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  • Aucun capital social minimum n’est exigé pour créer une SARL, dont le montant de capital est fixé librement par les statuts et peut se limiter à 1 € symbolique.
  • Le capital social d’une SARL se libère à hauteur de 20 % au moins à la constitution, le solde étant versé dans les 5 ans suivant l’immatriculation.
  • Un capital social de SARL entièrement libéré ouvre l’accès au taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 % dans la limite de 42 500 € de bénéfice.

Il n’existe pas de capital social minimum pour constituer une société à responsabilité limitée (SARL). En effet, il est possible de créer une telle société avec 1€ symbolique, sans effectuer de conséquents apports au capital. Toutefois, malgré l’absence légale d’un capital social minimum pour créer une SARL, un capital social trop faible peut engendrer d’importants risques pour la société. De ce fait, il est primordial de bien déterminer son capital social.

Qu’est-ce que le capital social d’une SARL ?

Le capital social d’une SARL est composé des apports, en nature ou en numéraire, effectués par les associés lors de la création de la société. En échange de ces apports, les associés obtiennent des parts sociales.

De plus, depuis la loi Dutreil du 1er août 2003, la création d’une SARL n’est plus assujettie à la réunion d’un capital social minimum. De ce fait, et conformément à l’article L 223-2 du code de commerce, le montant du capital social est librement fixé par les statuts.

Enfin, le capital social constitue les ressources propres de la société. Son montant est un indice pour les créanciers de la SARL. En effet, cela leur permet d’avoir des informations sur les capacités d’investissement et/ou de remboursement de ladite société.

Quel est le capital social minimum d’une SARL ?

Légalement, la création d’une SARL n’est plus conditionnée à un montant de capital social minimum. Il est tout à fait possible de créer une SARL sans apport. Toutefois, en pratique, un capital trop faible fait encourir des risques à la société.

L’absence de capital social minimum en SARL

Afin de favoriser la création d’entreprise, aujourd’hui, la loi n’impose plus de capital social minimum pour créer une SARL. Juridiquement, il est possible de constituer une telle société avec 1€ symbolique. 

A ce titre, le capital social d’une SARL est librement déterminé par les associés. De ce fait, ces derniers déterminent le montant du capital social en fonction de leurs capacités financières et des besoins de l’activité exercée par la société.

Une SARL réunit de 2 à 100 associés au maximum (article L223-3 du Code de commerce). Lorsqu’elle ne compte qu’un seul associé, elle prend la forme d’une EURL, c’est-à-dire une SARL unipersonnelle, soumise aux mêmes règles de capital. Multiplier le nombre d’associés permet d’obtenir un capital social plus conséquent, puisque la charge des apports est répartie entre eux.

Généralement, lors de la création de la société, les associés optent pour une SARL à capital fixe, dont le montant est indiqué dans les statuts. La modification de ce capital est soumise à la procédure, longue et coûteuse, de modification des statuts de la SARL.

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Toutefois, lors de la création ou en cours d’exercice, il est possible d’opter pour un capital variable. Grâce à une clause de variabilité insérée dans les statuts, les associés peuvent alors faire varier le capital social entre un capital plancher et un capital plafond, sans formalité de modification statutaire. Ce capital plancher ne peut être inférieur au dixième du capital social stipulé dans les statuts (article L231-5 du Code de commerce).

Les risques d’un capital social insuffisant en SARL

Malgré la liberté laissée aux associés dans la détermination du capital social de la SARL, un capital social trop faible peut engendrer quelques risques. Ces risques peuvent être de différentes natures :

  • Un risque en cas de difficultés financières de la société, la société peut se trouver dans une situation où le montant de son capital social ne suffit pas à compenser ses pertes. Cela peut conduire à une cessation des paiements ;
  • Le risque d’une action en responsabilité pour insuffisance d’actif, en cas de liquidation judiciaire faisant apparaître une insuffisance d’actif, ce sont le gérant et les dirigeants de fait, et non les associés, qui peuvent être condamnés à en supporter tout ou partie, à condition qu’une faute de gestion y ait contribué. La simple négligence est expressément écartée par l’article L651-2 du Code de commerce ;
  • Le déclenchement de la procédure de perte de la moitié du capital social, lorsque les pertes font passer les capitaux propres sous la moitié du capital social, les associés doivent se prononcer sur la dissolution anticipée dans les quatre mois suivant l’approbation des comptes, puis reconstituer les capitaux propres au plus tard à la clôture du deuxième exercice suivant (article L223-42 du Code de commerce). Un capital fixé à 1 € rend ce basculement quasi immédiat. La continuation de l’activité malgré la perte de la moitié du capital social suppose une décision formalisée des associés ;
  • La perte de crédibilité de la SARL, un capital social peu élevé peut générer la méfiance des investisseurs, des banques qui peuvent douter des capacités de remboursement de la société, etc.

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Comment déterminer le montant du capital social d’une SARL ?

Constituer le capital social d’une SARL est une étape importante. En effet, il faut choisir un capital social adapté à votre SARL. Pour le constituer, différents apports peuvent être réalisés.

La détermination d’un capital social adapté à la SARL

Avant de réaliser les différents apports qui constituent le capital social de votre SARL, il est important de déterminer le montant du capital social.

Généralement, ce montant est déterminé grâce aux facteurs suivants:

  • La taille de la SARL, plus la société est grande, plus cette société devra faire face à des dépenses nécessitant d’importants moyens ;
  • Le type d’activité de la SARL, selon la nature de l’activité exercée et l’objet social de la SARL, les charges financières varient. En effet, plus une activité nécessite des liquidités et plus le capital sera amené à être conséquent ;
  • Les capacités financières des associés, plus les associés disposent de moyens financiers importants, plus ils pourront réaliser des apports conséquents au capital social, etc.

Calculer le capital de départ d’une SARL à partir du besoin en fonds de roulement

Le besoin en fonds de roulement donne un repère chiffré pour fixer le capital social d’une SARL. Il correspond à la trésorerie que la société doit avancer pour financer son cycle d’exploitation avant d’encaisser ses premières factures. Un capital au moins égal à ce besoin évite de recourir au découvert dès les premiers mois d’activité.

Le calcul repose sur trois éléments, le stock moyen, les créances clients et les dettes fournisseurs. Le besoin en fonds de roulement s’obtient en additionnant le stock et les créances clients, puis en retranchant les dettes fournisseurs. Une SARL de négoce qui porte 15 000 € de stock et accorde 30 jours de paiement à ses clients immobilise bien plus de trésorerie qu’une SARL de conseil facturée au comptant.

À ce besoin s’ajoutent les dépenses de démarrage, matériel, dépôt de garantie du bail, frais d’immatriculation, premiers salaires. La somme des deux donne un plancher réaliste, à confronter ensuite aux capacités d’apport des associés dans un plan de financement initial.

Les différents types d’apports au capital social d’une SARL

Après avoir déterminé le montant du capital social adéquat pour votre SARL, les associés doivent souscrire des apports. Autrement dit, ils doivent constituer le capital en réalisant différents apports.nLes statuts doivent contenir la description des apports effectués.

A cette fin, les associés peuvent effectuer les apports suivants :

  • Des apports en numéraire, il s’agit de l’apport le plus fréquemment effectué lors de la constitution d’une société. L’associé apporte une somme d’argent au capital de la SARL ;
  • Des apports en nature, dans ce cas, l’associé apporte au capital un bien corporel (mobilier ou immobilier) ou incorporel (des créances, etc.). Si la valeur d’un bien excède 30 000 € ou que la valeur totale des apports en nature représente plus de la moitié du capital social, un commissaire aux apports de la SARL doit être nommé.
Il est possible d’effectuer des apports en industrie, c’est-à-dire apporter à la société un savoir-faire ou des connaissances. Toutefois, ces apports ne permettent pas de constituer le capital social d’une SARL.

Libérer intégralement le capital d’une SARL pour accéder au taux réduit d’impôt sur les sociétés

Le montant du capital social n’influence pas directement le taux d’impôt sur les sociétés, mais sa libération conditionne l’accès au taux réduit. Une SARL dont les apports ne sont pas intégralement versés est imposée au taux normal de 25 %, même si son bénéfice reste modeste.

Trois conditions ouvrent le taux réduit d’IS de 15 % :

  • Un chiffre d’affaires hors taxes n’excédant pas 10 000 000 € sur l’exercice ;
  • Un capital entièrement libéré, c’est-à-dire effectivement et intégralement versé à la clôture de l’exercice ;
  • Un capital détenu de manière continue à 75 % au moins par des personnes physiques.

Le taux réduit s’applique alors à la fraction de bénéfice n’excédant pas 42 500 € par période de douze mois (article 219 du Code général des impôts). En pratique, une SARL qui se contente de libérer 20 % de ses apports à la création perd ce bénéfice tant que le solde n’est pas versé. Un capital modeste mais entièrement libéré est souvent plus avantageux qu’un capital affiché élevé et libéré au minimum légal.

Comment constituer le capital social d’une SARL ?

Après avoir déterminé le montant du capital social de la SARL et les apports à effectuer, pour constituer valablement le capital, ces apports doivent être libérés. Si besoin, le montant du capital social peut aussi être augmenté.

La libération du capital social d’une SARL

Afin de réaliser effectivement les apports susvisés, les associés doivent procéder à la libération desdits apports.

D’une part, les apports en nature sont intégralement libérés dès leur souscription. En d’autres termes, ils sont immédiatement mis à la disposition de la société, dès leur réalisation.

D’autre part, les apports en numéraire peuvent être intégralement ou partiellement libérés lors de leur souscription. En pratique, si la libération est partielle, cela signifie qu’une seule partie de ces apports est déposée sur un compte bancaire lors de la création de la société.

Dans ce cas, 20% des apports doivent être libérés au jour de la constitution de la société. Et les apports restants doivent être libérés dans les 5 années après l’immatriculation de la SARL au registre du commerce et des sociétés (RCS).

Le dépôt du capital social de la SARL s’effectue sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation, auprès d’une banque ou d’un notaire. Le dépositaire délivre une attestation de dépôt des fonds, à joindre au dossier d’immatriculation. Les fonds sont débloqués une fois la société immatriculée, sur présentation de l’extrait Kbis, délivré après l’immatriculation et qui atteste de l’existence juridique de la société.

L’augmentation du capital social d’une SARL

Enfin, durant la vie de la société, il est possible d’augmenter le montant de son capital social. Cette augmentation du capital peut intervenir pour diverses raisons et selon les moyens suivants :

  • La réalisation de nouveaux apports en numéraire ou en nature ;
  • L’incorporation des réserves ou des bénéfices de la SARL.

Pour ce faire, il faut suivre rigoureusement la procédure d’augmentation de capital en SARL, après avoir réuni et estimé les apports, si besoin.

Les étapes de l’augmentation de capital de la SARL sont les suivantes :

  • Réunir une assemblée générale extraordinaire (AGE), la décision est prise par les associés représentant au moins les deux tiers des parts détenues par les présents ou représentés pour les SARL constituées après le 2 août 2005, et la moitié des parts en cas d’incorporation de réserves (article L223-30 du Code de commerce) ;
  • Libérer les apports, les parts nouvelles souscrites en numéraire sont libérées d’un quart au moins de leur valeur nominale lors de la souscription, le solde intervenant dans les cinq ans (article L223-32 du Code de commerce) ;
  • Faire enregistrer le procès-verbal auprès du service des impôts des entreprises, uniquement lorsque l’augmentation comporte des apports en nature ;
  • Publier un avis de modification dans un support habilité à recevoir des annonces légales, dans le mois suivant la décision ;
  • Déposer le dossier sur le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI, qui a remplacé les centres de formalités des entreprises (CFE) le 1er janvier 2023.

Quel capital social minimum pour une SAS, une SA ou une SCI ?

A l’instar de la SARL, certaines sociétés ne sont pas soumises à un montant de capital social minimum. C’est le cas de l’EURL, des sociétés par actions simplifiée (et unipersonnelle), de la société en commandite simple (SCS) ou encore des sociétés civiles immobilières (SCI). En effet, la création de ces sociétés est possible avec 1€ symbolique.

A l’inverse, la société anonyme (SA) et la société en commandite par actions (SCA) doivent justifier d’un capital social minimum de 37 000€ lors de leur création.

Voici un tableau récapitulatif du capital social minimum en fonction des formes sociales :

Forme sociale  Capital social minimum
  •  SARL/ EURL ;
  • SAS / SASU ;
  • SNC ;
  • SCS ;
  • SCI.
1€
  • SA ;
  • SCA.
37 000€
    La SARL n’est soumise à aucun capital social minimum depuis la loi Dutreil du 1er août 2003, et son montant est fixé librement par les statuts, jusqu’à 1 € symbolique. Cette liberté n’efface pas les conséquences d’un capital sous-dimensionné. Les capitaux propres passent vite sous la moitié du capital social et déclenchent la consultation obligatoire des associés, la crédibilité auprès des banques s’en ressent, et le taux réduit d’impôt sur les sociétés reste hors de portée tant que les apports ne sont pas intégralement libérés. Le bon réflexe consiste à calibrer le capital sur le besoin en fonds de roulement et les dépenses de démarrage, puis à libérer les apports en numéraire au-delà du minimum légal de 20 % dès que la trésorerie des associés le permet.

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Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 24/09/2026

FAQ

Peut-on créer une SARL avec 1 euro de capital social ?

Oui. Aucun capital social minimum n’est imposé en SARL et son montant est fixé par les statuts, ce qui autorise un capital de 1 € symbolique. En pratique, un capital aussi faible fragilise la société dès les premières pertes et pèse sur les négociations bancaires.

Quel capital social minimum faut-il pour une SARL de famille ?

Aucun minimum ne s’applique à la SARL de famille, qui suit les mêmes règles de capital que la SARL classique. Sa particularité tient à la détention du capital, qui doit appartenir dans son intégralité aux membres d’une même famille.

Faut-il verser tout le capital social d'une SARL dès sa création ?

Non. En SARL, les apports en nature sont libérés intégralement lors de leur réalisation, mais les apports en numéraire peuvent l’être partiellement. Dans ce cas, 20% du montant des apports doit être libéré lors de la souscription et le reste doit l’être dans les 5 ans suivant l’immatriculation de la société.

Le capital social d'une SARL reste-t-il bloqué après l'immatriculation ?

Non. Les apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué auprès d’une banque ou d’un notaire jusqu’à l’immatriculation de la SARL. Les fonds sont ensuite débloqués sur présentation de l’extrait Kbis et servent librement à financer l’activité de la société.

Que se passe-t-il si les capitaux propres d'une SARL passent sous la moitié du capital social ?

Les associés doivent se prononcer sur la dissolution anticipée dans les quatre mois suivant l’approbation des comptes révélant la perte. À défaut de dissolution, les capitaux propres doivent être reconstitués au plus tard à la clôture du deuxième exercice suivant, sans quoi tout intéressé peut demander la dissolution en justice.

Peut-on augmenter le capital social d'une SARL après sa création ?

Oui. L’augmentation est décidée en assemblée générale extraordinaire, à la majorité des deux tiers des parts détenues par les associés présents ou représentés. Les parts nouvelles souscrites en numéraire sont libérées d’un quart au moins lors de la souscription, avant publication d’un avis de modification et dépôt du dossier sur le guichet unique.

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Rédigé par

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

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