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  • La libération du capital d’une SARL désigne le versement effectif des apports promis par les associés.
  • Les apports en numéraire doivent être libérés d’au moins un cinquième de leur montant à la création d’une SARL, soit 20 %.
  • Les apports en nature d’une SARL sont libérés en totalité dès la constitution, sans étalement possible.
  • Le solde des apports en numéraire se verse en une ou plusieurs fois, sur décision du gérant, dans un délai maximum de cinq ans après l’immatriculation.
  • L’associé de SARL qui ne verse pas son apport doit des intérêts de plein droit, sans qu’aucune mise en demeure soit nécessaire.
  • Une SARL dont le capital n’est pas entièrement libéré à la clôture de l’exercice perd le taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15 %.

Vous créez une SARL avec 12 000 euros de capital et vous vous demandez si vous devez sortir cette somme immédiatement. La réponse est non. La loi vous autorise à ne verser qu’une partie de vos apports au moment de la création, puis à étaler le reste sur cinq ans. Ce mécanisme porte un nom, la libération du capital. Il allège votre trésorerie de départ, mais il vous engage, et il a des conséquences fiscales que beaucoup d’associés découvrent trop tard. Tout tient à un seuil, un cinquième des apports en numéraire, et à une échéance, cinq ans après l’immatriculation.

Qu’est-ce que la libération du capital en SARL ?

Libération du capital : définition

Libérer le capital d’une SARL, c’est verser réellement à la société l’argent que les associés se sont engagés à lui apporter. Tant que le virement n’est pas fait, l’apport n’existe que sur le papier. La société connaît le montant sur lequel elle peut compter, mais elle n’en dispose pas.

Cette distinction entre la promesse et le versement explique pourquoi une SARL peut afficher un capital de 12 000 euros tout en n’ayant que 2 400 euros sur son compte au premier jour.

Souscription, appel de fonds et libération : quelles différences ?

La constitution du capital d’une SARL passe par trois moments successifs que l’on confond souvent.

La souscription est l’engagement de l’associé. Il déclare apporter une somme au capital et reçoit en contrepartie des parts sociales. Vient ensuite l’appel de fonds, par lequel le gérant réclame aux associés de SARL tout ou partie de ce qu’ils ont promis. La libération, enfin, désigne le versement lui-même, au moment où l’argent arrive sur le compte de la société.

Un associé peut donc détenir des parts entièrement souscrites et seulement libérées à 20 %. Ses droits de vote et ses droits aux dividendes restent proportionnels au nombre de parts qu’il détient, pas aux sommes déjà versées.

Capital souscrit, capital appelé, capital libéré : quelles différences ?

Les statuts et le bilan d’une SARL emploient quatre expressions voisines pour désigner l’état du capital. Voici ce qu’elles recouvrent, avec l’exemple d’une SARL au capital de 12 000 euros dont les associés ont versé le minimum légal de 20 %.

Notion Ce que cela signifie Sur un capital de 12 000 € libéré à 20 %
Capital souscrit Le montant total que les associés se sont engagés à apporter 12 000 €
Capital appelé La part que le gérant a effectivement réclamée aux associés 2 400 €
Capital libéré La part réellement versée sur le compte de la société 2 400 €
Capital non libéré Le solde promis, encore dû par les associés 9 600 €

Le capital libéré est toujours inférieur ou égal au capital souscrit. Quand les deux montants se rejoignent, le capital de la SARL est intégralement libéré.

Combien faut-il libérer à la création d’une SARL ?

Le montant à verser à la création d’une SARL dépend de la nature des apports. L’argent peut être versé progressivement, les biens non. Le capital social minimum d’une SARL étant fixé à 1 euro, c’est bien la quotité à libérer, et non le montant du capital, qui détermine votre effort de trésorerie au démarrage.

Le minimum légal est d’un cinquième des apports en numéraire

L’article L. 223-7 du Code de commerce impose que les parts sociales d’une SARL soient souscrites en totalité par les associés, et que celles représentant des apports en numéraire soient libérées d’au moins un cinquième de leur montant. Un cinquième, c’est 20 %.

Cette règle s’applique au capital global de la SARL, pas associé par associé. Si trois associés souscrivent ensemble 12 000 euros, la société doit disposer de 2 400 euros au moment du dépôt. La répartition de cet effort entre eux se décide librement, mais elle se mentionne dans les statuts.

L’EURL suit exactement les mêmes règles de libération que la SARL. L’associé unique doit lui aussi libérer au moins un cinquième de son apport en numéraire à la création, et disposer de cinq ans pour verser le solde.

Les apports en nature se libèrent intégralement dès la création de la SARL

Un associé peut apporter un bien plutôt que de l’argent. Une voiture, du matériel informatique, un fonds de commerce, un brevet. Pour ces apports, aucun étalement n’est possible. Le transfert de propriété s’opère dès la constitution, donc l’apport en nature en SARL est libéré à 100 % dès le premier jour.

La libération partielle à 20 % ne concerne que l’argent. Une SARL constituée uniquement d’apports en nature a donc, par construction, un capital entièrement libéré.

L’apport en industrie en SARL, qui consiste à mettre son savoir-faire ou son temps au service de la société, n’entre pas dans le capital social. Il donne droit à des parts et à une voix aux assemblées, mais il échappe entièrement aux règles de libération et au délai de cinq ans.

Faut-il se limiter au minimum légal pour le capital d’une SARL ?

Aucune règle n’oblige les associés d’une SARL à s’arrêter au minimum légal de 20 %. Beaucoup libèrent la totalité dès la création, pour deux raisons pratiques. Un capital entièrement libéré apparaît comme tel dans les documents de la société, ce qui rassure les banques et les fournisseurs. Il évite aussi d’avoir à organiser un appel de fonds quelques années plus tard, avec les formalités que cela suppose.

À l’inverse, la libération partielle préserve la trésorerie personnelle des associés au moment où elle est la plus sollicitée.

Exemple : Sophie et Karim créent une SARL d’aménagement d’intérieur avec un capital de 12 000 euros, réparti à hauteur de 7 000 euros pour Sophie et 5 000 euros pour Karim. Ils choisissent de ne libérer que le minimum légal, soit 2 400 euros, qu’ils déposent avant la signature des statuts. Les 9 600 euros restants devront être versés au plus tard cinq ans après l’immatriculation. Leur situation illustre la règle applicable à toute SARL. Il faut verser 20 % des apports en numéraire au démarrage, puis le solde dans les cinq ans.

Les quotités minimales de libération varient selon la forme de société retenue.

Forme de société Part minimale à libérer à la création Délai pour le solde
SARL et EURL 20 % des apports en numéraire 5 ans après l’immatriculation
SAS et SASU 50 % des apports en numéraire 5 ans après l’immatriculation
SA 50 % des apports en numéraire 5 ans après l’immatriculation
Société civile (SCI, SCM) Fixée librement par les statuts Fixé par les statuts

Quel est le délai pour libérer le solde du capital d’une SARL ?

Le délai de cinq ans pour libérer le solde du capital d’une SARL court à compter de l’immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés. Ni la signature des statuts, ni le dépôt des fonds à la banque. La date à retenir est celle qui figure sur l’extrait Kbis.

Le solde peut être versé en une seule fois ou fractionné. Sophie et Karim, qui doivent encore 9 600 euros sur un capital de 12 000 euros, peuvent très bien libérer 4 000 euros la deuxième année, puis 5 600 euros la quatrième. Seule compte la date limite.

Tant que le capital initial d’une SARL n’est pas intégralement libéré, aucune nouvelle part sociale à libérer en numéraire ne peut être souscrite. L’article L. 223-7 du Code de commerce sanctionne l’opération par la nullité. Une augmentation de capital en SARL par apports en argent suppose donc d’avoir soldé au préalable les 80 % restants.

Qui décide de l’appel de fonds ?

L’appel de fonds destiné à libérer le solde du capital d’une SARL relève du gérant, et de lui seul. La libération du surplus intervient sur sa décision, sans vote préalable des associés. Il n’a ni à justifier sa demande, ni à recueillir leur accord.

Cette prérogative est aussi une charge. Si le gérant de SARL laisse passer les cinq ans sans rien réclamer, il expose la société à la perte du taux réduit d’impôt sur les sociétés et il engage sa propre responsabilité civile.

Où déposer le capital d’une SARL et quand récupérer les fonds ?

Les sommes libérées à la création d’une SARL ne vont pas directement sur le compte courant de la société. Elles transitent par un compte bloqué, ouvert au nom de la société en formation, et n’en ressortent qu’après l’immatriculation.

Qui peut recevoir le dépôt du capital d’une SARL ?

L’article R. 223-3 du Code de commerce prévoit que les fonds provenant de la libération des parts sociales soient déposés dans les huit jours de leur réception, chez un notaire ou dans un établissement de crédit. Le dépositaire remet alors une attestation de dépôt des fonds, aussi appelée certificat du dépositaire, pièce obligatoire du dossier d’immatriculation.

Un compte professionnel dédié facilite votre suivi comptable et vos obligations légales (dépôt de capital, paiement des charges…). LegalPlace vous aide à centraliser vos finances pour une gestion quotidienne plus efficace.

Deux points méritent votre attention. La Caisse des dépôts et consignations, que le texte cite toujours, n’accepte plus les dépôts de capital social depuis le 1er juin 2021. Et un établissement de paiement ne peut pas recevoir un dépôt de capital social de SARL, parce qu’il ne dispose pas de l’agrément requis.

Pour déposer le capital d’une SARL, la question n’est pas de savoir si votre banque est une banque en ligne ou une banque de réseau, mais de vérifier son agrément. Certaines banques en ligne sont agréées comme établissements de crédit et peuvent parfaitement recevoir votre dépôt dans les huit jours requis. D’autres sont de simples établissements de paiement et ne le peuvent pas. Posez la question avant d’engager la procédure.

Le déblocage des fonds après l’immatriculation de votre SARL

Les fonds déposés au titre du capital d’une SARL restent bloqués jusqu’à ce que la société existe juridiquement. Une fois l’immatriculation obtenue, le gérant présente au dépositaire le justificatif d’immatriculation, extrait Kbis ou extrait du registre national des entreprises. La banque transfère alors les sommes sur le compte définitif de la société, qui peut enfin les utiliser.

Si la SARL n’est pas immatriculée dans les six mois qui suivent le premier dépôt de fonds, chaque apporteur peut demander en justice l’autorisation de retirer son apport. L’article L. 223-8 du Code de commerce précise qu’un nouveau dépôt sera nécessaire si les associés décident plus tard de reprendre le projet.

Comment libérer le solde du capital d’une SARL ?

La libération du solde du capital d’une SARL se déroule en cinq étapes, de l’appel de fonds au dépôt sur le guichet unique. La procédure est la même que les associés versent une fraction ou la totalité des sommes restantes.

1. Le gérant procède à l’appel de fonds

L’appel de fonds ouvre la procédure de libération du solde du capital d’une SARL. Le gérant informe chaque associé du montant réclamé et de la date limite de versement. La lettre recommandée avec accusé de réception reste la forme la plus utilisée, parce qu’elle date l’appel de façon certaine.

Cette date compte doublement. Elle fixe l’échéance laissée aux associés pour payer, et elle déclenche les intérêts de retard si le versement n’arrive pas. L’appel peut porter sur la totalité du solde ou sur une fraction seulement, à condition que l’ensemble soit libéré dans les cinq ans suivant l’immatriculation.

2. Les associés versent leur apport

Chaque associé de la SARL vire la somme appelée sur le compte bancaire de la société. Aucun compte bloqué n’est nécessaire à ce stade, à la différence du dépôt initial, puisque la société est déjà immatriculée. Les fonds sont donc immédiatement disponibles pour financer l’activité.

Conservez les justificatifs de virement. Ils serviront à établir le procès-verbal et à répondre à une demande du greffe ou de l’administration fiscale. Sophie et Karim, appelés à verser les 9 600 euros restants sur leur capital de 12 000 euros, peuvent solder le tout en un seul virement.

3. Le gérant établit le procès-verbal de libération

Le procès-verbal de libération constate que les versements des associés ont bien été reçus par la SARL. Il mentionne la date de l’opération, le montant libéré par chaque associé et la nouvelle situation du capital, en distinguant la part désormais versée du solde éventuel.

Ce document sert de preuve auprès du greffe comme en cas de contrôle fiscal, et il accompagne le dossier de modification. Lorsque la libération s’accompagne d’une décision collective, c’est le PV d’assemblée générale extraordinaire qui joue ce rôle. Aucune forme particulière n’est imposée, mais un procès-verbal daté et signé par le gérant reste le minimum.

4. Le gérant met à jour les statuts

Les statuts de la SARL doivent refléter la nouvelle situation du capital après chaque libération. Si le capital est désormais entièrement libéré, la clause le mentionne expressément, ce qui conditionne notamment l’accès au taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15 %.

S’il reste un solde, les statuts indiquent le montant encore dû et l’échéance à ne pas dépasser, dans la limite des cinq ans suivant l’immatriculation. Cette modification des statuts de SARL se décide selon les règles de majorité prévues par les statuts eux-mêmes. Un exemplaire mis à jour et certifié conforme par le gérant sera joint au dossier.

Avec LegalPlace, modifiez vos statuts en quelques minutes seulement. Il vous suffit de répondre à un questionnaire adapté à votre modification (changement de dirigeant, dénomination, siège social…). LegalPlace génère automatiquement les documents et vous guide à chaque étape.

5. Le gérant dépose le dossier sur le guichet unique

Le dépôt sur le guichet unique de l’INPI clôt la procédure de libération du capital d’une SARL. Le dossier comprend le procès-verbal de libération et les statuts mis à jour, certifiés conformes par le gérant.

L’INPI transmet ensuite les informations au greffe du tribunal de commerce compétent, sans démarche supplémentaire de votre part. Comptez quelques jours de traitement, variables selon la période et la charge du greffe. Si vous ne souhaitez pas gérer cette formalité vous-même, nos formalistes peuvent constituer et déposer le dossier à votre place.

Libérer le solde du capital d’une SARL ne change pas le montant du capital social inscrit dans les statuts, seulement la fraction réellement versée. La publication d’une annonce légale n’est donc en principe pas exigée, à la différence d’une augmentation de capital, qui modifie le montant et impose une annonce légale de modification de statuts. En cas de doute sur votre situation, vérifiez auprès du greffe avant de déposer.

Comment savoir si le capital d’une SARL est libéré ?

Vérifier l’état de libération du capital d’une SARL devient nécessaire quand vous entrez à son capital, quand vous rachetez des parts, ou quand vous reprenez un dossier ancien. Plusieurs documents donnent la réponse, et le bilan la donne en une ligne.

Les documents qui indiquent si le capital de la SARL est libéré

Cinq pièces permettent de vérifier l’état de libération du capital d’une SARL.

  • Les statuts, qui mentionnent obligatoirement la libération des parts et le dépôt des fonds ;
  • Le certificat du dépositaire remis par la banque ou le notaire au moment de la constitution ;
  • L’attestation de libération du capital établie par le gérant lors des versements ultérieurs ;
  • Le procès-verbal de chaque libération intervenue depuis la création ;
  • Le bilan, qui distingue la part appelée de la part non appelée du capital.

Dans la liasse fiscale, la ligne du capital social comporte une mention entre parenthèses indiquant le montant réellement versé. Une SARL au capital de 12 000 euros libéré à 20 % y affichera 2 400 euros. C’est le contrôle le plus rapide.

La comptabilisation de la libération du capital d’une SARL

La comptabilité d’une SARL suit la libération du capital à travers trois comptes distincts. Le compte 1011 enregistre le capital souscrit non appelé, c’est-à-dire la promesse encore dormante. Le compte 1012 accueille le capital appelé mais pas encore versé, le temps que les virements arrivent. Le compte 1013 reçoit le capital appelé et versé, donc réellement libéré.

Au fil des libérations, les sommes glissent du compte 1011 vers le compte 1013. Quand le compte 1011 est soldé, le capital de la SARL est intégralement libéré et les capitaux propres reflètent enfin le montant affiché dans les statuts.

Que risque un associé de SARL qui ne libère pas son apport ?

L’associé de SARL qui ne verse pas son apport s’expose à des sanctions financières immédiates. Le régime applicable aux parts sociales diffère de celui des sociétés par actions, et cette différence est souvent mal reprise.

Les sanctions prévues par la loi

L’associé de SARL qui devait apporter une somme et ne l’a pas fait devient débiteur des intérêts de cette somme de plein droit et sans demande, à compter du jour où elle devait être payée. La règle figure à l’article 1843-3 du Code civil. Aucune mise en demeure n’est nécessaire pour qu’un associé retardataire commence à devoir ces intérêts, aucune décision de justice non plus.

S’y ajoutent des dommages-intérêts si la société démontre un préjudice. Une opportunité manquée faute de trésorerie, un investissement reporté, un découvert bancaire coûteux.

Le même article ouvre une troisième voie, moins connue. Lorsque les appels de fonds n’ont pas été lancés dans le délai de cinq ans, tout intéressé peut saisir le président du tribunal en référé. Le juge peut enjoindre au gérant, sous astreinte, de procéder aux appels de fonds, ou désigner un mandataire pour le faire à sa place.

Les sanctions que les statuts peuvent prévoir

La suspension du droit de vote, la privation des dividendes en SARL et la cession forcée des parts de l’associé défaillant ne découlent d’aucun texte applicable de plein droit à la SARL. Ces sanctions ne sont possibles que si une clause des statuts les organise expressément, en précisant la procédure à suivre et les délais à respecter.

C’est un argument de plus pour soigner cette clause dès la constitution. Un modèle de statuts de SARL à jour prévoit généralement ce cas de figure.

Vous lirez souvent qu’après une mise en demeure restée sans réponse pendant trente jours, les titres de l’associé défaillant peuvent être vendus aux enchères. Cette procédure existe bien, mais elle relève des articles L. 228-27 et R. 228-24 du Code de commerce, qui s’appliquent aux actions des sociétés par actions comme la SAS ou la SA. Elle ne vaut pas automatiquement pour les parts sociales d’une SARL.

Les sanctions applicables à l’associé de SARL défaillant sont résumées dans le tableau suivant :

Situation Conséquence pour l’associé Sur quelle base
L’apport promis n’est pas versé à la date prévue Intérêts dus de plein droit, sans mise en demeure Article 1843-3 du Code civil
La société subit un préjudice démontré Dommages-intérêts en plus des intérêts Article 1843-3 du Code civil
Le gérant n’a pas lancé l’appel de fonds dans les 5 ans Injonction sous astreinte ou désignation d’un mandataire, en référé Article 1843-3 du Code civil
Une clause statutaire le prévoit Suspension des droits de vote ou des dividendes, cession forcée des parts Statuts de la SARL

Quelles conséquences pour la SARL si le capital n’est pas libéré ?

Une SARL dont le capital n’est pas entièrement libéré subit d’abord une pénalité fiscale. Elle perd le taux réduit d’impôt sur les sociétés, ce qui peut représenter plusieurs milliers d’euros par exercice.

La perte du taux réduit d’impôt sur les sociétés

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés s’élève à 25 %. L’article 219 du Code général des impôts ouvre toutefois un taux réduit de 15 % sur la part des bénéfices allant jusqu’à 42 500 € par période de douze mois. Ce régime est réservé aux sociétés dont le chiffre d’affaires n’excède pas 10 000 000 €, et dont le capital est entièrement libéré et détenu de manière continue pour 75 % au moins par des personnes physiques.

La condition de libération intégrale est bloquante. Une SARL au capital libéré à 20 % paiera 25 % sur l’ensemble de son bénéfice, là où une société comparable au capital soldé n’en paierait que 15 % sur la première tranche.

Exemple : Pour Sophie et Karim, avec un bénéfice de 40 000 euros, l’écart atteint 4 000 euros d’impôt sur un seul exercice. Les 9 600 euros de solde deviennent vite rentables à verser. Les taux d’impôt sur les sociétés et leurs conditions d’application méritent donc d’être regardés avant chaque clôture.

Pour bénéficier du taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15 %, la condition de capital entièrement libéré s’apprécie à la clôture de l’exercice, alors que la condition de détention à 75 % par des personnes physiques doit être respectée tout au long de l’exercice. Une SARL qui libère son solde avant la date de clôture récupère donc le taux réduit dès l’exercice en cours, sans attendre le suivant. Un virement effectué en décembre plutôt qu’en janvier peut faire toute la différence.

Un frein au financement et à la crédibilité

Un capital de SARL partiellement libéré se voit. Il apparaît dans les statuts, dans les comptes annuels et dans les documents consultés par vos partenaires. Une banque qui étudie une demande de prêt y lira que les associés n’ont pas encore engagé l’intégralité des sommes promises.

La société dispose aussi de moins de ressources pour financer son développement. Sur le capital de 12 000 euros de Sophie et Karim, 9 600 euros restent hors de la trésorerie de la SARL tant que le solde n’est pas appelé. Le décalage se ressent surtout dans les premières années, quand chaque euro compte pour acheter du matériel ou constituer un stock.

Libération du capital et augmentation de capital en SARL

Les règles de libération changent lorsqu’une SARL ouvre son capital à de nouveaux apports en argent. La quotité minimale passe d’un cinquième à un quart, et le point de départ du délai de cinq ans n’est plus le même.

Le capital initial doit d’abord être entièrement libéré

Une SARL ne peut procéder à une augmentation de capital en numéraire que si son capital initial est intégralement libéré. Aucune part nouvelle à libérer en argent ne peut être souscrite tant que le solde reste dû, et l’opération conclue en méconnaissance de cette règle encourt la nullité.

Beaucoup de projets d’augmentation de capital butent sur ce point. Avant d’accueillir un investisseur, vérifiez donc l’état de libération de votre capital et, au besoin, lancez l’appel de fonds plusieurs semaines en amont.

Les parts nouvelles se libèrent d’un quart au moins

L’article L. 223-32 du Code de commerce impose que les parts nouvelles d’une SARL soient libérées, lors de la souscription, d’un quart au moins de leur valeur nominale. La quotité passe donc d’un cinquième à la création, soit 20 %, à un quart en augmentation de capital, soit 25 %.

Le délai de cinq ans demeure, mais son point de départ change. Il court à compter du jour où l’augmentation de capital est devenue définitive, et non de l’immatriculation de la société. Si l’augmentation n’est pas réalisée dans les six mois suivant le premier dépôt de fonds, les souscripteurs peuvent demander la restitution de leurs apports.

Libération du capital : quelles différences entre une SARL et une SAS ?

La SARL et la SAS n’exigent pas le même effort financier au démarrage. Sur le seul terrain de la libération du capital, la SARL demande deux fois moins de trésorerie immédiate que la SAS.

Critère SARL SAS
Part minimale des apports en numéraire à la création Un cinquième, soit 20 % La moitié, soit 50 %
Sur un capital de 12 000 € 2 400 € à verser immédiatement 6 000 € à verser immédiatement
Apports en nature Libération intégrale Libération intégrale
Délai pour libérer le solde 5 ans à compter de l’immatriculation 5 ans à compter de l’immatriculation

L’écart pèse surtout sur les projets à capital élevé. Les modalités de libération du capital d’une SAS suivent pour le reste la même logique, et le choix entre SAS ou SARL se décide sur d’autres critères, à commencer par le statut social du dirigeant.

La libération du capital d’une SARL obéit à deux chiffres, 20 % des apports en numéraire au moment de la création et cinq ans pour verser le reste à compter de l’immatriculation. Les apports en nature échappent à cet étalement et sont libérés en totalité dès le départ. Le gérant décide seul de l’appel de fonds, et l’associé qui tarde doit des intérêts de plein droit, sans mise en demeure préalable. Le vrai coût du capital non libéré est fiscal, puisqu’il prive la société du taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice. Comme cette condition s’apprécie à la clôture de l’exercice, solder son capital avant cette date permet de récupérer l’avantage immédiatement.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 28/09/2026

FAQ

Qu'est-ce que la libération du capital ?

La libération du capital correspond au versement effectif des sommes que les associés se sont engagés à apporter à la société. Tant que l’argent n’a pas été viré, l’apport reste une promesse inscrite dans les statuts. En SARL, au moins 20 % des apports en numéraire doivent être versés à la création, le solde pouvant être étalé sur cinq ans.

Peut-on libérer partiellement le capital d'une SARL ?

La libération partielle du capital d’une SARL est autorisée pour les seuls apports en numéraire. Les associés doivent verser au moins un cinquième du montant souscrit à la création, soit 20 %, et le solde dans les cinq ans suivant l’immatriculation. Les apports en nature, eux, sont libérés en totalité dès le départ.

Quel article du Code de commerce encadre la libération du capital en SARL ?

L’article L. 223-7 du Code de commerce fixe la règle applicable à la constitution d’une SARL, avec la libération d’un cinquième au moins des apports en numéraire et un délai de cinq ans pour le surplus. L’article L. 223-32 s’applique aux augmentations de capital et porte la quotité à un quart. Les sanctions de l’associé défaillant relèvent, elles, de l’article 1843-3 du Code civil.

Que se passe-t-il si le capital d'une SARL n'est toujours pas libéré après 5 ans ?

Lorsque le capital d’une SARL n’est pas libéré au terme des cinq ans, tout intéressé peut saisir le président du tribunal en référé pour faire enjoindre au gérant, sous astreinte, de lancer l’appel de fonds, ou pour faire désigner un mandataire chargé de cette formalité. Les associés défaillants doivent par ailleurs des intérêts de plein droit sur les sommes non versées. La société reste également privée du taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15 %.

Comment comptabiliser la libération du capital ?

La libération du capital se suit à travers trois comptes du plan comptable. Le capital souscrit non appelé s’enregistre au compte 1011, le capital appelé mais non encore versé au compte 1012, et le capital appelé et versé au compte 1013. À chaque libération, les sommes basculent du compte 1011 vers le compte 1013, et le capital est intégralement libéré quand le compte 1011 est soldé.

Faut-il un procès-verbal pour libérer le capital d'une SARL ?

Un procès-verbal de libération constate les versements des associés et sert de preuve auprès du greffe comme en cas de contrôle fiscal. Il mentionne la date, le montant versé par chaque associé et la nouvelle situation du capital de la SARL. Lorsque la décision est prise en assemblée générale extraordinaire, c’est le procès-verbal de cette assemblée qui fait foi.

Comment récupérer la trésorerie d'une SARL après le dépôt du capital ?

Les fonds déposés sur le compte bloqué d’une SARL en formation sont débloqués après l’immatriculation, sur présentation au dépositaire de l’extrait Kbis ou de l’extrait du registre national des entreprises. Ils sont ensuite virés sur le compte courant de la société. Si l’immatriculation n’intervient pas dans les six mois du premier dépôt, chaque apporteur peut demander en justice le retrait de son apport.

Faut-il publier une annonce légale pour libérer le solde du capital ?

Libérer le solde du capital d’une SARL ne change pas le montant du capital social inscrit dans les statuts, seulement la fraction réellement versée. Une annonce légale n’est donc en principe pas exigée, contrairement à une augmentation de capital. Le procès-verbal de libération et les statuts mis à jour se déposent sur le guichet unique de l’INPI.

Quelle différence entre la libération du capital en SARL et en SAS ?

La SARL impose de libérer au moins 20 % des apports en numéraire à la création, contre 50 % pour la SAS. Sur un capital de 12 000 euros, cela représente 2 400 euros d’un côté et 6 000 euros de l’autre. Le délai de cinq ans pour verser le solde est en revanche identique dans les deux formes de société.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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