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  • Un apport en nature consiste à apporter un bien autre qu’une somme d’argent au capital d’une SARL, en échange de parts sociales.
  • Un commissaire aux apports doit intervenir dès qu’un bien apporté à une SARL dépasse 30 000 €, ou dès que l’ensemble des apports en nature dépasse la moitié du capital social.
  • Les apports en nature doivent être intégralement libérés dès la création de la SARL, contrairement aux apports en argent qui peuvent l’être à 20 % puis étalés sur 5 ans.
  • Les associés d’une SARL répondent solidairement de la valeur des apports en nature pendant 5 ans à l’égard des tiers.

Vous possédez déjà un véhicule utilitaire, du matériel professionnel, une marque ou un fonds de commerce, et vous voulez les mettre au service de votre future SARL sans sortir un centime de votre poche. C’est exactement ce que permet l’apport en nature. Trois questions restent à trancher avant de signer vos statuts. Quels biens pouvez-vous réellement apporter ? Qui décide de leur valeur ? Et combien cette opération va-t-elle vous coûter ?

Qu’est-ce qu’un apport en nature en SARL ?

Un apport en nature consiste à mettre un bien autre qu’une somme d’argent au capital d’une SARL. En échange, l’associé qui apporte le bien reçoit des parts sociales proportionnelles à la valeur retenue.

Le bien apporté sort de votre patrimoine et entre dans celui de la société. La SARL en devient propriétaire, et peut donc l’utiliser, l’amortir ou le revendre. Le capital minimum d’une SARL étant fixé à 1 €, un apport en nature de faible valeur suffit à devenir associé.

Apport en numéraire, en nature, en industrie : quelles différences ?

Le Code de commerce autorise trois façons de contribuer au capital d’une SARL.

Type d’apport En quoi ça consiste Donne des parts sociales Entre dans le capital social
Apport en numéraire Verser une somme d’argent sur le compte de la société Oui Oui
Apport en nature Transférer un bien matériel ou immatériel Oui Oui
Apport en industrie Mettre à disposition son savoir-faire, son travail, son réseau Oui Non

L’apport en industrie en SARL est le seul des trois types d’apport qui ne participe pas à la formation du capital. Il donne droit à des parts, mais celles-ci ne figurent pas au capital social puisqu’elles ne représentent aucune valeur saisissable par les créanciers. L’apport en numéraire, lui, fonctionne sur le même principe que l’apport en nature, à ceci près qu’il porte sur de l’argent.

Quels biens pouvez-vous apporter à une SARL ?

Tout bien évaluable en argent et transmissible peut faire l’objet d’un apport en nature dans une SARL. Aucune liste limitative n’existe. En pratique, on trouve d’un côté, les biens corporels avec notamment :

  • Le matériel informatique, des machines, de l’outillage ;
  • Un véhicule, utilitaire ou de tourisme ;
  • Du mobilier professionnel ;
  • Un local, un terrain, un entrepôt ;
  • Un stock de marchandises.

Et de l’autre côté, les biens incorporels, qui n’ont pas d’existence physique :

  • Un fonds de commerce ;
  • Une marque, un brevet, un dessin ou modèle déposé ;
  • Un site internet, un nom de domaine, une base de données ;
  • Un droit au bail ;
  • Un portefeuille de clients ou un contrat en cours.
Un apport en nature ne peut porter que sur un bien dont vous êtes réellement propriétaire et qui est libre de toute garantie. Un véhicule encore sous crédit-bail, par exemple, ne vous appartient pas tant que l’option d’achat n’a pas été levée.

Peut-on apporter un bien commun ou un bien indivis à une SARL ?

L’apport d’un bien commun à une SARL suppose d’informer préalablement son conjoint, sous peine de nullité. L’article 1832-2 du Code civil impose cette information dès lors que l’époux apporteur est marié sous un régime de communauté et que le bien a été acquis pendant le mariage. La mention doit figurer dans l’acte d’apport.

Votre conjoint dispose alors d’une faculté que beaucoup découvrent trop tard. Il peut revendiquer la qualité d’associé pour la moitié des parts sociales reçues en contrepartie de l’apport, ce qui modifie la répartition du capital. Il peut aussi y renoncer expressément, par un écrit établi au moment de l’apport ou après.

Pour un immeuble ou un fonds de commerce commun apporté à une SARL, une simple information du conjoint ne suffit pas. L’article 1424 du Code civil exige l’accord exprès des deux époux. Quand le bien est détenu en indivision, par exemple après une succession, l’accord de tous les indivisaires est nécessaire. Le statut de conjoint associé mérite d’être arbitré avant la signature des statuts, pas après.

Sous quelle forme réaliser l’apport en nature en SARL ?

Un apport en nature peut être réalisé sous quatre formes différentes, qui n’ont pas les mêmes conséquences sur la propriété du bien. L’article 1843-3 du Code civil distingue l’apport en propriété et l’apport en jouissance. S’y ajoutent les montages fondés sur le démembrement de propriété, qui consiste à séparer l’usage d’un bien de sa propriété.

Forme de l’apport Ce que reçoit la SARL Ce que garde l’apporteur
Apport en pleine propriété La propriété entière du bien, définitivement Rien, sauf ses parts sociales
Apport en jouissance Le droit d’utiliser le bien pendant une durée déterminée La propriété du bien, qu’il récupère au terme
Apport en usufruit Le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus La nue-propriété, donc le bien lui-même à terme
Apport en nue-propriété La propriété du bien, sans pouvoir l’utiliser dans l’immédiat L’usufruit, donc l’usage et les revenus

La forme choisie pour réaliser l’apport en nature en SARL change les garanties que vous devez à la société, la fiscalité applicable et le sort du bien en cas de liquidation. L’apport en jouissance présente un avantage patrimonial marqué. Le bien reste votre propriété et les créanciers de la SARL ne peuvent pas le saisir. En contrepartie, la valeur inscrite au capital correspond au seul droit d’usage, pas à la valeur du bien.

En cas d’apport d’un bien immobilier au capital de la SARL, l’intervention d’un notaire est obligatoire pour formaliser le changement de propriétaire dans un acte authentique.

Pourquoi faire un apport en nature dans votre SARL ?

L’apport en nature permet d’entrer au capital d’une SARL sans mobiliser votre trésorerie. Il a aussi ses contraintes, et les deux méritent d’être pesées avant de trancher.

Critère Ce que vous y gagnez Ce que vous y perdez
Trésorerie Vous participez au capital sans verser d’argent Le bien devient propriété de la société, vous n’en récupérez pas la valeur librement
Valorisation de vos biens Un véhicule, du matériel ou une marque deviennent des actifs productifs L’évaluation peut être délicate, surtout pour les biens immatériels
Répartition du capital Chaque associé apporte ce qu’il a, en argent ou en nature Une valeur mal estimée crée un déséquilibre durable entre associés
Crédibilité Un capital adossé à des actifs réels rassure banques et fournisseurs Un bien surévalué donne une image trompeuse de la solidité de la société
Formalités Simples si le bien est facile à identifier et à chiffrer Un commissaire aux apports peut être imposé, ce qui ajoute un coût et un délai

Quelle est la procédure pour réaliser un apport en nature en SARL ?

La réalisation d’un apport en nature en SARL se déroule en cinq étapes, de l’identification du bien jusqu’à l’immatriculation de la société.

  1. Identifier le bien apporté. Il doit être précisément désigné, évaluable en argent et vous appartenir. Un numéro de série, une immatriculation ou un numéro de dépôt suffisent généralement à le caractériser.
  2. Évaluer le bien. Vous fixez sa valeur vous-même ou vous faites appel à un commissaire aux apports selon les seuils de 30 000 € et de la moitié du capital social.
  3. Mentionner l’apport dans les statuts. La loi impose d’y faire figurer la nature du bien, sa valeur, l’identité de l’apporteur et le nombre de parts attribuées en contrepartie. Le rapport du commissaire aux apports, lorsqu’il y en a un, est annexé aux statuts de la SARL.
  4. Transférer le bien à la société. Remise matérielle pour du matériel, acte notarié et publicité foncière pour un immeuble, acte de cession pour une marque ou un fonds de commerce. Le transfert doit être effectif avant l’immatriculation.
  5. Déposer le dossier d’immatriculation. Les statuts signés, l’annonce légale et les pièces justificatives sont transmis sur le guichet unique de l’INPI. Le Kbis délivré atteste que l’apport figure bien au capital.

Un dossier incomplet ou mal rempli est la première cause de rejet au Guichet unique INPI. LegalPlace sécurise chaque étape de votre immatriculation pour éviter les erreurs administratives et les retards dans l'obtention de votre Kbis.

Faut-il un commissaire aux apports pour un apport en nature en SARL ?

Le commissaire aux apports est obligatoire en SARL dès qu’un bien apporté dépasse 30 000 € ou que l’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital social. En dehors de ces deux situations, les associés peuvent s’en dispenser (article L. 223-9 du Code de commerce).

Les deux conditions de dispense de commissaire aux apports en SARL sont cumulatives. Il suffit qu’une seule ne soit pas remplie pour que sa nomination redevienne obligatoire.

La décision de renoncer au commissaire aux apports doit en plus être prise à l’unanimité des futurs associés.

Clément et Sarah créent une SARL au capital de 20 000 €. Clément verse 8 000 € en argent. Sarah apporte son véhicule utilitaire, évalué à 12 000 €. Aucun bien ne dépasse 30 000 €, donc la première condition est remplie. Mais les apports en nature représentent 12 000 € sur 20 000 €, soit 60 % du capital, et la seconde condition ne l’est pas. Le commissaire aux apports devient obligatoire. S’ils portent le capital à 25 000 €, avec 13 000 € en argent et le véhicule à 12 000 €, les apports en nature tombent à 48 % du capital et la dispense s’applique. Le montant du capital social est donc le levier qui permet de basculer d’un régime à l’autre.

Comment désigner un commissaire aux apports ?

Le commissaire aux apports de SARL est choisi à l’unanimité des futurs associés. Il est nécessairement inscrit sur la liste des commissaires aux comptes ou sur celle des experts judiciaires.

Faute d’accord entre les associés, le plus diligent d’entre eux saisit par requête le président du tribunal de commerce, ou du tribunal des activités économiques dans les ressorts concernés par l’expérimentation lancée le 1er janvier 2025. Le juge statue par ordonnance et désigne lui-même le professionnel. Le délai d’obtention de l’ordonnance se situe généralement entre 2 et 4 semaines.

Combien coûte un commissaire aux apports ?

Le coût d’un commissaire aux apports en SARL s’échelonne de 1 500 à 5 000 € HT dans la plupart des dossiers. Les honoraires sont libres et dépendent surtout de la difficulté d’évaluation.

Les tarifs constatés en septembre 2026 s’établissent entre 1 500 et 2 500 € HT pour un apport simple comme un véhicule ou du matériel, et entre 3 000 et 5 000 € HT pour un fonds de commerce, un brevet ou un portefeuille de clients. Les dossiers très techniques dépassent ces montants. Ces tarifs s’adressent à des professionnels.

Apport en nature en EURL : la dispense propre à l’associé unique

L’EURL bénéficie d’une dispense de commissaire aux apports que la SARL classique ne connaît pas. Dans une EURL, l’associé unique désigne lui-même le commissaire aux apports, et les deux conditions de dispense (30 000 € par bien, moitié du capital) s’appliquent de la même façon qu’en SARL.

La dispense supplémentaire joue lorsque l’associé unique exerçait déjà son activité en nom propre avant la création de la société et qu’il apporte des éléments qui figuraient au bilan de son dernier exercice. Aucun commissaire aux apports en EURL n’est alors requis, quels que soient les montants en jeu. Le passage d’une entreprise individuelle en société s’en trouve nettement allégé.

Comment évaluer soi-même un apport en nature pour sa SARL ?

L’évaluation d’un apport en nature détermine le nombre de parts sociales qui vous seront attribuées, donc votre poids dans les décisions et votre part des bénéfices. Elle doit refléter la valeur réelle du bien au jour de l’apport, et non son prix d’achat.

La méthode change selon le bien concerné :

Type de bien Méthode d’évaluation Justificatif à conserver
Véhicule Cote Argus ou cote professionnelle à la date de l’apport Impression datée de la cote, carte grise
Matériel et outillage Prix d’achat diminué de l’amortissement d’usage Facture d’origine, tableau d’amortissement
Stock de marchandises Prix de revient ou valeur de marché si elle est inférieure Factures fournisseurs, inventaire daté
Immeuble Comparaison avec des ventes récentes du même secteur, ou expertise Avis de valeur d’un professionnel, extraits de la base DVF
Fonds de commerce Multiple du chiffre d’affaires ou de l’excédent brut d’exploitation, selon les usages du secteur Bilans des 3 derniers exercices, rapport d’évaluation
Marque, brevet, site internet Coûts engagés pour le créer, ou revenus qu’il génère Factures de dépôt et de développement, relevés de revenus
Le dossier de justificatifs d’un apport en nature se constitue au moment même de l’évaluation, pas deux ans plus tard. Une facture d’origine, une cote imprimée et datée ou un devis récent suffisent souvent à écarter toute contestation ultérieure, y compris pendant les 5 ans de responsabilité solidaire des associés.

Quels risques en cas de surévaluation d’un apport en nature ?

Surévaluer un apport en nature pour obtenir davantage de parts sociales expose à une responsabilité civile de 5 ans et à une sanction pénale pouvant atteindre 375 000 € d’amende.

Deux risques distincts s’attachent à une valeur trop élevée :

  • Une responsabilité civile. Lorsqu’aucun commissaire aux apports n’est intervenu, ou lorsque les associés ont retenu une valeur différente de celle qu’il proposait, tous les associés de la SARL répondent solidairement de cette valeur pendant cinq ans à l’égard des tiers. Un créancier impayé peut donc réclamer à n’importe lequel d’entre eux la différence entre la valeur déclarée et la valeur réelle, et cela vaut même pour l’associé qui n’a rien apporté en nature ;
  • Une responsabilité pénale. L’article L. 241-3 du Code de commerce punit de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 € d’amende le fait d’attribuer frauduleusement à un apport en nature une valeur supérieure à sa valeur réelle. La sanction vise la fraude, pas l’erreur de bonne foi.

Quand faut-il libérer un apport en nature pour créer une SARL ?

Les parts sociales représentant un apport en nature doivent être intégralement libérées dès la constitution de la SARL. Le bien est donc transféré en totalité le jour de la création, sans échelonnement possible.

La règle diffère des apports en argent. Pour ces derniers, la libération du capital en SARL peut s’étaler sur cinq ans après un versement initial d’au moins un cinquième du montant souscrit.

Quelles garanties l’apporteur doit-il à la SARL ?

Apporter un bien à une SARL vous engage au-delà du simple transfert. L’article 1843-3 du Code civil calque vos obligations sur celles d’un vendeur ou d’un bailleur, selon la forme de l’apport.

Quand l’apport est fait en pleine propriété, vous êtes garant envers la société comme un vendeur l’est envers son acheteur. Vous devez donc garantir qu’aucun tiers ne viendra revendiquer le bien, et répondre des défauts cachés qui le rendraient inutilisable. Quand l’apport est fait en jouissance, vous êtes garant comme un bailleur envers son locataire, et devez assurer à la société un usage paisible du bien pendant toute la durée convenue.

Peut-on faire un apport en nature après la création de la SARL ?

Oui, un apport en nature peut intervenir à tout moment de la vie de la SARL, par le biais d’une augmentation de capital. La décision est prise en assemblée générale extraordinaire et entraîne une modification des statuts.

Les règles d’évaluation sont identiques à celles de la création, seuils de 30 000 € et de la moitié du capital compris. Une différence mérite l’attention. Lors d’une augmentation de capital en nature, la responsabilité solidaire de cinq ans ne pèse pas sur l’ensemble des associés, mais sur le gérant et sur les personnes qui ont souscrit à l’augmentation.

Quelle fiscalité pour l’apport en nature en SARL ?

La fiscalité d’un apport en nature en SARL dépend de la contrepartie que vous recevez et du type de bien apporté.

On parle d’apport à titre pur et simple lorsque vous ne recevez que des parts sociales. On parle d’apport à titre onéreux lorsque la société vous verse une soulte, c’est-à-dire une somme d’argent en complément des parts, ou lorsqu’elle reprend une dette à votre place. Quand les deux se combinent, l’apport est dit mixte et chaque fraction suit son propre régime.

Les droits d’enregistrement

Les droits d’enregistrement dus sur un apport en nature varient selon la contrepartie reçue et la nature du bien apporté.

Situation Droits dus
Apport à titre pur et simple, cas général Enregistrement gratuit
Apport d’un immeuble, d’un fonds de commerce, d’une clientèle ou d’un droit au bail par un particulier ou un entrepreneur individuel à une SARL soumise à l’impôt sur les sociétés Taxation comme une vente, sauf engagement de conserver les parts reçues pendant 3 ans
Apport à titre onéreux d’un fonds de commerce 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % entre 23 000 et 200 000 €, 5 % au-delà
Apport à titre onéreux d’un immeuble Environ 5,8 % à 6,3 % selon le département

L’exonération liée à l’engagement de conservation de trois ans suppose que l’apport porte sur l’ensemble de l’actif immobilisé affecté à l’activité, c’est-à-dire les biens durables utilisés par l’entreprise. Si les parts sont cédées avant le terme des trois ans, les droits deviennent immédiatement exigibles.

L’imposition des plus-values

Un apport en nature reste juridiquement une cession, même lorsqu’il ne donne lieu à aucun versement d’argent. La plus-value correspond à la différence entre la valeur retenue pour l’apport et le prix auquel vous aviez acquis le bien.

Deux situations reviennent le plus souvent. Si vous apportez un bien personnel à une SARL en tant que particulier, l’imposition suit le régime des plus-values des particuliers, avec des exonérations propres à certains biens meubles. Si vous apportez votre entreprise individuelle à une SARL, l’article 151 octies du Code général des impôts permet de reporter l’imposition des plus-values portant sur les biens non amortissables, et d’étaler sur plusieurs exercices celle portant sur les biens amortissables.

Comment comptabiliser un apport en nature ?

Un apport en nature se traduit par une double écriture au bilan de la SARL, pour la valeur retenue lors de l’évaluation :

  • Le bien entre à l’actif, dans la catégorie correspondant à sa nature. Un véhicule ou une machine figurent en immobilisation corporelle, une marque ou un site internet en immobilisation incorporelle ;
  • Le capital social augmente au passif du même montant.

Quand la valeur du bien dépasse le montant nominal des parts attribuées, l’écart est enregistré en prime d’apport, un poste des capitaux propres distinct du capital social. La société conserve le rapport du commissaire aux apports ou les documents de valorisation, qui justifient ces écritures en cas de contrôle fiscal. Ces pièces gardent leur utilité pendant toute la durée de vie du bien au bilan, notamment pour établir le plan d’amortissement.

Apport en nature et pacte d’associés : que prévoir ?

Un apport en nature gagne à être encadré dans le pacte d’associés, en complément des statuts. Les statuts décrivent l’apport et sa valeur. Le pacte d’associés de SARL organise ce qui se passe ensuite, dans un document distinct et confidentiel.

Quatre clauses reviennent régulièrement lorsqu’un associé a apporté un bien :

  • Les modalités d’utilisation du bien apporté, en particulier lorsqu’un seul associé s’en sert au quotidien ;
  • Les conditions de cession des parts issues de l’apport, pour éviter qu’un actif stratégique change indirectement de main ;
  • Les clauses de sortie ou d’exclusion, qui fixent à l’avance la méthode de valorisation des parts ;
  • Une garantie de valeur, qui organise un rééquilibrage si le bien apporté perd fortement de sa valeur peu après la création.

L’apport en nature permet de constituer le capital d’une SARL avec un bien que vous détenez déjà, sans mobiliser votre trésorerie. Trois règles structurent l’opération. Le bien doit être intégralement transféré à la société dès la création. Sa valeur doit être vérifiée par un commissaire aux apports dès qu’un bien dépasse 30 000 € ou que les apports en nature pèsent plus de la moitié du capital social. Enfin, une valeur trop généreuse engage les associés pendant cinq ans à l’égard des créanciers, et jusqu’à 375 000 € d’amende en cas de fraude. Une évaluation documentée, appuyée sur des justificatifs datés, reste la meilleure protection.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 14/09/2026

FAQ

Quels sont les 3 types d'apports en nature ?

Un apport en nature peut porter sur la pleine propriété du bien, sur sa jouissance, ou sur un droit démembré comme l’usufruit ou la nue-propriété. À ne pas confondre avec les trois types d’apports au capital d’une société, qui sont l’apport en numéraire, l’apport en nature et l’apport en industrie.

Quelle est la fiscalité applicable aux apports en nature ?

Un apport en nature rémunéré uniquement par des parts sociales est en principe enregistré gratuitement. L’apport d’un immeuble ou d’un fonds de commerce par un particulier à une société soumise à l’impôt sur les sociétés est taxé comme une vente, sauf engagement de conserver les parts pendant 3 ans. L’apport peut aussi générer une plus-value imposable.

Quel est l'apport minimum requis pour créer une SARL ?

Le capital minimum d’une SARL est de 1 €. Aucun montant minimum n’est imposé pour un apport en nature en particulier. En pratique, un capital trop faible fragilise la crédibilité de la société auprès des banques et des fournisseurs.

Quel est le seuil à partir duquel un commissaire aux apports est obligatoire en SARL ?

Un commissaire aux apports devient obligatoire en SARL dès qu’un apport en nature dépasse 30 000 €, ou dès que l’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital social. Les deux conditions de dispense doivent être réunies simultanément pour s’en passer.

Peut-on créer une SARL uniquement avec des apports en nature ?

Une SARL peut être créée exclusivement avec des apports en nature, aucun texte n’impose d’apporter de l’argent. Dans ce cas, les apports en nature représentent 100 % du capital social, donc plus de la moitié, et le recours à un commissaire aux apports devient obligatoire.

Comment apporter un bien dans une SARL de famille ?

L’apport d’un bien à une SARL de famille suit les mêmes règles que dans toute SARL. Le bien est évalué, mentionné dans les statuts, et l’apporteur reçoit des parts sociales en contrepartie. La SARL de famille impose une vigilance supplémentaire sur les biens communs aux époux et sur les biens indivis, qui supposent l’accord des autres propriétaires.

Peut-on apporter son véhicule personnel à une SARL ?

Un véhicule personnel peut être apporté à une SARL, à condition que vous en soyez pleinement propriétaire et que le véhicule soit libre de crédit. Sa valeur s’établit à partir de la cote à la date de l’apport, et non du prix d’achat. La carte grise doit ensuite être mise au nom de la société.

Quelle différence entre un apport en nature en SARL et en SAS ?

Le seuil de dispense de commissaire aux apports de 30 000 € et la responsabilité solidaire de cinq ans s’appliquent à l’identique en SARL et en SAS. L’apport en nature en SAS donne des actions et non des parts sociales, et la libération des apports en argent y suit des règles différentes, avec 50 % à verser à la création contre 20 % en SARL.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

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