Skip to content
  • Le portage salarial vous permet d’exercer votre activité en tant qu’indépendant tout en vous donnant le statut de salarié, avec chômage, retraite et prévoyance, sans avoir à créer de société. En contrepartie, la société de portage prélève des frais de gestion de 5 à 10 % de votre chiffre d’affaires.
  • La SASU est votre société. Vous choisissez votre rémunération entre salaire et dividendes. En revanche, vous devez vous occuper des démarches de création puis de la gestion au quotidien.
  • Le portage salarial convient généralement pour tester une activité ou enchaîner des missions ponctuelles, limitées à 36 mois chez un même client. La SASU convient à un projet que vous comptez développer dans la durée.
  • Vous pouvez cumuler portage salarial et SASU, sous réserve que votre contrat de portage l’autorise.

Vous voulez vous lancer à votre compte, mais vous hésitez entre deux façons de faire. Le portage salarial vous rassure par son statut de salarié. La SASU vous attire par sa liberté mais nécessite de créer une société. Ces deux options répondent à des besoins différents, et le bon choix dépend de votre projet, de vos revenus et du niveau de sécurité que vous recherchez. Voici comment les départager.

Portage salarial ou SASU : quelles différences ?

Le portage salarial ou la SASU permettent tous deux d’exercer une activité indépendante, mais ils reposent sur des logiques opposées. Dans un cas, vous restez salarié d’une structure tierce. Dans l’autre, vous devenez chef d’entreprise.

Qu’est-ce que le portage salarial ?

  • Le portage salarial repose sur une relation à trois :
    Vous, le travailleur indépendant (salarié porté), vous trouvez vos missions et fixez vos honoraires librement.
  • La société de portage facture le client, encaisse le règlement, puis vous reverse un salaire après avoir déduit les cotisations et ses frais de gestion.
  • Le client final qui bénéficie de votre prestation et qui est payé par la société de portage.

Vous signez donc un véritable contrat de travail avec la société de portage. En tant que salarié porté, vous relevez du régime général de la Sécurité sociale et bénéficiez de la même protection qu’un salarié classique, à savoir l’assurance maladie, la retraite de base et complémentaire, la prévoyance et l’assurance chômage. Chaque mois, vous recevez un bulletin de paie sur lequel sont prélevées les cotisations salariales et patronales. C’est la différence majeure avec le président de SASU, qui ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat.

Camille, rédactrice web, décroche une mission de 6 mois auprès d’une agence. Elle passe par une société de portage qui facture l’agence, prélève des frais de gestion de 8 %, puis lui verse chaque mois un salaire avec de vrais bulletins de paie. Camille conserve son statut de salariée sans avoir créé la moindre société.

Qu’est-ce que la SASU ?

La SASU, société par actions simplifiée unipersonnelle, est une société que vous créez seul. Vous en êtes l’actionnaire unique et, le plus souvent, le président. Vous fixez vous-même les règles de fonctionnement dans les statuts et vous pilotez l’entreprise à votre main.

Le président d’une SASU peut être l’actionnaire unique lui-même ou une personne extérieure. Il peut s’agir d’une personne physique comme d’une personne morale, par exemple une autre société.

Le régime social du président de SASU dépend de sa rémunération. Si vous vous versez une rémunération, vous relevez du régime général de la Sécurité sociale comme assimilé salarié, sans cotiser à l’assurance chômage au titre de votre mandat. Si vous ne percevez aucune rémunération, vous ne payez aucune cotisation et n’êtes affilié à aucun régime à ce titre. La SASU séduit par la souplesse qu’elle laisse à son dirigeant.

Karim préside sa SASU de conseil en informatique. Il décide seul de se verser un salaire certains mois et des dividendes en fin d’année. Personne ne lui impose de compte rendu d’activité, et il fixe librement l’organisation de sa société dans ses statuts.

Tableau comparatif portage salarial vs SASU

Ce tableau récapitule les différences structurelles entre le portage salarial et la SASU.

Critère Portage salarial SASU
Nature juridique Contrat de travail avec une société de portage Société commerciale que vous créez
Statut du dirigeant Salarié porté Président, assimilé salarié s’il se rémunère
Création Aucune, un contrat suffit Formalités et immatriculation obligatoires
Gestion administrative Prise en charge par la société de portage À votre charge
Assurance chômage Oui Non, au titre du mandat
Fiscalité des revenus Impôt sur le revenu (salaire) Choix salaire et dividendes, société à l’IS
Plafond de revenu Aucun Aucun
Coût récurrent Frais de gestion de 5 à 10 % Comptabilité et charges de la société
La relation tripartite est le cœur du portage salarial. Vous négociez vos missions en direct avec vos clients, mais c’est la société de portage qui reste juridiquement votre employeur et qui porte la responsabilité de la facturation.

Quels sont les avantages et limites du portage salarial ?

Le portage salarial mise sur la sécurité. Vous exercez comme un indépendant tout en conservant le filet de protection d’un salarié, ce qui explique son succès auprès de ceux qui débutent ou qui veulent limiter les risques.

Les avantages du portage salarial

Le portage salarial mise d’abord sur la simplicité. Vous n’avez aucune société à créer, aucun capital à réunir, aucun compte bancaire professionnel à ouvrir. La signature d’un contrat de travail après l’obtention d’une mission suffit pour démarrer.

Avec le portage salarial vous profitez de la même couverture qu’un salarié classique :

  • Allocation chômage en fin de contrat ;
  • Cotisation retraite de base et complémentaire ;
  • Prévoyance et remboursement des soins ;
  • Congés payés.

La société de portage absorbe enfin toute la charge administrative. Elle s’occupe de la facturation, des déclarations sociales et fiscales, du recouvrement auprès des clients. Vous consacrez votre temps à votre métier plutôt qu’à la paperasse.

Sophie, formatrice indépendante, enchaîne des missions courtes chez plusieurs clients. En portage, elle ne remplit aucune déclaration et n’ouvre aucun compte professionnel. Elle touche un salaire mensuel et cotise pour sa retraite comme n’importe quelle salariée, tout en gardant la liberté de choisir ses interventions.

Les limites du portage salarial

Le portage salarial a pour principale contrepartie son coût. La société de portage prélève des frais de gestion, généralement compris entre 5 et 10 % de votre chiffre d’affaires. À cela s’ajoutent des cotisations sociales au même taux qu’un salarié, qui sont plus élevées que celles d’un indépendant classique.

Karim, consultant en cybersécurité, facture 10 000 € HT de missions dans le mois. Avec des frais de gestion de 10 % et les cotisations de salarié, il conserve environ 5 000 € nets. Il accepte ce coût en échange d’une gestion totalement déléguée et d’une couverture chômage.

Le portage salarial impose aussi des conditions d’accès. L’ordonnance du 2 avril 2015 réserve ce dispositif aux professionnels justifiant d’une qualification d’au moins un niveau Bac +2, ou d’une expérience de trois ans dans leur domaine. Vous devez également être autonome pour trouver vos clients. D’autres contraintes encadrent le portage salarial :

  • Une mission chez un même client ne peut pas dépasser 36 mois ;
  • Le portage vise des tâches ponctuelles ou d’expertise, pas un besoin permanent ;
  • Votre rémunération ne peut pas descendre sous un plancher fixé par la convention collective, soit environ 70 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) pour un profil junior, 75 % pour un senior et 85 % pour un forfait jours, auxquels s’ajoute une indemnité d’apport d’affaires de 5 % ;
  • Vous ne constituez aucun patrimoine professionnel transmissible.
En portage salarial, la limite de 36 mois chez un même client est stricte. Au-delà de cette durée, la relation risque d’être requalifiée, ce qui fait perdre l’intérêt du portage. Pensez à varier vos missions pour rester dans le cadre légal.

Les avantages et inconvénients de la SASU

La SASU joue la carte de l’autonomie et de l’optimisation. Vous dirigez votre société comme vous l’entendez et vous choisissez comment vous rémunérer, en échange d’une gestion plus lourde à assumer.

Les avantages de la SASU

Le principal avantage de la SASU est sa liberté statutaire. Vous rédigez les règles de fonctionnement de votre société et vous décidez seul des orientations. Aucun compte rendu d’activité à transmettre, aucune validation extérieure.

La SASU est aussi accessible sans condition de diplôme ni d’expérience, contrairement au portage salarial. Toute personne peut la créer, sous réserve des règles générales, à savoir avoir la capacité juridique et, pour un dirigeant étranger hors Union européenne résidant en France, détenir un titre de séjour l’autorisant à gérer. Un diplôme n’est exigé que pour les professions réglementées, comme les avocats, les experts-comptables ou les professionnels de santé.

En SASU, vous choisissez aussi votre mode de rémunération. Vous pouvez vous verser un salaire, distribuer des dividendes, ou combiner les deux. La société est soumise à l’impôt sur les sociétés au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent les conditions, puis 25 % au-delà. Elle peut aussi opter pour l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices au maximum, sous conditions. Les dividendes, eux, supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.

La SASU protège votre patrimoine personnel. Votre responsabilité se limite au montant de vos apports. Si votre activité se développe et que des actionnaires vous rejoignent, la SASU se transforme facilement en SAS, sans bouleversement.

Nadia préside sa SASU de conseil en communication et dégage 40 000 € de bénéfice. Ce résultat est imposé à l’IS au taux réduit de 15 %, car il reste sous le seuil de 42 500 €. Elle se verse ensuite des dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ce qui allège sa charge par rapport à un salaire fortement cotisé.

Les inconvénients de la SASU

La SASU impose des démarches de création. Vous devez établir des statuts, réaliser vos apports, publier une annonce légale et immatriculer la SASU auprès du guichet unique. Pour créer une SASU comptez environ 142 € HT pour l’annonce légale, 33,83 € de frais de greffe et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs. Une fois lancée, la SASU exige une comptabilité rigoureuse, avec approbation annuelle des comptes.

LegalPlace vous accompagne de A à Z dans la création de votre entreprise : génération des statuts, publication de l'annonce légale, dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Vous répondez à quelques questions, LegalPlace gère toutes les formalités.

Le coût des cotisations sociales de la SASU pèse dès que le président se rémunère. Si vous vous versez une rémunération, vos charges sociales d’assimilé salarié représentent environ 80 % de votre rémunération nette. Vous ne cotisez pas à l’assurance chômage et n’ouvrez donc aucun droit à ce titre.

La fermeture d’une SASU, enfin, suppose une procédure de dissolution puis de liquidation, plus longue qu’une simple fin de contrat.

Vous pouvez créer votre SASU tout en continuant à percevoir votre allocation chômage. Si vous ne vous versez aucune rémunération de président, vous conservez l’intégralité de votre ARE. Depuis le 1er avril 2025, le cumul avec une rémunération reste plafonné à 60 % de vos droits restants. Ces règles encadrent la possibilité de toucher le chômage en SASU pendant le lancement de votre société.

Portage salarial ou SASU : combien gagnez-vous vraiment ?

À chiffre d’affaires égal, la SASU laisse en général un revenu net supérieur, car elle permet d’arbitrer entre salaire et dividendes et de déduire les frais professionnels. Le portage salarial prélève davantage, en échange de la sécurité et de la simplicité.

Julien, consultant en informatique, facture un tarif journalier de 500 € et réalise environ 8 000 € de chiffre d’affaires par mois. En portage salarial, après les frais de gestion et les cotisations de salarié, il touche autour de 4 000 à 4 400 € nets. En SASU, en jouant sur la répartition entre salaire et dividendes, il peut dépasser ce montant, à condition d’assumer lui-même sa comptabilité et sa gestion.

Le calcul permettant de déterminer ce que vous gagnez réellement en SASU ou en portage salarial dépend de plusieurs paramètres :

  • Le taux de frais de gestion négocié avec la société de portage ;
  • La part de dividendes que vous décidez de vous verser en SASU ;
  • Vos frais professionnels réels, déductibles en société ;
  • Votre situation fiscale personnelle.

Déterminez votre forme juridique en 2 minutes.

Trouver mon statut idéal

Peut-on cumuler le portage salarial et la SASU ?

Oui, vous pouvez être salarié porté et président de SASU en même temps. Concrètement, vous restez salarié d’une société de portage pour certaines missions et vous dirigez votre propre SASU pour d’autres clients ou une autre activité. Comme tout salarié du privé, le salarié porté a le droit de créer et de diriger une société à côté de son emploi, tant qu’il respecte son obligation de loyauté et les clauses de son contrat.

Léa, développeuse web, facture ses clients réguliers avec sa SASU. En parallèle, elle accepte une mission ponctuelle de 12 mois chez un grand compte en portage salarial. Elle sécurise ainsi un salaire pour cette mission tout en continuant à faire grandir sa société, après avoir vérifié que son contrat de portage l’y autorisait.

Le cumul salarié porté et actionnaire unique de SASU répond à deux besoins fréquents. Il sécurise un revenu régulier grâce au portage pendant que la SASU se développe. Il sert aussi de transition, le temps de stabiliser votre clientèle avant de basculer entièrement en société.

Deux précautions avant de cumuler portage salarial et SASU. Votre contrat de portage peut contenir une clause d’exclusivité qui interdit toute autre activité, vérifiez-le et demandez au besoin un accord écrit. Ne facturez jamais un même client à la fois via votre SASU et via le portage, sous peine de voir le montage requalifié en contournement des règles fiscales et sociales.

Portage salarial ou SASU : lequel choisir selon votre profil ?

La bonne option entre portage salarial ou SASU dépend de votre projet et de votre appétence pour le risque. Si vous débutez et voulez tester votre activité sans vous engager, le portage salarial vous protège le temps de valider votre marché. La même logique vaut si vous recherchez avant tout la sécurité d’un salaire et d’une couverture sociale complète, car le portage vous l’apporte sans gestion à assumer.

La SASU s’impose dès que votre projet vise le long terme. Elle vous donne le cadre pour développer votre activité, optimiser votre rémunération et déduire vos frais professionnels. Elle prépare aussi la suite, puisqu’elle se transforme facilement en société pluripersonnelle si des actionnaires vous rejoignent ou si vous envisagez une revente.

Votre situation Statut adapté Pourquoi
Vous débutez et voulez tester votre activité Portage salarial Vous êtes protégé le temps de valider votre marché, sans créer de société
Vous cherchez la sécurité d’un salaire et une couverture sociale complète Portage salarial Statut de salarié (chômage, retraite, prévoyance) et gestion déléguée
Vous visez un projet durable à développer SASU Un cadre pour faire grandir votre activité et la transmettre
Vous voulez optimiser votre rémunération et déduire vos frais SASU Arbitrage entre salaire et dividendes, frais professionnels déductibles
Vous préparez l’arrivée d’actionnaires ou une revente SASU Elle se transforme facilement en société pluripersonnelle

Le portage salarial et la SASU répondent à deux logiques distinctes. Le premier vous offre le confort du salariat et une gestion déléguée, en échange de frais et d’un cadre encadré, ce qui le rend idéal pour débuter ou sécuriser des missions ponctuelles. La seconde vous confie les commandes de votre société, avec plus de liberté fiscale et un fort potentiel de développement, mais aussi la charge de la gestion. Votre choix se joue sur l’équilibre entre sécurité et autonomie, et rien ne vous interdit de commencer par l’un pour évoluer vers l’autre.

FAQ

Est-il plus avantageux financièrement d'être en portage salarial ou en SASU ?

À chiffre d'affaires équivalent, la SASU laisse généralement un revenu net plus élevé, grâce à l'arbitrage entre salaire et dividendes et à la déduction des frais professionnels. Le portage salarial coûte davantage, entre les frais de gestion de 5 à 10 % et les cotisations de salarié, mais il vous décharge de toute gestion et vous ouvre des droits au chômage.

Peut-on toucher le chômage (ARE) avec une SASU ?

Oui. Si vous ne vous versez aucune rémunération en tant que président de SASU, vous conservez l'intégralité de votre allocation. Si vous vous rémunérez, l'ARE est réduite et le cumul reste plafonné à 60 % de vos droits restants depuis le 1er avril 2025.

Quelles sont les démarches pour créer une SASU ?

Pour créer une SASU, vous devez générer les statuts de la société, réaliser vos apports, publier une annonce légale (environ 142 € HT en 2026), puis déposer votre dossier sur le guichet unique de l'INPI. Le capital minimum est d'un euro, et vous libérez au moins la moitié des apports en numéraire à la création.

Quels profils sont éligibles au portage salarial ?

Le portage salarial s'adresse aux professionnels justifiant d'une qualification d'au moins un niveau Bac +2, ou d'une expérience d'au moins trois ans dans leur domaine. Vous devez aussi être autonome pour trouver vos clients et négocier vos missions. Consultants, formateurs, cadres en reconversion ou retraités actifs y ont fréquemment recours.

Comment passer du portage salarial à la SASU ?

Le passage du portage salarial à la SASU ne se fait pas par transformation directe, puisque ce sont deux statuts distincts. Vous créez votre SASU quand votre activité est stabilisée, puis vous mettez fin à votre contrat de portage. Beaucoup gardent les deux en parallèle pendant la transition pour sécuriser leurs revenus.

Quels sont les frais de gestion en portage salarial ?

Les frais de gestion correspondent à la commission prélevée par la société de portage sur votre chiffre d'affaires, en contrepartie de la gestion administrative. Ils se situent le plus souvent entre 5 et 10 %. Comparez plusieurs sociétés avant de vous engager, car ces taux et les services associés varient d'un acteur à l'autre.
Créer mon entreprise facilement

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 08/07/2026

Sources de l'article

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien

Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris