASU ou le régime micro-entreprise conviennent parfaitement aux personnes désirant lancer seuls leur entreprise. Ils présentent néanmoins des différences sur de nombreux points tels que le mode d’imposition, les formalités de création d’entreprise et les obligations comptables.

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Les avantages de la SASU

La SASU présente plusieurs avantages pour vous si vous souhaitez lancer une activité seul. Vous bénéficiez d’une responsabilité limitée au montant de vos apports, ce qui signifie que vos biens personnels sont protégés en cas de dettes de la société (à condition de ne pas commettre de faute de gestion).

En tant que président de SASU rémunéré, vous êtes affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Vous profitez ainsi de la même couverture sociale que les salariés cadres (assurance maladie-maternité, retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO, prévoyance). Cette protection sociale est plus étendue que celle du micro-entrepreneur.

Sur le plan fiscal, la SASU est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS). Vous pouvez toutefois opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant 5 exercices maximum, sous certaines conditions. Ce choix vous permet d’optimiser votre fiscalité durant les premières années d’activité.

Les dividendes versés en SASU ne sont pas soumis aux cotisations sociales, quel que soit leur montant. Seul le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % s’applique. Cet avantage est significatif par rapport à d’autres formes juridiques comme l’EURL, où les dividendes excédant 10 % du capital sont soumis aux cotisations sociales.

Sophie crée une SASU de conseil en marketing en 2026 avec un capital social de 1 000 €. En tant que présidente, Sophie se verse une rémunération mensuelle brute de 3 000 €. Les cotisations sociales s’élèvent à environ 60 % de cette rémunération brute, soit environ 1 800 € par mois. En contrepartie, Sophie bénéficie de la même couverture sociale qu’un salarié cadre.
Un président de SASU qui ne se verse aucune rémunération ne paie aucune cotisation sociale, mais n’acquiert aucun droit à la retraite ni à la protection maladie au titre de son mandat social. Les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales en SASU, contrairement à l’EURL.

Les inconvénients de la SASU

La SASU présente certains inconvénients à prendre en compte. Les formalités de création sont plus lourdes que pour une micro-entreprise. Vous devez obligatoirement rédiger des statuts, déposer un capital social, publier une annonce légale et immatriculer votre société sur le Guichet unique de l’INPI.

Le coût des cotisations sociales du président de SASU est élevé, environ 60 % de la rémunération brute. Ce niveau de charges est nettement supérieur à celui du micro-entrepreneur. Si vous cherchez à optimiser vos dépenses en début d’activité, ce point mérite une attention particulière.

L’option pour l’impôt sur le revenu est limitée à 5 exercices comptables. Au-delà, votre SASU bascule automatiquement à l’impôt sur les sociétés. En micro-entreprise, le régime micro-fiscal s’applique sans limitation de durée, tant que vous respectez les plafonds de chiffre d’affaires.

La fermeture d’une SASU implique une procédure de dissolution suivie d’une liquidation, avec des frais et des formalités supplémentaires. Cette procédure est plus longue et plus coûteuse que la radiation d’une micro-entreprise.

Quelles sont les caractéristiques de la micro-entreprise ?

La micro-entreprise est un régime simplifié qui vous permet de lancer une activité seul, sans créer de société. Il s’agit juridiquement d’une entreprise individuelle soumise au régime micro-fiscal et au régime micro-social. Elle convient à ceux qui ne veulent pas s’associer ou à ceux qui envisagent de tester la portée de l’activité sur un marché en particulier. En effet, avant d’investir tout son capital, il est souvent nécessaire d’évaluer les risques.

Le statut de micro-entrepreneur impose des plafonds de chiffre d’affaires à ne pas dépasser pendant 2 années consécutives. Pour la vente de marchandises et l’hébergement, le plafond est fixé à 203 100 €. Pour les prestations de services et les professions libérales, le plafond est de 83 600 €.

Les avantages de la micro-entreprise

Le principal atout de la micro-entreprise réside dans la simplicité de ses obligations comptables. Vous n’avez pas besoin d’établir de comptes annuels ni de bilan comptable. Votre seule obligation consiste à tenir un livre des recettes (et un registre des achats pour les activités de négoce).

Les cotisations sociales du micro-entrepreneur sont calculées directement sur le chiffre d’affaires encaissé, selon un pourcentage forfaitaire. Si votre chiffre d’affaires est nul, vous ne payez aucune cotisation. Les taux applicables en 2026 sont de 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services BIC et 25,6 % pour les professions libérales BNC. Vous pouvez également opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, sous condition de revenus. Ce dispositif vous permet de payer votre impôt et vos cotisations en un seul prélèvement, calculé sur le chiffre d’affaires encaissé.

Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel du micro-entrepreneur sont automatiquement séparés. Vos biens personnels sont donc protégés en cas de dettes professionnelles, sauf en cas de fraude ou de manquement grave à vos obligations fiscales ou sociales.

Thomas lance une activité de graphiste freelance en 2026 sous le statut de micro-entrepreneur. Son chiffre d’affaires mensuel s’élève à 4 000 €, soit 48 000 € par an, inférieur au plafond de 83 600 €. Thomas paie des cotisations sociales de 25,6 % sur son chiffre d’affaires encaissé, soit environ 1 024 € par mois. La comptabilité de Thomas se limite à un livre des recettes.

Les inconvénients de la micro-entreprise

Le statut de micro-entrepreneur n’est pas accessible à toutes les activités. Certaines professions libérales réglementées, les activités agricoles et les activités relevant de la TVA immobilière sont exclues de ce régime.

Le principal inconvénient de la micro-entreprise concerne la déduction des charges. En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles (achats de matériel, loyer, frais de déplacement). L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires. Si vos charges réelles dépassent cet abattement, vous êtes fiscalement pénalisé.

Les cotisations sociales en micro-entreprise sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, et non sur le bénéfice réel. Cela signifie que vous payez des cotisations même si votre activité est déficitaire. De plus, l’amortissement des biens investis n’est pas envisageable en micro-entreprise. Si vous prévoyez d’importants investissements, la SASU vous permettra de mieux les intégrer dans votre comptabilité.

À partir du 1er juillet 2026, le taux d’exonération ACRE passe de 50 % à 25 %. Les créateurs de micro-entreprise ne seront donc plus exonérés que de 25 % de leurs cotisations sociales durant la première année d’activité.

Quelles sont les différences entre ces deux régimes ?

Le choix entre la SASU et la micro-entreprise repose sur plusieurs critères essentiels. Le tableau comparatif ci-dessous regroupe les principales différences entre ces deux statuts en 2026.

Critère Micro-entrepreneur SASU
Capital social minimum Non applicable Aucun minimum (1 € possible)
Rédaction des statuts Non requise Obligatoire
Titre du dirigeant Entrepreneur individuel Président
Responsabilité Limitée au patrimoine professionnel (depuis 2022) Limitée au montant des apports
Statut social du dirigeant Travailleur non-salarié (TNS) Assimilé salarié (régime général)
Cotisations sociales De 12,3 % à 25,6 % du CA encaissé Environ 60 % de la rémunération brute
Imposition IR (régime micro-fiscal) IS par défaut (option IR pendant 5 exercices)
Comptabilité Livre des recettes uniquement Comptes annuels obligatoires
Versement libératoire Oui (sous conditions) Non applicable
Déduction des charges Non (abattement forfaitaire) Oui (charges réelles)
Récupération de la TVA Uniquement si dépassement des seuils de franchise Oui
Dividendes Non applicable Non soumis aux cotisations sociales
Formalités de création Déclaration en ligne gratuite Statuts, annonce légale, immatriculation payante
Fermeture Déclaration de cessation d’activité Dissolution + liquidation
Camille hésite entre la SASU et la micro-entreprise pour son activité de vente en ligne. Son chiffre d’affaires prévisionnel est de 80 000 € par an, avec 30 000 € de charges. En micro-entreprise, Camille ne pourrait pas déduire ces charges et paierait des cotisations sociales sur la totalité du chiffre d’affaires. En SASU, Camille déduit ses charges réelles et ne paie l’IS que sur le bénéfice net de 50 000 €. Pour Camille, la SASU est plus avantageuse compte tenu du niveau élevé de ses charges.

Peut-on passer de micro-entreprise à SASU ?

Le passage direct d’une micro-entreprise à une SASU n’est pas possible, car la micro-entreprise est une entreprise individuelle et la SASU est une société. Pour basculer, vous devez suivre trois étapes, créer la SASU, transférer le fonds de commerce de la micro-entreprise vers la SASU, puis procéder à la radiation de la micro-entreprise.

Quels sont les régimes fiscaux des deux statuts ?

Le régime fiscal de la SASU

La SASU est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés (IS). En 2026, le taux normal de l’IS est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique sur la part des bénéfices inférieure à 42 500 €, à condition que le chiffre d’affaires HT soit inférieur à 10 000 000 € et que le capital soit entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.

En SASU vous pouvez opter pour l’imposition à l’impôt sur le revenu (IR) pendant 5 exercices maximum. Cette option est soumise à plusieurs conditions cumulatives. La SASU ne doit pas être cotée en bourse. La société doit avoir été créée depuis moins de 5 ans. La SASU doit employer moins de 50 salariés. Le chiffre d’affaires annuel ou le total de bilan doit être inférieur à 10 000 000 €. Les droits de vote doivent être détenus à au moins 50 % par des personnes physiques et à au moins 34 % par le dirigeant et son foyer fiscal.

Le régime fiscal de la micro-entreprise

Le micro-entrepreneur est soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans le cadre du régime micro-fiscal. Vous reportez simplement le montant de votre chiffre d’affaires annuel brut sur la déclaration complémentaire de revenu n° 2042-C Pro.

Lors du calcul du bénéfice imposable, un abattement forfaitaire est automatiquement appliqué sur votre chiffre d’affaires. Le montant de cet abattement ne peut pas être inférieur à 305 €. Les taux d’abattement varient selon le type d’activité :

  • Activités d’achat-revente : 71 %.
  • Prestations de services relevant des BIC : 50 %.
  • Activités libérales relevant des BNC : 34 %.

Vous pouvez également opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, sous condition de revenus. Ce dispositif vous permet de régler votre impôt directement sur le chiffre d’affaires encaissé, en même temps que vos cotisations sociales. Le taux forfaitaire est de 1 % pour l’achat-revente, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour les BNC.

Julien est micro-entrepreneur dans la prestation de services BIC. Son chiffre d’affaires annuel est de 60 000 €. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 50 % sur ce chiffre d’affaires. Le bénéfice imposable de Julien s’élève donc à 30 000 €, soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
    Le choix entre la SASU et la micro-entreprise dépend de votre situation personnelle. La micro-entreprise convient si vous démarrez une activité à faibles charges et souhaitez des formalités simplifiées. La SASU est plus adaptée si vous prévoyez un chiffre d’affaires élevé, des charges importantes à déduire ou si vous souhaitez bénéficier du statut d’assimilé salarié. Dans tous les cas, prenez le temps de comparer la fiscalité, la protection sociale et les obligations comptables de chaque statut avant de vous lancer.

FAQ

Est-ce que la SASU est une micro-entreprise ?

Non, la SASU n'est pas une micro-entreprise. La SASU est une société commerciale dotée de la personnalité morale, tandis que la micro-entreprise est une entreprise individuelle soumise à un régime fiscal et social simplifié. La SASU peut évoluer vers une SAS en accueillant de nouveaux associés, ce qui n'est pas possible en micro-entreprise.

Pourquoi passer d'une micro-entreprise à une SASU ?

Le passage de micro-entreprise à SASU présente plusieurs intérêts. La SASU permet de déduire les charges réelles, de bénéficier du statut d'assimilé salarié avec une meilleure protection sociale, et de verser des dividendes non soumis aux cotisations sociales. La SASU offre également davantage de crédibilité auprès des partenaires commerciaux et des investisseurs.

Comment passer de micro-entreprise à SASU ?

Le passage direct n'existe pas juridiquement. Vous devez créer la SASU avec rédaction des statuts, dépôt du capital, annonce légale et immatriculation, transférer le fonds de commerce de votre micro-entreprise vers la SASU, puis procéder à la radiation de la micro-entreprise auprès du Guichet unique de l'INPI.

Quelle est la différence entre un micro-entrepreneur et une SASU ?

Le micro-entrepreneur exerce en entreprise individuelle, sous un régime fiscal et social simplifié, avec le statut de travailleur non-salarié. La SASU est une société commerciale dotée de la personnalité morale, dont le président rémunéré est assimilé salarié. La principale différence concerne la fiscalité, impôt sur le revenu pour le micro-entrepreneur et impôt sur les sociétés par défaut pour la SASU, ainsi que la déduction des charges, possible uniquement en SASU.

Quels sont les 4 types d'entreprise ?

En France, quatre formes juridiques sont particulièrement utilisées pour entreprendre. L'entreprise individuelle, qui inclut la micro-entreprise, permet d'exercer seul sans créer de société. L'EURL et la SARL reposent sur des parts sociales et conviennent aux projets familiaux ou artisanaux. La SASU et la SAS reposent sur des actions et offrent une grande liberté statutaire. La SA s'adresse aux grandes structures et exige un capital social minimum de 37 000 €.

Quel régime fiscal pour une SASU ?

La SASU est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS), dont le taux normal est de 25 % en 2026. Un taux réduit de 15 % s'applique sur la part des bénéfices inférieure à 42 500 €, sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital. Vous pouvez opter pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant 5 exercices maximum, si votre SASU remplit les conditions requises.

Quels sont les inconvénients de la SASU ?

La SASU présente des formalités de création plus lourdes qu'une micro-entreprise, avec rédaction obligatoire des statuts, dépôt du capital, annonce légale et immatriculation. Les cotisations sociales du président rémunéré s'élèvent à environ 60 % de la rémunération brute, soit un coût élevé. L'option pour l'impôt sur le revenu est limitée à 5 exercices, et la fermeture de la société impose une procédure de dissolution puis de liquidation.
Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 27/05/2026

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Rédigé par

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.