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  • Une convention réglementée en SASU encadre les contrats passés entre la société et son dirigeant ou son actionnaire unique, afin d’éviter les conflits d’intérêts. Elle repose sur l’article L.227-10 du Code de commerce.
  • La procédure des conventions réglementées en SASU  est allégée par rapport à la SAS. Aucun rapport spécial n’est exigé. Une mention au registre des décisions suffit dans la plupart des cas.
  • Trois catégories de conventions réglementées coexistent,  les conventions réglementées, les conventions courantes (libres) et les conventions interdites (nulles).
  • Une convention réglementée non mentionnée au registre peut être annulée si un tiers la conteste.

Vous dirigez une SASU et vous envisagez de lui louer un local, de lui prêter de l’argent ou de fixer votre propre rémunération. Ces opérations vous placent des deux côtés du contrat, comme dirigeant et comme cocontractant. Le droit encadre ces situations pour éviter que vous vous accordiez un avantage au détriment de la société. On parle alors de convention réglementée. En SASU, les règles restent simples à appliquer, à condition de savoir quels contrats sont concernés et comment les formaliser.

Qu’est-ce qu’une convention réglementée en SASU ?

Une convention réglementée est un contrat conclu entre la SASU et son président ou son actionnaire unique. La SASU ne comptant qu’un seul actionnaire, cette personne se trouve souvent des deux côtés de l’accord. La loi impose alors un formalisme particulier pour garder une trace de l’opération et prévenir les abus.

En SASU, le président est très souvent l’actionnaire unique lui-même. Rien ne l’impose toutefois. Le président peut aussi être un tiers, distinct de l’actionnaire unique. Cette distinction change les règles de mention au registre des décisions.

Définition de la convention réglementée en SASU

Dans une SASU, vous concluez librement la plupart de vos contrats avec vos clients, vos fournisseurs et vos partenaires. Certains accords sortent de ce cadre parce qu’ils lient la société à son propre dirigeant ou à son actionnaire unique.
Ces accords deviennent des conventions réglementées. L’article L.227-10 du Code de commerce vise précisément les conventions conclues entre la société et son président, l’un de ses dirigeants, un actionnaire détenant plus de 10 % des droits de vote, ou la société qui contrôle cet actionnaire.

La SASU ne comptant qu’un seul actionnaire, celui-ci détient la totalité des droits de vote. Le seuil de 10 % des droits de vote prévu par l’article L.227-10 pour les sociétés à plusieurs actionnaires n’a donc pas d’utilité en SASU.

Camille est présidente et actionnaire unique d’une SASU de graphisme. Elle possède un ordinateur professionnel performant et décide de le vendre à sa société pour 2 000 €. L’opération lie la SASU à sa propre dirigeante. Il s’agit donc d’une convention réglementée, qu’elle doit consigner au registre des décisions.

Pourquoi la loi encadre les conventions réglementées en SASU ?

Les conventions réglementées sont encadrées pour éviter les conflits d’intérêts entre la SASU et son dirigeant. Quand le président signe un contrat avec sa propre société, il peut être tenté de fixer des conditions qui l’avantagent, au détriment de la SASU.

Le formalisme prévu par l’article L.227-10 du Code de commerce oblige à documenter l’opération. En cas de désaccord futur, avec un repreneur, un créancier ou l’administration fiscale, la trace écrite protège autant la société que le dirigeant.
Cette exigence de transparence explique pourquoi certaines opérations, pourtant licites, doivent être consignées au registre des décisions.

Convention réglementée, courante ou interdite en SASU : quelles différences ?

Toutes les conventions conclues par une SASU ne suivent pas le même régime. Le Code de commerce distingue trois catégories de conventions selon le degré de risque pour la société, la convention réglementée, la convention courante et la convention interdite.

Type de convention Ce qu’elle recouvre Traitement en SASU
Réglementée Contrat entre la société et son dirigeant ou actionnaire unique Mention au registre des décisions
Courante Opération habituelle conclue à des conditions normales Aucune formalité particulière
Interdite Emprunt, découvert ou garantie au profit du dirigeant Nulle de plein droit
Une convention réglementée n’est ni interdite ni suspecte. Elle est parfaitement valable. La loi demande simplement qu’elle soit encadrée et consignée, pour rester transparente en cas de contrôle ou de litige.

Les conventions courantes en SASU

Une convention courante correspond à une opération habituelle de la SASU, conclue à des conditions normales de marché. Elle relève de la liberté contractuelle et échappe à tout formalisme. Aucune mention au registre n’est nécessaire.

Thomas dirige une SASU qui édite un logiciel vendu 490 € à tous ses clients. Il achète une licence pour son usage personnel, au même prix que n’importe quel autre acheteur. L’opération respecte les conditions habituelles de vente. Elle reste une convention courante. Elle deviendrait réglementée si Thomas s’accordait un tarif préférentiel réservé au dirigeant.

Les conventions interdites en SASU

Les conventions interdites en SASU sont des opérations bannies dès qu’elles bénéficient à un dirigeant personne physique. L’article L.225-43 du Code de commerce, applicable à la SASU, prohibe notamment :

  • Les emprunts contractés par le dirigeant auprès de la société ;
  • Les découverts en compte courant accordés au dirigeant ;
  • Les cautionnements ou avals donnés par la société pour garantir les engagements personnels du dirigeant.

Les conventions interdites sont nulles de plein droit, même si elles profitent à la SASU. L’interdiction s’étend au conjoint, aux ascendants et aux descendants du dirigeant, ainsi qu’à toute personne interposée.

Nadia, présidente d’une SASU, demande à sa société de se porter caution d’un prêt immobilier qu’elle contracte à titre personnel. Ce cautionnement au profit d’une dirigeante personne physique est une convention interdite. Il est nul de plein droit, même si la banque l’a validé.

Qui est concerné par une convention réglementée en SASU ?

La convention est réglementée dès qu’elle lie la SASU à une personne proche de sa direction ou de son capital. Sont visés :

  • Le président de la SASU, qu’il soit l’actionnaire unique ou un tiers ;
  • L’actionnaire unique, même lorsqu’il n’exerce pas la présidence ;
  • Le directeur général et les autres dirigeants ;
  • Lorsque l’actionnaire unique est une société (et non une personne physique), la société mère qui la contrôle, c’est-à-dire qui détient la majorité de ses droits de vote au sens de l’article L.233-3 du Code de commerce.

Sophie est directrice générale d’une SASU, nommée aux côtés du président. Elle conclut avec la société un contrat de prestation de services. Bien qu’elle ne soit pas l’actionnaire unique, sa qualité de dirigeante fait entrer ce contrat dans le champ des conventions réglementées. Il doit être mentionné au registre des décisions.

Le champ d’application des conventions réglementées s’étend aux personnes interposées. Une convention signée avec le conjoint, un ascendant ou un descendant du dirigeant peut relever du régime réglementé si elle vise en réalité à contourner la règle.

Quels sont les exemples de conventions réglementées en SASU ?

Aucune liste officielle ne recense les conventions réglementées. En pratique, il s’agit des opérations exceptionnelles qui lient la société à son dirigeant ou à son actionnaire unique. On y retrouve le plus souvent :

  • L’achat, la vente ou la location d’un bien entre le président et la SASU ;
  • L’ouverture d’un compte courant d’associé non prévue par les statuts, au profit du dirigeant ;
  • Une opération de fusion ou de scission de l’entreprise ;
  • Une modification substantielle de la rémunération du président.

Karim prête 30 000 € à sa SASU via un compte courant d’associé non prévu par les statuts. Les intérêts versés sont déductibles pour la société dans la limite du taux effectif moyen annuel, soit 4,31 % pour le 1er trimestre 2026 à titre indicatif (article 39, 1, 3° du CGI). Ces intérêts sont imposés à la flat tax de 31,4 % chez Karim. La convention doit être mentionnée au registre des décisions.

Comment déclarer une convention réglementée en SASU ?

Formaliser une convention réglementée en SASU est nettement plus simple qu’en SAS. La démarche tient en trois étapes, détaillées ci-dessous :

  1. Rédiger la convention réglementée par écrit ;
  2. Mentionner la convention au registre des décisions de l’actionnaire unique, lorsque la situation l’exige ;
  3. Conserver la convention et le registre pour pouvoir les présenter en cas de contrôle ou de litige.
En SAS, une convention réglementée déclenche un rapport spécial du commissaire aux comptes ou du président, présenté à l’assemblée des actionnaires. En SASU, cette lourdeur administrative disparaît. Comme il n’existe qu’un seul actionnaire, la loi supprime le rapport et se contente d’une mention au registre.

Étape 1 : Rédiger la convention réglementée en SASU

La première étape pour déclarer une convention réglementée en SASU consiste à rédiger la convention réglementée par écrit, en précisant l’identité des parties, la nature de l’opération et ses conditions financières.
La SASU ne comptant qu’un actionnaire, aucune approbation en assemblée ni rapport spécial n’est exigé. Le dernier alinéa de l’article L.227-10 prévoit cette dérogation.

Le déroulé de la procédure dépend ensuite de la personne qui dirige.
Lorsque le président est aussi l’actionnaire unique, il rédige et consigne lui-même la convention réglementée qui le concerne, sans validation extérieure.
Lorsque le président est un tiers, la convention qu’il conclut avec la société est portée à la connaissance de l’actionnaire unique, qui la consigne au registre. Les statuts prévoient le plus souvent qu’une telle convention est soumise à l’approbation de l’actionnaire unique.

Étape 2 : Mentionner la convention réglementée au registre des décisions de l’actionnaire unique

La deuxième étape pour formaliser une convention réglementée en SASU dépend de la personne qui contracte avec la société. Dès que le cocontractant est un dirigeant, président ou directeur général, la convention doit figurer au registre des décisions. Il en va de même lorsque le cocontractant est l’actionnaire unique qui exerce aussi la présidence. Seule la convention conclue avec l’actionnaire unique qui n’exerce aucune fonction de direction peut échapper à cette mention. Dans ce cas, les statuts doivent alors prévoir que les conventions signées par le président sont soumises à l’approbation de l’actionnaire unique.

Le tableau ci-dessous récapitule les trois cas de figure d’une convention réglementée en SASU.

Situation Personne concernée Mention au registre
Actionnaire unique non dirigeant L’actionnaire unique n’est pas président Non imposée en pratique
Actionnaire unique dirigeant L’actionnaire unique est aussi président Requise
Président non actionnaire Le président n’est pas l’actionnaire unique Requise

Émilie est présidente non actionnaire d’une SASU détenue par un investisseur. Elle loue à la société un entrepôt lui appartenant. Étant dirigeante distincte de l’actionnaire unique, elle doit mentionner la convention au registre des décisions, en précisant l’identité des parties, le loyer et la durée du bail.

Étape 3 : Conserver le registre coté et paraphé de la SASU

La dernière étape pour déclarer une convention réglementée en SASU consiste à conserver la convention réglementée et à faire coter et parapher le registre des décisions.
Le registre consigne l’ensemble des choix de l’actionnaire unique, des approbations de comptes aux conventions réglementées.
Pour garantir sa valeur juridique, il doit être coté et paraphé par le greffe du tribunal de commerce ou par la mairie du siège social. Cette formalité empêche l’ajout ou le retrait de pages. Le registre et les conventions se conservent plusieurs années, afin de rester disponibles en cas de contrôle. Le registre des décisions fait partie des documents obligatoires de la SASU.

Convention réglementée en SASU : quelles sanctions en cas de non-respect ?

Le non-respect du formalisme des conventions réglementées en SASU n’entraîne aucune sanction pénale. La loi ne prévoit ni amende ni peine d’emprisonnement pour défaut de tenue du registre des décisions.
Le risque est ailleurs. Une convention réglementée non consignée peut être annulée si un tiers la découvre et la conteste, par exemple un repreneur ou un créancier. La personne à l’origine du manquement peut aussi devoir réparer le préjudice causé à la société.

Marc oublie de mentionner au registre une vente de matériel conclue avec sa SASU. Trois ans plus tard, un repreneur découvre l’opération lors d’un audit et la conteste. La convention peut alors être annulée, et Marc peut devoir indemniser la société. Le registre des décisions doit d’ailleurs être conservé au moins six ans.

La convention réglementée en SASU encadre les contrats conclus entre la société et son dirigeant ou son actionnaire unique, sur le fondement de l’article L.227-10 du Code de commerce. Contrairement à la SAS, aucun rapport spécial n’est nécessaire. Une mention au registre des décisions suffit, sauf lorsque la convention est conclue avec l’actionnaire unique non dirigeant. À côté de ces conventions réglementées existent les conventions courantes, totalement libres, et les conventions interdites, nulles de plein droit. Le principal risque n’est pas pénal, mais tient à la nullité possible d’une convention non consignée.

FAQ

Faut-il un commissaire aux comptes pour les conventions réglementées en SASU ?

Non. La SASU n'a qu'un actionnaire, ce qui supprime tout contrôle par un commissaire aux comptes sur les conventions réglementées. L'actionnaire unique se contente de tenir son registre des décisions.

Une convention entre la SASU et son actionnaire unique non dirigeant doit-elle figurer au registre ?

Non, cette mention n'est pas imposée en pratique lorsque l'actionnaire unique n'exerce pas la présidence. Les statuts doivent alors prévoir que les conventions signées par le président sont soumises à son approbation. L'article L.227-10 visant « l'associé unique », la mention au registre reste toutefois l'option la plus sûre.

Le compte courant d'associé est-il une convention réglementée en SASU ?

Oui, lorsque son ouverture n'est pas prévue par les statuts et qu'il bénéficie au dirigeant ou à l'actionnaire unique. Les intérêts versés restent déductibles dans la limite du taux effectif moyen (4,31 % au 1er trimestre 2026). L'opération doit être consignée au registre des décisions.

Quelle est la différence entre convention réglementée et convention courante ?

Une convention courante correspond à une opération habituelle conclue à des conditions normales, sans formalité. Une convention réglementée lie la société à son dirigeant ou à son actionnaire unique et doit être mentionnée au registre des décisions.

Combien de temps faut-il conserver le registre des décisions ?

Le registre des décisions et les conventions doivent être conservés plusieurs années pour rester disponibles en cas de contrôle ou de litige. Une conservation d'au moins six ans est d'usage.

Que risque-t-on si une convention réglementée n'est pas mentionnée au registre ?

Aucune sanction pénale n'est prévue. En revanche, la convention peut être annulée si un tiers la conteste, et le dirigeant peut avoir à réparer le préjudice subi par la société.
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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 23/07/2026

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris