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Ouvrir un salon de thé

Ouvrir un salon de thé

Ouvrir un salon de thé est le rêve de beaucoup d’entrepreneurs. Accueillir dans un cadre agréable, faire découvrir mille et une variétés de thé, proposer un moment de calme et de plaisir. Au-delà de cette vision légère du métier, se lancer dans un salon de thé nécessite des compétences et une bonne connaissance des obligations légales. Découvrez les 7 étapes à suivre pour mener à bien ce projet.

Nos conseils dans cet article dédié à l’ouverture d’un salon de thé concernent  notamment :

  • Les compétences et les diplômes nécessaires avant de se lancer ;
  • La définition d’un concept de salon de thé attrayant ;
  • Le choix d’un emplacement ;
  • L’analyse du coût et de la rentabilité prévisionnels de son salon de thé.

OUVRIR UN SALON DE THÉ : ÉTAPE PAR ÉTAPE

Dès lors qu’un projet tel que l’ouverture d’un bar, d’un commerce ou d’un salon de thé est envisagé, il est important d’être organisé pour pouvoir le mener à bien.  Suivre ces quelques étapes permet d’orchestrer sereinement le processus de création son entreprise :

  1. Questionner son projet ;
  2. Réfléchir à un concept original ;
  3. Elaborer une étude de marché ;
  4. Rédiger un business plan ;
  5. Définir un emplacement : le choix du local ;
  6. Identifier les partenaires et les potentiels fournisseurs ;
  7. Etablir un plan de communication.

Questionner son projet

Ouvrir un salon de thé permet souvent d’opérer de belles reconversions professionnelles. Toutefois, selon la carrière que vous aviez auparavant et les compétences dont vous disposez, effectuer une formation même de courte durée peut vous permettre de mettre à l’épreuve votre motivation ainsi que vos capacités. Si la formation est rarement obligatoire, elle vous donnera l’opportunité de créer un réseau entre personnes ayant un objectif similaire, de vous inspirer de nouvelles idées et de donner un caractère sérieux à votre entreprise.

Par ailleurs, si vous concevez des pâtisseries fraîches pour accompagner vos boissons, un CAP pâtisserie sera nécessaire notamment pour comprendre les moyens de conservation des produits. Notez que si vous justifiez de trois ans d’expérience dans un emploi connexe à la pâtisserie, vous serez dispensé de passer le CAP. En outre, vous n’êtes pas obligé de détenir vous-même le CAP, si l’un de vos salariés l’a obtenu, cela sera suffisant pour vendre ce type de pâtisserie. L’article 14 de la loi du 21 décembre 1970 définit les pâtisseries fraîches comme les produits composés d’une pâte ou d’une meringue ainsi que de crème, de pâte ou crème d’amandes, de beaucoup d’alcool ou de fruits non confits. La qualification de “pâtisserie fraîche” dépend donc du rajout d’un produit apportant de l’humidité après la cuisson. En revanche, si vous fabriquez uniquement de la pâtisserie de conservation, aucune formation ne sera obligatoire.

Réfléchir à un concept original

La réussite d’un salon de thé passe par une étude sérieuse du concept : salon de thé librairie, salon de thé sur la découverte des thés dans le monde avec vente des produits et coffrets cadeaux, salon de thé sur les bienfaits du thé sur la santé, salon de thé avec espace de coworking, salon de thé avec bar à chicha… les possibilités sont nombreuses.

L’originalité du projet peut également tenir dans la décoration ou les activités et animations proposées : salon de thé avec galerie d’art, salon de thé littéraire, décoration florale, exotique ou avec un charme d’antan… Tous les prétextes sont bons pour permettre aux buveurs de thé de voyager dans le temps et dans les espaces.

Il faut aussi définir si l’on ouvre une franchise de salon de thé ou si l’on crée une marque indépendante. Une étude de marché conséquente est donc nécessaire avant de se lancer.

Élaborer une étude de marché

L’étude de marché doit comprendre une analyse détaillée de la concurrence qu’il s’agisse des salons indépendants, des grandes enseignes (coffee shop et autres) ou encore des boulangeries avec salon. Énumérer les concurrents, dégager leurs forces et leurs faiblesses (prix, image, qualité, etc) et identifier leur politique commerciale permet de déterminer l’offre présente et donc de trouver un moyen de s’en dissocier positivement.

De plus, l’analyse du profil des clients potentiels s’avère primordiale afin d’adapter l’offre du salon : âge, catégorie socioprofessionnelle, habitudes de consommation, avis sur l’offre existante, etc. Définir les besoins et les préférences des clients constitue le coeur de l’étude de la demande dans votre secteur géographique. Pour obtenir ces précieuses informations, il suffit de faire remplir un questionnaire à votre clientèle cible.

Rédiger un business plan

Le business plan sera essentiel si vous sollicitez un prêt ou une subvention, il permettra au banquier d’examiner le potentiel du projet et votre motivation à le réaliser. Il s’agit d’un document qui fait principalement état de la rentabilité prévisionnelle de l’établissement et justifie de sa cohérence.

Plus spécifiquement un business plan comprend généralement :

  • La présentation du fondateur du projet : son parcours, sa motivation, etc ;
  • Le descriptif du projet ainsi que ses forces, ses faiblesses, les opportunités et les menaces ;
  • De nombreux tableaux financiers dont les calculs sont expliqués en quelques paragraphes, ils déterminent le compte résultat et le bilan prévisionnels ;
  • L’analyse de la clientèle ciblée et le développement de la stratégie marketing ;
  • Le plan de financement du projet.

Définir un emplacement : le choix du local

Le choix de l’emplacement est évidemment primordial : généralement situé en centre-ville, avec des lieux de passage pérennes et des facilités d’accès (transports en commun, places de stationnement, etc). En effet, s’installer dans un lieu animé par les cinémas, les commerces et les centres culturels garantit une attractivité conséquente. Toutefois, il est important de se renseigner sur les projets d’urbanisme autour du local pour éviter de se lancer dans un endroit où deux ans de travaux bruyants sont prévus.

Enfin, le bail commercial doit être étudié avec minutie. Être particulièrement attentif au prix du loyer, aux aménités du local mais également à toutes les conditions accessoires comme les possibilités de cession du bail commercial est la clef d’une bonne gestion du projet.

Identifier les partenaires et les potentiels fournisseurs

L’ouverture de votre salon de thé implique de disposer d’un certain stock. Afin de le constituer un assortiment varié de produits, il vous faudra contacter les fournisseurs : pourquoi ne pas miser sur une production locale ? Conclure un contrat avec les fournisseurs d’énergie (électricité, gaz et internet pour la wi-fi) est ensuite essentiel.

Par ailleurs, si vous ne produisez pas vous-même les pâtisseries vendues dans votre salon, nouer des relations commerciales avec les boulangers-pâtissiers de votre secteur vous permettra d’obtenir des gâteaux et des biscuits frais.

Établir un plan de communication

Certains salons de thé se passent d’un plan de communication élaboré et comptent sur la clientèle de passage ainsi que sur le bouche à oreille. Toutefois, à l’ère du numérique, pourquoi se priver d’une publicité souvent peu coûteuse ?

Divers supports et plateformes peuvent faire connaître votre salon de thé notamment:

  • Les réseaux sociaux : créer sa page Facebook pour partager ses évènements, publier les photos de votre nouvelle décoration sur Instagram ou diffuser la vidéo de présentation du salon sur Youtube sont des actions simples qui constituent une publicité efficace et gratuite.
  • Les flyers : quelques images de l’intérieur cocooning de votre salon de thé, un numéro de téléphone, quelques descriptions du concept et des produits proposés et vous éveillez l’intérêt de la clientèle visée.
  • Les annonces : à l’ouverture de votre établissement, diffuser une annonce dans un journal local assure le ciblage d’un certain type de clients, souvent plus âgés.
  • Le blog : à la mode depuis plusieurs années, le blog constitue un moyen simple de publier différents contenus réguliers et de toucher facilement ses cibles. Toutefois la tenue d’un blog s’avère généralement chronophage.

Afin de comprendre quels canaux de communication fonctionnent le mieux avec les clients de votre secteur, vous pouvez élaborer un questionnaire qui vous permettra de vous focaliser sur les supports les plus attractifs.

L’organisation d’événements est un moyen simple et efficace d’attirer et de fidéliser de nouveaux clients : inauguration, dégustation, exposition temporaire ou permanente, option de privatisation… plusieurs méthodes sont possibles.

Bon à savoir : Cultiver une image attrayante sur les sites de critiques tels que Trip Advisor présente l’avantage de la gratuité et d’une très large visibilité.

Réaliser les démarches administratives

Après avoir déterminé le statut juridique de votre entreprise, il vous sera nécessaire de procéder à quelques démarches. Si vous choisissez de créer votre société, il faudra opérer certaines formalités de création d’entreprise : rédaction des statuts, création d’une annonce légale, immatriculation de la société, etc. Notez que créer son entreprise en ligne est possible et que de nombreux prestataires professionnels proposent ce service à un faible coût.

Avant d’ouvrir le salon de thé, n’oubliez pas non plus d’effectuer la formation sur l’hygiène ou de vérifier que l’un des salariés ou des associés l’a obtenu.

LES COMPÉTENCES NÉCESSAIRES POUR OUVRIR UN SALON DE THÉ

Aucun diplôme n’est requis pour ouvrir un salon de thé, pour ouvrir un restaurant ou ouvrir une épicerie. Ces activités, commerciales par nature, nécessitent des qualités d’accueil, de gestion d’entreprise et de communication mais pas de qualification particulière. Seule exception : si l’entrepreneur souhaite également fabriquer des pâtisseries pour accompagner les boissons. Il faut alors obtenir un CAP pâtisserie ou justifier d’une expérience de 3 ans dans une activité similaire. Cette qualification peut être détenue par un salarié du salon de thé et n’est nécessaire que pour la fabrication des gâteaux, et non pas pour la vente de gâteaux fabriqués ailleurs.

Dans ce cas, l’activité devient mixte, commerciale et artisanale, et l’entrepreneur doit effectuer un stage de préparation à l’installation ou obtenir une dispense du stage pour auto-entrepreneur en raison de ses expériences acquises.

 

LA RÉGLEMENTATION ET LES OBLIGATIONS À CONNAÎTRE POUR OUVRIR UN SALON DE THÉ

Pour connaître l’étendue des obligations, le créateur du salon de thé doit avoir au préalable bien défini le périmètre de son activité : propose-t-il exclusivement des boissons non-alcoolisées ? Vend-il également des gâteaux ? Dans l’affirmative, sont-ils élaborés sur place ? Prévoit-il une musique d’ambiance ? Une terrasse ?

Plusieurs normes doivent être respectées dans un établissement :

  • Normes d’hygiène : celui qui veut créer son entreprise doit suivre les règles relatives aux conditions d’approvisionnement des produits non transformés et à la température de conservation et de congélation de ces produits. Un salarié doit suivre une formation spécifique en matière d’hygiène alimentaire d’une durée de 14h.
  • Normes de prévention et de sauvegarde de la sécurité du public : un établissement recevant du public (ERP) doit respecter la réglementation adéquate avec l’obligation d’avoir deux sorties, dont une sortie sur rue pour évacuer le public rapidement, des matériaux de construction efficaces contre l’incendie…Lors de la signature du bail commercial, le créateur du salon de thé doit veiller à ce que le local soit conforme à cette réglementation.
  • Normes d’accessibilité du public : le local doit être conçu pour accueillir les personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite. Si ce n’est pas le cas, un agenda d’accessibilité programmée doit avoir été mis en place et soumis à la DDTM.
  • Normes d’affichage : les prix des produits proposés doivent être affichés ainsi que la présence d’allergènes de manière lisible.

D’autres obligations incombent parfois au créateur de salon de thé :

  • Normalement un salon de thé ne propose pas de boissons alcoolisées et l’auto-entrepreneur n’a pas besoin d’obtenir la licence de débit de boissons à consommer sur place, ni la petite licence restaurant.
  • Si le salon de thé diffuse de la musique, la SACEM recueille des droits d’auteur.
  • S’il possède une terrasse ouverte sur la rue, une terrasse fermée ou une contre-terrasse, la mairie doit délivrer une autorisation d’occupation du domaine public, dont la demande peut être réalisée en ligne dans la plupart des grandes villes et dont l’examen nécessite 2 mois à Paris, par exemple.

Attention ! Les horaires d’ouverture ne sont pas libres et les plages horaires maximales font l’objet d’un arrêté préfectoral.

 

 

QUEL STATUT JURIDIQUE POUR OUVRIR UN SALON DE THÉ ?

Il n’existe pas de réglementation particulière interdisant le choix d’un statut juridique. Toutefois, certains statuts se révèlent peu judicieux à l’exploitation d’un salon de thé.

  • Micro-entrepreneur : s’il est possible d’ouvrir un salon de thé en créant une micro-entreprise, cela n’est toutefois pas recommandé. En effet, l’établissement nécessite un investissement initial conséquent pour son installation et le statut de micro-entrepreneur risque de bloquer les banques et les organismes pour obtenir des aides. De plus, l’impossibilité de déduire ses charges réelles n’est pas souhaitable car elles sont importantes : loyer commercial, stocks, mobilier, décoration, publicité…
  • Entreprise individuelle : cette solution a deux inconvénients majeurs. D’une part, le patrimoine personnel de l’entrepreneur n’est pas protégé par ce seul statut. D’autre part, les cotisations sociales fixées dès la création importantes ce qui peut alourdir inutilement la trésorerie.
  • Société : SARL ou SAS si le projet est porté par plusieurs personnes associées, EURL ou SASU si l’entrepreneur est seul dans l’aventure du salon de thé. Si la création d’une société est plus lourde au démarrage avec des formalités requises, c’est le statut juridique le plus indiqué pour un projet de salon de thé : déduction des charges au réel, protection du patrimoine personnel des associés, image sérieuse auprès des banques et organismes y compris pour l’obtention d’un bail commercial bien situé. Les formalités de création d’entreprise, comme la création d’une entreprise de couture, d’un salon de coiffure ou celle d’un salon de thé peuvent être réalisées facilement désormais en ligne.

 

TEMPS DE TRAVAIL ET SALAIRE MOYEN POUR LE GÉRANT D’UN SALON DE THÉ

Comme tout entrepreneur, le gérant d’un salon de thé doit s’attendre à travailler beaucoup ! Outre les heures d’ouverture au public, il faut ajouter les heures de préparation du salon de thé, de gestion des stocks, de gestion administrative, de communication et publicité… Souvent passionné et motivé par l’envie que le projet aboutisse, le gérant du salon ne comptera pas les heures passées à développer son activité.

Les marges sur les boissons comme le thé et le café sont bonnes, généralement x3 ou x4. Toutefois la rentabilité dépend beaucoup de l’emplacement et du concept choisi. Il est donc difficile de définir un salaire moyen tant les situations sont diverses. Lorsque les finances vont mal, optimiser la masse salariale, les frais fixes et le prix de revient de ses produits devient obligatoire.

 

OUVRIR UN SALON DE THÉ : COMBIEN ÇA COÛTE ?

L’ouverture du salon nécessite un apport financier important :

  • Investissement de départ : mobilier, décoration, travaux, matériel.
  • Charges de création avec la rédaction des statuts, les formalités auprès du registre du commerce et des sociétés, les stages obligatoires éventuels…
  • Charges d’exploitation avec loyer du bail commercial, charges, électricité, chauffage, communication, achat des matières premières et stock.
  • Masse salariale : salaires et charges sociales.

Un budget prévisionnel doit donc être établi et des tableaux de bord réalisés régulièrement, en prenant en compte notamment des effets de saisonnalité, les vacances scolaires…

Les aides financières pour ouvrir un salon de thé

Des aides financières sont possibles pour faciliter le lancement d’un salon de thé auprès des chambres de commerce, de pôle emploi, des mairies. Certaines communes facilitent l’installation de lieux de vie pour redynamiser leurs centres-villes.

Par ailleurs, si vous créez votre entreprise en étant salarié, dans certains cas vous pouvez bénéficier d’un congé création d’entreprise ou demander un temps partiel afin de réaliser votre reconversion.

Créer une entreprise sans apport ou avec peu de fonds reste possible. De multiples aides à la création d’entreprise sont proposées pour ouvrir d’un salon de thé :

  • L’Allocation Retour à l’Emploi (ARE) : vous pouvez continuer à percevoir le chômage grâce à cette aide durant vos premiers pas en tant qu’entrepreneur.
  • L’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) : avec ce dispositif, vous pouvez obtenir une partie des allocations chômage qu’il vous restait à percevoir (45%). Cette somme peut alors vous servir à investir dans votre projet.
  • Les prêts à taux zéro : de nombreuses associations et organismes proposent des prêts sur l’honneur comme le Paris Initiative Entreprise (PIE) ou la Nouvelle Economie Fraternelle (NEF).
  • Le crowdfunding : si après une campagne expliquant le concept du salon de thé, votre projet plaît à la clientèle, vous pouvez envisager de le faire financer par les internautes. De nombreux sites vous proposent de collecter les sommes nécessaires à la réussite de votre entreprise comme Kiss kiss bank bank ou encore Ulule.

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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