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  • L’EURL est une SARL à associé unique. Elle obéit aux mêmes règles, mais elle ne compte qu’une seule personne au capital, contre 2 à 100 associés pour la SARL.
  • L’EURL relève par défaut de l’impôt sur le revenu (option IS possible) tandis que la SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés (option IR sur 5 ans).
  • Dès qu’un second associé entre au capital, l’EURL devient automatiquement une SARL, sans création d’une nouvelle société.

Vous lancez votre activité et vous hésitez entre l’EURL et la SARL ? Ces deux formes juridiques reposent sur les mêmes bases, mais quelques différences vont peser sur votre fiscalité, vos cotisations et votre façon de gérer l’entreprise au quotidien. Le bon choix dépend surtout d’une question simple. Allez-vous entreprendre seul, ou à plusieurs ? On compare les deux statuts point par point pour vous aider à décider sereinement.

Tableau récapitulatif des différences entre l’EURL et la SARL

Voici les principales différences entre l’EURL et la SARL, réunies dans un tableau comparatif.

Critère EURL SARL
Nombre d’associés 1 seul De 2 à 100
Capital social minimum 1 € 1 €
Responsabilité Limitée aux apports Limitée aux apports
Nomination du gérant Par l’associé unique Par décision collective des associés
Régime fiscal par défaut Impôt sur le revenu (associé personne physique) Impôt sur les sociétés
Option fiscale possible Impôt sur les sociétés Impôt sur le revenu (5 ans, sous conditions)
Régime social du gérant TNS (associé unique) ou assimilé salarié (gérant tiers rémunéré) TNS (gérant majoritaire) ou assimilé salarié (gérant minoritaire)
Prise de décision L’associé unique décide seul Décisions importantes votées en assemblée générale
Fonctionnement Simplifié Plus formaliste

Ce tableau résume les écarts de capital, de fiscalité, de régime social et de gouvernance entre les deux statuts. Chaque critère est expliqué dans la suite de l’article.

EURL et SARL : de quoi s’agit-il exactement ?

L’EURL et la SARL offrent toutes les deux un cadre sécurisé, où votre responsabilité se limite à ce que vous avez investi. Elles s’adressent simplement à deux situations différentes : entreprendre seul, ou s’associer.

Définition de la SARL (société à responsabilité limitée)

La SARL est une société commerciale qui réunit entre 2 et 100 associés. Elle convient bien aux projets familiaux ou menés entre associés de confiance. Le capital social est libre, à partir de 1 €, et la responsabilité de chaque associé se limite au montant de ses apports. La direction est confiée à un ou plusieurs gérants, associés ou non. Par défaut, la SARL paie l’impôt sur les sociétés.

Le capital social d’une SARL est librement fixé par les associés. Vous pouvez démarrer avec 1 €, mais un capital plus élevé renforce votre crédibilité auprès des banques et des fournisseurs.

Définition de l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée)

L’EURL reprend exactement les règles de la SARL, avec une seule particularité. Elle ne compte qu’un associé unique, qui détient 100 % des parts. Vous créez votre société seul, tout en protégeant votre patrimoine personnel. Vous pouvez assurer vous-même la gérance ou la confier à une autre personne. L’associé unique peut être une personne physique ou une autre société.

Si vous accueillez un nouvel associé, votre EURL devient automatiquement une SARL. Aucune création de société n’est nécessaire, une simple modification des statuts suffit.

EURL ou SARL : quelles sont les grandes différences ?

Vous envisagez de créer votre entreprise et hésitez entre la création de l’EURL et la création de la SARL ? Bien que ces deux statuts juridiques partagent plusieurs points communs, il est crucial de comprendre ce qui les distingue afin de choisir le cadre le plus adapté à votre projet.

Nombre d’associés

Le nombre d’associés est la première différence entre l’EURL et la SARL. L’EURL se constitue avec un associé unique, là où la SARL en réunit au moins deux. L’article L.223-3 du Code de commerce plafonne ce nombre à 100 associés pour la SARL. Cet associé, qu’il soit seul ou accompagné, peut être une personne physique ou une personne morale.

Nomination et statut du gérant

Dans une EURL, l’associé unique désigne librement le gérant, lui-même ou un tiers. La décision est immédiate. Dans une SARL, la nomination du gérant résulte d’une décision collective des associés, prévue dans les statuts ou dans un acte séparé. Dans les deux cas, le gérant est obligatoirement une personne physique. Une société ne peut pas exercer ce mandat.

Régime fiscal de la société (IS ou IR)

La SARL est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Elle peut opter pour l’impôt sur le revenu pendant ses cinq premiers exercices, sous conditions de taille et d’activité. L’EURL suit la logique inverse. Quand l’associé est une personne physique, elle est soumise à l’impôt sur le revenu, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés. Si l’associé unique est une société, l’EURL relève d’office de l’impôt sur les sociétés.

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfices pour les PME éligibles, c’est-à-dire celles dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Julien crée une EURL pour son activité de conseil en informatique. La première année, il dégage 18 000 € de bénéfices. À l’impôt sur le revenu, ces bénéfices s’ajoutent simplement à ses revenus du foyer et sont imposés selon son barème. S’il opte pour l’impôt sur les sociétés, sa société paie d’abord 15 % sur ce résultat, puis Julien n’est imposé personnellement que sur la rémunération qu’il se verse. Le bon choix dépend de son niveau de revenus et de sa stratégie de rémunération.

Régime fiscal du gérant

En SARL, le gérant est imposé comme un salarié, dans la catégorie des traitements et salaires, avec un abattement de 10 % ou la déduction des frais réels. En EURL, deux cas se présentent. Si la société est à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du gérant est imposée à l’impôt sur le revenu, avec le même abattement de 10 %. Si la société est à l’impôt sur le revenu et que le gérant est l’associé unique, sa rémunération n’est pas déductible et entre dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC).

Régime social du gérant (TNS ou assimilé salarié)

En EURL, le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS), géré par la Sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations représentent environ 45 % de son revenu. Un gérant tiers rémunéré est, lui, assimilé salarié. En SARL, le régime dépend du nombre de parts détenues. Le gérant majoritaire est TNS. Le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié et relève du régime général, avec une protection plus complète mais des cotisations plus élevées, autour de 80 % de la rémunération nette. Pour apprécier la majorité, on additionne les parts du gérant, celles de son conjoint et de ses enfants mineurs.

Le gérant associé unique d’EURL paie des cotisations sociales minimales même lorsqu’il ne se verse aucune rémunération. C’est une charge à anticiper dès la première année d’activité.

Imposition des dividendes

Lorsque la société distribue des dividendes, ceux-ci sont par défaut soumis à la flat tax, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique. Son taux est de 31,4 % depuis 2026. Il se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la hausse venant de l’augmentation de la CSG prévue par la loi de finances pour 2026. Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si c’est plus avantageux.

Une règle particulière s’applique au gérant majoritaire de SARL et au gérant associé unique d’EURL relevant du régime TNS. La part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales des indépendants, et non à la seule flat tax. Un capital social trop faible peut donc alourdir la note sociale sur vos dividendes.

Fonctionnement et prise de décision

L’EURL fonctionne plus simplement. L’associé unique prend seul toutes les décisions, sans risque de blocage, et certaines obligations comme le rapport de gestion disparaissent. En SARL, les décisions importantes, par exemple une modification des statuts, passent par une assemblée générale. Cette concertation protège les associés, mais elle peut ralentir certains choix en cas de désaccord.

EURL ou SARL : avantages et inconvénients de chaque statut

L’EURL et la SARL ont chacune des points forts et des limites. Voici ceux de l’EURL, puis ceux de la SARL.

Les avantages et inconvénients de l’EURL

L’EURL est adaptée si vous souhaitez entreprendre seul tout en protégeant votre patrimoine. Vous décidez vite, sans avoir à consulter d’autres associés, et vous profitez d’une vraie souplesse fiscale grâce au choix entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés. Les avantages de l’EURL tiennent donc à cette autonomie et à cette protection.

En contrepartie, vous portez seul toutes les décisions et la gestion, ce qui peut devenir lourd quand vous cumulez les rôles d’associé et de gérant. Le capital reste souvent modeste, puisque vous êtes le seul à l’alimenter. Enfin, le régime social de travailleur non-salarié offre une couverture plus limitée que celle d’un gérant minoritaire de SARL, notamment en cas d’arrêt maladie.

Les avantages et inconvénients de la SARL

La SARL est pensée pour les projets à plusieurs. Réunir des associés permet de constituer un capital plus solide, de partager les responsabilités et de renforcer la crédibilité de l’entreprise. La responsabilité de chacun reste limitée à ses apports, et le cadre légal protège les droits des associés. Ce sont les principaux avantages de la SARL.

Ce cadre collectif a un revers. Les décisions importantes exigent un vote en assemblée générale, source possible de lenteurs ou de blocages. L’entrée d’un nouvel associé suppose en principe une procédure d’agrément, c’est-à-dire l’accord des autres associés. Et même un gérant minoritaire, mieux protégé socialement, paie des cotisations plus élevées qu’un gérant TNS.

EURL ou SARL : quel statut choisir selon votre projet ?

Choisir entre une SARL et une EURL dépend avant tout de votre projet et de vos préférences en matière de gestion. Si vous souhaitez une gestion autonome et que vous êtes seul dans l’aventure, l’EURL offre une simplicité et une flexibilité fiscale intéressantes.
En revanche, si vous envisagez de collaborer avec d’autres associés et de bénéficier d’une plus grande capacité d’investissement, la SARL pourrait être le choix idéal, bien que ses règles de gouvernance plus strictes nécessitent une gestion partagée. Dans les deux cas, ces deux statuts permettent une protection du patrimoine personnel, mais les choix fiscaux et sociaux sont à considérer attentivement.

Karim se lance seul comme consultant : il crée une EURL, pilote son activité sans assemblée et opte pour l’IR le temps d’absorber ses premières charges. Deux ans plus tard, il s’associe avec une collègue. L’EURL passe alors automatiquement en SARL, avec deux gérants et des décisions prises en assemblée. Le même projet évolue d’un statut à l’autre selon le nombre d’associés.

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Comment créer une EURL ou une SARL ?

Les démarches de création sont presque identiques pour les deux statuts. Voici les étapes à suivre :

  1. Rédiger les statuts de la société, qui fixent ses règles de fonctionnement ;
  2. Déposer le capital social sur un compte bancaire ouvert au nom de la société, à partir de 1 € ;
  3. Publier un avis de constitution dans un support d’annonces légales ;
  4. Réunir les pièces justificatives, dont les statuts signés et l’attestation de dépôt des fonds ;
  5. Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes ces formalités passent obligatoirement par le guichet unique de l’INPI. Le CFE et le site infogreffe ne sont plus compétents pour l’immatriculation. Une fois le dossier validé, vous recevez votre extrait Kbis et votre numéro SIRET. Les formalités diffèrent peu entre la création d’une EURL et la création d’une SARL, hormis les règles propres à chaque statut.

Un dossier incomplet ou mal rempli est la première cause de rejet au Guichet unique INPI. LegalPlace sécurise chaque étape de votre immatriculation pour éviter les erreurs administratives et les retards dans l'obtention de votre Kbis.

Quel budget pour la création d’une EURL ou d’une SARL ?

Le budget de création est très proche entre les deux formes, puisque l’EURL suit les règles de la SARL. Il se compose de frais administratifs obligatoires, auxquels s’ajoute le coût éventuel d’un accompagnement.
Le poste principal est l’annonce légale de constitution. En 2026, son tarif forfaitaire en France métropolitaine s’élève à 124 € pour une EURL et à 148 € pour une SARL. S’y ajoutent les frais d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI et le dépôt des bénéficiaires effectifs, soit environ 200 euros de frais obligatoires au total.

Vous pouvez réaliser ces démarches vous-même ou confier vos formalités à LegalPlace, pour un accompagnement de 0 à 199 € HT, tarifs à destination de professionnels, en plus des frais obligatoires. Pour le détail poste par poste, consultez le coût de création d’une EURL ou celui d’une SARL.

Quelles sont les différences entre l’EURL et la SARL unipersonnelle ?

En réalité, l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) et la SARL unipersonnelle désignent exactement la même structure juridique : une SARL composée d’un seul associé. La différence réside uniquement dans l’appellation utilisée.
Le terme EURL est généralement employé pour mettre en avant le caractère unipersonnel de la société, tandis que SARL unipersonnelle est une façon de qualifier une SARL qui ne comporte qu’un seul associé.
Il n’y a donc pas de distinction fondamentale entre ces deux formes juridiques, si ce n’est que le terme EURL est parfois préféré dans un contexte où l’on met l’accent sur l’aspect individuel et la responsabilité limitée de l’associé unique.
Que vous choisissiez l’une ou l’autre, la gestion, la fiscalité et les règles juridiques sont les mêmes. L’essentiel est que vous êtes l’unique décideur et que votre responsabilité est limitée à vos apports.

    L’EURL et la SARL reposent sur le même cadre juridique : responsabilité limitée aux apports, capital libre dès 1 euro, gérant personne physique. La seule vraie différence tient au nombre d’associés, l’EURL étant la version à associé unique de la SARL. Ce point commande le reste : fiscalité par défaut à l’IR pour l’EURL et à l’IS pour la SARL, gouvernance simplifiée pour l’EURL et collégiale pour la SARL. Vous lancez seul et voulez de la souplesse ? L’EURL suffit, et elle deviendra une SARL le jour où vous vous associez. Vous démarrez à plusieurs ? La SARL s’impose. LegalPlace peut vous accompagner pour créer la structure adaptée à votre projet.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 23/07/2026

FAQ

Quelle est la différence entre une EURL et une SARL ?

La différence tient au nombre d’associés. L’EURL ne compte qu’un seul associé, tandis que la SARL en réunit de 2 à 100. L’EURL applique par défaut l’impôt sur le revenu, la SARL l’impôt sur les sociétés. Pour le reste, les deux formes suivent les mêmes règles, puisque l’EURL est une SARL à associé unique.

Vaut-il mieux créer une EURL ou une SARL ?

Tout dépend de votre projet. Si vous vous lancez seul et voulez une gestion simple et autonome, l’EURL est adaptée. Si vous entreprenez à plusieurs ou souhaitez ouvrir le capital, la SARL s’impose. L’EURL reste évolutive : elle devient automatiquement une SARL dès l’arrivée d’un second associé.

EURL ou SARL : quel statut est le plus avantageux fiscalement ?

Aucun statut n’est plus avantageux dans l’absolu. L’EURL à l’IR permet d’imputer un déficit de début d’activité sur vos autres revenus. La SARL à l’IS, comme l’EURL ayant opté pour l’IS, permet de déduire la rémunération du gérant et de piloter la distribution de dividendes. Le bon choix dépend de vos revenus et de votre situation personnelle.

Peut-on passer d’une EURL à une SARL ?

Oui, et c’est même automatique. Dès qu’un nouvel associé entre au capital d’une EURL, celle-ci devient une SARL, sans création d’une nouvelle société. Il faut simplement mettre à jour les statuts et déclarer la modification sur le guichet unique de l’INPI.

EURL ou SARL pour un couple ?

Un couple qui entreprend à deux ne peut pas créer une EURL, réservée à un associé unique. La SARL est adaptée, et la SARL de famille permet en plus d’opter pour l’impôt sur le revenu sans limite de durée, un cadre souvent intéressant pour une activité menée entre proches.

Comment créer une EURL ou une SARL ?

Les étapes sont identiques : rédiger les statuts, déposer le capital social (à partir de 1 euro), publier une annonce légale de constitution, puis déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI. Une fois la société immatriculée, vous recevez votre extrait Kbis.

Combien coûte la création d’une EURL ou d’une SARL ?

Comptez environ 200 euros de frais administratifs obligatoires, dont l’annonce légale (à partir de 124 € pour une EURL et 148 € pour une SARL en France en 2026) et l’immatriculation. Si vous vous faites accompagner par une plateforme juridique, comptez de 0 à 199 euros hors taxes, tarifs à destination de professionnels, en plus de ces frais.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris