Holding familiale : quels avantages et comment la créer ?
Dernière mise à jour le 21/07/2026
- Qu’est-ce qu’une holding familiale et comment fonctionne-t-elle ?
- Quels sont les avantages fiscaux d’une holding familiale en 2026 ?
- Pourquoi créer une holding familiale ?
- Quels sont les inconvénients d’une holding familiale ?
- Comment organiser la transmission de son patrimoine avec une holding familiale ?
- Quelle est la fiscalité sur l’immobilier et la taxe holding en 2026 ?
- Quel statut juridique pour une holding familiale ?
- Quelles sont les étapes pour créer une holding familiale ?
- Quelle est la nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales ?
- FAQ
- La holding familiale est une société d’investissement qui permet de regrouper les parts d’une même famille dans plusieurs filiales opérationnelles.
- Ce montage offre des avantages fiscaux majeurs, comme le régime de faveur mère-fille qui exonère d’impôt 95 % des dividendes perçus.
- Elle facilite la transmission du patrimoine professionnel d’une génération à l’autre grâce à l’application du pacte Dutreil.
Une holding familiale constitue un outil patrimonial d’une efficacité remarquable pour piloter et transmettre vos actifs professionnels. De nombreux entrepreneurs pensent à tort qu’une telle structure est réservée aux grands groupes industriels. Pourtant, cette société mère facilite la gestion d’un patrimoine d’entreprise à taille humaine, tout en optimisant la fiscalité globale. Elle s’impose comme une solution incontournable pour organiser l’avenir de votre groupe et protéger vos proches des tensions successorales. Pour créer son entreprise holding en toute sécurité, l’entrepreneur a tout intérêt à être conseillé par des professionnels experts.
Qu’est-ce qu’une holding familiale et comment fonctionne-t-elle ?
La création d’une holding nécessite de comprendre son rôle central au sein de votre organisation. Une holding familiale est avant tout une société par actions ou civile qui détient des participations financières dans d’autres entreprises. Elle permet d’établir une direction unique pour piloter les activités des filiales tout en préservant l’unité du cercle familial.
La définition de la holding familiale et l’actionnariat de groupe
Une holding familiale désigne une société dont le capital social est contrôlé de façon exclusive par les membres d’un même foyer. Les associés de la structure sont unis par des liens de parenté, de mariage ou de PACS. L’objet social de cette entité consiste à posséder et gérer des portefeuilles d’actions ou de parts sociales dans des filiales. Elle se comporte comme un outil de contrôle pour consolider le pouvoir de direction d’un fondateur ou de ses héritiers.
Holding pure ou holding mixte ?
Lorsqu’une famille décide de créer une holding familiale, elle doit d’abord déterminer son champ d’action commerciale. La forme dite pure se cantonne exclusivement à l’achat et à la gestion de titres de participation dans d’autres sociétés. Ces titres représentent simplement les parts sociales ou les actions détenues dans les entreprises opérationnelles du groupe.
À l’inverse, la forme mixte associe cette gestion financière à une propre activité commerciale ou industrielle directe. Dans ce cas, la holding familiale réalise elle-même des ventes de prestations de services ou de marchandises sur son marché. Cette décision stratégique influence directement l’organisation comptable de votre groupe et l’imposition de vos bénéfices annuels.
Holding active, animatrice ou passive : comment faire la différence ?
Pour structurer au mieux votre holding familiale, vous devez définir le rôle exact que la société mère exercera au quotidien. L’administration fiscale distingue deux types de structures dont les conséquences fiscales et patrimoniales sont très différentes. La société passive a pour unique but de détenir un patrimoine de titres ou d’immeubles sans s’impliquer dans la direction.
À l’inverse, la holding animatrice participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales opérationnelles. Cette qualification d’animatrice est une condition obligatoire pour bénéficier de dispositifs fiscaux très avantageux comme le pacte Dutreil. Sans cette animation commerciale réelle, votre holding familiale risque de perdre ses exonérations lors d’un contrôle de l’administration fiscale.
Quelle différence entre holding de famille et holding patrimoniale ?
Les créateurs d’entreprises confondent souvent la holding patrimoniale et la holding familiale. Une structure patrimoniale est une société créée pour détenir, gérer et valoriser un ensemble d’actifs financiers ou immobiliers. On parle de holding familiale quand les membres d’une même famille possèdent la totalité des parts de cette société de portefeuille. La différence repose uniquement sur la composition de votre actionnariat et sur vos objectifs de transmission intergénérationnelle.
Quels sont les avantages fiscaux d’une holding familiale en 2026 ?
La fiscalité d’une holding bénéficie de dispositifs de faveur très puissants pour encourager la conservation des capitaux. L’intérêt d’une holding familiale réside principalement dans sa capacité à faire circuler l’argent entre les filiales avec un frottement fiscal minime. Les gains ainsi conservés au sein du groupe peuvent être réinvestis de manière performante dans de nouveaux projets économiques. Au-delà des bénéfices fiscaux, il faut garder à l’esprit que, concernant la holding familiale, la taxe sur les actifs non opérationnels peut s’appliquer en cas de gestion purement passive.
Le régime mère-fille pour optimiser l’imposition des dividendes
L’imposition des bénéfices d’une holding familiale peut être grandement optimisée grâce au régime mère-fille prévu par les articles 145 et 216 du Code général des impôts. Lorsqu’une société mère possède au moins 5 % du capital d’une filiale soumise à l’impôt sur les sociétés depuis plus de deux ans, les dividendes reçus sont exonérés. Seule une quote-part de frais et charges égale à 5 % est réintégrée dans le résultat imposable de la société mère.
Concrètement, grâce au régime mère-fille, sur un dividende reçu de 100 000 euros, seuls 5 000 euros sont imposés à l’impôt sur les sociétés. Avec un taux normal d’imposition fixé à 25 % en 2026, l’impôt effectif s’élève à seulement 1,25 %. Les 98 750 euros restants sont alors entièrement disponibles pour financer le développement de votre holding familiale.
Marc et son fils Lucas possèdent une entreprise opérationnelle qui dégage d’importants bénéfices. Ils décident de créer une holding familiale pour recueillir 200 000 euros de dividendes annuels. Grâce au régime de faveur mère-fille, le prélèvement fiscal de leur groupe est limité à 2 500 euros d’impôt. S’ils avaient appréhendé ces dividendes en direct en tant que personnes physiques, ils auraient dû acquitter le prélèvement forfaitaire unique au taux de 31,4 %, soit une taxe importante de 60 000 euros.
Le régime de l’intégration fiscale pour compenser les résultats
La performance financière d’une holding familiale repose également sur sa capacité à consolider l’ensemble de ses comptes d’exploitation. L’intégration fiscale est un mécanisme qui s’avère particulièrement utile pour une holding familiale détenant au moins 95 % du capital de ses filiales. Conformément à l’article 223 A du Code général des impôts, ce régime de faveur permet de calculer l’impôt sur les sociétés sur un résultat d’ensemble. Lors d’une intégration fiscale, les bénéfices des filiales les plus rentables compensent alors directement les pertes ou les déficits de démarrage des autres structures.
L’apport-cession et le report d’imposition des plus-values
Le réinvestissement des gains de vente constitue un enjeu de premier ordre pour les entreprises. L’apport-cession permet à l’associé d’une holding familiale d’apporter ses titres professionnels à la société mère avant de réaliser une vente. Selon les règles de l’article 150-0 B ter du Code général des impôts, la plus-value réalisée lors de cet apport bénéficie d’un report d’imposition automatique. Pour conserver cet avantage fiscal grâce à l’apport-cession, la société mère doit réinvestir au moins 60 % du produit de la vente dans une activité économique réelle sous un délai maximal de deux ans. Cette solution de réinvestissement évite de devoir acquitter immédiatement l’impôt sur la plus-value de cession des titres.
Pourquoi créer une holding familiale ?
La constitution de la holding familiale répond à des objectifs de simplification et d’optimisation pour votre patrimoine. Ce montage offre des solutions concrètes pour surmonter les contraintes de gestion des sociétés d’exploitation.
Centraliser le contrôle de la holding familiale
L’utilisation d’une holding familiale permet de conserver le contrôle politique de l’ensemble de vos filiales de manière centralisée. Grâce au principe majoritaire, le dirigeant de la société mère détient le pouvoir de décision dans toutes les sociétés filles sans posséder la totalité de leur capital social. La holding familiale vote ainsi lors des assemblées générales et nomme les dirigeants des structures d’exploitation.
Ce mécanisme de contrôle unifié de votre holding familiale facilite la mise en œuvre d’une stratégie commerciale cohérente et protège les intérêts des associés de l’organisation. Les transferts d’information de votre holding familiale sont simplifiés au sein de cette organisation unique. Cette centralisation du pouvoir écarte les risques de blocage entre associés au niveau des filiales opérationnelles. Vous pouvez ainsi diriger l’ensemble de vos affaires avec une réactivité accrue face à la concurrence. Ce suivi consolidé garantit une efficacité d’action remarquable pour le développement de vos projets de groupe.
Protéger le patrimoine familial et éviter l’indivision
La gestion d’un patrimoine professionnel ou immobilier expose les héritiers à des contraintes civiles importantes lors d’une succession. En l’absence de holding familiale, les actifs sont transmis en indivision, ce qui impose d’obtenir l’accord unanime des indivisaires pour chaque acte important. L’intégration d’une holding familiale permet de diviser le capital en parts sociales faciles à répartir entre vos enfants sans morceler les filiales opérationnelles.
Les statuts et l’objet social de la holding familiale organisent les règles de gouvernance et fixent les conditions de vente des titres de façon transparente. Ce montage sécurise la pérennité de l’entreprise familiale en évitant les risques de blocage ou de vente forcée par un héritier désintéressé par l’activité. C’est un bouclier juridique indispensable pour maintenir l’harmonie familiale et pérenniser votre projet commercial. Les parts de la société sont ainsi conservées dans le giron familial sur plusieurs générations. Vous organisez ainsi de manière saine le transfert de votre patrimoine en toute sécurité.
Financer le rachat d’une société par l’effet de levier LBO
Le rachat d’une entreprise peut être optimisé financièrement par la création d’une holding familiale dédiée à cette opération. Cette technique, appelée rachat avec effet de levier ou LBO, consiste à faire souscrire un emprunt bancaire par la société mère. Les dividendes versés par la filiale acquise remontent ensuite vers la holding familiale pour rembourser les mensualités de l’emprunt.
Grâce au régime fiscal mère-fille, ces transferts d’argent bénéficient d’une exonération d’impôt sur les sociétés à hauteur de 95 % du montant. Ce mécanisme évite de devoir rembourser la dette d’acquisition avec des revenus imposés au niveau personnel des associés. La holding familiale constitue ainsi un outil d’acquisition particulièrement performant pour développer votre groupe. Les frais d’emprunt et les charges financières de l’opération sont déductibles des résultats fiscaux de l’organisation pour réduire votre charge globale d’impôt. Cet effet de levier financier de votre holding familiale maximise vos capacités de croissance, sans mobiliser de trésorerie excessive.
Quels sont les inconvénients d’une holding familiale ?
Bien que la holding familiale présente de nombreux avantages, il convient d’en mesurer les contraintes réelles. La gestion de ce groupe de sociétés impose des obligations administratives et comptables qu’il ne faut pas négliger. Voici les inconvénients d’une holding familiale pour votre patrimoine.
La complexité juridique et comptable de la holding familiale
La création d’une holding familiale implique la constitution d’une nouvelle personne morale à part entière au sein de votre groupe. Cette société supplémentaire engendre des coûts de création d’entreprise et des frais de gestion comptable récurrents non négligeables. La comptabilité d’une holding familiale implique de tenir ses propres livres de comptes, déposer ses comptes annuels et organiser des assemblées générales régulières.
De plus, les mouvements financiers et les conventions de prestations de services intra-groupe doivent être rédigés par un spécialiste du droit. Cette rigueur administrative alourdit le fonctionnement quotidien de l’entreprise familiale et exige un suivi rigoureux. Pour les structures de taille modeste, ces dépenses de gestion peuvent dépasser les économies d’impôt attendues au démarrage. Il est donc recommandé d’analyser le budget global de l’opération avant d’entamer vos formalités de création.
Le risque de requalification fiscale
Le recours à une holding familiale active fait l’objet d’un contrôle très strict de la part de l’administration fiscale. Pour bénéficier des régimes fiscaux de faveur, la holding familiale doit prouver qu’elle participe activement à la conduite du groupe. Si la société mère se limite à percevoir des dividendes sans rôle de direction réel, elle risque d’être qualifiée de simple société passive.
Cette requalification entraîne la perte rétroactive des abattements du pacte Dutreil et des avantages fiscaux associés au groupe. De plus, les transferts financiers intra-groupe injustifiés ou les facturations de services fictifs peuvent être requalifiés en abus de droit ou en distributions déguisées. La sécurité de votre holding familiale exige ainsi d’apporter des preuves concrètes de son activité d’animation. L’intervention d’un expert du droit est vivement conseillée pour valider la régularité de vos conventions internes. Vous évitez ainsi des pénalités fiscales lourdes pour votre patrimoine d’entreprise.
Comment organiser la transmission de son patrimoine avec une holding familiale ?
La préparation de la succession reste l’une des préoccupations majeures des chefs d’entreprise soucieux de protéger leurs descendants. Une holding familiale simplifie le transfert intergénérationnel des actifs professionnels tout en réduisant de façon spectaculaire les droits de mutation. La loi française encourage cette continuité économique par le biais de réductions de droits importantes.
Le pacte Dutreil et l’abattement fiscal de 75 %
Le pacte Dutreil est le dispositif d’allègement de droits le plus puissant pour une holding familiale en phase de succession ou de donation. Régie par l’article 787 B du Code général des impôts, cette mesure permet de bénéficier d’un abattement exceptionnel de 75 % sur la valeur des titres transmis.
Pour ouvrir ce droit, les associés de la holding familiale doivent signer un engagement collectif de conservation d’une durée minimale de deux ans, portant sur au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote pour une société non cotée. Les héritiers s’engagent ensuite individuellement à conserver les parts reçues pendant quatre ans. Enfin, l’un des bénéficiaires de la transmission doit exercer une fonction de direction effective dans la société pendant les trois années suivant la donation.
Le démembrement de propriété des parts de la holding
Le démembrement de propriété est une technique civile d’une grande souplesse pour organiser l’avenir de votre holding familiale. Cette opération consiste à séparer la propriété des parts sociales en deux droits distincts : l’usufruit et la nue-propriété. Les parents donateurs conservent généralement l’usufruit des titres, ce qui leur permet de continuer à percevoir les dividendes et de conserver le contrôle politique de l’assemblée. Ils donnent la nue-propriété des parts aux enfants. Les droits de donation sont alors calculés uniquement sur une valeur réduite, définie selon l’âge du donateur par l’article 669 du CGI. Au décès des usufruitiers, les enfants récupèrent la pleine propriété de la société mère, sans aucun impôt ni formalité successorale supplémentaire.
Quelle est la fiscalité sur l’immobilier et la taxe holding en 2026 ?
La détention d’actifs immobiliers ou de placements non professionnels au sein d’un groupe familial fait l’objet d’une surveillance accrue. La loi fiscale a mis en place des mesures de contrôle pour limiter l’utilisation abusive de ces structures d’investissement. L’existence d’une holding familiale exige d’anticiper ces prélèvements spécifiques pour préserver votre trésorerie.
La taxe sur les actifs non opérationnels des holdings familiales
La loi de finances pour 2026 a instauré une taxe spécifique sur les actifs d’une holding familiale qui ne sont pas affectés à une activité professionnelle réelle. Codifié à l’article 235 ter C du Code général des impôts, ce prélèvement annuel au taux de 20 % vise à lutter contre l’optimisation fiscale abusive.
La taxe s’applique aux structures dont le capital est détenu à plus de 50 % par un groupe familial et qui possèdent au moins 5 millions d’euros d’actifs non professionnels. Sont notamment visés les résidences de loisirs à jouissance réservée, les yachts ou les véhicules de sport.
Holding familiale ou SCI : comment choisir pour l’immobilier ?
Comment décider entre holding ou SCI ? Le choix entre la création d’une société civile immobilière et la constitution d’une holding immobilière familiale dépend de votre projet d’investissement. La SCI est l’outil traditionnel pour détenir et gérer des immeubles de rapport, mais son imposition par défaut à l’impôt sur le revenu peut alourdir l’impôt personnel des associés.
En associant une holding familiale soumise à l’impôt sur les sociétés et une filiale SCI, vous combinez le meilleur des deux mondes. Pourquoi mettre une SCI dans une holding ? Les revenus locatifs de la SCI remontent vers la société mère sous le régime de faveur mère-fille, ce qui permet de réinvestir les bénéfices locatifs hors impôt personnel. Ce schéma d’organisation immobilière protège vos actifs des risques d’exploitation commerciale de vos autres filiales.
Quel statut juridique pour une holding familiale ?
Le choix de la structure juridique pour votre holding familiale conditionne directement le fonctionnement de votre gouvernance et la responsabilité des associés. Chaque forme de société possède ses propres spécificités réglementaires en matière sociale et fiscale pour votre projet.
La Société par Actions Simplifiée (SAS) pour votre holding familial
La SAS est la forme de société la plus utilisée pour mettre en place une holding familiale en France. Une holding SAS offre une liberté contractuelle totale pour rédiger vos statuts de holding familiale et organiser la répartition des pouvoirs au sein de votre famille. Le président de la société possède le statut d’assimilé-salarié, ce qui évite le paiement de cotisations minimales si vous ne vous versez aucun salaire.
La holding SAS est une option idéale si votre stratégie de rémunération repose principalement sur la distribution de dividendes. De plus, la SAS facilite l’entrée de nouveaux investisseurs extérieurs si votre projet de holding familiale se développe au-delà du cercle familial. C’est une structure d’une grande modernité pour accompagner la croissance de vos affaires. Les règles de transmission de parts de la holding familiale y sont également plus simples à organiser que dans d’autres sociétés.
La Société à Responsabilité Limitée (SARL) pour votre holding familiale
La SARL est une forme de société commerciale très encadrée par la loi pour sécuriser le fonctionnement de votre holding familiale. Le gérant majoritaire possède le statut de travailleur non-salarié, ce qui implique des cotisations de sécurité sociale de l’Urssaf moins élevées que pour un salarié de SAS. Cependant, vous devez savoir que les dividendes versés au gérant majoritaire de la holding familiale supportent des cotisations de sécurité sociale supplémentaires au-delà de 10 % du capital social.
Une holding en SARL est moins favorable pour une stratégie basée sur les dividendes de votre holding familiale, mais reste intéressante si vous souhaitez vous verser un salaire régulier. La SARL permet également d’opter pour le régime fiscal de la SARL de famille pour soumettre votre holding familiale à l’impôt sur le revenu. Ce choix fiscal s’avère particulièrement utile si vos filiales d’exploitation traversent une phase de pertes d’activité. C’est un cadre de gestion protecteur.
La Société Civile de Portefeuille (SCP) pour votre holding familiale
La société civile de portefeuille est une structure flexible souvent utilisée pour loger un patrimoine immobilier ou des titres de participation au sein de votre holding familiale. Ce statut offre l’avantage de ne pas être soumis à l’obligation de dépôt des comptes annuels au greffe pour préserver la discrétion de vos affaires. La rédaction des statuts de la holding familiale civile est très souple, mais les associés doivent accepter une responsabilité illimitée sur leurs biens personnels.
Ce risque financier important exclut des activités de nature commerciale opérationnelle, ce qui limite son usage au statut de holding familiale passive. L’apport de titres de sociétés d’exploitation existantes est facilité dans ce cadre de gestion civile. C’est une option très performante si vous possédez déjà une SCI pour votre immobilier d’entreprise géré par la holding familiale.
Tableau comparatif des différents statuts juridiques pour une holding familiale
| Forme de société | Niveau de liberté dans les statuts | Type de régime social du dirigeant | Avantage pour un groupe familial |
|---|---|---|---|
| Société par Actions Simplifiée (SAS) | Très élevée | Assimilé-salarié (cotisations sur salaire net uniquement) | Idéale pour organiser la gouvernance sur mesure |
| Société à Responsabilité Limitée (SARL) | Encadrée par la loi | Travailleur non-salarié (charges sociales plus faibles) | Possibilité d’opter pour la SARL de famille à l’IR |
| Société Civile de Portefeuille (SCP) | Souple | Travailleur non-salarié (sans activité commerciale) | Dispense d’obligation de dépôt des comptes au greffe |
Quelles sont les étapes pour créer une holding familiale ?
La constitution de votre holding familiale demande de respecter une procédure administrative rigoureuse pour garantir la validité de votre organisation. Plusieurs étapes de forme et d’enregistrement auprès du guichet unique de l’INPI sont notamment à réaliser.
La création par le haut ou par le bas de votre holding familiale
L’organisation de votre groupe de sociétés peut se réaliser selon deux modalités techniques distinctes pour votre holding familiale. La création par le haut consiste à faire apporter vos titres de sociétés opérationnelles existantes à la société mère nouvellement créée. Cette opération d’apport de titres fait l’objet d’un traité d’apport et d’un contrôle de la part d’un commissaire aux apports. À l’inverse, la création par le bas consiste à faire acheter des filiales par la holding familiale à l’aide d’un financement bancaire dédié. Il convient de se faire conseiller pour sélectionner la méthode d’organisation la plus adaptée à vos affaires.
Le choix du siège et la rédaction des statuts de votre holding familiale
La rédaction des statuts constitue l’acte fondateur de votre holding familiale devant la loi commerciale. Vous devez y fixer :
- La dénomination sociale ;
- L’adresse de domiciliation de votre siège social ;
- L’objet social de l’organisation.
Il convient d’intégrer des clauses d’agrément ou de préemption spécifiques pour contrôler l’entrée de nouveaux associés dans l’avenir. Ces précautions juridiques protègent le caractère de votre entreprise familiale face aux tiers de manière efficace. Les statuts de la holding familiale fixent également les conditions de nomination de votre président ou gérant. Chaque membre de la famille doit approuver ce texte fondateur et s’engager à en respecter les termes.
Le dépôt du capital, l’annonce légale et l’immatriculation
La phase d’immatriculation officielle exige de déposer le capital social en numéraire sur un compte bloqué pour obtenir le certificat de dépôt. Les fondateurs de la holding familiale doivent également publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales habilité. Le dossier complet de création est ensuite déposé de manière dématérialisée sur le guichet unique de l’INPI.
Ce dossier de la holding familiale comprend :
- Les statuts signés de la société ;
- La déclaration complète des bénéficiaires effectifs ;
- L’attestation de dépôt des fonds financiers ;
- L’attestation d’annonce légale.
Le greffe du tribunal de commerce délivre alors l’extrait Kbis de votre holding familiale. Ce document officiel valide l’existence légale de votre structure de gestion. Vous pouvez alors démarrer vos opérations d’investissement de manière sécurisée.
Quelle est la nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales ?
Le projet de loi de finances 2026 a introduit un prélèvement fiscal spécifique sur les sociétés de thésaurisation inactive. Ce nouveau dispositif de contrôle vise à limiter l’utilisation abusive des structures purement patrimoniales à dominante financière. Voici les règles de cette nouvelle taxe annuelle de 20 % pour votre holding familiale.
Les conditions d’assujettissement à la taxe Lecornu
La nouvelle taxe sur les holdings (dite « taxe Lecornu ») s’applique à la holding familiale qui remplit trois conditions cumulatives fixées par l’article 235 ter C du Code général des impôts :
- Le patrimoine de l’organisation doit d’abord présenter une valeur vénale égale ou supérieure à 5 millions d’euros ;
- Au moins une personne physique doit détenir une participation supérieure ou égale à 50 % des droits de la société ;
- Le montant de vos revenus passifs, comme les dividendes ou les intérêts de la holding familiale, doit également représenter plus de 50 % des produits financiers d’ensemble.
Cette taxe cible ainsi les sociétés patrimoniales dites passives qui n’investissent pas directement dans l’économie réelle. Les holdings animatrices de leur groupe qui participent activement au contrôle de leurs filiales opérationnelles bénéficient d’une exonération complète de ce prélèvement.
L’assiette de taxation sur les biens non opérationnels
L’imposition de la holding familiale est calculée sur la valeur vénale des actifs non professionnels possédés par la société mère à la date de clôture de l’exercice. L’assiette taxable intègre les biens immobiliers de loisirs, les yachts, les bateaux de plaisance et les véhicules de sport de luxe. Les œuvres d’art ou les bijoux qui ne sont pas exposés de façon publique sont également concernés par ce prélèvement.
Le taux de l’impôt est fixé à 20 % de cette valeur nette d’actifs pour dissuader la thésaurisation de biens personnels par la holding familiale. Cette taxe n’est pas déductible du résultat de l’impôt sur les sociétés, ce qui augmente son coût financier de façon considérable. L’existence de dettes d’acquisition réelles de la holding familiale peut être déduite de la base imposable sous réserve de justifications précises.
- Une holding familiale constitue un outil de gestion et d’optimisation fiscale idéal pour organiser et protéger vos actifs professionnels en 2026. Ce montage permet de centraliser vos participations, de bénéficier du régime mère-fille sur vos dividendes et d’alléger le coût de la transmission successorale grâce au pacte Dutreil. Pour réussir votre projet de création, vous devez veiller à choisir la forme de société adaptée et à définir clairement la gouvernance au sein des statuts.
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Sources de l'article
- Article 145 du Code général des impôts
- Article 223 A du Code général des impôts
- Article 787 B du Code général des impôts
- Article 235 ter C du Code général des impôts
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