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  • Vous pouvez vendre vos articles via plusieurs canaux (et pas uniquement en ligne) ;
  • Votre chiffre d’affaires annuel est plafonné à 203 100 € ;
  • Votre rentabilité repose directement sur votre marge ;
  • Vous ne pouvez pas déduire vos coûts d’achat ni vos charges avec ce statut.

Il est tout à fait possible de devenir auto-entrepreneur dans l’achat-revente. Ce statut est plébiscité en raison de son régime fiscal et comptable simplifié et favorable. Toutefois, il ne permet pas de déduire les différents frais professionnels liés à l’exercice de l’activité professionnelle. On fait le point avec vous.

Auto-entrepreneur achat revente : en quoi consiste cette activité ?

Définition de l’achat-revente

L’achat-revente est une activité commerciale consistant à acheter un stock de produits pour le revendre en l’état à un prix supérieur, dans l’optique de dégager une marge et de faire un bénéfice. Contrairement à un artisan, le commerçant se limite à la revente de produits sans les fabriquer lui-même ni les transformer avant la vente.

Quels produits peut-on vendre ?

En pratique, il est possible de revendre tout type de produit (à l’exception de ceux qui entrent dans la catégorie des produits illicites). Par exemple, de nombreux auto-entrepreneurs se lancent dans la revente de :

  • Vêtements et accessoires de mode (bijoux, chapeaux, ceintures, etc.) ;
  • Accessoires téléphoniques (coques, supports pour la voiture, smartphones reconditionnés, etc.) ;
  • Articles de décoration et d’arts de la table (cadres, objets de décoration, linge de maison, luminaires, vaisselle, etc.) ;
  • Livres (romans, bandes dessinées, essais, albums pour enfants, etc.) ;
  • Jouets et articles de puériculture (vêtements, peluches, jouets de bébés, etc.) ;
  • Articles de sport (vêtements, accessoires tels que des tapis ou des haltères, etc.) ;
  • Produits de bien-être et de beauté (maquillage, huiles essentielles, etc.).

En revanche, certains produits sont considérés comme illégaux et interdits à la revente. C’est le cas des armes, des faux documents, des médicaments ou encore des stupéfiants. Leur vente vous expose à des poursuites judiciaires et des sanctions pénales.

Par ailleurs, certains articles sont soumis à une réglementation spécifique, notamment dans le domaine de l’alimentation. C’est par exemple le cas de la viande, le miel ou l’alcool.

Si vous travaillez avec des fournisseurs étrangers, vérifiez toujours que les produits sont autorisés en France. En cas de doute, rapprochez-vous de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations).

Quels sont les différents canaux de vente possibles ?

Le choix de votre canal de vente dépend de la nature de votre activité, de vos ressources et de vos préférences. Voici une présentation des options existantes, de leurs intérêts et de leurs limites.

La vente physique en dépôt-vente

Le dépôt-vente vous permet de proposer vos produits dans un magasin existant sans payer de loyer commercial. Vous confiez alors vos marchandises à un commerçant qui les expose et les vend en échange d’une commission. Cette solution permet de multiplier les points de vente sans coûts fixes élevés.

Bon à savoir : Le dépôt-vente est une alternative intéressante pour les personnes qui désirent vendre leurs produits dans un commerce physique. En effet, la micro-entreprise est difficilement compatible avec la location d’un local commercial, qui représente un coût fixe important.

Les foires, les marchés ou les salons

C’est un modèle intéressant pour vendre au contact direct de votre clientèle. Vous créez un lien de direct et vous augmentez votre visibilité grâce à vos déplacements.

Cependant, cette solution présente des contraintes logistiques. Vous devez respecter les réglementations locales concernant le commerce ambulant. Les frais pour louer un stand peuvent aussi varier.

La vente directe à domicile

Vous pouvez vendre des articles au domicile de vos clients (notamment via des réunions de type “Tupperware”) ou directement chez vous. Cette approche s’avère particulièrement efficace pour les produits nécessitant une démonstration, comme c’est le cas pour les vêtements, les cosmétiques, ou les ustensiles de cuisine. Vous interagissez en direct avec les clients, ce qui renforce la confiance et encourage les achats.

Attention néanmoins à bien respecter les règles applicables aux établissements recevant du public (normes ERP), surtout si vous souhaitez organiser des ventes chez vous.

La vente en ligne (sites e-commerce & marketplaces)

Avec l’essor du numérique, la vente en ligne est devenue une option incontournable pour de nombreux auto-entrepreneurs. Deux options s’offrent à vous :

  • Créer une boutique en ligne ;
  • Passer par une plateforme (marketplace).

Le fait de créer votre propre boutique e-commerce en tant que micro-entrepreneur vous permet de vendre à toute heure sans contrainte géographique. Vous n’avez pas de commission à verser à une plateforme et pouvez développer votre site à votre guise.

Il convient toutefois de vous former aux outils numériques. En effet, la gestion d’un site e-commerce nécessite une bonne maîtrise des plateformes de vente en ligne, du référencement naturel (SEO), ainsi que des stratégies de marketing digital, telles que l’utilisation des réseaux sociaux et la publicité en ligne (SEA). De plus, il faut vous assurer que la plateforme de vente choisie offre des fonctionnalités adaptées à vos besoins, notamment en matière de gestion des paiements, suivi des commandes, service client, etc.

Bon à savoir : Il existe de nombreuses solutions accessibles, comme Shopify ou WooCommerce, pour créer une boutique en ligne sans avoir de compétences poussées en informatique.

Si vous ne souhaitez pas créer de site web, vous pouvez vous tourner vers une marketplace généraliste (comme Amazon ou CDiscount) ou spécialisée (telle que Vinted pour les vêtements ou Manomano pour les articles de bricolage et jardin). Vous bénéficiez de la renommée de l’entreprise et attirez une audience qui fréquente déjà ces sites web. Vous accédez directement aux fonctionnalités des sites e-commerce.

En revanche, vous devez verser une commission et respecter leur charte, notamment en matière de format de fiches produits.

Le dropshipping

Le dropshipping est une alternative pour vendre des produits en ligne (via un site professionnel ou une plateforme) sans gérer la partie stockage et envoi des articles. Vous constituez alors l’intermédiaire entre le client final et le fournisseur qui se charge de la gestion des produits.

C’est un modèle qui offre l’avantage de ne pas investir dans un stock et de réserver un espace pour le recevoir. En revanche, vous ne maîtrisez pas la gestion des articles. De fait, les délais de livraison peuvent être allongés et les marges bénéficiaires sont souvent réduites. Enfin, la concurrence est rude, car il demeure compliqué de vous différencier des autres commerces qui vendent les mêmes articles.

Quelles sont les étapes pour devenir auto-entrepreneur en achat-revente ?

Il convient de définir votre projet avec précision avant de lancer votre activité.

Préparer son projet

Comme pour toute création d’entreprise, vous pouvez mener une étude de marché pour mesurer la viabilité de votre projet. Vous allez ainsi étudier à la fois votre offre, la demande sur votre marché, votre environnement concurrentiel et législatif, afin de cadrer votre stratégie commerciale (incluant vos canaux de vente).

À partir de votre évaluation, vous pourrez réaliser un prévisionnel financier, qui est une projection de vos entrées et de vos sorties d’argent au cours des trois premières années de votre activité. Vous pourrez ainsi identifier votre seuil de rentabilité et adapter votre taux de marge.

Créer sa micro-entreprise seul sur le Guichet unique INPI peut s'avérer long et source d'erreurs. Avec LegalPlace, l'ensemble de la démarche est guidé et accéléré : vous lancez votre activité plus rapidement, sans risque d'oubli.

Créer sa micro-entreprise

Depuis le 1er janvier 2023, il est désormais obligatoire d’effectuer toute déclaration de création d’auto-entreprise en ligne, via le Guichet unique de l’INPI. Vous devez remplir un formulaire et joindre des justificatifs au format numérique sur la plateforme.

Une fois votre dossier transmis et validé, votre entreprise sera automatiquement créée et immatriculée auprès des répertoires compétents. Vous recevrez ainsi vos numéros SIRET, SIREN et APE.

Bon à savoir : Au cours de votre déclaration, vous remplissez l’équivalent de l’ancien formulaire “P0 CMB micro-entrepreneur” relatif à la création d’une micro-entreprise dans le cadre d’une activité professionnelle commerciale et/ou artisanale.

Domicilier son entreprise

Pour permettre à l’auto-entrepreneur d’exercer son activité, la loi exige que votre structure soit domiciliée. Il s’agit de définir le siège social de votre entreprise, qui deviendra l’adresse juridique et administrative de votre structure.

Elle peut être différente de celle de votre lieu d’exercice. Vous pouvez vous enregistrer :

  • À votre domicile ;
  • Auprès d’une société de domiciliation ;
  • Au sein d’une pépinière d’entreprise ou d’un centre d’affaires ;
  • À l’adresse d’un bail commercial.

Demander l’ACRE (facultatif)

L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) permet aux entrepreneurs éligibles de bénéficier d’un taux minoré de cotisations sociales en début d’activité.

Pour en bénéficier, il faut :

  • Remplir le formulaire de demande d’ACRE ;
  • Le transmettre à l’Urssaf via votre espace messagerie, accompagné des justificatifs correspondant à votre situation ;
  • Effectuer cette démarche dans les 60 jours suivant la date d’ouverture d’activité.

à partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération ACRE passera de 50% à 25%. Les créateurs d'entreprise ne seront donc plus exonérés que de 25% de leurs cotisations sociales et devront s'acquitter de 75% du montant, contre 50% actuellement.

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Comment déclarer son chiffre d’affaires en achat-revente ?

En micro-entreprise, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre auprès de l’URSSAF. Cette déclaration est obligatoire, même si vous n’avez rien encaissé.

Ce régime ne permet pas de déduire vos frais professionnels. De fait, vous devez déclarer le prix de vente encaissé, incluant le coût d’achat de vos articles. C’est à partir de votre chiffre d’affaires qu’est ensuite calculé le montant de vos cotisations.

Pour donner un exemple, imaginez que vous achetez un lot de vêtements à 50 euros. Vous le revendez ensuite 90 euros. Vous devez donc déclarer 90 euros, et non vos 40 euros de marge brute.

Quelle marge et quelle rentabilité en achat-revente ?

La marge est un élément essentiel pour assurer la rentabilité de votre activité.

Liberté de fixer votre marge

Votre marge est un élément clé de votre réussite. Vous êtes libre de fixer vos prix, mais vous devez trouver un équilibre entre compétitivité et rentabilité.

Pour le déterminer, appuyez-vous à la fois sur votre étude concurrentielle et votre prévisionnel financier. Ce dernier identifie votre seuil de rentabilité. Idéalement, votre marge sera suffisamment élevée pour vous permettre de générer des bénéfices. C’est d’autant plus important qu’en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos achats professionnels, comme c’est le cas en société ou au régime normal de l’entreprise individuelle.

Bon à savoir : En général, la marge d’un produit est située entre 30 % et 50 % de son prix d’achat. Ce montant dépend souvent des secteurs.

Différence entre chiffre d’affaires, marge et bénéfice

Pour rappel, le chiffre d’affaires, la marge et le bénéfice sont trois notions distinctes :

  • Le chiffre d’affaires correspond au total des ventes encaissées ;
  • La marge correspond à la différence entre le prix de vente d’un article et son prix d’achat par votre entreprise ;
  • Le bénéfice correspond à ce qu’il vous reste réellement après paiement des charges (cotisations, abonnements, etc.).
Vous achetez un lot de vêtements à 50 euros que vous revendez 90. Votre marge est de 40 euros. Vous êtes imposés à 12,3 % de votre chiffre d’affaires, soit 11,07 euros. À ce montant s’ajoute des frais d’envoi de 3,50 euros. Votre bénéfice réel est alors de 25,43 euros.

Limites du statut micro-entrepreneur pour l’achat-revente

En tant qu’auto-entrepreneur, deux limites s’imposent rapidement à vous au sujet des marges :

  • Le plafond de chiffre d’affaires est limité à 203 100 € en 2026.
  • L’impossibilité de déduire vos frais professionnels. Vous ne pouvez pas déduire le prix d’achat de vos articles ni vos charges fixes lors de vos déclarations de revenus comme au régime réel.

Le risque est alors de ne pas pouvoir dégager suffisamment de bénéfices pour développer une activité rentable. C’est pourquoi votre tableau prévisionnel est essentiel pour avoir une vision claire de vos finances et de votre seuil de rentabilité.

Quelles sont les charges d’un auto-entrepreneur en achat-revente ?

Vos charges sociales et fiscales sont les suivantes :

  • Vos cotisations sociales, qui s’élèvent à 12,3 % de votre CA ;
  • Les frais de chambre de commerce et d’industrie, à hauteur de 0,015 % de votre CA ;
  • Les frais de formation professionnelle, de 0,10 % de votre CA ;
  • Vos impôts, dont le montant est variable, et sur lesquels vous bénéficiez d’un abattement de 71 % de votre CA ;
  • La CFE (cotisation foncière des entreprises) qui varie selon votre CA et votre commune

À ces coûts peuvent aussi s’ajouter des frais variés, tels que l’achat d’un hébergement pour votre site web, des frais de stockage de vos articles ou encore le montant des commissions à verser si vous passez par un marketplace.

Le tableau suivant récapitule le montant de vos charges d’auto-entrepreneur dans le commerce :

Charges Montant
Cotisations sociales

Frais de chambre de commerce et d’industrie

Frais de formation professionnelle

Impôts

CFE

Frais variés

12,3 % du CA

0,015 % du CA

0,10 % du CA

Variable (avec abattement forfaitaire de 71 % du CA)

Variable

Variable

Quels sont les plafonds de chiffre d’affaires pour un auto-entrepreneur en achat-revente ?

En 2026, le plafond de chiffre d’affaires pour une activité d’achat-revente est fixé à 203 100 €. Si vous le dépassez deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel de l’entreprise individuelle.

Ce changement a des conséquences sur le calcul de vos cotisations et sur vos obligations comptables. De plus, vous êtes obligatoirement assujetti à la TVA dès le premier euro encaissé. Vous pouvez donc la déduire de vos achats professionnels.

Quel est le régime fiscal applicable ?

En tant qu’auto-entrepreneur en achat-revente, vous êtes nécessairement imposé sous le régime de l’impôt sur le revenu. Vous pouvez choisir entre deux options :

  • Le régime général d’imposition. Vous bénéficiez alors d’un abattement de 71 %.
  • L’option du versement libératoire. Elle vous permet de lisser votre impôt sur le revenu sur toute l’année. Dans ce cas, un pourcentage est déduit automatiquement “à la source” au moment du paiement de vos cotisations sociales (chaque mois ou chaque trimestre). Son accès est soumis à condition.

Quel est le régime de TVA pour l’achat-revente ?

Une micro-entreprise en achat revente peut bénéficier d’une franchise en base de TVA.

La franchise en base de TVA

Au démarrage de votre activité, vous bénéficiez du régime de franchise de TVA. Dans ce cas-là, la TVA ne peut pas être déduite, ni récupérée des achats de biens et de services effectués pour l’activité.

Attention : La mention “TVA non applicable, art. 293 B du CGI” doit être expressément notée sur tous les documents émanant de la société.

Pour en bénéficier, votre chiffre d’affaires de l’année civile précédente ne doit pas dépasser :

  • 85 000 € de CA sur l’année n-1 ;
  • 93 500 € de CA pour l’année en cours.
Bon à savoir : Un prorata s’applique pour un démarrage en cours d’année.

Quand la TVA devient obligatoire

La TVA devient obligatoire à compter du moment où ces seuils sont dépassés. Dans ce cas, l’entrepreneur doit la déclarer :

  • À compter du 1er janvier de l’année suivante s’il dépasse 85 000 € de CA ;
  • Dès le 1er jour de dépassement, s’il excède 93 500 € de CA.

De fait, il doit déclarer la TVA et peut récupérer celle-ci sur ses achats professionnels. De plus, il doit demander son numéro de TVA intracommunautaire.

Quel est le régime social de l’entrepreneur en achat revente ?

Avec une activité d’achat et revente, vous bénéficiez du même niveau de protection sociale que les autres auto-entrepreneurs. Par conséquent, vous êtes affiliés à la Sécurité sociale des indépendants, qui a remplacé le Régime social des Indépendants (RSI).

Vous êtes imposé à hauteur de 12,3 % de votre CA. Si ce dernier est nul, il n’a pas de cotisation à régler.

Pour information, les branches qui prennent en charge la gestion de la protection sociale de l’auto-entrepreneur sont les suivantes :

  • Les Caisses primaires d’Assurance Maladie (CPAM) ;
  • Les Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) ;
  • Le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI), une nouvelle instance de la sécurité sociale chargée de défendre les intérêts des indépendants et d’assurer le régime complémentaire de retraite et d’invalidité-décès ;
  • L’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF).

Comment facturer en auto-entrepreneur achat-revente ?

Chaque transaction doit être accompagnée d’une facture conforme aux exigences légales.

Les mentions obligatoires sur les factures

Toutes vos factures doivent inclure les éléments suivants :

  • Votre identité (nom ou dénomination sociale) ;
  • Votre numéro SIRET ;
  • L’adresse de votre siège social ou établissement ;
  • Votre numéro de TVA intracommunautaire (si vous y êtes assujetti) ;
  • L’identité de votre acheteur (nom, forme juridique, numéro SIRET, adresse du siège social, numéro de TVA intracommunautaire) ;
  • Le détail des produits vendus (quantité, prix unitaire, prix total et description précise de la marchandise) ;
  • Les modalités de paiement ;
  • Le prix unitaire HT ;
  • La somme à payer en HT et TTC.

Pour certains produits, il convient de noter aussi la garantie légale de conformité d’une durée de deux ans. C’est notamment le cas pour la vente d’articles de sport ou d’appareils de téléphonie.

Bon à savoir : Pour rappel, une facture est obligatoire pour toute vente réalisée entre professionnels, et à partir de 25 euros (ou sur demande) pour la vente à des particuliers.

Par ailleurs, chaque facture doit être numérotée de façon séquentielle pour garantir une traçabilité et une organisation optimale. Ces numéros seront essentiels pour vos démarches fiscales et comptables.

La mention de TVA

Dans le cadre de l’exonération de TVA, il est indispensable d’ajouter la mention “TVA non applicable, art. 293 B du CGI” sur toutes vos factures, à condition que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas les seuils définis par la loi. Cela vous exonère de collecter la TVA sur vos ventes.

Les justificatifs d’achat à conserver

En parallèle, il est indispensable de conserver toutes les factures d’achat des produits que vous revendez, mais aussi tous vos frais professionnels (notamment les factures des commissions versées auprès des marketplaces ou les relevés de paiement des applications utilisées, comme Stripe). Ils sont à garder 10 ans.

Vous devez aussi tenir un registre des achats. Il recense tous vos achats par ordre chronologique et vous permet de conserver une traçabilité. Le manquement de sa tenue n’est toutefois pas sanctionné.

Ces documents servent à justifier l’origine de vos marchandises et à établir une comptabilité simplifiée. Cette pratique permet non seulement de suivre vos coûts d’achat, mais aussi de faciliter vos démarches fiscales et de garantir la transparence de votre activité en cas de contrôle.

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’achat-revente en micro-entreprise ?

Les avantages

Pour commencer, les démarches de création sont simplifiées. Aucun capital social n’est demandé et il n’y a pas besoin de publier une annonce légale dans le support d’annonces légales.

De plus, la comptabilité est allégée. Seuls un livre personnel de recettes et un registre d’achat sont requis.

Bon à savoir : il faudra également ouvrir un compte bancaire dédié à l’auto-entreprise si votre chiffre d’affaires dépasse les 10 000€ pendant 2 années consécutives.

Enfin, comme énoncé précédemment, le régime fiscal est plutôt avantageux. En dessous de certains seuils, vous n’aurez pas de TVA à facturer à vos clients. Par conséquent, il n’y aura pas non plus de déclaration de TVA à effectuer.

Les inconvénients

Cependant, l’un des inconvénients majeurs est le fait de ne pas pouvoir déduire vos charges de votre chiffre d’affaires. En effet, il faut déclarer la totalité de vos recettes encaissées lors de vos déclarations à l’URSSAF ou de vos déclarations d’impôts.

De plus, il n’est pas possible de récupérer la TVA sur les achats de marchandises tant que les seuils de franchise de base de TVA ne seront pas atteints. Il peut toutefois opter volontairement pour ce régime s’il le souhaite.

Enfin, le statut d’auto-entrepreneur dans le commerce est limité à 203 100 € de chiffre d’affaires hors taxe par an pour l’activité d’achat-revente.

Le tableau suivant récapitule les avantages et les inconvénients de cette activité en micro-entreprise :

Avantages Inconvénients
Démarches de création simplifiée

Comptabilité allégée

Régime fiscal avantageux

Charges non déductibles du CA

Déclaration de toutes les recettes encaissées

Récupération de la TVA

Quand la micro-entreprise n’est plus adaptée pour l’achat-revente ?

Le statut de la micro-entreprise n’est plus adapté dans les situations suivantes :

  • Le coût d’achat de votre stock devient trop important ;
  • La marge ne suffit plus à vous dégager des bénéfices ;
  • Le montant de vos cotisations sociales réduit de façon trop importante votre revenu réel ;
  • Vous souhaitez avoir votre propre local professionnel ;
  • Vous souhaitez engager un salarié.

Dans ce cas, vous avez la possibilité de passer au régime réel de l’entreprise individuelle. Vos charges sont alors calculées sur votre bénéfice réel et vous pouvez déduire la TVA de vos achats professionnels.

Vous pourrez aussi créer une société unipersonnelle, comme une SASU ou une EURL. Dans les deux cas, vous pourrez déduire vos frais professionnels. Sachez cependant que la protection sociale est plus importante en SASU, mais que son coût est également plus élevé qu’en EURL.

Ainsi, le statut d’auto-entrepreneur est idéal pour l’achat-revente grâce à sa simplicité administrative et fiscale, avec des charges sociales basées sur le chiffre d’affaires. Pour des activités plus importantes, d’autres formes juridiques offrent plus de flexibilité et de protection.

FAQ

Peut-on faire de l’achat-revente sans stock ?

Oui, c’est possible si vous faites du dropshipping. Dans ce cas, vous êtes l’intermédiaire entre votre client et votre fournisseur. C’est ce dernier qui se charge d’envoyer les articles commandés.

Peut-on acheter sur Vinted et revendre ?

Oui, c’est possible. Sachez cependant que si votre activité de vente est régulière, il est obligatoire de vous immatriculer.

Comment calculer la marge en achat-revente ?

Il convient d’établir un prévisionnel financier pour identifier votre seuil de rentabilité. Vous pourrez ainsi identifier votre marge idéale, qui se situe souvent entre 30 et 50 %.

Combien peut gagner un auto-entrepreneur en achat-revente ?

Le revenu d’un auto-entrepreneur en achat-revente dépend à la fois du prix d’achat de son article, du prix de revente et de frais divers. L’établissement d’un prévisionnel financier permet d’identifier le revenu possible d’une activité.

Peut-on vendre sur Amazon en micro-entreprise ?

Oui, c’est tout à fait possible et même courant. Sachez néanmoins que la plateforme prélève des commissions sur chaque vente (de l’ordre de 15 %).

Quel chiffre d’affaires ne pas dépasser en auto-entreprise ?

Les seuils de chiffres d’affaires annuels en 2026 sont de 203 100 € pour une activité commerciale et 83 600 € pour une activité de prestation de services.

Créer mon entreprise rapidement

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 11/05/2026

96 Commentaires
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Bonjour
je suis artisan ( creations) auto entrepreneur
puis-je à côté de cela faire de l’achat revente en bijou ? Faut il faire 2 eme dossier auto entrepreneur ou faire complément sur mon dossier existants. ( comment cela se réalise ?)
merci bcp

Bonjour,

Le régime micro-entrepreneur permet l’exercice de plusieurs activités sous une même entreprise, sous réserve de les déclarer (art. L613-7 Code de la sécurité sociale). Les activités d’achat-revente relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (art. 34 CGI). L’immatriculation et la modification d’activité s’effectuent via le guichet unique (art. R123-1 Code de commerce).

Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit des sociétés afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour, Je me permets de vous contacter car après avoir lu l’intégralité de vos commentaires et de vos réponses, je me retrouve dans une situation ou je n’ai pas réussi à trouver de réponses concrètes. J’ai récemment ouvert ma micro-entreprise dans la vente de ma collection personnelle de produits issus de la pop-culture. L’intégralité de mes objets a été acquis auprès de vendeurs professionnels 6 mois à 10 ans avant ma micro-entreprise et le début de mon activité. Tous mes objets sont neufs, sous blister, scellé ou n’ont jamais été manipulé ni utilisé. J’ai entendu récemment qu’il fallait que je… Lire la suite »

Bonjour, Dans le cadre d’une activité de revente, même pour des objets issus d’une collection personnelle, l’inscription au registre des achats est en principe suffisante pour une micro-entreprise, à condition de pouvoir justifier l’origine des biens. Le livre de police est par principe obligatoire uniquement pour les professionnels relevant du régime des biens d’occasion visés à l’article 321-7 du Code pénal, ce qui concerne notamment les brocanteurs ou marchands d’objets précieux. Si des biens sont considérés comme neufs mais détenus depuis plusieurs années sans intention initiale de revente, ils pourraient être acceptés comme stock de départ, sous réserve de traçabilité.… Lire la suite »

Merci beaucoup pour votre réponse !

Bonjour,
Je compte changer le domaine d’activité de mon auto-entreprise vers l’achat revente.
Comment déclarer l’achat revente de main à main (type LBC ou brocantes). Je ne comprends pas s’il faut faire des factures pour chaque client (pour du liquide) ou s’il suffit de tenir un livre des recettes (et s’il faut des justificatifs). Il me semble compliqué d’avoir des justificatifs lorsque l’on achète via LBC à des particuliers afin de retaper ou revendre directement.
Merci d’éclairer ma lanterne.

Bonjour

Pour l’achat-revente en auto-entreprise, il faut tenir un livre des recettes avec date, montant, mode de paiement et éventuellement l’identité du client.

Pas besoin de facture pour chaque particulier sauf s’il la demande.

Il faut également conserver des justificatifs d’achat (copies d’annonces, attestations manuscrites, preuves de paiement) pour prouver l’origine des biens.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace

Bonjour, j’ai pour projet de créer une micro-entreprise (ventes de produits pour animaux), et dans ma recherche de fournisseurs, je suis tombé sur une dame (pro évidemment, pas particulier) proposant des jouets pour oiseaux et rongeurs fait main. Seulement voilà : cette dame m’indique qu’elle vends ses produits sans étiquettes… Je souhaitais savoir si vous pourriez m’indiquer les obligations en terme d’affichage qui me seraient nécessaire pour la vente de ses produits ?

Bonjour,

Il est obligatoire d’informer ses clients sur les caractéristiques essentielles des jouets (composition, usage, précautions), conformément à l’article L.111-1 du Code de la consommation.

Les produits doivent porter l’identité du fabricant ou un document joint (article R.112-2). Si ces jouets présentent des risques, des avertissements de sécurité sont obligatoires (article L.411-1).

Il n’est donc pas possible de les vendre sans étiquetage ni information écrite.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace

bonjour , j’arrive pas à comprendre la logique au niveau de la déclaration du ca a l URSSAF en achat revente micro , je m’explique: exemple le mois 1 j investie dans l’achat pour avoir du stock disons 1000 euros de ma poche résultat des ventes 2000 euros que je déclare. le mois 2 j investie ces 2000 euros déjà déclaré résultat des vente 4000 euros si je déclare 4000 euros (dont les 2000 déjà déclaré du mois précèdent je paie 2x pour la même somme (2000 ) on va droit dans le mur chaque mois on reproduit le même… Lire la suite »

Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec l’un de nos comptables partenaires, par le biais de notre page contact : https://www.legalplace.fr/contact/
N’oubliez pas de préciser votre numéro de téléphone dans le corps du texte, afin d’être contacté plus rapidement.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace

Bonjour, J’ai récemment créé une micro-entreprise dans l’achat-revente de maillots de football et j’aurais deux questions précises concernant la tenue de mon registre des achats. Je réalise régulièrement des achats auprès de particuliers sur des plateformes comme Leboncoin ou Vinted, ce qui fait qu’aucune facture ni reçu de paiement officiel ne m’est fourni. Comment puis-je justifier ces achats dans mon registre ? Est-ce que des captures d’écran de l’annonce avec le prix payé et le numéro de transaction suffisent comme pièce justificative ? Et que dois-je indiquer dans la colonne “référence du justificatif” de mon registre dans le cas ou… Lire la suite »

Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec l’un de nos comptables partenaires, par le biais de notre page contact : https://www.legalplace.fr/contact/
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En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace

Bonjour, je souhaiterai vendre ma collection de disques vinyles via une boutique en ligne. Mon stock de 3500 vinyles été accumulés tout au long de mes vides-greniers et brocantes. Afin d’être le plus dans les règles, faut-il justifier de ce stock dans le livre des achats ? Si j’achète d’autres disques en vide-grenier, quid de la facture d’achat de ces disques ? Il n’y en a pas. Qu’en pensez-vous ? merci d’avance, Bien cordialement, JB

Bonjour, Dans le cadre de la vente de votre collection de disques vinyles, si vous exercez une activité commerciale, vous devez effectivement tenir une comptabilité et justifier de votre stock. En ce qui concerne votre stock initial de 3500 vinyles acquis lors de vides-greniers et brocantes, vous n’êtes pas obligé de présenter une facture d’achat, mais il est important de pouvoir justifier de l’origine de ces biens (par exemple, via des documents ou des témoignages qui démontrent que vous les avez achetés dans ce cadre). Vous devrez enregistrer cette quantité dans votre comptabilité en tant qu’achat ou stock de départ.… Lire la suite »

Super ? merci beaucoup pour la rapidité (rare) et pour vos précisions. Bien cordialement

Bonjour,
Je souhaite créer une micro-entreprise d’achat revente avec comme principe :
chiner des pièces de maroquinerie, les rénover quand elles sont en mauvais état avant de les revendre (donc pas toutes les pièces). Est-ce possible avec le statut d’achat revente ? Sinon quel statut choisir ?

Merci pour votre réponse.
Cordialement,

Bonjour,

Oui, votre activité relève bien du statut d’auto-entrepreneur en achat-revente. Vous serez soumis au régime des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) avec un abattement fiscal de 71 %. La rénovation légère ne pose pas de problème tant que l’activité principale reste la revente.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris