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  • L’immatriculation au registre national des entreprises (RNE) est obligatoire pour toute entreprise individuelle et s’effectue uniquement sur le guichet unique de l’INPI.
  • L’immatriculation est gratuite pour une activité libérale, coûte 33,83 € HT pour une activité commerciale et 45€ pour une activité artisanale.
  • Les numéros SIREN et SIRET sont attribués automatiquement par l’INSEE, sous 1 à 7 jours ouvrés pour une activité libérale et jusqu’à 4 semaines pour une activité artisanale.
  • Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est séparé de plein droit de son patrimoine professionnel, sans aucune formalité.

L’immatriculation d’une entreprise individuelle se déroule désormais en une seule démarche en ligne, sur le guichet unique de l’INPI, quelle que soit l’activité exercée. Reste à savoir quelles pièces préparer, ce que la démarche coûte réellement selon le secteur et sous quel délai le numéro SIRET arrive.

Qu’est-ce que l’immatriculation d’une entreprise individuelle ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle, souvent abrégée en EI, fait exister votre activité aux yeux de la loi. Tant qu’elle n’est pas accomplie, vous exercez peut-être déjà, mais votre entreprise n’a aucune existence officielle. Vous ne pouvez ni facturer, ni ouvrir un compte professionnel, ni prétendre à la moindre aide publique.

L’immatriculation inscrit votre activité au registre national des entreprises (RNE), tenu par l’INPI depuis le 1er janvier 2023. L’article L123-36 du Code de commerce en fait le registre de référence pour toutes les entreprises exerçant en France. Si vous exercez une activité commerciale, vous êtes en plus inscrit au registre du commerce et des sociétés (RCS).

L’entreprise individuelle n’a pas de personnalité morale. Contrairement à une SARL ou à une SAS, son immatriculation ne donne pas naissance à une entité juridique distincte de vous, elle enregistre l’activité que vous exercez en votre nom propre. Depuis le 15 février 2022, l’entreprise individuelle est d’ailleurs la seule forme en nom propre encore ouverte à la création.

L’immatriculation d’une EI est-elle obligatoire ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle est obligatoire dès le premier euro encaissé, sans exception. Aucun seuil de chiffre d’affaires ne dispense de cette formalité, et aucun régime fiscal n’y échappe.

La confusion revient souvent chez les auto-entrepreneurs, qui croient parfois relever d’un statut à part. La micro-entreprise n’est pas une forme juridique, c’est un régime fiscal et social qui s’applique à une entreprise individuelle déjà immatriculée. Un micro-entrepreneur passe donc exactement par la même démarche que n’importe quel entrepreneur individuel, sur le guichet unique de l’INPI.

Exercer une activité économique régulière sans immatriculer son entreprise individuelle constitue un travail dissimulé par dissimulation d’activité. L’article L8224-1 du Code du travail prévoit jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, auxquels s’ajoute un redressement des cotisations sociales éludées sur les cinq dernières années.

À quoi sert l’immatriculation d’une entreprise individuelle ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle ouvre l’accès aux identifiants et aux droits qui rendent l’activité opérationnelle. Cinq effets concrets en découlent :

  • Un numéro SIREN à neuf chiffres, qui identifie votre entreprise pendant toute sa durée de vie ;
  • Un numéro SIRET à quatorze chiffres, qui identifie chacun de vos établissements et doit figurer sur vos factures ;
  • Un code APE attribué par l’INSEE, qui rattache votre activité à une convention collective et à des obligations sectorielles ;
  • Une affiliation automatique à la sécurité sociale des indépendants, qui ouvre vos droits à la retraite et à l’assurance maladie ;
  • Un accès aux aides publiques et aux dispositifs d’accompagnement réservés aux entreprises déclarées.

Où immatriculer son entreprise individuelle ?

Toutes les demandes d’immatriculation d’une entreprise individuelle passent par le guichet unique de l’INPI, accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Depuis le 1er janvier 2023, ce portail a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises, et aucune autre voie n’est plus ouverte.

La démarche peut se faire seul, mais elle prend du temps et une erreur dans le dossier peut entraîner un rejet. Passer par une plateforme en ligne comme LegalPlace permet de gagner du temps et de limiter les risques d’erreur.

Le guichet unique n’instruit pas lui-même votre dossier. Il le transmet à l’organisme valideur compétent, qui varie selon la nature de l’activité déclarée.

Nature de l’activité Organisme valideur Registre d’inscription
Commerciale Greffe du tribunal de commerce RNE et RCS
Artisanale Chambre de métiers et de l’artisanat RNE
Libérale URSSAF RNE
Agricole Chambre d’agriculture RNE
Agent commercial Greffe du tribunal de commerce RNE et RSAC

Cette répartition entre organismes valideurs explique une grande partie des écarts de coût et de délai entre deux entrepreneurs individuels. Un plombier relève de la chambre de métiers, un consultant de l’URSSAF, et leurs dossiers ne suivent ni le même circuit ni le même calendrier.

Quelles sont les étapes pour immatriculer une entreprise individuelle en ligne ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle sur le guichet unique se déroule en sept étapes, entièrement en ligne, et se boucle en une trentaine de minutes si les pièces sont prêtes. Vous pouvez interrompre la saisie à tout moment, le guichet enregistre un brouillon que vous retrouvez à la connexion suivante.

Les 7 étapes de l’immatriculation d’une entreprise individuelle sur le guichet unique, du compte au paiement.

Étape 1 : créer son compte et se connecter au guichet unique

Deux modes de connexion ouvrent l’accès au guichet unique de l’INPI :

  • Vous passez soit par FranceConnect+ ;
  • Soit par un compte INPI classique créé avec une adresse électronique et un mot de passe.

FranceConnect+ suppose une identité numérique vérifiée, par exemple France Identité ou L’Identité Numérique La Poste. Ce mode de connexion présente un avantage pratique, puisqu’il dispense de téléverser ensuite votre pièce d’identité. Comptez environ 10 minutes pour créer l’identité numérique si vous n’en disposez pas encore. Le compte INPI classique reste plus rapide à ouvrir, mais il vous imposera un scan de pièce d’identité à l’étape 6.

Étape 2 : choisir la formalité de création et le type d’entreprise

Le choix de la formalité intervient dès l’arrivée sur le tableau de bord du guichet unique. Sélectionnez « Créer une entreprise », puis « Entrepreneur individuel » dans la liste des formes juridiques proposées.

Le choix de la formalité est structurant pour toute la suite du parcours, car c’est ici que se joue la distinction entre entreprise individuelle et société. Une erreur à ce stade ne se corrige pas en cours de saisie. Il faut abandonner le dossier et recommencer depuis le début, ce qui représente une trentaine de minutes perdues. Le guichet vous demande également si vous reprenez une entreprise existante, ce qui déclenche un parcours différent.

Étape 3 : renseigner son identité et sa situation personnelle

Le guichet unique réclame à cette étape l’état civil, la filiation, l’adresse personnelle et la situation matrimoniale de l’entrepreneur individuel. Ces informations alimentent directement le registre national des entreprises.

Si vous êtes marié sous un régime de communauté, le guichet unique réclame une attestation d’information du conjoint, qui certifie qu’il a été averti des conséquences des dettes professionnelles sur les biens communs. Vous indiquez également à cette étape si votre conjoint participe régulièrement à l’activité, ce qui déclenche la déclaration de conjoint collaborateur. Ce statut, limité à cinq ans depuis 2022, ouvre au conjoint des droits à la retraite propres.

Étape 4 : déclarer son activité et son lieu d’exercice

La déclaration d’activité détermine le code APE de votre entreprise individuelle et l’organisme qui validera votre dossier. Vous décrivez l’activité exercée, sa date de démarrage, l’adresse de l’établissement et son caractère sédentaire ou ambulant.

Rédigez cette description avec soin, en une ou deux phrases précises. Une formulation trop vague, du type « prestations de services diverses », allonge le traitement et peut vous orienter vers le mauvais organisme valideur. La date de début d’activité mérite elle aussi attention, puisqu’elle fait courir le délai de 60 jours pour demander l’ACRE et fixe le point de départ de vos obligations déclaratives.

Étape 5 : choisir ses options fiscales et sociales

Les options fiscales et sociales se choisissent directement dans le parcours d’immatriculation, et engagent votre première année d’activité. Quatre points sont à trancher, le régime d’imposition des bénéfices, le régime de TVA, l’option éventuelle pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu et la périodicité de déclaration des cotisations, mensuelle ou trimestrielle.

Ces quatre arbitrages reposent sur des plafonds et des taux précis, revalorisés pour 2026, que ce guide détaille plus bas avec les montants applicables.

Certaines options d’immatriculation obéissent à des délais stricts. Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, par exemple, ne peut être demandé qu’au moment de la création de l’entreprise individuelle ou, au plus tard, le 30 septembre pour une application l’année suivante. Passée cette date, vous attendez un an complet.

Étape 6 : déposer les pièces justificatives

Une fois la saisie terminée, le guichet unique génère automatiquement la liste des pièces justificatives attendues, à partir de vos réponses précédentes. Vous les téléversez ensuite une par une depuis votre espace personnel.

Ce dossier d’immatriculation comprend systématiquement une pièce d’identité et un justificatif de domiciliation, auxquels s’ajoutent les justificatifs propres aux activités réglementées. Un dossier incomplet n’est pas rejeté, mais il déclenche une demande de régularisation qui suspend le traitement jusqu’à réception des pièces manquantes.

Chaque pièce justificative déposée sur le guichet unique doit être au format PDF, dans la limite de 10 Mo par fichier. Un scan trop lourd est refusé par la plateforme, pensez à le compresser avant de le charger.

Étape 7 : signer et payer sa formalité

La signature et le paiement closent le parcours d’immatriculation de l’entreprise individuelle. Un récapitulatif complet du dossier s’affiche avant validation. Relisez-le attentivement, car toute correction postérieure au dépôt passe par une formalité de modification distincte, facturée séparément pour les activités commerciales et artisanales.

Vous signez ensuite électroniquement, puis vous réglez par carte bancaire, par compte client INPI ou par délégation de paiement à un mandataire. Le dossier n’est transmis à l’organisme valideur qu’une fois le paiement encaissé, ce qui signifie qu’une formalité signée mais non payée reste sans effet.

Un dossier incomplet ou mal rempli est la première cause de rejet au Guichet unique INPI. LegalPlace sécurise chaque étape de votre immatriculation pour éviter les erreurs administratives et les retards dans l'obtention de votre Kbis.

Quels documents fournir pour immatriculer son entreprise individuelle en ligne ?

Les pièces justificatives demandées pour immatriculer une entreprise individuelle varient selon la nature de l’activité exercée. Le guichet unique de l’INPI construit automatiquement la liste à partir des informations saisies, autour de deux blocs, un socle commun à tous les entrepreneurs et des pièces propres aux activités réglementées.

Les pièces communes à toutes les activités pour immatriculer son entreprise individuelle

Le socle commun de pièces justificatives s’applique à tout entrepreneur individuel, quel que soit son secteur. Cinq documents sont concernés :

  • Une pièce d’identité en cours de validité, carte nationale d’identité ou passeport, recto et verso ;
  • Un justificatif de domiciliation de l’entreprise, bail, contrat de domiciliation ou facture de moins de trois mois ;
  • Une déclaration sur l’honneur de non-condamnation, remplie directement dans le parcours en ligne ;
  • Une attestation de filiation, également intégrée au formulaire ;
  • Une attestation d’information du conjoint, si vous êtes marié sous un régime de communauté.
Le justificatif de domiciliation d’une entreprise individuelle doit dater de moins de trois mois. Si vous êtes hébergé chez un tiers, une simple attestation d’hébergement ne suffit pas. Il faut y joindre la pièce d’identité de l’hébergeant et un justificatif de domicile établi à son nom.

Les pièces complémentaires selon l’activité exercée en entreprise individuelle

Les activités réglementées exigent des pièces justificatives supplémentaires au moment de l’immatriculation. Quatre cas de figure reviennent le plus souvent :

  • Un justificatif de qualification professionnelle pour les artisans exerçant un métier réglementé, diplôme, titre inscrit au RNCP ou attestation de trois ans d’expérience ;
  • Les diplômes et l’attestation d’inscription à l’ordre pour les professions libérales réglementées, comme les architectes ou les géomètres-experts ;
  • La carte de commerçant ambulant, valable quatre ans, pour les activités exercées hors de la commune de domiciliation ;
  • L’agrément ou l’autorisation d’exercice pour les activités soumises à contrôle préalable, notamment le transport de personnes et la sécurité privée.

Si l’une de ces pièces manque au dossier, l’organisme valideur émet une demande de régularisation et suspend le traitement jusqu’à réception.

Peut-on domicilier son entreprise individuelle chez soi ?

La domiciliation d’une entreprise individuelle au domicile personnel est autorisée, y compris en location. Aucune démarche préalable n’est nécessaire dans la plupart des cas, il suffit de déclarer cette adresse à l’étape 4 du parcours d’immatriculation.

Deux limites méritent toutefois votre attention. Votre bail d’habitation peut interdire l’exercice d’une activité professionnelle, et le règlement de copropriété peut contenir une clause d’habitation exclusive. Vérifiez ces deux documents avant de déclarer votre adresse. Par ailleurs, recevoir de la clientèle ou stocker des marchandises à son domicile suppose parfois une autorisation de la mairie, en particulier dans les communes de plus de 200 000 habitants.

Si la domiciliation chez soi ne convient pas, trois alternatives existent, le local commercial, la société de domiciliation agréée et la pépinière d’entreprises. L’adresse retenue devient celle de votre établissement et apparaît sur vos documents commerciaux. Depuis le décret n° 2025-840 du 22 août 2025, l’entrepreneur individuel qui domicilie son activité chez lui peut néanmoins demander que son adresse personnelle n’apparaisse plus sur les documents diffusés publiquement.

Avec LegalPlace, domiciliez votre entreprise en ligne en quelques minutes : pas de paperasse, pas de déplacement. Vous obtenez une adresse de siège social conforme pour votre immatriculation au Guichet unique INPI.

Combien coûte l’immatriculation d’une entreprise individuelle ?

Le coût d’immatriculation d’une entreprise individuelle dépend uniquement de la nature de l’activité exercée, puisqu’il correspond aux émoluments perçus par l’organisme valideur. Voici les tarifs des formalités INPI en vigueur au 1er mars 2026. Les montants hors taxes correspondent aux émoluments réglementés perçus par les greffes.

Nature de l’activité Coût de l’immatriculation
Libérale non réglementée Gratuit
Commerciale 36,23 € HT
Artisanale 45 €
Artisanale, si déjà immatriculée au RCS 15 €
Agricole 42 €
Agent commercial 6,05 € HT

À ces émoluments peuvent s’ajouter quelques frais annexes, comme une déclaration d’insaisissabilité chez le notaire entre 150 € et 250 €, une assurance professionnelle obligatoire dans le bâtiment ou une carte de commerçant ambulant à 30 €. Le coût de création d’une entreprise individuelle sur l’INPI reste néanmoins sans commune mesure avec celui d’une société.

L’immatriculation d’une entreprise individuelle ne suppose ni annonce légale, ni dépôt de capital social, ni génération de statuts. Ces trois postes, qui représentent au minimum 200 € pour une SARL ou une SAS, expliquent l’écart de coût entre les deux formes.

Combien de temps faut-il pour immatriculer une entreprise individuelle ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle n’est enfermée dans aucun délai légal opposable à l’organisme valideur. Les durées observées dépendent du volume de dossiers traités et de l’interlocuteur dont relève l’activité déclarée.

Les délais constatés selon l’activité exercée en entreprise individuelle

Les délais d’immatriculation d’une entreprise individuelle varient de quelques jours à quelques semaines selon l’organisme valideur compétent. Voici les durées relevées en 2026, à compter de la validation du dossier.

Nature de l’activité Délai constaté après validation du dossier
Libérale 1 à 7 jours ouvrés
Commerciale 3 à 10 jours ouvrés
Artisanale 1 à 4 semaines

Ces durées correspondent à des moyennes et ne constituent pas un engagement. Un dossier incomplet suspend le compteur jusqu’à régularisation, ce qui explique la plupart des délais anormalement longs. En pratique, la qualité du dossier déposé pèse davantage que l’organisme lui-même sur le temps de création d’une entreprise.

Comment obtenir son SIRET et son justificatif d’immatriculation ?

Les numéros SIREN et SIRET d’une entreprise individuelle sont attribués automatiquement par l’INSEE, sans aucune démarche de votre part, dès que l’organisme valideur accepte la demande. Vous les recevez par courrier et dans votre espace personnel du guichet unique.

Sans attendre ce courrier, vous pouvez télécharger gratuitement votre avis de situation au répertoire SIRENE sur le site de l’INSEE, dès que le numéro SIRET est généré. Ce document suffit à la plupart des banques et des clients. Vous obtenez ensuite votre certificat d’inscription au registre national des entreprises, téléchargeable sur data.inpi.fr, et un extrait K si vous exercez une activité commerciale.

Quelles options choisir au moment de l’immatriculation de son entreprise individuelle ?

Trois arbitrages fiscaux et sociaux interviennent pendant le parcours d’immatriculation d’une entreprise individuelle et engagent la première année d’activité. Le régime d’imposition, la TVA et l’ACRE se décident au moment de la formalité, et certains de ces choix ne se rattrapent pas en cours d’année.

Le régime fiscal de l’EI : micro-entreprise ou réel

Le régime micro applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires de l’entreprise individuelle, sans possibilité de déduire les charges réelles. Le régime réel fonctionne à l’inverse, les dépenses professionnelles viennent en déduction du bénéfice imposable. L’article 50-0 du Code général des impôts fixe les plafonds au-delà desquels le régime micro cesse de s’appliquer, revalorisés par la loi de finances pour 2026 et figés jusqu’en 2028.

Activité Plafond du régime micro (2026-2028) Au-delà
Achat-revente et fourniture de logement 203 100 € Régime réel
Prestations de services et professions libérales 83 600 € Régime réel
Location meublée non classée 15 000€ Régime réel
Activité agricole 129 200 € Régime réel

Les plafonds du régime micro ont sensiblement augmenté en 2026, puisqu’ils s’élevaient auparavant à 188 700 € et 77 700 €. Si vous prévoyez des charges importantes dès le départ, du matériel ou un local par exemple, le régime réel devient souvent plus avantageux bien en dessous de ces montants.

La franchise en base de TVA

La franchise en base de TVA dispense l’entreprise individuelle de facturer la TVA à ses clients. En contrepartie, elle ne récupère pas celle qu’elle paie sur ses achats. La franchise s’applique tant que le chiffre d’affaires reste sous 85 000 € pour les ventes de marchandises, l’hébergement et la restauration, ou sous 37 500 € pour les autres prestations de services. Les avocats, auteurs et artistes-interprètes bénéficient d’un seuil propre de 50 000 €. Des seuils majorés de 93 500 €, 41 250 € et 55 000 € tolèrent un dépassement ponctuel sur une année.

L’ACRE, une exonération à demander séparément

L’ACRE allège les cotisations sociales de l’entrepreneur individuel en début d’activité. Son taux a fortement baissé, puisque le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 l’a ramené de 50 % à 25 %, depuis le 1er janvier 2026 pour les entrepreneurs individuels au régime réel et depuis le 1er juillet 2026 pour les micro-entreprises.

L’ACRE n’est pas automatique. Vous devez la demander à l’URSSAF au plus tard le soixantième jour suivant votre début d’activité, faute de quoi elle est perdue définitivement. Le silence gardé plus d’un mois par l’URSSAF vaut acceptation. Sont éligibles, entre autres, les demandeurs d’emploi indemnisés ou inscrits depuis six mois, les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, les jeunes de 18 à 25 ans et les créateurs installés en quartier prioritaire.

Sophie, graphiste, immatricule sa micro-entreprise en septembre 2026 et obtient l’ACRE. Son taux de cotisations sociales, normalement de 25,60 %, tombe à 19,20 % jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant son début d’activité, soit jusqu’au 30 juin 2027. Sur un chiffre d’affaires de 4 000 € par trimestre, elle verse 768 € au lieu de 1 024 €, et économise donc 256 € par trimestre. La règle à retenir tient en une phrase, l’ACRE réduit désormais les cotisations d’un quart et non plus de moitié, ce qui divise par deux l’économie réalisée par rapport aux créations antérieures à juillet 2026.

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Comment protéger son patrimoine personnel après l’immatriculation de son entreprise individuelle ?

La protection du patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est acquise sans formalité depuis 2022, ce qui constitue le principal changement de ces dernières années pour cette forme d’entreprise. Cette protection connaît néanmoins des limites, et se complète pour certains biens immobiliers par une démarche notariée.

La séparation automatique des patrimoines

La loi du 14 février 2022 a instauré un statut unique de l’entrepreneur individuel, applicable aux dettes nées à compter du 15 mai 2022. Le patrimoine de l’entrepreneur se scinde de plein droit en deux masses, l’une professionnelle et l’autre personnelle. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l’activité, comme le prévoient les articles L526-22 et suivants du Code de commerce. Aucune déclaration d’affectation n’est requise, contrairement à ce qu’imposait l’ancienne EIRL.

Quatre situations font tomber cette séparation des patrimoines, la caution personnelle souvent exigée par les banques, la garantie réelle consentie sur un bien personnel, la fraude et la renonciation à la protection demandée par un créancier. Les dettes fiscales et sociales issues d’une manœuvre frauduleuse échappent également à la séparation.

L’EIRL n’est plus ouverte à la création depuis le 15 février 2022. Plusieurs contenus en ligne la présentent encore comme une option pour protéger son patrimoine lors de l’immatriculation d’une entreprise individuelle. Ce régime a été rendu inutile par le statut unique et ne subsiste que pour les EIRL constituées avant cette date.

La déclaration d’insaisissabilité pour les autres biens immobiliers

La résidence principale de l’entrepreneur individuel est insaisissable de droit par les créanciers professionnels, pour sa part non affectée à un usage professionnel, et ce même si l’activité y est domiciliée. Aucune démarche n’est à accomplir.

Les autres biens fonciers, bâtis ou non, supposent en revanche une déclaration d’insaisissabilité devant notaire, prévue aux articles L526-1 à L526-5 du Code de commerce. Cette déclaration est publiée au fichier immobilier et dans un registre de publicité légale, puis n’est opposable qu’aux créanciers dont les droits naissent après cette publication. Comptez entre 150 € et 250 € de frais notariés. Une résidence secondaire ou un terrain acquis en vue d’un investissement locatif entrent typiquement dans ce champ.

Quelles démarches accomplir après l’immatriculation de l’entreprise individuelle ?

Une fois l’entreprise individuelle immatriculée, cinq obligations prennent le relais de la formalité de création :

  • Ouvrir un compte bancaire dédié si le chiffre d’affaires dépasse 10 000€ pendant deux années civiles consécutives, sachant qu’un compte courant classique suffit ;
  • Souscrire les assurances obligatoires selon le secteur, notamment la garantie décennale dans le bâtiment et la responsabilité civile professionnelle pour les professions réglementées ;
  • Vérifier son affiliation à la sécurité sociale des indépendants, qui intervient automatiquement mais peut tarder de plusieurs semaines ;
  • Déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF selon la périodicité mensuelle ou trimestrielle retenue lors de l’immatriculation ;
  • Tenir sa comptabilité selon les exigences de son régime fiscal, du simple livre des recettes au régime micro jusqu’au bilan complet au régime réel.
L’immatriculation d’une entreprise individuelle se fait en une seule démarche dématérialisée, sur le guichet unique de l’INPI, avec un dossier réduit à une pièce d’identité, un justificatif de domiciliation et deux déclarations remplies en ligne. Son coût va de zéro pour une activité libérale à 45 € pour un artisan, et le SIRET arrive en quelques jours pour les libéraux, en quelques semaines pour les artisans. Les vrais points de vigilance se situent ailleurs, dans les options fiscales et sociales choisies pendant le parcours et dans la demande d’ACRE, à formuler auprès de l’URSSAF dans les soixante jours sous peine de la perdre. Le patrimoine personnel de l’entrepreneur, lui, est protégé de plein droit depuis le 15 mai 2022, sans aucune formalité.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 28/09/2026

FAQ

Comment suivre l'avancement de sa demande d'immatriculation ?

L’espace personnel du guichet unique de l’INPI affiche l’état de la demande d’immatriculation en temps réel, de « en cours de traitement » à « validée ». Si l’organisme valideur émet une demande de régularisation, une notification arrive par courriel et le dossier bascule en attente de réponse. Le traitement ne reprend qu’une fois les pièces complémentaires déposées, ce qui explique la majorité des délais dépassant les 10 jours ouvrés.

Peut-on immatriculer une entreprise individuelle gratuitement ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle est gratuite pour les activités libérales non réglementées, puisque l’URSSAF ne perçoit aucun émolument. Pour les activités commerciales, artisanales et agricoles, les frais restent dus, de 6,05 € HT à 45 € selon le cas. Aucune plateforme ne peut supprimer ces émoluments, qui reviennent au greffe ou à la chambre concernée.

Quelle différence entre immatriculer une entreprise individuelle et une micro-entreprise ?

L’immatriculation d’une entreprise individuelle et celle d’une micro-entreprise suivent exactement la même démarche. La micro-entreprise n’est pas une forme juridique distincte, c’est un régime fiscal et social qui s’applique à une entreprise individuelle. Vous immatriculez donc une entreprise individuelle sur le guichet unique, puis vous optez pour le régime micro à l’étape 5 du parcours, celle des options fiscales.

Peut-on exercer une activité avant d'avoir reçu son SIRET ?

Une entreprise individuelle ne peut ni facturer ni encaisser avant l’attribution de son SIRET, faute de quoi les factures sont irrégulières et l’activité relève du travail dissimulé. Vous pouvez en revanche préparer le lancement, prospecter, signer des devis conditionnés à l’immatriculation et engager des frais que vous rattacherez ensuite à l’entreprise, dans la limite des six mois précédant la création.

Que faire si la demande d'immatriculation est rejetée ?

Le rejet d’une demande d’immatriculation reste rare et tient presque toujours à une pièce manquante ou à une activité mal décrite. L’organisme valideur motive sa décision dans l’espace personnel du guichet unique. Vous corrigez alors le point signalé et redéposez la formalité, sans repayer dans la plupart des cas. Si le refus porte sur une condition de fond, comme une qualification professionnelle absente, la situation doit être régularisée avant tout nouveau dépôt.

Peut-on immatriculer plusieurs activités sous une même entreprise individuelle ?

Une entreprise individuelle peut abriter plusieurs activités, à condition de toutes les déclarer. Vous désignez une activité principale, qui détermine le code APE et l’organisme valideur, puis vous ajoutez les activités secondaires. Une adjonction d’activité reste possible après coup via une formalité de modification. Au régime micro, le plafond applicable dépend alors de la nature des activités exercées, avec un maximum global de 203 100 € en cas d’activité mixte.

Comment modifier les informations de son entreprise individuelle après l'immatriculation ?

Tout changement d’adresse, d’activité, de régime fiscal ou de situation personnelle d’une entreprise individuelle passe par une formalité de modification sur le guichet unique, à déposer dans le mois suivant l’événement. La démarche reprend le même parcours que l’immatriculation, en plus court. Elle est gratuite pour les activités libérales et facturée quelques dizaines d’euros pour les activités commerciales et artisanales.

Comment radier une entreprise individuelle ?

La radiation d’une entreprise individuelle s’effectue sur le guichet unique de l’INPI, via une formalité de cessation d’activité à déposer dans le mois suivant l’arrêt. Vous déclarez ensuite votre dernier chiffre d’affaires à l’URSSAF et clôturez votre exercice fiscal. La dissolution d’une entreprise individuelle sur l’INPI est gratuite pour les activités libérales et facturée aux commerçants et artisans.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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