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  • Il n’existe pas de transformation directe : passer d’une entreprise individuelle à une SARL suppose de fermer l’EI, puis de créer la société.
  • L’activité se transfère vers la SARL de trois façons : apport du patrimoine professionnel (ou du seul fonds de commerce), vente du fonds, ou location-gérance.
  • Depuis le 1er janvier 2023, la radiation de l’EI et l’immatriculation de la SARL se font sur le guichet unique de l’INPI.

Le passage d’une entreprise individuelle en SARL (Société à responsabilité limitée) permet à l’entrepreneur de bénéficier de nombreux avantages. Ces derniers s’appliquent aussi bien sur le plan économique que juridique, mais également au niveau de la fiscalité. Pour y parvenir, deux étapes sont nécessaires : fermer l’entreprise individuelle, puis créer une SARL.

Peut-on transformer une entreprise individuelle en SARL ?

L’entreprise individuelle est un statut juridique peu contraignant qui permet une gestion simplifiée et à moindre coût. Le porteur de projet agit seul, en tant que travailleur indépendant. Il entreprend en nom propre et gère l’entreprise librement.

À ce titre, l’entreprise individuelle est considérée comme une extension du statut d’entrepreneur et ne peut pas avoir sa propre personnalité juridique. Cette dernière est intimement liée à celle de l’entrepreneur.

En raison de l’absence de société, il n’est pas possible de transformer une entreprise individuelle en SARL. Toutefois, l’entrepreneur individuel est autorisé à engager des démarches administratives qui lui permettront de créer une SARL.

Depuis le 15 mai 2022, l’entrepreneur individuel bénéficie d’une séparation automatique entre son patrimoine personnel et son patrimoine professionnel (article L526-22 du Code de commerce). En cas de difficultés financières, ses créanciers professionnels ne peuvent en principe saisir que les biens utiles à son activité, et non l’ensemble de son patrimoine personnel.

Motifs financiers

La gestion de l’entreprise individuelle est assurée par l’unique actionnaire, qui est également le seul investisseur. Ce choix présente de nombreux inconvénients, particulièrement au niveau des ressources financières qui sont limitées et ne permettent pas toujours de développer la structure.

En créant une société, il devient possible d’augmenter le capital social en intégrant de nouveaux investisseurs, et donc de financer le développement de l’entreprise.

Par ailleurs, au niveau de l’organisation, l’entrepreneur peut prendre de nombreuses dispositions. Par exemple, il peut envisager de faire appel à une tierce personne pour gérer l’entreprise.

Le gérant majoritaire d’une SARL relève de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Le gérant minoritaire ou égalitaire est, lui, assimilé salarié et rattaché au régime général ; il n’est toutefois pas couvert contre le chômage au titre de son mandat.

Motifs fiscaux

Pour une entreprise individuelle, les bénéfices réalisés sont intégrés aux autres revenus personnels de l’entrepreneur. Ce dernier étant soumis à l’impôt sur le revenu (IR), il risque de devoir s’acquitter d’une somme élevée si l’entreprise réalise des bénéfices importants.

Avec une SARL, les revenus de l’entrepreneur et de l’entreprise sont complètement séparés. Ainsi, le régime d’imposition de la SARL par défaut est l’impôt sur les sociétés (IS).

Depuis 2022, l’entreprise individuelle peut elle aussi opter pour l’impôt sur les sociétés, en étant assimilée à une EURL (article 1655 sexies du Code général des impôts). Cette option modifie la fiscalité, mais ne change ni le statut juridique de l’EI, ni l’étendue de la responsabilité de l’entrepreneur.

Pourquoi passer en SARL ?

Le choix du statut juridique pour une entreprise revêt une importance particulière. En effet, le régime fiscal et social de l’entrepreneur en dépend. Souple et adaptée à la majorité des entreprises, la SARL est souvent privilégiée par les entrepreneurs malgré qu’elle présente quelques limites.

Pour créer une SARL, il faut au moins 2 associés et tout au plus 100 personnes. Il peut s’agir de personnes physiques comme morales. Lorsqu’une SARL ne comporte qu’un seul associé, elle est appelée EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). Sachez qu’il est également possible de passer d’une EI à une EURL ou encore de passer d’une EI à une SASU.

Avantages

La SARL est un statut juridique qui permet d’entreprendre tout en limitant les risques personnels. En effet, le cadre juridique prévoit plusieurs dispositions qui permettent d’instaurer des règles de gestion fiables pour les investisseurs qui décident de s’associer.

Pour créer une SARL, la loi dispose que les associés doivent rédiger des statuts. Ces documents de référence définissent le fonctionnement de l’entreprise ainsi que les liens entre les associés. À ce titre, ils peuvent être considérés en cas de litige. En somme, les statuts assurent une certaine stabilité dans la gestion de la société.

Les statuts comportent différentes mentions obligatoires, dont :

  • L’objet de l’entreprise ;
  • La répartition des parts sociales ;
  • Le montant du capital de la société.

Sur le plan fiscal, la SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés. Le principal avantage de ce régime est qu’une société assujettie à l’IS n’est pas tenue de s’en acquitter dans le cas où elle ne réaliserait pas de bénéfices.

Par ailleurs, toutes les sommes versées aux dirigeants, à titre de rémunération, peuvent être déduites du résultat imposable. De cette manière, ce dernier sera réduit si bien qu’il sera possible d’optimiser les dividendes et la rémunération.

En outre, la SARL permet aux dirigeants et aux associés de protéger leur patrimoine. En effet, leur responsabilité est limitée. Ainsi, en cas de dettes ou de dissolution, les créanciers ne peuvent faire valoir leurs droits sur leur patrimoine personnel.

Un délai de carence d’une année est nécessaire dans le cas où l’entrepreneur désirerait dissoudre sa SARL au profit d’une entreprise individuelle sans modification de l’activité.

Constitution d’une SARL

La constitution d’une SARL peut répondre à différents objectifs des associés, sans que cela ne change l’obligation de respecter certaines procédures.

Par apport de l’activité

Si l’entrepreneur souhaite développer son activité initiale, il peut faire appel à des investisseurs pour créer une SARL. Dans ce cas, le capital social est partagé en parts sociales entre les associés, en fonction de la valeur de leur apport.

Par achat de l’activité

Il est aussi possible pour l’entrepreneur individuel de racheter une entreprise, une SARL en l’occurrence, qui est déjà en activité.

Afin de faciliter la transformation de votre Entreprise individuelle en SARL, LegalPlace se propose de traiter votre dossier de création de SARL à votre place. Il vous suffit de remplir un formulaire en ligne et d’y joindre les pièces justificatives demandées, pour que notre équipe puisse se charger du traitement de votre dossier de création de SARL dans les plus brefs délais.

Autres informations utiles à connaître

Même si l’entreprise individuelle est vouée à disparaître, les déclarations fiscales et sociales demeurent obligatoires. Ainsi, après la déclaration de cessation d’activité, il est encore nécessaire de payer l’impôt évalué sur les bénéfices effectués sur le dernier exercice comptable.

Les déclarations doivent être déposées dans les 60 jours qui suivent la fermeture effective de l’entreprise individuelle.

La protection sociale de l’entrepreneur individuel est encore valide durant un an après la réception de la déclaration de cessation d’activité par la SSI.

Comment transférer l’activité de l’entreprise individuelle vers la SARL ?

Une fois la SARL créée, l’activité exercée jusque-là en nom propre doit être transférée vers la société. Trois modalités existent, avec des conséquences juridiques et fiscales différentes.

L’apport du patrimoine professionnel ou du fonds de commerce

L’entrepreneur apporte à la SARL tout ou partie de son patrimoine professionnel (matériel, clientèle, contrats), ou uniquement son fonds de commerce. En échange, il reçoit des parts sociales correspondant à la valeur de cet apport. Lorsque la valeur d’un apport en nature dépasse 30 000 euros, ou que l’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital, un commissaire aux apports doit en principe l’évaluer.

La vente (cession) du fonds de commerce à la SARL

L’entrepreneur peut aussi vendre son fonds de commerce à la SARL, qui lui en verse le prix. Cette cession entraîne des droits d’enregistrement à la charge de l’acquéreur : 0 % jusqu’à 23 000 euros, 3 % entre 23 001 et 200 000 euros, puis 5 % au-delà (article 719 du Code général des impôts). La vente peut par ailleurs dégager une plus-value professionnelle imposable pour l’entrepreneur.

La location-gérance du fonds

Plutôt que de transférer immédiatement la propriété de son fonds, l’entrepreneur peut le confier en location-gérance à la SARL, qui l’exploite en versant une redevance. Cette solution permet de tester l’organisation en société avant un apport ou une cession définitive.

Quel coût et quelle fiscalité pour le passage en SARL ?

Le coût de la création de la SARL

Le passage en SARL suppose de créer une société, ce qui implique des frais incompressibles : la publication d’une annonce légale et l’immatriculation au registre national des entreprises. À ces frais peuvent s’ajouter le coût d’un accompagnement et, le cas échéant, les honoraires d’un commissaire aux apports. Selon la solution retenue, le budget se situe généralement entre 200 et 1 000 euros.

La fiscalité de l’apport ou de la cession

L’apport ou la vente du fonds à la SARL est susceptible de générer une plus-value professionnelle imposable. Des dispositifs permettent toutefois d’en atténuer le coût, comme le report d’imposition prévu en cas d’apport à une société (article 151 octies du Code général des impôts) ou les exonérations liées au montant des recettes. Compte tenu de leurs conditions précises, ces régimes méritent une étude au cas par cas (situation à jour en 2026).

Rappel : qu’est-ce qu’une entreprise individuelle ?

L’entreprise individuelle est la forme juridique de référence pour les commerçants et les artisans, mais également pour les personnes qui exercent une profession libérale. Elle est également connue sous le nom d’entreprise en nom propre et dépourvue de personnalité morale.

L’entrepreneur individuel est doté du statut de travailleur indépendant. Il dispose d’un plein pouvoir concernant la gestion de son entreprise. Il est également entièrement responsable de son patrimoine personnel.

L’EI et l’entrepreneur, également appelé propriétaire, forment une entité unique d’un point de vue juridique. Ainsi, ce type d’entreprise n’implique aucune obligation de capital minimal. Par ailleurs, la rédaction de statuts n’est pas obligatoire pour une entreprise individuelle.

Dans le cadre du passage en SARL, l’entrepreneur doit d’abord procéder à la radiation de son entreprise individuelle. Depuis le 1er janvier 2023, cette démarche s’effectue en ligne sur le guichet unique de l’INPI, qui a remplacé les centres de formalités des entreprises (CFE) et l’ancien formulaire P4. La déclaration de cessation d’activité doit en principe intervenir dans les 30 jours.

La transformation d’une SARL en SAS permet de bénéficier d’une plus grande flexibilité de gestion et d’attirer plus facilement des investisseurs. Elle nécessite l’accord des associés, un rapport du commissaire à la transformation de SARL et la modification des statuts.
    Il n’est pas possible de transformer directement une entreprise individuelle en SARL. L’opération suppose de fermer l’EI, puis de créer une société à responsabilité limitée vers laquelle l’activité est transférée, par apport du patrimoine professionnel, vente du fonds ou location-gérance. Ce passage permet de séparer le patrimoine de l’entrepreneur de celui de la société, d’ouvrir le capital à de nouveaux associés et de relever par défaut de l’impôt sur les sociétés. Toutes les formalités s’effectuent sur le guichet unique de l’INPI, et LegalPlace peut prendre en charge la création de votre SARL pour sécuriser chaque étape.

Créer ma SARL

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 22/06/2026

FAQ

Peut-on transformer directement une entreprise individuelle en SARL ?

Non. L’entreprise individuelle n’a pas de personnalité morale distincte de l’entrepreneur, il n’existe donc pas de transformation directe. Il faut fermer l’EI, créer une SARL, puis transférer l’activité vers cette nouvelle société.

Peut-on cumuler une entreprise individuelle et une SARL ?

Oui, rien n’interdit d’exercer une activité en entreprise individuelle tout en étant associé d’une SARL. La situation demande toutefois une vérification au cas par cas, notamment au regard du régime social applicable si vous êtes gérant majoritaire de la SARL.

Pourquoi passer d'une entreprise individuelle à une SARL ?

Le passage en SARL vous permet de protéger votre patrimoine personnel, car votre responsabilité est limitée à vos apports. Vous gagnez aussi en crédibilité vis-à-vis des partenaires et bénéficiez d’un cadre juridique plus structuré. C’est une solution adaptée lorsque votre activité se développe

Quelles démarches pour transformer une entreprise individuelle en SARL ?

Vous devez créer une nouvelle SARL : rédaction des statuts, dépôt du capital, publication légale et immatriculation. Vous transférez ensuite votre activité (fonds, clientèle, matériel) vers la société. Nos formalistes dédiés vous accompagnent pour sécuriser chaque étape.

Quels sont les coûts à prévoir pour passer en SARL ?

Comptez les frais de création (annonce légale, immatriculation), auxquels peuvent s’ajouter des honoraires si vous faites appel à un professionnel. Le coût varie généralement entre 200 et 1 000 euros selon l’accompagnement choisi. Chez LegalPlace, nous vous aidons à optimiser votre budget.

Sources de l'article

2 Commentaires
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Merci pour cet article même s’il manque des précisions concernant la réforme de 2022 et la protection patrimoniale en EI et la possibilité d’opter pour l’IS

Bonjour,
En principe, depuis la réforme entrée en vigueur en 2022, l’entrepreneur individuel bénéficie d’une séparation automatique de son patrimoine personnel et professionnel. Il est également possible, sous conditions, d’opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), ce qui modifie le régime fiscal applicable.

Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.