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  • Un fonctionnaire peut détenir librement des parts d’une SARL et en percevoir les dividendes, car cette participation passive relève de la libre gestion de son patrimoine et n’exige aucune autorisation.
  • Un fonctionnaire ne peut pas être gérant d’une SARL tant qu’il est en activité, toute fonction de direction dans une société commerciale lui étant interdite en dehors d’un temps partiel ou d’une disponibilité pour création d’entreprise.
  • Pour s’impliquer activement dans une SARL, un fonctionnaire doit obtenir une autorisation préalable, et le silence de son administration au bout d’un mois vaut refus, non acceptation.

Pour un fonctionnaire, détenir des parts d’une SARL soulève une question simple en apparence, mais dont la réponse dépend du rôle exact joué dans la société. Un fonctionnaire simple investisseur et un fonctionnaire dirigeant impliqué au quotidien ne relèvent pas des mêmes règles. Ce guide fait le point sur ce qu’un fonctionnaire peut faire au sein d’une SARL, les autorisations à demander et les précautions à prendre pour rester en conformité en 2026.

Le cadre légal du cumul d’activités dans la fonction publique

Les principes fondamentaux à connaître

Le Code général de la fonction publique encadre la prise de participation d’un agent dans une société commerciale. La règle dépend du rôle joué, la simple détention de parts, sans fonction de direction, relève de la libre gestion du patrimoine et ne demande aucune autorisation, en revanche, participer activement à la gestion suppose une autorisation préalable de l’administration.

La réglementation distingue donc deux situations, la détention passive de parts (aucune formalité particulière) et la participation à la direction ou l’exercice d’une activité privée lucrative (autorisation spécifique). Les professions libérales et les activités artistiques bénéficient d’un régime plus souple. Un agent qui dirigeait déjà une société avant son recrutement peut poursuivre cette activité pendant un an, renouvelable une fois, après déclaration. Un contrôle déontologique vérifie, dans tous les cas, l’absence de conflit d’intérêts.

Ce qu’un fonctionnaire peut faire ou non dans une SARL

Un agent public peut librement détenir des parts dans une SARL sans rôle actif, percevoir des dividendes et participer aux assemblées générales.

Les activités interdites concernent la direction opérationnelle et toute fonction de gérant d’une SARL, quelle que soit la part de capital détenue, un fonctionnaire ne peut donc pas être gérant, même minoritaire. Exception notable, les œuvres de l’esprit (un fonctionnaire peut cumuler avec des activités artistiques, littéraires ou scientifiques). La vente de biens personnels, l’enseignement et les travaux de consultation restent autorisés sous réserve d’autorisation. Les agents dont la quotité de travail est réduite bénéficient d’un régime plus souple.

Les sanctions en cas de non-respect

Le non-respect des obligations relatives au cumul expose le personnel de la fonction publique à des sanctions disciplinaires graduées. La sévérité varie selon la gravité des manquements constatés, allant du simple avertissement à la révocation.

Une procédure de recouvrement des sommes indûment perçues sera systématiquement engagée par l’administration via une retenue sur traitement.

Par exemple, un fonctionnaire exerçant une activité commerciale non autorisée devra rembourser l’intégralité des revenus générés.

La personne mise en cause risque également des poursuites pénales pour prise illégale d’intérêts, conformément à l’article 432-12 du code pénal. Cette infraction est passible de 5 ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende.

L’autorité hiérarchique peut aussi retirer l’autorisation accordée si les informations fournies s’avèrent erronées ou si l’exercice du cumul perturbe le service.

Les différentes options pour participer à une SARL

Un fonctionnaire peut-il avoir des parts dans une société ?

La détention passive de parts sociales représente une excellente option pour les personnes travaillant dans l’administration. Cette participation au capital permet de percevoir des dividendes tout en conservant son poste.

Un cadre administratif peut, par exemple, investir dans une SARL spécialisée dans le commerce de détail sans participer à sa gestion quotidienne. Cette détention passive de parts n’impose aucune formalité particulière, elle relève de la libre gestion de son patrimoine.

La réglementation autorise même la possession de plusieurs participations dans différentes sociétés, à condition de rester dans un rôle d’investisseur. Cette flexibilité permet de diversifier ses placements tout en respectant les obligations professionnelles.

Le montant des dividendes perçus n’est pas plafonné tant que le détenteur des parts n’intervient pas dans les décisions opérationnelles de l’entreprise.

Un fonctionnaire peut-il être associé d’une SARL ?

Le statut d’associé minoritaire offre un cadre adapté aux fonctionnaires souhaitant s’impliquer dans une SARL. Un agent public détenant moins de 50% des parts sociales bénéficie d’une protection juridique renforcée grâce au droit des sociétés.

Cette position lui garantit notamment un accès aux documents comptables, la possibilité de participer aux votes en assemblée générale et le droit de contester certaines décisions.

Les associés détenant au moins 5% du capital peuvent également inscrire des points à l’ordre du jour des réunions.

L’administration valide généralement ce statut plus facilement qu’une position majoritaire, car il limite naturellement les risques de conflits d’intérêts. Le fonctionnaire conserve sa liberté d’investissement tout en respectant ses obligations professionnelles.

Le cas particulier de la SARL familiale

La SARL familiale présente des avantages uniques, imposition des bénéfices directement sur le revenu des associés, sans impôt sur les sociétés. Critère essentiel, les parts doivent être détenues exclusivement par des membres d’une même famille (parents et enfants en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS), et la société doit exercer une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole.

Le fonctionnaire associé bénéficie alors d’une fiscalité avantageuse. Sous conditions, les frais et intérêts d’emprunt engagés pour acquérir les parts peuvent être déduits, lorsque l’associé exerce une activité professionnelle dans la société. Cette option pour l’impôt sur le revenu reste valable sans limitation de durée, tant que la composition familiale demeure inchangée.

Quelles sont les conditions pour devenir associé ?

Les critères de compatibilité avec la fonction publique

La validation par l’administration repose sur plusieurs critères fondamentaux. L’activité envisagée ne doit pas compromettre le bon fonctionnement du service public ni créer de situations concurrentielles déloyales.

Un examen approfondi vérifie l’absence de liens directs entre le secteur d’activité de la SARL et les missions du fonctionnaire.

Par exemple, un agent des impôts ne pourra pas prendre des parts dans une société de conseil fiscal.

Les conditions d’exercice exigent une séparation nette entre les horaires de travail dans la fonction publique et les obligations liées au statut d’associé.

L’administration apprécie au cas par cas le risque de conflit d’intérêts, notamment lorsque l’activité de la SARL présente un lien direct avec le secteur ou le territoire d’intervention de l’agent.

Un fonctionnaire a-t-il une limite d’heures pour son activité dans la SARL ?

Contrairement à une idée reçue, il n’existe aucune limite horaire pour un associé qui se contente de détenir des parts, la détention passive ne constitue pas une activité au sens du cumul et n’impose donc pas de plafond d’heures.

La question du temps se pose uniquement lorsque l’agent exerce une véritable activité privée lucrative. Dans ce cas, un seuil de référence s’applique, un agent public dont la quotité de travail est inférieure ou égale à 70 % d’un temps complet peut exercer une activité privée lucrative sur simple déclaration à sa hiérarchie. Au-delà de ce seuil, une autorisation préalable devient nécessaire, et l’activité doit toujours s’exercer en dehors des heures de service.

Les restrictions selon le type de poste occupé

Les postes à responsabilité dans la haute fonction publique font l’objet d’une surveillance accrue. Un directeur d’administration centrale ne peut détenir de parts dans une SARL liée à son domaine d’expertise.

Les agents des services fiscaux et financiers subissent des limitations particulières. La prise de participation leur reste interdite dans les secteurs bancaires, comptables ou de conseil fiscal.

Pour les fonctionnaires territoriaux, l’administration est particulièrement attentive au lien entre la zone d’exercice de l’agent et l’activité de la SARL, un agent municipal devra démontrer l’absence de conflit d’intérêts si la société intervient sur le territoire de sa commune d’affectation.

Les enseignants-chercheurs bénéficient d’un régime plus souple, leur permettant de valoriser leur expertise dans une SARL innovante, sous réserve d’une autorisation préalable de leur établissement.

La procédure d’autorisation à suivre

Comment un fonctionnaire demande l’autorisation à son administration ?

La procédure débute par une déclaration écrite détaillée adressée au supérieur hiérarchique. Ce document précise la nature exacte de la participation dans la SARL et, le cas échéant, les modalités de l’activité envisagée.

Pour un traitement optimal, joignez les statuts de la société, le projet de répartition du capital social et une attestation sur l’honneur garantissant l’absence de conflit d’intérêts. L’administration dispose d’un délai d’un mois pour se prononcer. Contrairement à une idée répandue, l’absence de réponse dans ce délai ne vaut pas acceptation, le silence de l’administration équivaut à un refus. Le dossier peut être transmis au référent déontologue, qui évalue la compatibilité du projet avec les missions de l’agent.

Ne comptez jamais sur un accord tacite. Tant que vous n’avez pas reçu d’autorisation écrite, l’activité est réputée non autorisée et vous vous exposez à des sanctions.

Le rôle du référent déontologue pour le fonctionnaire

Depuis la loi du 6 août 2019, entrée en vigueur le 1er février 2020, la commission de déontologie de la fonction publique a été supprimée, ses missions sont désormais réparties entre le référent déontologue, l’autorité hiérarchique et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Le référent déontologue examine la compatibilité entre le projet d’association et les missions de l’agent, et vérifie l’absence de liens directs avec son secteur d’intervention. En cas de doute sérieux, l’autorité hiérarchique saisit la HATVP.

Un agent des marchés publics souhaitant prendre des parts dans une SARL de construction devra démontrer qu’il n’intervient pas dans l’attribution des contrats publics liés à ce domaine. L’avis rendu peut être favorable, favorable avec réserves, ou défavorable. Les réserves précisent les limites à respecter dans l’exercice du rôle d’associé.

Délais de réponse et recours du fonctionnaire

Pour une activité accessoire, l’administration se prononce dans un délai d’un mois (deux mois pour une création ou reprise d’entreprise soumise au contrôle déontologique). En cas de refus, l’agent peut déposer un recours gracieux dans les deux mois suivant la notification.

Face à une décision négative, le fonctionnaire peut saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois, ou tenter une médiation via le référent déontologue de son administration. Par ailleurs, en cas de cession de parts à un tiers, les associés de la SARL doivent se prononcer sur l’agrément dans un délai de trois mois, à défaut de réponse, l’agrément est réputé acquis (article L223-14 du Code de commerce).

Quel statut d’entreprise choisir pour un fonctionnaire ?

Le statut d’auto-entrepreneur pour un fonctionnaire

Le régime d’auto-entrepreneur représente une solution souple pour les fonctionnaires désireux d’entreprendre. Il permet de démarrer une activité complémentaire sans créer de structure juridique complexe, via une simple déclaration en ligne. Le fonctionnaire conserve son emploi principal tout en bénéficiant d’un cadre fiscal et social adapté. Le cumul entre statut d’auto-entrepreneur et fonction publique reste toutefois soumis aux règles de cumul d’activités.

Les plafonds de chiffre d’affaires en 2026 s’élèvent à 203 100 € pour les activités commerciales et 83 600 € pour les prestations de services. Autre avantage : la possibilité de tester son projet sans risque financier majeur, puisque les charges sociales sont calculées uniquement sur les recettes réellement encaissées.

La création d’une SASU pour un fonctionnaire

La SASU représente une alternative attractive pour les fonctionnaires entrepreneurs. Cette structure juridique permet une séparation nette entre patrimoine personnel et professionnel, un atout majeur pour sécuriser votre projet.

Les démarches administratives requièrent une autorisation préalable de votre hiérarchie. Une fois l’accord obtenu, la création s’effectue via le guichet unique de l’INPI.

Les formalités d’immatriculation comprennent la rédaction des statuts, le dépôt du capital social et la publication d’une annonce légale.

Un fonctionnaire peut diriger sa SASU dans le cadre d’un service à temps partiel pour création d’entreprise, sa quotité de travail devant alors rester inférieure ou égale à 70 % d’un temps complet. Cette autorisation est accordée pour une durée limitée et renouvelable. Elle offre une grande liberté dans la gestion quotidienne, notamment pour la distribution des dividendes et le choix du régime fiscal.

LegalPlace vous accompagne de A à Z dans la création de votre entreprise : génération des statuts, publication de l'annonce légale, dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Vous répondez à quelques questions, LegalPlace gère toutes les formalités.

L’exercice d’une activité accessoire par le fonctionnaire

L’exercice d’une activité accessoire représente une option attractive pour les agents publics conservant leur poste à temps plein. Cette formule permet d’investir dans une SARL sans réduire son temps de travail dans l’administration.

La réglementation 2026 autorise certains domaines précis :

  • Conseil ;
  • Formation ;
  • Expertise technique ;
  • Services numériques.

Un professeur de mathématiques pourrait par exemple devenir associé d’une SARL spécialisée dans le soutien scolaire.

Le montant des revenus tirés de cette participation reste libre, à condition que l’activité n’entrave pas les missions principales du fonctionnaire. L’autorisation d’exercer une activité accessoire est délivrée pour une durée déterminée et doit être renouvelée avant son échéance.

Comment gérer son activité d’associé au quotidien ?

La gestion du temps entre les deux activités

L’organisation quotidienne requiert une planification rigoureuse pour conjuguer vos responsabilités administratives et entrepreneuriales. Un agenda détaillé permet d’optimiser chaque plage horaire disponible, notamment pendant la pause déjeuner ou en soirée.

La répartition stratégique des tâches s’avère primordiale. Réservez les actions urgentes liées à la SARL aux créneaux où votre concentration est maximale. Les matinées avant votre service ou les week-ends offrent des moments propices pour les réunions d’associés.

Une solution pragmatique consiste à déléguer certaines responsabilités opérationnelles à vos co-associés de SARL.

Cette approche libère du temps tout en maintenant votre implication dans les décisions stratégiques. Privilégiez les outils numériques collaboratifs pour suivre l’activité à distance et participer aux votes importants.

Les obligations déclaratives spécifiques

La transparence est essentielle pour tout fonctionnaire associé d’une SARL. L’agent doit informer sa hiérarchie de toute évolution de sa situation et, lorsque son activité est soumise à autorisation, veiller à son renouvellement dans les délais. Il n’existe en revanche pas de déclaration périodique généralisée propre au statut d’associé.

Sur le plan fiscal, les revenus issus de la SARL doivent être reportés dans la déclaration de revenus. Les dividendes perçus sont déclarés sur la déclaration de revenus n°2042, une éventuelle rémunération liée à une activité professionnelle relève, selon les cas, de la catégorie correspondante. Cette distinction permet de vérifier l’absence de conflit avec les fonctions principales.

La comptabilité et les aspects fiscaux

Le régime fiscal des fonctionnaires associés d’une SARL à l’impôt sur les sociétés implique une imposition à deux niveaux, les bénéfices sont d’abord taxés au niveau de la société au taux de 25 %, puis les dividendes distribués sont imposés dans la déclaration personnelle.

Pour optimiser la situation fiscale, la distribution de dividendes ouvre droit, sur option pour le barème progressif, à un abattement de 40 % avant imposition. Les frais de comptabilité engagés pour la tenue des comptes restent déductibles du résultat imposable de la SARL.

Le taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 % s’applique sur les premiers 42 500 € de bénéfices, à condition que le chiffre d’affaires reste inférieur à 10 000 000 € et que le capital soit détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Une comptabilité rigoureuse permet de justifier la répartition entre rémunération et dividendes.

Les situations particulières à connaître

Le cas des fonctionnaires à temps partiel

Le service à temps partiel est une option privilégiée pour les fonctionnaires souhaitant s’investir dans une SARL. Le décret n°2024-1263 du 30 décembre 2024, entré en vigueur le 1er janvier 2025, a assoupli les conditions d’ancienneté requises pour accéder au temps partiel de droit ou sur autorisation.

La quotité de travail est fixée par l’administration dans le cadre réglementaire, un temps partiel pour création d’entreprise ne pouvant en principe être inférieur à 50 % d’un temps complet. Le même décret ouvre par ailleurs le bénéfice de ce dispositif à certains agents à temps non complet. La demande s’effectue auprès de la hiérarchie, avec une autorisation accordée pour une durée déterminée et renouvelable.

La mise en disponibilité temporaire

La mise en disponibilité permet aux fonctionnaires de suspendre leur activité administrative pour se consacrer pleinement à leur projet entrepreneurial. Cette option garantit une sécurité professionnelle précieuse, la possibilité de réintégrer son poste à l’issue de la période.

Pour obtenir cette autorisation, adressez votre demande par courrier recommandé au moins trois mois avant la date souhaitée.

Un dossier complet comprend votre projet détaillé de participation dans la SARL et les garanties de non-concurrence avec votre administration d’origine.

La durée maximale accordée atteint deux années, renouvelable une fois sur demande motivée.

Durant cette période, vous conservez votre statut de fonctionnaire mais sans rémunération ni avancement. Cette formule s’avère particulièrement adaptée pour tester sereinement votre projet d’entreprise.

Le cumul pendant la retraite

Un fonctionnaire retraité peut devenir associé d’une SARL. Point essentiel, les dividendes perçus au titre d’une participation passive relèvent de la gestion du patrimoine et ne sont donc pas soumis au plafond du cumul emploi-retraite, qui ne concerne que les revenus d’une activité professionnelle.

Les anciens agents publics peuvent ainsi acquérir des parts sociales sans restriction particulière liée à leur ancien service, et la participation au capital d’une SARL familiale reste compatible avec la perception intégrale de la pension. Ce n’est que s’il exerce une véritable activité rémunérée (par exemple une gérance après la retraite) que les règles de cumul emploi-retraite, et leurs plafonds, s’appliquent.

Quelles sont les activités interdites aux fonctionnaires ?

Les fonctionnaires ne peuvent pas exercer une activité privée lucrative qui porterait atteinte à leur indépendance, à leur neutralité ou au fonctionnement normal du service public.

Sont notamment interdites :

  • Etre gérant de SARL d’une entreprise commerciale ou artisanale ;
  • La participation à la direction d’une société ;
  • Toute activité professionnelle concurrente de leur mission publique.

Ces restrictions visent à prévenir les conflits d’intérêts et à garantir la neutralité du service.

Certaines exceptions existent pour des activités accessoires autorisées par l’administration, comme l’enseignement ou la production d’œuvres intellectuelles, sous réserve de déclaration et de respect strict des obligations déontologiques.
    Un fonctionnaire peut tout à fait être associé d’une SARL : détenir des parts et percevoir des dividendes relève de la libre gestion de son patrimoine et n’exige aucune autorisation. La limite se situe dans l’implication : dès qu’il s’agit de diriger la société, la fonction de gérant lui est fermée tant qu’il est en activité, sauf dans le cadre encadré d’un temps partiel ou d’une disponibilité pour création d’entreprise. Toute activité privée lucrative reste soumise à autorisation préalable, et le silence de l’administration vaut refus. En respectant ces règles et les obligations déontologiques, un agent public peut sécuriser sa participation à une SARL tout en préservant sa carrière.

Créer ma SARL

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 25/09/2026

FAQ

Un fonctionnaire peut-il toucher des dividendes d'une SARL ?

Oui, un fonctionnaire peut percevoir des dividendes d’une SARL sans autorisation préalable. Ces dividendes rémunèrent une participation passive au capital et relèvent de la libre gestion du patrimoine, distincte de l’exercice d’une activité. Leur montant n’est pas plafonné tant que le fonctionnaire n’intervient pas dans la gestion de la société.

Un fonctionnaire peut-il diriger une SARL ?

Non, un fonctionnaire en activité ne peut pas diriger une SARL. Toute fonction de gérant est une fonction de direction interdite aux agents publics, quelle que soit la part de capital détenue. La gérance n’est envisageable que dans le cadre d’un service à temps partiel ou d’une disponibilité pour création ou reprise d’entreprise.

Un fonctionnaire peut-il détenir la majorité des parts d'une SARL ?

Oui, un fonctionnaire peut détenir la majorité des parts d’une SARL, dès lors qu’il reste un simple investisseur. C’est l’exercice de fonctions de direction, et non le niveau de participation au capital, qui lui est interdit. Un fonctionnaire peut donc être associé majoritaire d’une SARL, mais jamais son gérant tant qu’il est en activité.

Que risque un fonctionnaire associé d'une SARL sans autorisation ?

Un fonctionnaire qui exerce une activité soumise à autorisation sans l’avoir obtenue s’expose à des sanctions disciplinaires, du simple avertissement à la révocation, et au reversement des sommes perçues. En cas de conflit d’intérêts, il encourt aussi des poursuites pénales pour prise illégale d’intérêts, punies de 5 ans d’emprisonnement et de 500 000 euros d’amende (article 432-12 du Code pénal).

Un fonctionnaire retraité peut-il être associé d'une SARL ?

Oui, un fonctionnaire retraité peut être associé d’une SARL et en percevoir les dividendes. Ces dividendes d’associé passif relèvent du patrimoine et échappent au plafond du cumul emploi-retraite, qui ne vise que les revenus d’une activité professionnelle. Ce plafond ne s’applique au fonctionnaire retraité que s’il exerce une activité rémunérée en parallèle de sa pension.

Fonctionnaire : SARL ou SAS pour investir dans une société ?

Un fonctionnaire peut être associé d’une SARL comme actionnaire d’une SAS ou d’une SASU, tant qu’il reste un investisseur passif. Dans les deux cas, la détention de titres est libre, mais les fonctions de direction (gérant de SARL, président de SAS) lui restent fermées en activité. Le choix entre SARL et SAS dépend surtout du projet et du régime fiscal et social visé.

Sources de l'article

4 Commentaires
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Bonjour quelle société créer entre SARL ou SAS si je veux créer une société de type commerciale avec mon conjoint étant moi même fonctionnaire territoriale car mon administration me dit que je ne peux être dans une société.

Bonjour, Le statut de fonctionnaire territorial est encadré par le Code général de la fonction publique (CGFP), qui, en vertu du principe de neutralité et de disponibilité du service, impose une interdiction de principe d’exercer toute activité privée lucrative. Cette interdiction s’étend à la participation aux organes de direction d’une société à but lucratif, qu’il s’agisse d’une SARL (gérant) ou d’une SAS (président). Toutefois, le CGFP permet au fonctionnaire d’être simple associé ou actionnaire, sans exercer de fonction de direction, de gestion, ou de conseil. Si le fonctionnaire souhaite s’impliquer activement, il existe une procédure dérogatoire permettant d’être autorisé à… Lire la suite »

Si un fonctionnaire peut diriger une SASU sans limitation de durée, peut-il en être salarié ou exercer l’activité relative à la SASU?

Bonjour, Un fonctionnaire peut être dirigeant d’une SASU, sous réserve d’obtenir une autorisation préalable de sa hiérarchie s’il est en activité. En revanche, il ne peut pas en être salarié, car le statut de fonctionnaire est incompatible avec la conclusion d’un contrat de travail subordonné dans le secteur privé. De plus, il ne peut pas exercer lui-même l’activité opérationnelle de la SASU si celle-ci est considérée comme une activité lucrative régulière, sauf dérogation temporaire accordée par son administration. Il peut toutefois percevoir des revenus liés à sa fonction de dirigeant (dividendes, rémunération de gérance) dans le respect des règles de… Lire la suite »

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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