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  • Un associé de SARL ne peut pas se retirer librement du capital de la SARL. Sa sortie passe par la cession de ses parts sociales, leur rachat par les coassociés ou un rachat par la société suivi d’une réduction du capital.
  • La cession à un tiers suppose l’agrément de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales.
  • L’acquéreur acquitte 3 % de droits d’enregistrement après un abattement de 23 000 € réparti au prorata.
  • La plus-value du cédant est taxée au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif.

Quitter une SARL n’est pas une décision anodine et requiert le respect de procédures légales spécifiques. La loi ne prévoit aucun droit de retrait en SARL. Un associé souhaitant se retirer dispose de plusieurs options : la cession de parts sociales de la SARL à un tiers, le rachat par les autres associés ou la réduction du capital social.
La démarche nécessite une évaluation précise des parts, l’obtention de l’agrément des associés et l’accomplissement de formalités administratives obligatoires. Ce guide détaille toutes les solutions pour organiser votre départ dans les meilleures conditions.

Les différentes options pour quitter une SARL

Existe-t-il un droit de retrait en SARL ?

Non, aucun texte du Code de commerce n’ouvre à l’associé de SARL la faculté de se retirer et de se faire rembourser ses apports. La sortie d’un associé de la SARL passe nécessairement par la cession des parts que ce soit à un tiers, à un ou ou des coassociés, ou à la société avant une réduction du capital.

Le droit de retrait pour justes motifs existe en revanche dans les sociétés civiles, où l’article 1869 du Code civil permet à un associé de quitter la société avec l’autorisation unanime des autres associés ou, à défaut, sur décision de justice. Deux exceptions seulement en SARL :

  • La SARL à capital variable ;
  • Une clause de sortie négociée à l’avance dans un pacte d’associés. Concrètement, un associé qui ne trouve pas d’acquéreur ne peut pas contraindre ses coassociés à lui racheter ses parts.
Une clause de rachat ou de sortie garantie insérée dans un pacte d’associés est le seul moyen d’organiser à l’avance un droit de sortie en SARL.

La cession des parts sociales à un tiers

La vente des parts à une personne extérieure représente une option attractive pour l’associé sortant. Cette solution permet notamment de valoriser rapidement son investissement tout en garantissant la continuité de l’activité.

Le processus requiert l’accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales. La décision s’obtient lors d’une assemblée générale extraordinaire, convoquée par le gérant de la SARL dans un délai de 8 jours après notification du projet de cession.

Un refus d’agrément n’empêche pas l’associé de quitter la SARL à condition qu’il détienne ses parts depuis au moins deux ans. Ses coassociés disposent alors de trois mois pour les acquérir ou les faire acquérir, par un tiers agréé ou par la société elle-même avec l’accord du cédant. Passé ce délai sans rachat, l’associé peut réaliser la cession initialement prévue. À défaut d’accord sur le prix, celui-ci est fixé par un expert désigné dans les conditions de l’article 1843-4 du Code civil.

Le rachat par les autres associés

L’acquisition des titres par les coassociés présente des avantages significatifs pour la stabilité de l’entreprise. Cette solution garantit une continuité dans la gestion et préserve la confidentialité des affaires.

La transmission peut s’organiser selon une répartition proportionnelle aux participations existantes ou suivant un accord spécifique entre les parties.

Un pacte d’actionnaires peut anticiper ces situations en prévoyant une formule de calcul du prix.

Le financement de l’opération mérite une attention particulière.

Les acquéreurs disposent de plusieurs options :

  • Apport personnel ;
  • Crédit bancaire ;
  • Paiement échelonné.
La valorisation s’appuie généralement sur des critères objectifs comme les résultats financiers et les perspectives de développement.

La réduction du capital social

La procédure de réduction du capital social représente une alternative juridique pour l’associé souhaitant quitter la SARL.

Dans ce cas, la société rachète elle-même les parts avant de les annuler, diminuant mécaniquement son capital social SARL.

Les créanciers antérieurs à la décision disposent d’un mois à compter du dépôt de celle-ci au greffe pour s’opposer à l’opération devant le tribunal de commerce. Le procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire doit préciser les modalités exactes du rachat.

Les statuts de la société nécessitent une mise à jour complète après l’opération.

Une annonce légale publiée dans un journal d’annonces légales officialise la modification du capital, suivie d’une déclaration au service des impôts et d’une inscription modificative au registre du commerce. Cette publication est facturée 136 € HT en France métropolitaine (tarifs à destination de professionnels).

Le cas de la SARL à capital variable

La SARL à capital variable est la seule forme de SARL où l’associé bénéficie d’un véritable droit de retrait. L’article L231-6 du Code de commerce prévoit que chaque associé peut se retirer de la société, sauf clause contraire des statuts, et reprendre ses apports dans la limite du capital plancher fixé statutairement. Les statuts encadrent librement ce retrait : préavis, exercice social de sortie, remboursement échelonné. L’effet n’est toutefois pas immédiat sur les engagements passés. Ainsi, l’associé qui se retire reste tenu pendant cinq ans, envers les autres associés comme envers les tiers, de toutes les obligations existant au moment de son retrait.

La variabilité du capital ne s’improvise pas au moment du départ. Si vos statuts ne la prévoient pas, votre seule voie de sortie reste la cession de vos parts.

La procédure de cession des parts sociales

Première étape : relire les statuts

  • Avant toute négociation, la lecture des statuts détermine la marge de manœuvre du cédant et le calendrier de la cession de parts sociales en SARL. Trois clauses sont à repérer :
  • La clause d’agrément, qui soumet l’entrée d’un nouvel associé au vote des autres ;
  • La clause de préemption, qui réserve un droit d’achat prioritaire aux associés en place ;
  • Une clause de sortie insérée dans un pacte d’associés.

Les statuts peuvent durcir les conditions légales, en exigeant par exemple une majorité renforcée ou l’unanimité pour agréer un tiers. À l’inverse, la cession à un associé ou à un membre de la famille est libre par défaut, sauf si les statuts la soumettent elle aussi à agrément. Cette relecture évite le scénario le plus coûteux, à savoir une cession signée puis remise en cause pour non-respect d’une clause statutaire.

L’évaluation et la valorisation des parts

La méthode comparative s’appuie sur l’analyse des transactions similaires dans le même secteur d’activité. Un cabinet d’expertise-comptable spécialisé établira une fourchette de prix en fonction des ratios du marché.

La valorisation patrimoniale examine l’actif net réévalué de la société.

Une SARL avec des capitaux propres de 100 000 € et 1 000 parts verra chaque part estimée à 100 € minimum, avant prise en compte du potentiel de développement.

Le calcul par rendement prend en compte les bénéfices prévisionnels sur 3 ans. Les multiples observés varient fortement d’un secteur à l’autre. Par exemple, une SARL dégageant 50 000 € de résultat annuel moyen peut être valorisée quelques fois ce montant, sans qu’aucun barème ne s’impose. L’évaluation de parts sociales d’une SARL reste avant tout une négociation entre le cédant et l’acquéreur.

La valeur finale résulte souvent d’une pondération de ces différentes approches, adaptée aux spécificités de l’entreprise.

La rédaction de l’acte de cession

La préparation d’un acte de cession requiert une attention particulière aux mentions légales obligatoires.

Le document doit comporter l’identification complète des parties : coordonnées du cédant, du cessionnaire et informations détaillées sur la SARL (dénomination, siège social, numéro RCS).

L’acte précise le nombre exact de parts cédées, leur prix unitaire et les modalités de paiement retenues. Une clause spécifique mentionne l’agrément obtenu lors de l’assemblée générale, avec sa date.

La signature s’effectue en autant d’exemplaires que de parties, plus deux copies supplémentaires pour l’enregistrement fiscal et le dépôt au greffe. Le document doit indiquer la date et le lieu de signature. La mention manuscrite « Lu et approuvé » relève de l’usage, aucun texte ne l’impose.

L’obtention de l’agrément des associés

La procédure d’agrément débute par une notification formelle adressée à la SARL et à chaque associé par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d’un commissaire de justice. Le gérant dispose alors de 8 jours pour convoquer l’assemblée.

La décision d’agrément requiert un double vote favorable : celui de la majorité des associés présents et celui des détenteurs d’au moins 50% des parts sociales. Les statuts peuvent prévoir des seuils plus élevés pour renforcer ce contrôle.

Sans réponse dans les 3 mois suivant la notification, l’agrément devient tacite. Un refus doit être notifié au cédant par courrier recommandé, ouvrant alors la possibilité d’un rachat par la société ou les autres associés.

Les formalités après la cession

Une fois l’agrément obtenu, l’acte de cession doit être enregistré auprès du service des impôts dans le délai d’un mois à compter de sa date. La déclaration est déposée au service des impôts du domicile de l’une des parties. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 3 % du prix de cession, après un abattement de 23 000 € réparti au prorata des parts cédées.

La mise à jour des statuts constitue une étape majeure pour finaliser l’opération. Le gérant de la SARL doit déposer les documents modifiés sur le guichet unique des formalités des entreprises dans un délai d’un mois.

En revanche, aucune annonce légale n’est exigée pour une cession de parts sociales prise isolément. La publication ne devient obligatoire que si l’opération s’accompagne d’une modification soumise à publicité, comme une réduction du capital ou un changement de gérant.

Combien coûte la sortie d’une SARL ?

Le coût d’une sortie de SARL se répartit sur quatre postes, dont un seul pèse réellement : la fiscalité du cédant. Les frais de formalités, eux, restent modestes et connus à l’avance.

Poste de coût Montant
Droits d’enregistrement (à la charge de l’acquéreur) 3 % du prix après abattement de 23 000 € au prorata, minimum 25 €
Dépôt de la modification des statuts (guichet unique) 42,26 € (ou 172,61 € publication au Bodacc incluse)
Annonce légale (uniquement en cas de réduction de capital) 136 € HT en France métropolitaine
Imposition de la plus-value du cédant 31,4 % au prélèvement forfaitaire unique, ou barème progressif sur option

À cela s’ajoutent, en cas de désaccord sur le prix, les honoraires de l’expert désigné pour évaluer les parts, dont le montant dépend de la taille de la société et de la complexité du dossier.

Cas particulier : sortir d’une SARL 50/50

La gestion de la mésentente entre égalitaires

La détention égalitaire du capital social à 50/50 expose les associés à des situations complexes en cas de désaccord.

Un blocage décisionnel peut rapidement paralyser le fonctionnement de l’entreprise, notamment lors des assemblées générales où l’unanimité devient nécessaire.

Face à cette situation, le pacte d’associés représente un outil précieux pour anticiper les conflits. La nomination d’un médiateur indépendant dans ce document permet d’arbitrer les différends avant qu’ils ne dégénèrent en contentieux judiciaire.

L’intégration d’un troisième associé avec une part minoritaire du capital offre une alternative pragmatique.

Cette configuration crée une majorité naturelle tout en préservant l’équilibre initial entre les deux associés principaux. Par exemple, une répartition 49/49/2 maintient l’esprit égalitaire tout en facilitant la prise de décision.

Les solutions juridiques en cas de blocage

La nomination d’un mandataire ad hoc par le tribunal de commerce constitue une première approche pour débloquer la situation. Ce mandataire, désigné par le juge, dispose de pouvoirs temporaires pour faciliter la prise de décisions urgentes.
Le recours à l’action en dissolution judiciaire représente l’ultime solution quand la paralysie persiste. Le juge peut prononcer la dissolution pour justes motifs, mais uniquement si la mésentente entre associés paralyse effectivement le fonctionnement de la société. Par conséquent, un simple conflit ne suffit pas.
Cette procédure nécessite la démonstration d’une impossibilité durable de fonctionnement.

En revanche, un associé de SARL ne peut pas demander au juge son retrait avec remboursement de ses parts. Cette faculté n’existe pas dans les sociétés commerciales. Le juge peut désigner un expert pour évaluer les parts en cas de désaccord sur le prix, mais il ne peut pas contraindre un coassocié à les racheter.

Le recours à la médiation ou à l’arbitrage

La médiation conventionnelle représente une solution rapide et économique pour résoudre les désaccords.

Un médiateur professionnel accompagne les associés vers un accord amiable, généralement en 2 à 3 mois. Cette approche préserve la confidentialité des échanges et les relations d’affaires.

L’arbitrage offre une alternative plus formelle. Les associés désignent un arbitre qui rendra une décision contraignante, comme un juge privé. Cette procédure, plus onéreuse mais plus rapide qu’un procès classique, garantit une expertise pointue dans les litiges commerciaux.

Ces deux options présentent l’avantage majeur d’éviter l’engorgement des tribunaux et de raccourcir sensiblement le délai de résolution par rapport à une procédure judiciaire classique.

Que devient la SARL s’il ne reste qu’un associé ?

Le départ d’un associé sur deux ne met pas fin à la SARL. En effet, la réunion de toutes les parts en une seule main transforme la SARL en EURL, sa forme unipersonnelle. Aucune procédure de transformation n’est nécessaire, la SARL et l’EURL relevant des mêmes textes. Il faut en revanche mettre les statuts à jour et déclarer la modification sur le guichet unique. Les conséquences sont surtout fiscales et sociales. Lorsque l’associé unique est une personne physique, les bénéfices sont imposés à l’impôt sur le revenu par défaut, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés. Le gérant associé unique relève du régime des travailleurs non salariés. L’opération inverse est tout aussi simple. En pratique, l’entrée d’un nouvel associé fait repasser l’EURL en SARL.

Quitter une SARL en tant que gérant associé

La démission du mandat de gérant

La liberté de démissionner appartient à tout gérant de SARL, sans obligation de justifier sa décision. Une notification écrite aux associés par lettre recommandée avec accusé de réception matérialise cette volonté de quitter ses fonctions.

Les statuts peuvent prévoir un délai de préavis à respecter. Le non-respect de ce délai expose le gérant démissionnaire de SARL au versement de dommages et intérêts si son départ précipité cause un préjudice à la société.

Le moment choisi pour démissionner mérite réflexion. Un départ en période fiscale sensible ou pendant des négociations stratégiques pourrait engager la responsabilité du gérant.

Par exemple, une démission la veille d’une assemblée générale cruciale pourrait être considérée comme abusive par les tribunaux.

Le cumul avec la cession des parts

La combinaison d’une démission de gérance avec une cession simultanée des parts sociales exige une planification minutieuse. Un calendrier précis des opérations permet d’éviter les complications administratives et fiscales.

L’acte de cession doit mentionner explicitement la fin du mandat social. Une coordination étroite avec le nouveau gérant garantit une transition harmonieuse des responsabilités de direction.

Les justes motifs du départ simultané méritent une attention particulière dans la rédaction des documents officiels. Une clause de non-concurrence peut encadrer les futures activités professionnelles du gérant sortant, protégeant les intérêts de la société.

Les responsabilités post-démission

Même après son départ, l’ancien dirigeant reste responsable des actes de gestion accomplis pendant son mandat. Le Code de commerce fixe à trois ans le délai de prescription de l’action en responsabilité civile contre le gérant, à compter du fait dommageable ou, s’il a été dissimulé, de sa révélation.
La publication de la cessation de fonctions au registre du commerce et des sociétés est déterminante pour que la fin des responsabilités soit opposable aux tiers. Sans cette formalité, l’ancien gérant pourrait répondre des dettes sociales contractées après sa démission.
Ce délai de trois ans couvre les fautes de gestion commises avant le départ, y compris lorsqu’elles sont découvertes plusieurs mois après la démission. Lorsque le fait est qualifié de crime, le délai est porté à dix ans.

Les aspects fiscaux du départ d’un associé en SARL

L’imposition de la plus-value de cession

La vente des parts sociales déclenche une taxation forfaitaire de 31,4 % sur la plus-value réalisée, composée de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce prélèvement forfaitaire unique s’applique automatiquement depuis 2018. Le taux des prélèvements sociaux sur les revenus du capital est passé de 17,2 % à 18,6 % en 2026.

Le vendeur peut opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, en cochant la case 2OP de sa déclaration. Cette option n’ouvre droit aux abattements pour durée de détention que pour les titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018 : 50 % entre deux et huit ans de détention, 65 % au-delà. Pour des parts acquises depuis 2018, aucun abattement pour durée de détention ne s’applique.

Un abattement fixe de 500 000 € s’ajoute lors d’un départ à la retraite, à condition de céder l’intégralité des parts détenues dans la société. Le dirigeant doit aussi avoir exercé des fonctions de direction et détenu au moins 25 % des droits de vote pendant les cinq années précédentes, puis cesser toute fonction et faire valoir ses droits à la retraite dans les deux ans suivant ou précédant la cession. Cette disposition reste en vigueur jusqu’au 31 décembre 2031.

Les droits d’enregistrement

L’acquéreur des parts sociales doit verser des droits d’enregistrement fixés à 3 % du montant de la transaction. L’assiette est réduite par un abattement global de 23 000 €, réparti au prorata : on multiplie 23 000 € par le nombre de parts cédées, divisé par le nombre total de parts de la SARL.

Pour une SARL de 1000 parts où 200 parts sont vendues à 100 000 €, la réduction s’élève à 4 600 € (23 000 € × 200/1000). Les droits seront donc calculés sur 95 400 €, soit 2 862 € à régler.
La déclaration de cession est déposée au service des impôts du domicile de l’une des parties. Le paiement s’effectue au moment de l’enregistrement, avec un minimum de 25 € même si le calcul aboutit à un montant inférieur.

Les optimisations fiscales possibles

La planification stratégique du départ permet de maximiser les avantages fiscaux. Une anticipation d’au moins 24 mois est souvent nécessaire, notamment pour respecter le délai de deux ans entre la cessation des fonctions et la cession dans le cadre du départ à la retraite.

Le pacte Dutreil, souvent cité, ne concerne pas la vente. Mais, il réduit de 75 % la base des droits de mutation en cas de donation ou de succession des parts. Il est donc utile pour transmettre la SARL à ses enfants, pas pour la céder à titre onéreux.

La structuration du prix de vente mérite une attention particulière. Le fractionnement du paiement du prix ne décale pas l’impôt : la plus-value est imposable au titre de l’année de la cession, quel que soit le calendrier de règlement.

L’apport des parts à une holding avant la cession peut, sous conditions, placer la plus-value en report d’imposition. Ce mécanisme d’apport-cession est strictement encadré et suppose notamment le réinvestissement d’une partie du prix dans une activité économique.

La valorisation des actifs incorporels comme le fonds de commerce ou la clientèle doit faire l’objet d’une expertise détaillée. Une évaluation précise de ces éléments permet d’optimiser la répartition entre les différentes catégories de biens cédés.

Les situations de départ forcé d’un associé de SARL

Comment se séparer de son associé dans une SARL ?

Une clause d’exclusion doit figurer dans les statuts originaux de la SARL ou faire l’objet d’une modification statutaire acceptée à l’unanimité par les associés. Cette disposition précise les motifs légitimes pouvant mener à l’éviction d’un membre.

La procédure requiert une convocation formelle de l’associé visé par la mesure d’exclusion. Un délai raisonnable lui permet de préparer sa défense lors d’une assemblée générale extraordinaire. Le respect du contradictoire est une exigence constante. Ainsi, l’associé doit avoir été mis en mesure de présenter ses observations avant le vote, sous peine d’annulation de la décision.

Les raisons justifiant une exclusion doivent rester objectives :

  • Violation répétée des statuts ;
  • Actes préjudiciables à la société ;
  • Paralysie du fonctionnement social.
La valorisation des parts de l’associé exclu s’appuie sur une expertise indépendante mandatée par le tribunal de commerce.

Ce que le juge peut, et ne peut pas, imposer

Saisir le tribunal ne crée pas un droit de sortie. En SARL, le juge ne peut ni prononcer le retrait d’un associé avec remboursement de ses parts, ni obliger un coassocié à les racheter. Ce qu’il peut faire est plus limité puisqu’il peut :

  • Désigner un expert pour fixer la valeur des parts lorsque les parties ne s’entendent pas sur le prix, dans les conditions de l’article 1843-4 du Code civil ;
  • Nommer un mandataire ad hoc ou un administrateur provisoire pour débloquer une gestion paralysée ; annuler une délibération d’assemblée entachée d’un vice de forme ou d’un abus de majorité, dans un délai de trois ans ;
  • En dernier recours, prononcer la dissolution de la société pour justes motifs si la mésentente en paralyse le fonctionnement. Cette dernière voie est la seule sortie contentieuse réelle, mais elle met fin à l’entreprise.
Un associé qui ne trouve pas d’acquéreur et dont les coassociés refusent de racheter ses parts peut rester associé malgré lui. C’est ce que la pratique appelle « rester prisonnier de ses titres ». Seule une clause de sortie prévue à l’avance dans les statuts ou dans un pacte d’associés évite cette situation.

Les recours possibles

Avant d’agir en justice, une tentative de résolution amiable est parfois imposée. Depuis le 1er octobre 2023, elle est obligatoire pour les demandes inférieures ou égales à 5 000 € et pour les conflits de voisinage. Un litige entre associés portant sur la valeur de parts sociales n’entre généralement pas dans ce champ. La médiation reste néanmoins fortement encouragée, et le juge peut orienter les parties vers une audience de règlement amiable.

Face à une situation d’urgence, l’associé dispose du référé pour obtenir rapidement des mesures conservatoires. Cette procédure permet notamment de geler temporairement les droits de vote ou de suspendre certaines décisions contestées.

Le recours en annulation des délibérations d’assemblée représente une autre option stratégique. L’associé doit alors démontrer un vice de forme ou un abus de majorité dans un délai de 3 ans. Cette démarche s’avère particulièrement adaptée en cas de non-respect des dispositions statutaires.

Quitter une SARL suppose de faire sortir ses parts, puisque la loi ne prévoit aucun droit de retrait dans cette forme de société : cession à un tiers sous réserve de l’agrément de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts, rachat par les coassociés, ou rachat par la société suivi d’une réduction du capital. La procédure se joue d’abord dans les statuts, puis dans la négociation du prix, avant l’acte de cession, son enregistrement dans le mois auprès du service des impôts et la mise à jour des statuts sur le guichet unique. Côté fiscalité, l’acquéreur acquitte 3 % de droits d’enregistrement après l’abattement de 23 000 € au prorata, et le cédant est imposé sur sa plus-value au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sauf option pour le barème progressif. En cas de blocage, le juge peut désigner un expert, nommer un mandataire ad hoc ou prononcer la dissolution pour justes motifs, mais il ne peut jamais imposer le rachat de vos parts. Par conséquent, anticiper une clause de sortie dans un pacte d’associés reste la meilleure protection.
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Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 10/09/2026

FAQ

Comment écarter un associé minoritaire d'une SARL ?

Un associé minoritaire ne peut être contraint de quitter la SARL que si une clause d’exclusion existe dans les statuts. Sans cette clause, seule une procédure judiciaire pour faute grave ou paralysie de la société peut forcer son départ.

Que se passe-t-il si mon associé veut vendre ses parts ?

Si votre associé souhaite vendre ses parts sociales à un tiers, il doit obtenir l’agrément des autres associés : l’accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales est nécessaire, sauf clause statutaire plus exigeante. La cession doit être constatée par écrit, enregistrée auprès du service des impôts, puis suivie d’une mise à jour des statuts.

Peut-on récupérer son apport initial en quittant une SARL ?

La récupération de l’apport initial n’est pas automatique. La valeur de remboursement dépend de la valorisation actuelle des parts, qui peut être supérieure ou inférieure à l’apport initial selon la situation financière de la société.

Quels sont les frais à payer pour le rachat de parts sociales ?

L’acquéreur paie 3 % de droits d’enregistrement sur le prix, après un abattement de 23 000 € réparti au prorata des parts cédées, avec un minimum de perception de 25 €. Le dépôt de la modification des statuts sur le guichet unique coûte 42,26 € (ou 172,61 € publication au Bodacc incluse). Le cédant, de son côté, est imposé sur sa plus-value au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.

Peut-on être obligé de rester associé d'une SARL ?

Oui. Faute de droit de retrait en SARL, un associé qui ne trouve pas d’acquéreur et dont les coassociés refusent de racheter ses parts reste associé. Seule une clause de sortie prévue dans les statuts ou dans un pacte d’associés, ou une clause de variabilité du capital, permet d’organiser un départ à l’avance.

Que faire si mon associé ne vient plus travailler ?

L’inactivité d’un associé n’est pas en soi un motif de sortie : la qualité d’associé ne suppose aucune obligation de travailler dans la société. Si cet associé exerce aussi un mandat de gérant ou un contrat de travail, c’est ce mandat ou ce contrat qui peut être révoqué ou rompu. Son exclusion du capital n’est possible que si les statuts prévoient une clause d’exclusion visant ce motif.

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Rédigé par

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

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