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  • L’EURL est une SARL qui ne compte qu’un seul associé. Le cadre juridique est identique. Seul le nombre d’associés change, avec 1 associé pour l’EURL et 2 à 100 pour la SARL.
  • Par défaut, l’EURL est soumise à l’impôt sur le revenu et la SARL à l’impôt sur les sociétés. Chacune peut opter pour l’autre régime.
  • Le gérant associé unique d’EURL et le gérant majoritaire de SARL relèvent du régime des travailleurs non-salariés. Le gérant minoritaire de SARL est assimilé salarié.
  • Dès qu’un second associé entre au capital, l’EURL devient automatiquement une SARL.

Vous lancez votre activité et vous hésitez entre l’EURL et la SARL ? Ces deux formes juridiques reposent sur les mêmes bases, mais quelques différences vont peser sur votre fiscalité, vos cotisations et votre façon de gérer l’entreprise au quotidien. Le bon choix dépend surtout d’une question simple. Allez-vous entreprendre seul, ou à plusieurs ? On compare les deux statuts point par point pour vous aider à décider sereinement.

Tableau récapitulatif des différences entre l’EURL et la SARL

Voici les principales différences entre l’EURL et la SARL, réunies dans un tableau comparatif.

Critère EURL SARL
Nombre d’associés 1 seul De 2 à 100
Capital social minimum 1 € 1 €
Responsabilité Limitée aux apports Limitée aux apports
Nomination du gérant Par l’associé unique Par décision collective des associés
Régime fiscal par défaut Impôt sur le revenu (associé personne physique) Impôt sur les sociétés
Option fiscale possible Impôt sur les sociétés Impôt sur le revenu (5 ans, sous conditions)
Régime social du gérant TNS (associé unique) ou assimilé salarié (gérant tiers rémunéré) TNS (gérant majoritaire) ou assimilé salarié (gérant minoritaire)
Prise de décision L’associé unique décide seul Décisions importantes votées en assemblée générale
Fonctionnement Simplifié Plus formaliste

Ce tableau résume les écarts de capital, de fiscalité, de régime social et de gouvernance entre les deux statuts. Chaque critère est expliqué dans la suite de l’article.

EURL et SARL : de quoi s’agit-il exactement ?

L’EURL et la SARL offrent toutes les deux un cadre sécurisé, où votre responsabilité se limite à ce que vous avez investi. Elles s’adressent simplement à deux situations différentes : entreprendre seul, ou s’associer.

Définition de la SARL (société à responsabilité limitée)

La SARL est une société commerciale qui réunit entre 2 et 100 associés. Elle convient bien aux projets familiaux ou menés entre associés de confiance. Le capital social est libre, à partir de 1 €, et la responsabilité de chaque associé se limite au montant de ses apports. La direction est confiée à un ou plusieurs gérants, associés ou non. Par défaut, la SARL paie l’impôt sur les sociétés.

Le capital social d’une SARL est librement fixé par les associés. Vous pouvez démarrer avec 1 €, mais un capital plus élevé renforce votre crédibilité auprès des banques et des fournisseurs.

Définition de l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée)

L’EURL reprend exactement les règles de la SARL, avec une seule particularité. Elle ne compte qu’un associé unique, qui détient 100 % des parts. Vous créez votre société seul, tout en protégeant votre patrimoine personnel. Vous pouvez assurer vous-même la gérance ou la confier à une autre personne. L’associé unique peut être une personne physique ou une autre société.

Si vous accueillez un nouvel associé, votre EURL devient automatiquement une SARL. Aucune création de société n’est nécessaire, une simple modification des statuts suffit.

Quelle est la différence entre une EURL et une SARL ?

Au-delà du nombre d’associés, l’EURL et la SARL diffèrent sur la nomination du gérant, la fiscalité, le régime social et la gouvernance.

Nombre d’associés

Le nombre d’associés est la première différence entre l’EURL et la SARL. L’EURL se constitue avec un associé unique, là où la SARL en réunit au moins deux. L’article L.223-3 du Code de commerce plafonne ce nombre à 100 associés pour la SARL. Cet associé, qu’il soit seul ou accompagné, peut être une personne physique ou une personne morale.

Nomination et statut du gérant

Dans une EURL, l’associé unique désigne librement le gérant, lui-même ou un tiers. La décision est immédiate. Dans une SARL, la nomination du gérant résulte d’une décision collective des associés, prévue dans les statuts ou dans un acte séparé. Dans les deux cas, le gérant est obligatoirement une personne physique. Une société ne peut pas exercer ce mandat.

Régime fiscal de la société (IS ou IR)

La SARL est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Elle peut opter pour l’impôt sur le revenu pendant ses cinq premiers exercices, sous conditions de taille et d’activité. L’EURL suit la logique inverse. Quand l’associé est une personne physique, elle est soumise à l’impôt sur le revenu, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés. Si l’associé unique est une société, l’EURL relève d’office de l’impôt sur les sociétés.

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfices pour les PME éligibles, c’est-à-dire celles dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Julien crée une EURL pour son activité de conseil en informatique. La première année, il dégage 18 000 € de bénéfices. À l’impôt sur le revenu, ces bénéfices s’ajoutent simplement à ses revenus du foyer et sont imposés selon son barème. S’il opte pour l’impôt sur les sociétés, sa société paie d’abord 15 % sur ce résultat, puis Julien n’est imposé personnellement que sur la rémunération qu’il se verse. Le bon choix dépend de son niveau de revenus et de sa stratégie de rémunération.

Régime fiscal du gérant

En SARL, le gérant est imposé comme un salarié, dans la catégorie des traitements et salaires, avec un abattement de 10 % ou la déduction des frais réels. En EURL, deux cas se présentent. Si la société est à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du gérant est imposée à l’impôt sur le revenu, avec le même abattement de 10 %. Si la société est à l’impôt sur le revenu et que le gérant est l’associé unique, sa rémunération n’est pas déductible et entre dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC).

Régime social du gérant (TNS ou assimilé salarié)

En EURL, le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS), géré par la Sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations représentent environ 45 % de son revenu. Un gérant tiers rémunéré est, lui, assimilé salarié. En SARL, le régime dépend du nombre de parts détenues. Le gérant majoritaire est TNS. Le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié et relève du régime général, avec une protection plus complète mais des cotisations plus élevées, autour de 80 % de la rémunération nette. Pour apprécier la majorité, on additionne les parts du gérant, celles de son conjoint et de ses enfants mineurs.

Le gérant associé unique d’EURL paie des cotisations sociales minimales même lorsqu’il ne se verse aucune rémunération. C’est une charge à anticiper dès la première année d’activité.

Imposition des dividendes

Lorsque la société distribue des dividendes, ceux-ci sont par défaut soumis à la flat tax, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique. Son taux est de 31,4 % depuis 2026. Il se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la hausse venant de l’augmentation de la CSG prévue par la loi de finances pour 2026. Vous pouvez aussi opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si c’est plus avantageux.

Une règle particulière s’applique au gérant majoritaire de SARL et au gérant associé unique d’EURL relevant du régime TNS. La part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales des indépendants, et non à la seule flat tax. Un capital social trop faible peut donc alourdir la note sociale sur vos dividendes.

Fonctionnement et prise de décision

L’EURL fonctionne plus simplement. L’associé unique prend seul toutes les décisions, sans risque de blocage, et certaines obligations comme le rapport de gestion disparaissent. En SARL, les décisions importantes, par exemple une modification des statuts, passent par une assemblée générale. Cette concertation protège les associés, mais elle peut ralentir certains choix en cas de désaccord.

EURL ou SARL : avantages et inconvénients de chaque statut

L’EURL et la SARL ont chacune des points forts et des limites. Voici ceux de l’EURL, puis ceux de la SARL.

Les avantages et inconvénients de l’EURL

L’EURL est adaptée si vous souhaitez entreprendre seul tout en protégeant votre patrimoine. Vous décidez vite, sans avoir à consulter d’autres associés, et vous profitez d’une vraie souplesse fiscale grâce au choix entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés. Les avantages de l’EURL tiennent donc à cette autonomie et à cette protection.

En contrepartie, vous portez seul toutes les décisions et la gestion, ce qui peut devenir lourd quand vous cumulez les rôles d’associé et de gérant. Le capital reste souvent modeste, puisque vous êtes le seul à l’alimenter. Enfin, le régime social de travailleur non-salarié offre une couverture plus limitée que celle d’un gérant minoritaire de SARL, notamment en cas d’arrêt maladie.

Les avantages et inconvénients de la SARL

La SARL est pensée pour les projets à plusieurs. Réunir des associés permet de constituer un capital plus solide, de partager les responsabilités et de renforcer la crédibilité de l’entreprise. La responsabilité de chacun reste limitée à ses apports, et le cadre légal protège les droits des associés. Ce sont les principaux avantages de la SARL.

Ce cadre collectif a un revers. Les décisions importantes exigent un vote en assemblée générale, source possible de lenteurs ou de blocages. L’entrée d’un nouvel associé suppose en principe une procédure d’agrément, c’est-à-dire l’accord des autres associés. Et même un gérant minoritaire, mieux protégé socialement, paie des cotisations plus élevées qu’un gérant TNS.

EURL ou SARL : quel statut choisir selon votre projet ?

Le choix entre l’EURL et la SARL se résume souvent à votre situation de départ. Si vous vous lancez seul et que vous voulez garder la main sur toutes vos décisions, l’EURL est la solution la plus directe. Sa fiscalité par défaut à l’impôt sur le revenu est souvent intéressante au démarrage, quand les bénéfices restent modestes.

Si vous prévoyez de vous associer, de réunir un capital plus important et de structurer une équipe, la SARL offre un cadre mieux adapté. Son imposition par défaut à l’impôt sur les sociétés devient avantageuse à mesure que l’activité se développe, car vous pouvez laisser une partie des bénéfices dans la société pour financer sa croissance.

Dans les deux cas, votre patrimoine personnel est protégé. Pensez simplement que le passage de l’une à l’autre reste possible à tout moment, l’EURL se transformant en SARL dès l’arrivée d’un nouvel associé.

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Trouver mon statut idéal

Comment créer une EURL ou une SARL ?

Les démarches de création sont presque identiques pour les deux statuts. Voici les étapes à suivre :

  1. Rédiger les statuts de la société, qui fixent ses règles de fonctionnement ;
  2. Déposer le capital social sur un compte bancaire ouvert au nom de la société, à partir de 1 € ;
  3. Publier un avis de constitution dans un support d’annonces légales ;
  4. Réunir les pièces justificatives, dont les statuts signés et l’attestation de dépôt des fonds ;
  5. Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI.

Depuis le 1er janvier 2023, toutes ces formalités passent obligatoirement par le guichet unique de l’INPI. Le CFE et le site infogreffe ne sont plus compétents pour l’immatriculation. Une fois le dossier validé, vous recevez votre extrait Kbis et votre numéro SIRET. Les formalités diffèrent peu entre la création d’une EURL et la création d’une SARL, hormis les règles propres à chaque statut.

Un dossier incomplet ou mal rempli est la première cause de rejet au Guichet unique INPI. LegalPlace sécurise chaque étape de votre immatriculation pour éviter les erreurs administratives et les retards dans l'obtention de votre Kbis.

Combien coûte la création ?

La création d’une EURL ou d’une SARL implique d’abord des frais administratifs incompressibles, principalement l’annonce légale et les frais d’immatriculation, de l’ordre de 200 € selon le statut et l’activité. À cela s’ajoute, si vous choisissez d’être accompagné, le tarif du prestataire. Chez LegalPlace, l’accompagnement pour la création de votre société va de 0 à 199 € HT (tarifs à destination de professionnels), en plus des frais légaux obligatoires. Nos formalistes génèrent vos statuts, publient l’annonce légale et déposent votre dossier d’immatriculation à votre place.

L’EURL et la SARL reposent sur le même cadre juridique, seul le nombre d’associés les sépare réellement. L’EURL convient pour entreprendre seul, avec une gestion souple et une imposition par défaut à l’impôt sur le revenu. La SARL s’adresse aux projets à plusieurs, avec une imposition par défaut à l’impôt sur les sociétés et un fonctionnement plus encadré. Le choix dépend donc de votre projet, de votre nombre d’associés et de votre stratégie fiscale. Comme le passage de l’une à l’autre est simple, vous pouvez démarrer en EURL et évoluer en SARL au fil de votre développement.

FAQ

Vaut-il mieux choisir une EURL ou une SARL ?

Le choix entre l'EURL et la SARL dépend du nombre de personnes qui portent le projet. Si vous êtes seul, l'EURL est la forme adaptée. Si vous êtes au moins deux, c'est la SARL. Les deux statuts protègent votre patrimoine personnel de la même façon, puisque l'EURL n'est qu'une SARL à associé unique.

Quel est le statut le plus avantageux fiscalement entre EURL et SARL ?

Cela dépend de votre niveau de bénéfices et du régime choisi. L'EURL, soumise par défaut à l'impôt sur le revenu, est souvent intéressante au démarrage, quand les bénéfices sont faibles. La SARL, imposée à l'impôt sur les sociétés, devient plus pertinente lorsque l'activité se développe et que vous souhaitez réinvestir une partie des bénéfices.

Quelle différence entre une EURL et une SARL unipersonnelle ?

Comment passer d'une EURL à une SARL ?

Le passage se fait dès qu'un nouvel associé entre au capital, par exemple à la suite d'une cession ou d'une donation de parts. Aucune création de société n'est nécessaire. Il suffit de mettre à jour les statuts et de déclarer la modification. Ce changement entraîne le passage à l'impôt sur les sociétés et une gouvernance désormais collective.

Quel salaire ou quels dividendes se verser en EURL ?

Le gérant associé unique se verse une rémunération libre, fixée selon la trésorerie disponible, qui est imposée à l'impôt sur le revenu et soumise aux cotisations TNS. Il peut compléter par des dividendes. Attention, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social supporte aussi des cotisations sociales des indépendants.

Une EURL peut-elle avoir plusieurs associés ?

Non. Par définition, l'EURL ne compte qu'un seul associé. Si vous souhaitez vous associer, l'EURL se transforme en SARL, qui peut réunir de 2 à 100 associés. Cette transformation est simple et ne nécessite qu'une modification des statuts.

EURL ou SASU : quel statut choisir ?

L'EURL et la SASU permettent toutes deux d'entreprendre seul. La principale différence concerne le régime social du dirigeant. Le gérant d'EURL est travailleur non-salarié, avec des cotisations plus faibles. Le président de SASU est assimilé salarié, avec une meilleure protection mais des cotisations plus élevées.

Combien coûte la création d'une EURL ou d'une SARL ?

Il faut prévoir environ 200 € de frais administratifs obligatoires, principalement l'annonce légale et l'immatriculation. Si vous réalisez les démarches vous-même sur le guichet unique, aucun autre frais ne s'ajoute. Avec un accompagnement LegalPlace, le tarif va de 0 à 199 € HT (tarifs à destination de professionnels), en plus de ces frais légaux.
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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 26/06/2026

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris