Le commissaire aux comptes en SASU : quand et comment le nommer ?
Dernière mise à jour le 22/07/2026
- Qu’est-ce qu’un commissaire aux comptes en SASU ?
- Le commissaire aux comptes est-il obligatoire en SASU ?
- Quand nommer un commissaire aux comptes en SASU ?
- Comment nommer un commissaire aux comptes en SASU ?
- Quelle est la durée du mandat d’un commissaire aux comptes ?
- Combien coûte un commissaire aux comptes en SASU ?
- Quelles sanctions en l’absence de nomination d’un CAC ?
- Le commissaire aux comptes (CAC) contrôle et certifie les comptes de la SASU.
- La nomination du commissaire aux comptes devient obligatoire dès que la société dépasse 2 des 3 seuils suivants : 10 000 000 €, de chiffre d’affaires hors taxes, 5 000 000 € de total de bilan, 50 salariés. Des seuils plus bas s’appliquent lorsque la SASU appartient à un groupe (5 000 000 € de chiffre d’affaires, 2 500 000 € de bilan, 25 salariés).
- Le commissaire aux comptes est nommé à la création ou en cours de vie sociale, pour un mandat de 6 exercices, ramené à 3 exercices en cas de nomination volontaire.
- L’absence de nomination obligatoire expose le président de la SASU à 30 000 € d’amende et 2 ans d’emprisonnement.
Le commissaire aux comptes contrôle et certifie les comptes de votre SASU. Sa nomination reste facultative dans la plupart des cas, mais elle devient obligatoire dès que la société franchit certains seuils au niveau de la comptabilité de la SASU.
Qu’est-ce qu’un commissaire aux comptes en SASU ?
Le commissaire aux comptes, souvent abrégé en CAC, vérifie que les comptes de la société sont sincères et fidèles à sa situation réelle. Ce professionnel indépendant intervient dans une SASU surtout au moment de l’approbation des comptes annuels, lors d’une augmentation de capital par apports en nature, ou encore quand une EURL se transforme en SASU. Il exerce une profession réglementée et reste soumis au secret professionnel, sans jamais s’immiscer dans la gestion de l’entreprise.
Les missions du CAC
La mission principale du commissaire aux comptes consiste à certifier les comptes de la SASU, c’est-à-dire à attester qu’ils reflètent bien sa réalité financière.
Pour cela, il réalise un audit légal et examine le résultat de l’exercice, le patrimoine et la situation financière de la société. Au terme de son contrôle, le commissaire aux comptes rend l’une des trois conclusions suivantes :
- La certification sans réserve, quand les comptes sont conformes ;
- La certification avec réserve, en cas d’anomalie mineure ;
- Le refus de certification, lorsqu’il constate des irrégularités importantes.
Ces conclusions sont ensuite présentées à l’associé unique. Le commissaire aux comptes engage sa responsabilité civile, pénale et fiscale dans l’exercice de ses fonctions.
La procédure d’alerte et la révélation des faits délictueux
Le commissaire aux comptes déclenche une procédure d’alerte lorsqu’il découvre des faits qui menacent la continuité de l’activité de la SASU. Il informe d’abord le président de la SASU, qui dispose de 15 jours pour répondre, puis transmet le dossier au président du tribunal de commerce si la situation l’exige.
Le commissaire aux comptes a par ailleurs l’obligation de signaler au procureur de la République toute infraction pénale qu’il constate, par exemple un abus de biens sociaux commis par le dirigeant. Cette révélation s’impose à lui-même en l’absence de préjudice avéré.
Commissaire aux comptes ou expert-comptable : quelles différences ?
Le commissaire aux comptes et l’expert-comptable interviennent tous deux sur les comptes de la SASU, mais leurs rôles ne se confondent pas. Le commissaire aux comptes réalise un contrôle légal ponctuel, l’expert-comptable assure un suivi comptable régulier.
| Critère | Commissaire aux comptes | Expert-comptable |
|---|---|---|
| Mission | Certifier les comptes annuels | Tenir et établir la comptabilité |
| Caractère | Obligatoire au-delà des seuils | Facultatif mais courant |
| Nature du contrôle | Audit légal indépendant | Accompagnement et suivi chiffré |
En pratique, une SASU soumise à l’obligation de nommer un CAC travaille souvent avec les deux professionnels. L’expert-comptable prépare les comptes, le commissaire aux comptes les vérifie ensuite en toute indépendance.
Le commissaire aux comptes est-il obligatoire en SASU ?
Dans la majorité des SASU, la nomination d’un commissaire aux comptes reste facultative. Elle devient obligatoire lorsque la société dépasse certains seuils, ou lorsqu’elle s’inscrit dans une logique de groupe.
Les seuils de nomination obligatoire en 2026
La nomination d’un commissaire aux comptes s’impose dès que la SASU franchit deux des trois seuils fixés par la loi. L’article L227-9-1 du Code de commerce pose cette règle pour les sociétés par actions simplifiées, et le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 a relevé ces montants de 25 % pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2024.
| Critère | Seuil à ne pas dépasser |
|---|---|
| Chiffre d’affaires hors taxes | 10 000 000 € |
| Total du bilan | 5 000 000 € |
| Nombre de salariés | 50 |
Le dépassement d’un seul de ces seuils ne change rien. C’est le franchissement d’au moins deux d’entre eux qui déclenche l’obligation.
Le cas des SASU appartenant à un groupe
Une SASU intégrée à un groupe est soumise à des seuils réduits. L’obligation de nommer un commissaire aux comptes s’applique dès qu’elle dépasse deux des trois critères suivants :
- 5 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes ;
- 2 500 000 € de total de bilan ;
- 25 salariés.
Ces seuils concernent aussi bien la SASU qui contrôle une ou plusieurs autres sociétés que celle qui est elle-même détenue par une personne morale. Dans ces situations, la logique de groupe justifie un contrôle renforcé des comptes.
La nomination volontaire d’un commissaire aux comptes
Une SASU peut nommer un commissaire aux comptes alors qu’elle n’y est pas tenue. Cette démarche volontaire rassure les partenaires financiers et commerciaux en attestant de la transparence des comptes. Elle est fréquente lorsque la société cherche à lever des fonds ou à négocier un financement bancaire.
Quand nommer un commissaire aux comptes en SASU ?
La nomination d’un commissaire aux comptes intervient à deux moments distincts, selon la situation de la société. Elle a lieu soit dès la création de la SASU, soit plus tard, en cours de vie sociale, quand les seuils sont franchis.
La nomination lors de la création de la SASU
Lorsque l’obligation existe dès le départ, l’associé unique désigne le commissaire aux comptes au moment de la création de la SASU. Les coordonnées et la date de nomination du professionnel figurent alors dans les statuts, ainsi que dans l’avis de constitution de la société. Ce cas reste rare, car une SASU qui démarre atteint rarement les seuils légaux.
La nomination en cours de vie sociale
Le plus souvent, la nomination d’un commissaire aux comptes survient après quelques exercices, quand la SASU se développe et dépasse les seuils. L’associé unique constate alors le franchissement à la clôture d’un exercice, puis procède à la désignation. Cette décision n’entraîne aucune modification des statuts, ce qui simplifie la formalité.
Comment nommer un commissaire aux comptes en SASU ?
La nomination d’un commissaire aux comptes suit une procédure encadrée mais accessible. L’associé unique doit respecter plusieurs étapes successives :
- Choisir un professionnel inscrit sur la liste des commissaires aux comptes du greffe ou de la Compagnie nationale des CAC ;
- Prendre la décision de nomination et la consigner dans un procès-verbal ;
- Recueillir la lettre d’acceptation signée par le commissaire aux comptes ;
- Publier un avis dans un support d’annonces légales ;
- Déposer le dossier au greffe pour mise à jour du registre du commerce.
La décision de l’associé unique et le PV de nomination
Dans une SASU, l’associé unique concentre tous les pouvoirs. C’est donc lui qui décide de la nomination du commissaire aux comptes et qui rédige le procès-verbal correspondant. Ce document mentionne la date de la décision, les coordonnées du CAC titulaire et, le cas échéant, celles du suppléant.
Le CAC titulaire et le CAC suppléant
La désignation d’un commissaire aux comptes suppléant n’est pas toujours nécessaire. Elle s’impose uniquement lorsque le CAC titulaire est une personne physique ou une société unipersonnelle. Le suppléant remplace alors le titulaire en cas d’empêchement, de démission ou de récusation.
La publicité et l’inscription au greffe
La nomination du commissaire aux comptes doit être rendue publique par un avis dans un journal d’annonces légales. L’identité du professionnel est ensuite portée au Kbis de la société. Le greffe met à jour le registre après réception du procès-verbal, de l’attestation de parution et de la lettre d’acceptation du CAC.
Quelle est la durée du mandat d’un commissaire aux comptes ?
Le commissaire aux comptes est nommé pour une durée de six exercices comptables, conformément à l’article L821-44 du Code de commerce. Ce mandat long garantit son indépendance vis-à-vis de la société qu’il contrôle. À l’issue de cette période, il peut être renouvelé dans les mêmes conditions.
En cas de nomination volontaire, la SASU peut choisir de limiter le mandat du commissaire aux comptes à trois exercices. Cette durée réduite correspond à la mission d’audit légal des petites entreprises, plus souple et moins coûteuse.
Combien coûte un commissaire aux comptes en SASU ?
Le coût d’un commissaire aux comptes en SASU dépend de la taille de la société et du volume des comptes à contrôler. Ses honoraires se comptent généralement en milliers d’euros par an, avec un tarif horaire souvent situé entre 100 € et 200 €. À ce montant s’ajoutent les frais de publicité liés à la nomination.
Ce coût reste sans commune mesure avec les sanctions encourues en cas de manquement. Pour une gestion comptable complète au quotidien, le coût d’un expert-comptable pour une SASU se situe plutôt entre 80 € et 200 € par mois, une dépense distincte de celle du CAC.
Quelles sanctions en l’absence de nomination d’un CAC ?
Le président qui omet de nommer un commissaire aux comptes alors que la loi l’y oblige s’expose à de lourdes sanctions pénales. Il encourt notamment :
- Une amende de 30 000 € ;
- Une peine d’emprisonnement de 2 ans.
Au-delà de ces sanctions, ce défaut de nomination peut être qualifié de faute de gestion. En cas de liquidation judiciaire, le président risque alors d’être condamné à combler le passif social sur son patrimoine personnel. Le respect de cette obligation protège donc autant la société que son dirigeant.
Dernière mise à jour le 22/07/2026
FAQ
À partir de quel chiffre d'affaires un CAC est-il obligatoire en SASU ?
Le chiffre d’affaires seul ne suffit pas à déclencher l’obligation en SASU. Il faut dépasser au moins deux des trois seuils légaux. Le seuil de chiffre d’affaires est fixé à 10 millions d’euros hors taxes, à combiner avec le seuil de bilan (5 millions d’euros) ou celui de l’effectif (50 salariés).
Une SASU sans salarié doit-elle nommer un commissaire aux comptes ?
Une SASU sans salarié doit nommer un commissaire aux comptes si elle dépasse deux des seuils restants. Elle peut en effet atteindre les seuils de chiffre d’affaires (10 M€) et de bilan (5 M€). Dans ce cas, la nomination reste obligatoire, car l’absence de salarié n’exonère de rien.
Quand faut-il nommer le commissaire aux comptes ?
La nomination du commissaire aux comptes intervient dès la création lorsque les seuils sont déjà atteints, ce qui reste rare. Le plus souvent, elle a lieu en cours de vie sociale, à la clôture de l’exercice où la société franchit les seuils.
Quelle différence entre un commissaire aux comptes et un expert-comptable ?
Le commissaire aux comptes certifie les comptes annuels par un audit légal indépendant. L’expert-comptable, lui, tient la comptabilité et prépare les comptes tout au long de l’année. Le premier vérifie en quelque sorte le travail du second.
Faut-il obligatoirement un CAC suppléant ?
Un commissaire aux comptes suppléant est obligatoire uniquement lorsque le titulaire est une personne physique ou une société unipersonnelle. Si le titulaire est une société pluripersonnelle, aucun suppléant n’est requis.
Que risque le président en cas d'absence de CAC obligatoire ?
Le président encourt une amende de 30 000 € et une peine d’emprisonnement de 2 ans. Ce manquement peut aussi être qualifié de faute de gestion et entraîner sa condamnation au comblement du passif en cas de liquidation judiciaire.
Connexion
Bonjour,
Quelles sont les conséquences de l’absence du CAC sur le kbis ?
Bonjour, L’absence de mention du commissaire aux comptes (CAC) sur le Kbis d’une société, lorsque celle-ci est soumise à l’obligation d’en désigner un, peut engendrer plusieurs conséquences. En effet, les dipositions du Code de commerce prévoient des sanctions pénales pour les dirigeants qui ne respectent pas cette obligation. Cela peut inclure une amende et une peine d’emprisonnement. De plus, cette omission peut entraîner des difficultés en matière de financement ou de crédibilité auprès des partenaires commerciaux, car le Kbis sert de carte d’identité de l’entreprise. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe… Lire la suite »