EURL ou SARL : quel statut choisir pour votre entreprise ?
Dernière mise à jour le 26/06/2026
- Tableau récapitulatif des différences entre l’EURL et la SARL
- EURL et SARL : de quoi s’agit-il exactement ?
- Quelle est la différence entre une EURL et une SARL ?
- EURL ou SARL : avantages et inconvénients de chaque statut
- EURL ou SARL : quel statut choisir selon votre projet ?
- Comment créer une EURL ou une SARL ?
- FAQ
- L’EURL est une SARL qui ne compte qu’un seul associé. Le cadre juridique est identique. Seul le nombre d’associés change, avec 1 associé pour l’EURL et 2 à 100 pour la SARL.
- Par défaut, l’EURL est soumise à l’impôt sur le revenu et la SARL à l’impôt sur les sociétés. Chacune peut opter pour l’autre régime.
- Le gérant associé unique d’EURL et le gérant majoritaire de SARL relèvent du régime des travailleurs non-salariés. Le gérant minoritaire de SARL est assimilé salarié.
- Dès qu’un second associé entre au capital, l’EURL devient automatiquement une SARL.
Vous lancez votre activité et vous hésitez entre l’EURL et la SARL ? Ces deux formes juridiques reposent sur les mêmes bases, mais quelques différences vont peser sur votre fiscalité, vos cotisations et votre façon de gérer l’entreprise au quotidien. Le bon choix dépend surtout d’une question simple. Allez-vous entreprendre seul, ou à plusieurs ? On compare les deux statuts point par point pour vous aider à décider sereinement.
Tableau récapitulatif des différences entre l’EURL et la SARL
Voici les principales différences entre l’EURL et la SARL, réunies dans un tableau comparatif.
| Critère | EURL | SARL |
|---|---|---|
| Nombre d’associés | 1 seul | De 2 à 100 |
| Capital social minimum | 1 € | 1 € |
| Responsabilité | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Nomination du gérant | Par l’associé unique | Par décision collective des associés |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur le revenu (associé personne physique) | Impôt sur les sociétés |
| Option fiscale possible | Impôt sur les sociétés | Impôt sur le revenu (5 ans, sous conditions) |
| Régime social du gérant | TNS (associé unique) ou assimilé salarié (gérant tiers rémunéré) | TNS (gérant majoritaire) ou assimilé salarié (gérant minoritaire) |
| Prise de décision | L’associé unique décide seul | Décisions importantes votées en assemblée générale |
| Fonctionnement | Simplifié | Plus formaliste |
Ce tableau résume les écarts de capital, de fiscalité, de régime social et de gouvernance entre les deux statuts. Chaque critère est expliqué dans la suite de l’article.
EURL et SARL : de quoi s’agit-il exactement ?
L’EURL et la SARL offrent toutes les deux un cadre sécurisé, où votre responsabilité se limite à ce que vous avez investi. Elles s’adressent simplement à deux situations différentes : entreprendre seul, ou s’associer.
Définition de la SARL (société à responsabilité limitée)
La SARL est une société commerciale qui réunit entre 2 et 100 associés. Elle convient bien aux projets familiaux ou menés entre associés de confiance. Le capital social est libre, à partir de 1 €, et la responsabilité de chaque associé se limite au montant de ses apports. La direction est confiée à un ou plusieurs gérants, associés ou non. Par défaut, la SARL paie l’impôt sur les sociétés.
Définition de l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée)
L’EURL reprend exactement les règles de la SARL, avec une seule particularité. Elle ne compte qu’un associé unique, qui détient 100 % des parts. Vous créez votre société seul, tout en protégeant votre patrimoine personnel. Vous pouvez assurer vous-même la gérance ou la confier à une autre personne. L’associé unique peut être une personne physique ou une autre société.
Quelle est la différence entre une EURL et une SARL ?
Au-delà du nombre d’associés, l’EURL et la SARL diffèrent sur la nomination du gérant, la fiscalité, le régime social et la gouvernance.
Nombre d’associés
Le nombre d’associés est la première différence entre l’EURL et la SARL. L’EURL se constitue avec un associé unique, là où la SARL en réunit au moins deux. L’article L.223-3 du Code de commerce plafonne ce nombre à 100 associés pour la SARL. Cet associé, qu’il soit seul ou accompagné, peut être une personne physique ou une personne morale.
Nomination et statut du gérant
Dans une EURL, l’associé unique désigne librement le gérant, lui-même ou un tiers. La décision est immédiate. Dans une SARL, la nomination du gérant résulte d’une décision collective des associés, prévue dans les statuts ou dans un acte séparé. Dans les deux cas, le gérant est obligatoirement une personne physique. Une société ne peut pas exercer ce mandat.
Régime fiscal de la société (IS ou IR)
La SARL est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Elle peut opter pour l’impôt sur le revenu pendant ses cinq premiers exercices, sous conditions de taille et d’activité. L’EURL suit la logique inverse. Quand l’associé est une personne physique, elle est soumise à l’impôt sur le revenu, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés. Si l’associé unique est une société, l’EURL relève d’office de l’impôt sur les sociétés.
Julien crée une EURL pour son activité de conseil en informatique. La première année, il dégage 18 000 € de bénéfices. À l’impôt sur le revenu, ces bénéfices s’ajoutent simplement à ses revenus du foyer et sont imposés selon son barème. S’il opte pour l’impôt sur les sociétés, sa société paie d’abord 15 % sur ce résultat, puis Julien n’est imposé personnellement que sur la rémunération qu’il se verse. Le bon choix dépend de son niveau de revenus et de sa stratégie de rémunération.
Régime fiscal du gérant
En SARL, le gérant est imposé comme un salarié, dans la catégorie des traitements et salaires, avec un abattement de 10 % ou la déduction des frais réels. En EURL, deux cas se présentent. Si la société est à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du gérant est imposée à l’impôt sur le revenu, avec le même abattement de 10 %. Si la société est à l’impôt sur le revenu et que le gérant est l’associé unique, sa rémunération n’est pas déductible et entre dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC).
Régime social du gérant (TNS ou assimilé salarié)
En EURL, le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS), géré par la Sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations représentent environ 45 % de son revenu. Un gérant tiers rémunéré est, lui, assimilé salarié. En SARL, le régime dépend du nombre de parts détenues. Le gérant majoritaire est TNS. Le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié et relève du régime général, avec une protection plus complète mais des cotisations plus élevées, autour de 80 % de la rémunération nette. Pour apprécier la majorité, on additionne les parts du gérant, celles de son conjoint et de ses enfants mineurs.
Imposition des dividendes
Lorsque la société distribue des dividendes, ceux-ci sont par défaut soumis à la flat tax, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique. Son taux est de 31,4 % depuis 2026. Il se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la hausse venant de l’augmentation de la CSG prévue par la loi de finances pour 2026. Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si c’est plus avantageux.
Une règle particulière s’applique au gérant majoritaire de SARL et au gérant associé unique d’EURL relevant du régime TNS. La part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales des indépendants, et non à la seule flat tax. Un capital social trop faible peut donc alourdir la note sociale sur vos dividendes.
Fonctionnement et prise de décision
L’EURL fonctionne plus simplement. L’associé unique prend seul toutes les décisions, sans risque de blocage, et certaines obligations comme le rapport de gestion disparaissent. En SARL, les décisions importantes, par exemple une modification des statuts, passent par une assemblée générale. Cette concertation protège les associés, mais elle peut ralentir certains choix en cas de désaccord.
EURL ou SARL : avantages et inconvénients de chaque statut
L’EURL et la SARL ont chacune des points forts et des limites. Voici ceux de l’EURL, puis ceux de la SARL.
Les avantages et inconvénients de l’EURL
L’EURL est adaptée si vous souhaitez entreprendre seul tout en protégeant votre patrimoine. Vous décidez vite, sans avoir à consulter d’autres associés, et vous profitez d’une vraie souplesse fiscale grâce au choix entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés. Les avantages de l’EURL tiennent donc à cette autonomie et à cette protection.
En contrepartie, vous portez seul toutes les décisions et la gestion, ce qui peut devenir lourd quand vous cumulez les rôles d’associé et de gérant. Le capital reste souvent modeste, puisque vous êtes le seul à l’alimenter. Enfin, le régime social de travailleur non-salarié offre une couverture plus limitée que celle d’un gérant minoritaire de SARL, notamment en cas d’arrêt maladie.
Les avantages et inconvénients de la SARL
La SARL est pensée pour les projets à plusieurs. Réunir des associés permet de constituer un capital plus solide, de partager les responsabilités et de renforcer la crédibilité de l’entreprise. La responsabilité de chacun reste limitée à ses apports, et le cadre légal protège les droits des associés. Ce sont les principaux avantages de la SARL.
Ce cadre collectif a un revers. Les décisions importantes exigent un vote en assemblée générale, source possible de lenteurs ou de blocages. L’entrée d’un nouvel associé suppose en principe une procédure d’agrément, c’est-à-dire l’accord des autres associés. Et même un gérant minoritaire, mieux protégé socialement, paie des cotisations plus élevées qu’un gérant TNS.
EURL ou SARL : quel statut choisir selon votre projet ?
Le choix entre l’EURL et la SARL se résume souvent à votre situation de départ. Si vous vous lancez seul et que vous voulez garder la main sur toutes vos décisions, l’EURL est la solution la plus directe. Sa fiscalité par défaut à l’impôt sur le revenu est souvent intéressante au démarrage, quand les bénéfices restent modestes.
Si vous prévoyez de vous associer, de réunir un capital plus important et de structurer une équipe, la SARL offre un cadre mieux adapté. Son imposition par défaut à l’impôt sur les sociétés devient avantageuse à mesure que l’activité se développe, car vous pouvez laisser une partie des bénéfices dans la société pour financer sa croissance.
Dans les deux cas, votre patrimoine personnel est protégé. Pensez simplement que le passage de l’une à l’autre reste possible à tout moment, l’EURL se transformant en SARL dès l’arrivée d’un nouvel associé.
Comment créer une EURL ou une SARL ?
Les démarches de création sont presque identiques pour les deux statuts. Voici les étapes à suivre :
- Rédiger les statuts de la société, qui fixent ses règles de fonctionnement ;
- Déposer le capital social sur un compte bancaire ouvert au nom de la société, à partir de 1 € ;
- Publier un avis de constitution dans un support d’annonces légales ;
- Réunir les pièces justificatives, dont les statuts signés et l’attestation de dépôt des fonds ;
- Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI.
Depuis le 1er janvier 2023, toutes ces formalités passent obligatoirement par le guichet unique de l’INPI. Le CFE et le site infogreffe ne sont plus compétents pour l’immatriculation. Une fois le dossier validé, vous recevez votre extrait Kbis et votre numéro SIRET. Les formalités diffèrent peu entre la création d’une EURL et la création d’une SARL, hormis les règles propres à chaque statut.
Combien coûte la création ?
La création d’une EURL ou d’une SARL implique d’abord des frais administratifs incompressibles, principalement l’annonce légale et les frais d’immatriculation, de l’ordre de 200 € selon le statut et l’activité. À cela s’ajoute, si vous choisissez d’être accompagné, le tarif du prestataire. Chez LegalPlace, l’accompagnement pour la création de votre société va de 0 à 199 € HT (tarifs à destination de professionnels), en plus des frais légaux obligatoires. Nos formalistes génèrent vos statuts, publient l’annonce légale et déposent votre dossier d’immatriculation à votre place.
L’EURL et la SARL reposent sur le même cadre juridique, seul le nombre d’associés les sépare réellement. L’EURL convient pour entreprendre seul, avec une gestion souple et une imposition par défaut à l’impôt sur le revenu. La SARL s’adresse aux projets à plusieurs, avec une imposition par défaut à l’impôt sur les sociétés et un fonctionnement plus encadré. Le choix dépend donc de votre projet, de votre nombre d’associés et de votre stratégie fiscale. Comme le passage de l’une à l’autre est simple, vous pouvez démarrer en EURL et évoluer en SARL au fil de votre développement.
FAQ
Vaut-il mieux choisir une EURL ou une SARL ?
Quel est le statut le plus avantageux fiscalement entre EURL et SARL ?
Quelle différence entre une EURL et une SARL unipersonnelle ?
Comment passer d'une EURL à une SARL ?
Quel salaire ou quels dividendes se verser en EURL ?
Une EURL peut-elle avoir plusieurs associés ?
EURL ou SASU : quel statut choisir ?
Combien coûte la création d'une EURL ou d'une SARL ?
Dernière mise à jour le 26/06/2026
Sources de l'article
- Article L.223-1 du Code de commerce
- Article L.223-3 du Code de commerce
- Article 219 du Code général des impôts
- Article 200 A du Code général des impôts
- Article L.131-6 du Code de la sécurité sociale
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