Comptabilité d’une SARL : quelles sont les règles en 2026 ?
Dernière mise à jour le 08/07/2026
- La SARL doit tenir une comptabilité régulière, avec des registres comptables obligatoires.
- La SARL établit et dépose des comptes annuels chaque année après leur approbation.
- Le recours à un comptable pour une SARL n’est pas obligatoire, mais il reste souvent utile.
- Un commissaire aux comptes devient obligatoire seulement au-delà de deux des trois seuils légaux.
En SARL, vous devez facturer toutes vos ventes, tenir une comptabilité régulière avec ses registres, établir et déposer des comptes annuels chaque année, puis conserver vos documents pendant dix ans. Faire appel à un expert-comptable pour une SARL n’a rien d’obligatoire, mais cela vous fait souvent gagner du temps et limite les erreurs. Voici ce que vous devez savoir pour tenir la comptabilité de votre SARL.
Quelles sont les obligations comptables d’une SARL ?
Quatre obligations comptables encadrent la vie d’une SARL, quelle que soit sa taille ou son activité :
- L’obligation de facturer ses ventes ;
- L’obligation de tenir une comptabilité et des registres comptables ;
- L’obligation d’établir des comptes annuels ;
- L’obligation de conserver les documents comptables en SARL.
Elles découlent du statut de société commerciale et s’appliquent dès l’immatriculation.
L’obligation de facturer ses ventes en SARL
La SARL doit facturer toutes ses ventes, quel que soit leur montant et que le client soit un particulier ou un professionnel. Chaque facture comporte les mentions obligatoires et respecte une numérotation continue.
L’obligation de tenir une comptabilité et des registres comptables en SARL
En tant que société commerciale, la SARL enregistre chronologiquement toutes les opérations qui affectent son patrimoine, comme les ventes, les achats ou les emprunts. L’article L123-12 du Code de commerce impose cette tenue régulière. Concrètement, la société tient plusieurs registres comptables obligatoires :
- Le livre-journal, qui recense toutes les opérations jour par jour ;
- Le grand livre, qui reprend les écritures du livre-journal en les classant selon le plan comptable général (PCG) ;
- Le manuel des procédures comptables, qui décrit les règles suivies pour établir la comptabilité.
La SARL intègre aussi dans son plan comptable les comptes propres à son statut, notamment le compte 455 « Associés – Comptes courants », le compte 457 « Associés – Dividendes à payer » ou encore le compte 641 110 « Rémunération gérance ». Elle réalise enfin un inventaire au moins une fois par an pour recenser ses actifs et ses passifs.
Les obligations s’allègent quand la SARL relève du régime réel simplifié d’imposition (RSI). Ce régime s’applique de plein droit si le chiffre d’affaires ne dépasse pas 286 000 euros pour une activité de prestations de services, ou 945 000 euros pour une activité d’achat-revente. La SARL peut alors tenir une comptabilité de trésorerie plutôt qu’une comptabilité d’engagement. Elle enregistre alors ses opérations à la date d’encaissement ou de paiement, et non à leur date de réalisation. La mise à jour du livre-journal passe à un rythme trimestriel, contre une obligation mensuelle au régime réel normal.
Le régime réel simplifié permet d’autres simplifications d’enregistrement :
- Les frais généraux payés en espèces représentant moins de 1 ‰ du chiffre d’affaires hors taxes n’ont pas à être enregistrés individuellement ;
- Les créances et les dettes peuvent être inscrites en une seule fois à la clôture de l’exercice ;
- Les stocks peuvent être évalués de façon forfaitaire ;
- Les comptes annuels peuvent être établis dans une version simplifiée.
L’obligation d’établir des comptes annuels en SARL
Chaque année, après la clôture de l’exercice, la SARL établit ses comptes annuels puis les fait approuver par les associés réunis en assemblée générale. Ces comptes se composent d’un bilan, d’un compte de résultat et d’une annexe.
Une fois les comptes approuvés, la société dispose d’un mois pour les déposer auprès du greffe du tribunal de commerce, comme le prévoit l’article L232-22 du Code de commerce. Ce délai passe à deux mois en cas de dépôt par voie électronique. Si l’absence de dépôt cause un préjudice à un tiers, la SARL et son gérant engagent leur responsabilité civile, et l’entreprise s’expose à une amende de 1 500 euros.
Selon sa taille, la SARL bénéficie d’allègements. Le tableau ci-dessous récapitule les seuils applicables en 2026, issus du décret n°2024-152 du 28 février 2024 :
| Catégorie | Total du bilan | Chiffre d’affaires HT | Salariés | Allègement principal |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise (au sens comptable) | ≤ 450 000 € | ≤ 900 000 € | ≤ 10 | Dispense d’annexe comptable |
| Petite entreprise | ≤ 7,5 M€ | ≤ 15 M€ | ≤ 50 | Comptes annuels simplifiés |
Une SARL est classée dans une catégorie dès lors qu’elle ne dépasse pas deux des trois seuils correspondants.
L’obligation de conserver les documents comptables en SARL
La SARL conserve l’ensemble de ses documents comptables pendant au moins dix ans à compter de la clôture de l’exercice. Le non-respect de cette règle expose à une amende de 10 000 euros.
Une SARL qui clôture son exercice au 31 décembre doit conserver ses documents de l’année 2026 au moins jusqu’au 1er janvier 2037.
Qui peut tenir la comptabilité d’une SARL ?
La loi n’oblige pas la SARL à confier sa comptabilité à un expert-comptable. Faire appel à un comptable pour une SARL reste donc un choix, pas une obligation. En pratique, beaucoup de gérants s’entourent d’un professionnel pour sécuriser leurs déclarations et se concentrer sur leur activité.
Le gérant choisit la solution la plus adaptée à la taille de son activité et à son budget. Trois options s’offrent à lui : embaucher un salarié comptable en interne, faire appel à un cabinet de proximité, ou passer par un expert-comptable en ligne. Le tableau suivant compare ces solutions :
| Salarié comptable en interne | Cabinet de proximité | Expert-comptable en ligne (ex : ComptaPlace) | |
|---|---|---|---|
| Profil adapté | SARL avec un volume élevé de transactions | SARL cherchant un accompagnement adapté sur place | SARL souhaitant réduire ses coûts tout en gardant un suivi professionnel |
| Coût mensuel moyen | Variable selon le profil (temps plein ou partiel) | À partir de 130 € / mois | À partir de 80 € / mois |
| Avantages | Maîtrise du processus, données en temps réel | Relation de proximité, échanges approfondis | Tarifs réduits, logiciel intégré, accès aux données en temps réel |
| Inconvénients | Coût salarial élevé, dépendance à une personne | Honoraires plus élevés, réactivité variable | Moins adapté aux dossiers très complexes |
Prix constatés en juillet 2026.
Si vous déléguez votre comptabilité, le professionnel choisi doit obligatoirement être inscrit à l’Ordre des experts-comptables. Confier ses comptes à un prestataire non inscrit expose la SARL à des risques juridiques.
Julie dirige une SARL de vente en ligne de vêtements. Son volume de factures reste modéré et son budget est serré la première année. Elle écarte l’embauche d’un salarié comptable, trop coûteuse à ce stade, et choisit un expert-comptable en ligne. Elle garde ainsi un suivi professionnel de sa comptabilité tout en maîtrisant ses dépenses.
Combien coûte un comptable pour une SARL ?
L’Ordre des experts-comptables ne fixe aucune grille tarifaire. Chaque cabinet détermine librement ses honoraires. Le prix d’un comptable pour une SARL dépend surtout du secteur d’activité, de la localisation du prestataire et de sa notoriété.
Les prix moyens constatés en juillet 2026 débutent autour de 950 euros par an pour un cabinet d’expertise comptable en ligne, et à partir de 1 600 euros pour un cabinet de proximité. Ces montants augmentent avec les prestations supplémentaires. Comptez par exemple 25 euros hors taxes par bulletin de paie, 30 euros hors taxes pour une déclaration mensuelle de TVA, ou encore 40 euros hors taxes pour la rédaction d’un contrat de travail.
Un commissaire aux comptes est-il obligatoire en SARL ?
Le commissaire aux comptes (CAC) est un professionnel indépendant chargé de certifier les comptes de la société. Sa désignation devient obligatoire en SARL dès que l’entreprise dépasse deux des trois seuils suivants, relevés par le décret n°2024-152 du 28 février 2024 :
- 5 000 000 € de total du bilan ;
- 10 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes ;
- 50 salariés en moyenne sur l’exercice.
La nomination s’impose aussi dans certains groupes. Une SARL doit désigner un CAC si elle est une société mère qui franchit les seuils prévus par la loi, ou si elle est une filiale significative rattachée à un groupe qui dépasse certains plafonds.
En dehors de ces cas, la nomination reste volontaire. Les associés peuvent décider de recourir à un commissaire aux comptes pour la SARL pour s’assurer de la sincérité de leur comptabilité. Les associés minoritaires qui représentent au moins un tiers des parts sociales peuvent aussi en demander la nomination, à condition de motiver leur demande. Enfin, les associés détenant plus de 10 % du capital social peuvent saisir la justice pour exiger cette désignation.
Faut-il adhérer à un centre de gestion agréé (CGA) ?
L’adhésion à un centre de gestion agréé (CGA) n’a jamais été obligatoire pour une SARL. Il s’agit d’une démarche volontaire.
Les adhérents d’un CGA bénéficiaient autrefois d’avantages fiscaux. Les non-adhérents voyaient leur bénéfice imposable majoré, tandis que les adhérents pouvaient obtenir une réduction d’impôt sur leurs frais de comptabilité. Cette majoration a été supprimée progressivement, puis a totalement disparu depuis l’imposition des revenus de 2023. Aujourd’hui, l’adhésion à un CGA ne procure plus aucun avantage fiscal direct.
L’adhésion à un CGA garde toutefois un intérêt pour les dirigeants qui souhaitent un accompagnement préventif. Le CGA contrôle les déclarations fiscales et comptables, détecte les erreurs avant un éventuel contrôle et remet un rapport annuel de gestion. C’est désormais son principal apport.
Toute SARL doit tenir une comptabilité complète, établir ses comptes annuels et les déposer chaque année au greffe. Le recours à un comptable pour une SARL n’est pas imposé par la loi, mais il sécurise vos obligations et limite les risques d’erreur. Seul le commissaire aux comptes devient obligatoire, une fois franchis deux des trois seuils de 5 millions d’euros de bilan, 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et 50 salariés.
FAQ
Quelle comptabilité pour une SARL ?
Faut-il un comptable pour une SARL ?
Quel est le prix moyen d'un comptable pour une SARL ?
Qu'est-ce que la comptabilité en ligne ?
Quelles sont les missions d'un expert-comptable ?
Comment créer une SARL ?
Est-ce que LegalPlace peut m'accompagner pour la comptabilité de ma SARL ?
Dernière mise à jour le 08/07/2026
Sources de l'article
- Article L123-12 du Code de commerce
- Article L232-22 du Code de commerce
- Décret n°2024-152 du 28 février 2024
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