Embaucher en tant qu’auto-entrepreneur
Dernière mise à jour le 17/02/2026
Un auto-entrepreneur peut tout à fait embaucher un salarié. En effet, bien que l’auto-entrepreneur n’ait pas besoin de main d’oeuvre en général, il existe des cas dans lesquels cette dernière pourrait lui être utile.
Toutefois, l’embauche emporte un coût que l’auto-entrepreneur n’est pas toujours en mesure de supporter. C’est la raison pour laquelle il peut également recourir à des alternatives.
L’auto-entrepreneur peut-il embaucher un salarié ?
En principe, rien n’empêche un auto-entrepreneur d’embaucher. Il peut donc embaucher un ou plusieurs salariés selon ses besoins.
Toutefois, en pratique, il s’agit d’une formalité assez complexe.
En effet le statut d’auto-entrepreneur a été conçu pour une activité complémentaire. Ainsi, il n’est pas évident d’en faire une activité principale.
Les avantages de l’embauche en micro-entreprise
Embaucher un salarié peut présenter quelques avantages pour la micro-entreprise. C’est notamment le cas lorsque l’auto-entrepreneur fait face à un accroissement de l’activité ou lorsqu’il se prépare à un changement de statut juridique.
Dans le 1er cas, l’embauche du salarié permet de maintenir le rythme, notamment face à une période de forte demande. Par exemple, certaines activités sont énormément sollicitées durant les périodes de fêtes. De ce fait, un auto-entrepreneur freelance peut avoir du mal à suivre les demandes des clients et à respecter ses délais habituels.
Dans le 2nd cas, l’embauche d’un salarié peut permettre à l’auto-entrepreneur d’évaluer sa capacité à gérer une activité plus importante, en passant en société par exemple.
Les inconvénients de l’embauche en micro-entreprise
Embaucher un salarié peut être assez compliqué pour l’auto-entrepreneur. Dans un premier temps, le statut impose un plafond de chiffre d’affaires :
- 188 700 € pour les activités de vente de marchandises, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement (hors location meublée) ;
- 77 700 € pour les prestations de service relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC) et les professions libérales non réglementées ou relevant de la CIPAV.
Par ailleurs, l’auto-entrepreneur ne bénéficie d’aucune déduction de charges. Il doit alors payer l’impôt et toutes les cotisations sociales calculées en fonction du chiffre d’affaires. S’il embauche un salarié, il devra également régler des charges patronales, en plus du salaire à verser.
Par conséquent, l’auto-entrepreneur doit supporter un coût très important, voire excessif compte tenu de la marge et des bénéfices laissés.
Dans tous les cas, les salaires versés ne sont pas pris en compte dans l’assiette pour le calcul de l’impôt. Pourtant, ils ont un fort impact sur les bénéfices réalisés.
Comment embaucher un salarié en tant qu’auto-entrepreneur ?
Bien que l’embauche d’un salarié ne semble pas être la meilleure solution dans la plupart des cas, certains peuvent tout de même faire ce choix. Dans ce cas, le micro-entrepreneur devra respecter un certain nombre de formalités obligatoires. Ces formalités sont essentiellement administratives.
Étape 1 : la déclaration préalable à l’embauche (DPAE)
La première étape pour embaucher un salarié en tant qu’auto-entrepreneur est la déclaration préalable à l’embauche en ligne ou par courrier.
Cette première formalité permet en réalité de réaliser plusieurs démarches à la fois :
- La demande d’immatriculation de la micro-entreprise à la sécurité sociale s’il s’agit d’une 1ère embauche ;
- L’immatriculation du salarié au régime général de la sécurité sociale ou au régime des salariés agricoles s’il s’agit de son 1er emploi ;
- Une demande d’adhésion à la médecine du travail : l’auto-entrepreneur doit choisir un centre de santé en fonction du secteur géographique et de l’activité exercée. Ce centre devra être identifié dans la déclaration préalable à l’embauche (nom, code, adresse) ;
- La demande de visite médicale d’embauche pour le salarié ;
- La demande d’affiliation au régime d’assurance chômage.
Après avoir effectué la déclaration préalable à l’embauche, le micro-entrepreneur doit également s’immatriculer auprès d’une caisse de retraite complémentaire. Cela permettra à l’employé de cotiser pour sa retraite.
Étape 2 : la rédaction du contrat de travail
Le micro-entrepreneur doit impérativement rédiger un contrat de travail ou une lettre d’embauche pour le salarié.
Le contrat de travail lie l’employeur et son salarié. Il a pour conséquence de créer un lien de subordination entre les deux. Le salarié s’engage alors à réaliser les missions pour lesquelles il est embauché, tandis que l’employeur s’engage à le rémunérer.
Le contrat devra mentionner toutes les informations obligatoires et notamment :
- Lieu d’exercice de l’activité ;
- Date de début du contrat (et de fin dans le cadre d’un CDD) ;
- Détail des missions confiées ;
- Rémunération.
Étape 3 : l’ouverture d’un registre unique du personnel
Pour finir, l’auto-entrepreneur doit ouvrir un registre unique du personnel. Pour chaque employé, ce dernier doit comprendre :
- Les indications relatives à son identité ;
- Les dates d’entrée et de sortie de la micro-entreprise ;
- Son contrat de travail.
Toutes ces informations devront être conservées durant au moins 5 ans à partir de la date de départ du salarié.
Quelles solutions pour augmenter l’effectif d’une micro-entreprise ?
L’auto-entrepreneur a différents choix pour augmenter l’effectif de sa micro-entreprise. Il peut par exemple avoir recours à :
- L’embauche à temps plein ou à temps partiel en CDI, en CDD ou en contrat d’intérim ;
- L’intégration d’un stagiaire ;
- L’utilisation du Titre Emploi Service Entreprise (TESE) ;
- La sous-traitance par un autre indépendant ;
- Une entreprise de portage salarial.
Le contrat de travail
L’auto-entrepreneur peut envisager d’embaucher un salarié dans le cadre d’un contrat de travail classique. Il peut s’agir d’un contrat à temps plein ou à temps partiel. De même, il peut aussi bien s’agir d’un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) ou d’un Contrat à Durée Déterminée (CDD).
Par ailleurs, il peut également passer par une entreprise de travail temporaire et bénéficier d’un renfort par le biais d’un contrat d’intérim.
Dans ces cas de figure, le micro-entrepreneur doit prendre en compte tous les paramètres liés aux finances et aux charges engendrées. C’est à lui d’évaluer l’intérêt d’embaucher un salarié entre l’aide dont il a besoin et le coût à supporter. S’il y trouve son compte en termes de bénéfices, il peut alors se lancer dans un processus d’embauche.
L’intégration d’un stagiaire
L’intégration d’un stagiaire au sein de la micro-entreprise ne nécessite pas autant de démarches que l’embauche d’un salarié.
Toutefois, le recours à un stagiaire est lui aussi encadré par la loi. Notamment, le stagiaire ne doit pas servir à couvrir un besoin de salarié. Le stage ayant une finalité d’apprentissage et de formation, il s’établit nécessairement dans le cadre d’un cursus pédagogique.
Le stagiaire ne signe pas de contrat de travail mais une convention de stage. Il s’agit d’une convention tripartite signée par l’auto-entrepreneur (tuteur), le stagiaire et son établissement scolaire.
Par ailleurs, le stage ne peut pas dépasser 6 mois pour une année scolaire. L’auto-entrepreneur peut être tuteur de 3 stagiaires maximum en même temps. Il doit également respecter un délai de carence entre le départ d’un stagiaire et l’arrivée d’un autre sur le même poste. Ce délai de carence correspond à un tiers de la durée du dernier stage.
En outre, l’auto-entrepreneur doit obligatoirement verser une gratification de stage à son stagiaire dès lors que ce dernier effectue plus de 2 mois de stage ou 44 jours de 7h de stage.
La gratification ne peut pas être inférieure à 4,50 € par heure de stage.
Le recours à un stagiaire est bien moins cher pour l’auto-entrepreneur. Même s’il doit verser une gratification au stagiaire au delà de 2 mois, il n’a pas à payer de charges sociales supplémentaires.
Le Titre Emploi Service Entreprise (TESE)
Le TESE vise à simplifier les démarches relatives à l’embauche pour les petites entreprises.
Afin d’en bénéficier, le micro-entrepreneur doit y adhérer sur le site dédié de l’Urssaf. À chaque nouveau salarié, il devra le déclarer au moyen d’un volet d’identification du salarié. Il doit effectuer la déclaration au plus tôt 8 jours avant l’embauche et au plus tard le jour de l’embauche.
La déclaration comprend plusieurs formalités :
- DPAE ;
- Calcul des cotisations sociales et des rémunérations ;
- Contrat de travail du salarié ;
- Certificat de travail ;
- Déclarations sociales nominatives (DSN) ;
- Bulletins de paie ;
- Déclarations pour France travail ;
- Déclarations destinées à la caisse de congés payés ;
- Attestations fiscales.
La sous-traitance
L’auto-entrepreneur peut sous-traiter une partie de son activité à un autre auto-entrepreneur.
Cependant, cet autre auto-entrepreneur ne doit pas travailler exclusivement pour l’auto-entrepreneur qui sous-traite. En effet, cela serait assimilé à du salariat déguisé.
Le portage salarial
Le micro-entrepreneur peut également faire appel à une entreprise de portage salarial.
Dans ce cas, l’auto-entrepreneur négocie les termes du contrat directement avec l’employé. Néanmoins, le contrat est ensuite établi par la société de portage. La relation engage alors l’auto-entrepreneur, l’employé et la société de portage.
C’est également la société de portage qui se charge d’établir les bulletins de salaires.
L’auto-entrepreneur n’a donc aucune formalités à réaliser. Il est simplement facturé par la société de portage pour les prestations réalisées.
Il existe donc différentes alternatives pour augmenter l’effectif de l’auto-entreprise. Toutefois, cette dernière est conçue à titre individuel. De ce fait, si l’auto-entrepreneur ressent réellement le besoin d’embaucher, il peut songer à changer de statut juridique pour un statut plus adapté.
FAQ
Comment embaucher un salarié en étant auto-entrepreneur ?
Qui peut employer un auto-entrepreneur ?
Quel chiffre d'affaires pour embaucher un salarié ?
Dernière mise à jour le 17/02/2026
Connexion
Bonjour, je suis en auto entreprise depuis l’année dernière. Mon activité est la vente alimentaire d’avril à octobre. Mon fils est également auto entrepreneur en informatique. Comment pourrait-il m’aider de temps en temps tout en restant avec nos statuts actuels ? Je n’ai besoin d’une aide que de temps en temps.
Bonjour,
L’aide ponctuelle apportée à une auto-entreprise peut s’organiser par la conclusion d’un contrat de prestation de services entre deux travailleurs indépendants. Dans ce cadre, l’intervenant facture ses prestations à l’auto-entrepreneur, lequel règle la facture sans possibilité de déduction fiscale de ses charges. Alternativement, l’entraide familiale bénévole peut parfois être admise.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonsoir,
Je suis en auto entrepreneur et ma fille aussi. Nous souhaitons vendre sur les salons et foires des cosmétiques. Peut on travailler sur le même stand ? mais chacune son espace, son stock, son TPE ….? Par la suite si les ventes se passent biens nous souhaiterions ouvrir une société.
Sinon puis je l’embaucher mais en prestataire de service ?
Bonjour, La vente sur les salons et foires est autorisée aux entrepreneurs individuels dans le respect des règles du Code de commerce. Le fait de partager un emplacement ou de recourir à une prestation de services est juridiquement possible en principe, sous réserve de respecter les règles applicables et l’absence de lien de subordination, conformément à l’article L.8221-6 du Code du travail. La création ultérieure d’une société est régie par les articles 1832 et suivants du Code civil. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit des sociétés afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation… Lire la suite »
Bonjour je suis auto entrepreneur dans le.menage la Ste dans laquelle j’interviens seule depuis des années me demande de trouver une solution pour les nouvelles normes de sécurité lié au travailleur isolé. En effet je travaille toujours en dehors des heures de production à leur demande mais n’est plus le droit d’être seul, cependant ça n’est pas intéressant pour moi d’employer quelqu’un avez vous des solutions pour les travailleurs isolés ?
Bonjour, Les entreprises clientes doivent effectivement se conformer aux obligations de sécurité liées au travailleur isolé, notamment en matière de prévention des risques. Dans votre cas, sans embaucher une autre personne, plusieurs solutions techniques existent pour répondre à cette exigence. Vous pouvez utiliser un dispositif de protection du travailleur isolé (DATI), comme un badge ou une application mobile reliée à une plateforme d’alerte qui détecte une chute, une immobilité prolongée ou permet d’envoyer un signal en cas de danger. Ces outils sont reconnus par la réglementation comme mesures adaptées pour garantir la sécurité des travailleurs seuls. Certaines sociétés spécialisées proposent… Lire la suite »
Bonjour j’ai un statut auto entrepreneur je suis embaucher un personne avec moi quel démarche dois-je faire et comment avoir un contrat de travail pour la personne merci d’avance
Bonjour,
Un auto-entrepreneur qui souhaite embaucher un salarié doit en principe effectuer une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’URSSAF et établir un contrat de travail conforme au Code du travail, précisant notamment le type de contrat, les missions, la rémunération et le temps de travail. L’employeur est également tenu de verser les cotisations sociales et de respecter les obligations légales liées à l’emploi d’un salarié.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour, je suis actuellement en société, j’ai une boutique de prêt-à-porter avec une salariée mais avec la conjoncture actuelle le chiffre a énormément baissé en discutant avec des personnes on me dit que je devrais passer en micro société, est-ce que cela est possible en sachant que j’ai une salariée à avec un contrat de 24 heures semaine ? Toutes les démarches à faire sont donc déjà réalisé vu qu’elle est dans ma société actuellement..
Bonjour, Le régime de la micro-entreprise n’est pas une forme de société mais une entreprise individuelle, sans possibilité d’avoir de salarié. Avec une boutique et une employée en CDI, vous ne pouvez donc pas transformer directement votre société en micro-entreprise. Si votre activité devient trop lourde financièrement, deux options existent : soit conserver votre société mais alléger vos charges (renégocier le bail, réduire la masse salariale, demander des aides), soit fermer la société et repartir sur une micro-entreprise, mais cela suppose de mettre fin au contrat de travail de votre salariée. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous… Lire la suite »
Bonjour
Je suis auto entrepreneur dans le domaine de la prothésie ongulaire et je souhaiterais savoir si c’était possible pour moi donc j’ai un salarié pour un CDD d’une semaine et est-ce que le coup serait élevé en termes de charge à payer?
Bonjour,
Un auto-entrepreneur peut en principe embaucher un salarié, y compris en CDD de courte durée, sous réserve de respecter les obligations légales liées au contrat de travail. Les charges sociales pour un salarié dépendent du salaire versé, de la durée du contrat et du type de contrat, et comprennent les cotisations patronales et salariales obligatoires. En principe, même pour un CDD d’une semaine, ces charges sont calculées proportionnellement au salaire brut, et peuvent représenter une part significative du coût total de l’emploi.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour
L’aide à l embauche en tan que auto entrepreneur rentre t elle dans le ca y t il des impos à payer sur le revenu etc.. uniquement sur l aide a l embauche 5000 euros
Bonjour, L’aide à l’embauche de 5 000 euros, lorsqu’elle est perçue par un auto-entrepreneur employeur dans le cadre d’un dispositif public (comme l’aide exceptionnelle à l’embauche de jeunes ou d’alternants), constitue une subvention d’exploitation. Elle n’est pas à inclure dans le chiffre d’affaires soumis aux seuils de la micro-entreprise, mais elle est en principe imposable et doit être déclarée au titre des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), selon votre activité. Elle peut donc être soumise à l’impôt sur le revenu, selon votre régime fiscal, mais elle n’est pas soumise aux cotisations sociales si elle… Lire la suite »
Bonjour
je souhaite embaucher une personne dans ma micro entreprise, j’ai trouvé un simulateur de charges patronales sur l’Urssaf donc pour ça c’est ok. Par contre en micro entreprise on est sur une compta ultra simplifiée (recettes / dépenses) est ce que le salaire du salarié est à déduire des recettes ?
Bonjour, En micro-entreprise, le régime fiscal repose sur une imposition forfaitaire appliquée au chiffre d’affaires brut, sans possibilité de déduire les charges réelles, y compris les salaires versés à un salarié. Dès lors, le salaire et les cotisations sociales patronales ne sont pas déductibles de vos recettes dans le calcul de votre impôt, conformément à l’article 50-0 du Code général des impôts. Toutefois, il est possible d’embaucher un salarié sous ce statut, sous réserve de respecter les obligations déclaratives (DSN, contrat de travail, affiliation à l’Urssaf, etc.) Le coût salarial devra donc être anticipé dans la trésorerie, mais n’affectera pas… Lire la suite »
Merci