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Le salaire de l’auto-entrepreneur

Le salaire de l’auto-entrepreneur

Avoir le statut d’auto entrepreneur permet de jouir d’une grande flexibilité tout en générant des revenus issus d’une activité professionnelle.

L’auto-entrepreneur fixe librement son niveau de revenu en fonction des prix liés à son expertise, son expérience et à la concurrence dans son secteur d’activité.

Il doit toutefois garder en tête de nombreux éléments, tout comme le revenu moyen pour un auto-entrepreneur en France. Ne pouvant obtenir de fiche de paie, il peut substituer de nombreux éléments à la place du bulletin de salaire.

Comment est fixé le salaire d’un auto-entrepreneur ?

L’une des spécificités du régime d’auto-entrepreneur réside dans la grande liberté qui est offerte à la personne exerçant son activité.

En ce sens, en devenant auto-entrepreneur, l’entrepreneur est complètement libre de fixer sa rémunération dans le sens où il la négocie librement avec son client.

Pour de nombreuses personnes le régime de l’auto-entrepreneur permet d’obtenir davantage de libertés et, souvent, des revenus supérieurs.

Avant de fixer son niveau de rémunération, il convient, pour l’entrepreneur, de répondre à deux questions particulières. La première concerne le niveau de vie qu’il souhaite obtenir.

En d’autres termes, l’auto-entrepreneur peut lui-même se donner un objectif de revenus et fixer sa rémunération en fonction de cet objectif. Il est d’ailleurs nécessaire, avant de fixer son salaire, d’effectuer une étude de marché pour l’activité en question.

Il ne s’agit pas seulement d’être attrayant financièrement mais de réussir à se différencier au sein d’un secteur d’activité.

En d’autres termes, il est possible de fixer un prix généralement supérieur à ceux pratiqués sur le marché à condition de pouvoir justifier d’une expérience et de compétences particulières.

En ce sens, la réalisation d’une étude de marché permet de fixer son niveau de rémunération en fonction de ces paramètres.

En outre, l’auto-entrepreneur fait également face à du temps qu’il ne peut pas facturer.

En effet, l’auto-entrepreneur passe du temps à prospecter ses futurs clients et à effectuer un travail administratif : il ne peut pas facturer à ses clients ce temps qu’il passe et doit donc garder en tête qu’il doit inclure ce temps dans ses objectifs de rentabilité.

En d’autres termes, si l’entrepreneur se fixe un tarif horaire, il doit garder en tête qu’il ne pourra pas facturer le temps qu’il passe à travailler sur des tâches administratives et de prospection.

De la même manière, pour fixer son salaire, il doit prendre en compte les congés qu’il souhaite obtenir : ces derniers correspondants à des périodes où il ne sera pas capable de travailler et, donc, où il ne pourra générer aucun revenu.

Il doit aussi prendre en compte le matériel dont il a dû faire l’acquisition afin de mener son activité et de générer des revenus.

Il faut aussi noter qu’il existe des plafonds que l’auto-entrepreneur doit avoir en tête au moment de fixer sa rémunération. Ainsi, le premier plafond est celui de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Dans ce cas, en 2018, si l’auto-entrepreneur dépasse le plafond de 33 200 euros de chiffre d’affaires pour la prestation de services et de 82 800 euros de chiffre d’affaires pour l’achat vente, il devra s’acquitter de la taxe sur la valeur ajoutée auprès de l’administration fiscale.

Le second plafond que l’entrepreneur doit avoir en tête est celui du plafond du statut d’auto-entrepreneur.

Dans ce sens, l’entrepreneur sera radié du statut d’auto-entrepreneur dans le cas où son chiffre d’affaires dépasse 70 000 euros pour la prestation de services et 170 000 euros pour les activités d’achat vente.

Garder ces plafonds en tête est essentiel pour l’auto-entrepreneur au moment de fixer son niveau de rémunération : le dépassement d’un plafond pouvant entraîner des risques financiers.

Au-delà de ces plafonds, l’entrepreneur doit également veiller à prendre en compte les charges qu’il aura à payer. En d’autres termes, son chiffre d’affaires ne correspond pas à un revenu directement disponible.

Il devra en effet s’acquitter de cotisations sociales qui changent en fonction du domaine d’activité dans lequel l’auto-entrepreneur exerce.

  • Ainsi, dans la vente de marchandises, les cotisations sociales sont de 12,8% auxquelles s’ajoutent 0,1% de cotisation pour la formation professionnelle (CFP) pour un total de 12,9%.
  • Dans la prestation de services artisanaux, les cotisations sociales sont de 22% et la CFP de 0,3% soit un prélèvement total sur le chiffre d’affaires de 22,3%.
  • La situation est la même dans la prestation de services à ceci près que la CFP est de 0,2% pour un total de prélèvement sur le chiffre d’affaires de 22,2%.

Face à ces prélèvements pouvant apparaître important dans de nombreux cas, il est possible de réaliser une demande d’ACCRE : un dispositif réservé aux personnes en recherche d’emplois, aux jeunes ou aux personnes dans des situations particulières.

Ce dispositif permet de réduire les charges sociales dans les premières années d’activité à condition de remplir les conditions d’éligibilité et de remplir l’ensemble des conditions.

Outre ces cotisations sociales, l’auto-entrepreneur doit également s’acquitter de l’impôt sur le revenu. Il peut toutefois opter pour un prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu :

  • 1% pour la vente de marchandises ;
  • 1,7% pour les services artisanaux ;
  • 2,2% pour la prestation de services.

Il convient de souligner qu’il ne s’agit ici que d’une option réservée à l’auto-entrepreneur afin de faciliter ses démarches. Il est tout à fait possible de ne pas opter pour cette option.

Dans ce cas, il devra déclarer les revenus de son activité au moment de la déclaration de revenus et sera imposé selon son barème d’impôt sur le revenu (IR).

Cette solution n’est pas nécessairement optimale dans le sens où les revenus supplémentaires peuvent faire basculer l’auto-entrepreneur dans une tranche d’impôt sur le revenu supérieur. Il s’agit ainsi d’un arbitrage à réaliser en évaluant les deux solutions.

De manière générale, les auto-entrepreneurs préfèrent l’option du paiement libératoire : ce dernier permet de faciliter les procédures et d’éviter d’augmenter la déclaration de revenu au moment de l’impôt sur le revenu.

Ainsi, à titre d’exemple, une personne exerçant son activité dans le domaine du conseil en marketing digital (prestation de services) générant un chiffre d’affaires de 30 000 euros.

Il s’agit donc d’un chiffre d’affaires de 2 500 euros par mois. Toutefois, l’auto entrepreneur devra s’acquitter de 22,5% de cotisation sociale (soit 6 750 euros dans notre exemple) puis, dans le cas où il a opté pour un prélèvement libératoire d’impôt sur le revenu, de 660 euros (soit 2,2% x 30 000 euros) au titre dudit prélèvement.

Ainsi, finalement, l’auto-entrepreneur aura un revenu disponible d’un peu plus de 22 730 euros. En divisant ce montant pour obtenir une base de rémunération mensuelle, on obtient une rémunération proche des 1 900 euros par mois.

En tout état de cause, l’auto-entrepreneur doit prendre en compte l’ensemble de ces éléments avant de fixer son niveau de rémunération.

Si l’auto entrepreneur fixe lui-même librement son salaire, il est important de garder à l’esprit l’ensemble des charges qui pèse sur lui, les plafonds auxquels il fait face ainsi que l’ensemble des aspects de son activité (congés, prospection, travail administratif).

Le salaire moyen d’un auto-entrepreneur en 2018

L’Institut National de la statistique et des études économiques (INSEE) publie régulièrement des études sur les personnes exerçant une activité non salariée.

Parmi ces personnes, 29% sont micro entrepreneurs. Ainsi, dans une étude de 2015, l’INSEE a dénombré près de 810 000 auto entrepreneurs en France en 2015.

Ce chiffre est en grande augmentation depuis 2009 puisqu’il dépasse, en 2016, le million.

Néanmoins, la même étude met en lumière le salaire moyen des auto-entrepreneurs. Ainsi, les personnes exerçant une activité d’auto-entrepreneurs obtiennent une rémunération moyenne de 440 euros net par mois en 2015.

L’étude met en lumière que cette somme est plus de 2 fois inférieure au seuil de pauvreté en France (estimé à 1015 euros par mois).

Au fil du temps, le revenu des auto-entrepreneurs se développe avec, en 2016, un chiffre d’affaires moyen de 9 816 euros par an.

À noter que seuls 10% des auto-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires supérieur à 26 000 euros sur l’année.

Toutefois, il faut souligner que 30% des auto entrepreneurs exercent leur activité en parallèle d’un travail salarié, expliquant ainsi le faible temps qu’ils consacrent à leur activité d’auto-entrepreneur : celle-ci permettant simplement de compléter leurs revenus.

En outre, les auto-entrepreneurs sont marqués par des inégalités importantes dans les revenus.

Cette inégalité est naturellement expliquée par les différentes branches d’activité des auto-entrepreneurs mais aussi par des niveaux d’expertise variables : un auto-entrepreneur avec une expérience importante et un niveau de formation élevée aura naturellement tendance à facturer des montants supérieurs à ceux proposés par un auto-entrepreneur avec une moindre expérience.

Les auto-entrepreneurs sont principalement présents dans le domaine de la construction, des arts et spectacles, dans l’industrie, la santé, la coiffure et le conseil.

L’ensemble de ces activités représente 40% des activités des micro-entrepreneurs actifs en France.

Exemple gratuit de bulletin de salaire d’un auto-entrepreneur

Il est impossible pour l’auto-entrepreneur d’établir une fiche de paie ou un bulletin de salaire, ce dernier ne percevant pas un salaire mais tirant un bénéfice de son activité : l’auto-entrepreneur n’est pas salarié.

Toutefois, pour combler ce manque, il est possible de présenter certains justificatifs de revenus particulièrement importants dans certains cas comme au moment d’effectuer une demande de prêt, une location d’un appartement ou tout autre acte nécessitant de justifier d’un certain niveau de revenu.

Pour cela, à la place d’un bulletin de salaire, l’auto-entrepreneur peut opter pour un extrait de sa déclaration d’impôt sur le revenu et surtout de son avis d’imposition.

Il est aussi possible d’utiliser les justificatifs de déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’URSSAF. L’ensemble de ces éléments permettent à l’auto-entrepreneur de justifier de ses revenus et de remplacer un bulletin de salaire qu’il ne peut pas obtenir.

Dans tous les cas, en tant qu’auto-entrepreneur, n’hésitez pas à conserver l’ensemble des documents mentionnant votre revenu qui vous sont adressés : ils vous seront utiles au moment de justifier d’un niveau de vie ou d’entrées d’argent régulières.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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ElisaMarc2FabElisa LobermannEmmanuel Auteurs de commentaires récents
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Emmanuel
Invité
Emmanuel

Bonjour,
Merci pour ces exemples détaillés.

Sauf erreur de ma part, je pense qu’il y a une erreur au niveau des « de 511,5 euros au titre dudit… » que nous sommes dans le cas d’une « prestation de services » et non pas de « services artisanaux » donc pour moi c’est 30000 x 2,2% soit 660€.
Je rajouterai un exemple d’un business d’achat et revente de marchandise où le salaire potentiel est calculé à partir du bénéfice et non pas du chiffre d’affaires.

Cordialement
Emmanuel

Elisa
Éditeur
Elisa

Bonjour,
En effet, vous avez tout à fait raison. Le prélèvement sera de 660 euros puisqu’il s’agit d’une prestation de service soumise au taux de versement libératoire de 2,2%.
En vous remerciant pour cette remarque, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace

Marc2Fab
Invité
Marc2Fab

Bonjour, j’envisage de passer du statut de salarié au statut d’auto-entrepreneur, j’aimerais savoir comme sera calculée ma retraite . Est-ce que mes trimestres cotisés en tant qu’auto-entrepreneur vont être automatiquement cumulés aux trimestres cotisés en tant que salarié ?

Cdt
M2F

Elisa
Éditeur
Elisa

Bonjour, Dans le cas où vous deviendriez auto-entrepreneur après avoir été salarié, vous ne pourrez pas cumuler vos points retraites. En effet, les points acquis dans le régime général ne se cumuleront pas à ceux acquis dans un autre régime. En conséquence, la personne qui aura cumulé ces 2 activités et cotisé à plusieurs caisses de retraite devrait normalement toucher sa retraite de base ainsi qu’une éventuelle retraite complémentaire par exemple pour les professions cadres et enfin une retraite complémentaire de la part de la caisse de retraite (SSI pour les professions artisanales et commerciales ou CIPAV pour les professions… Lire la suite »