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  • Le gérant associé rémunéré d’une SCI relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS), quelle que soit sa part dans le capital ; le gérant non associé rémunéré est assimilé salarié uniquement s’il existe un lien de subordination.
  • Les charges TNS représentent environ 45 % de la rémunération, contre près de 80 % pour un gérant assimilé salarié, mais avec une protection sociale plus limitée.
  • Un gérant non rémunéré ne verse aucune cotisation et ne valide aucun droit : en 2026, il faut 1 803 € de revenu pour valider un trimestre de retraite.

Le régime social du gérant de SCI constitue un élément déterminant lors de la création de la SCI. La protection sociale du dirigeant varie selon son statut d’associé ou non, et selon le type de rémunération qu’il perçoit. En 2026, le gérant peut relever soit du régime des travailleurs non-salariés lorsqu’il est associé, soit du régime général de la sécurité sociale comme assimilé salarié lorsqu’il existe un lien de subordination avec la société. Ce choix impacte directement sa couverture sociale et ses obligations en matière de cotisations.

Quel est le statut social du gérant de société civile immobilière ?

Le régime social selon la qualité d’associé

Le régime social applicable au gérant de SCI varie significativement selon sa position d’associé dans la société.

Pour un gérant associé rémunéré, le régime d’affiliation est celui des travailleurs non salariés (TNS). Cette règle s’applique sans considération du nombre de parts détenues dans le capital social.

Dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, un gérant non associé bénéficie d’un traitement différent. S’il existe un lien de subordination avec la SCI, il relève du régime général comme assimilé-salarié, sans toutefois avoir accès à l’assurance chômage France Travail (anciennement Pôle Emploi).

Actuellement, la protection sociale du gérant non associé comprend uniquement la couverture maladie et invalidité-décès, les charges sociales étant calculées sur sa rémunération effective.

Gérant majoritaire ou minoritaire ?

Le gérant majoritaire d’une SCI se distingue par sa détention de plus de 50% des parts sociales. Cette position particulière influence directement son régime social de dirigeant et ses obligations.

En matière de protection sociale, le gérant majoritaire relève obligatoirement du régime social des indépendants, quel que soit son mode d’imposition. Cette règle s’applique même en cas de cumul avec d’autres activités professionnelles.

Un point crucial concerne l’impossibilité pour le gérant majoritaire de conclure un contrat de travail avec la SCI.

En effet, l’absence de lien de subordination, confirmée par la loi et la jurisprudence, exclut cette option. Dans le cas contraire, les services fiscaux peuvent requalifier la relation en avances sur dividendes.

Cette situation s’applique également dans le cadre d’une SCI familiale, où le gérant majoritaire conserve son statut même si les parts sont détenues par son conjoint ou ses enfants mineurs.

Comment procéder à la constitution d’une société civile immobilière ?

La constitution d’une société civile immobilière (SCI) se fait en plusieurs étapes juridiques et administratives.

Tout d’abord, il convient de rédiger les statuts de la société, acte fondamental précisant son objet, la répartition des parts sociales, les apports de chaque associé, les règles de fonctionnement, et les modalités de prise de décision.

Ensuite, les associés doivent réaliser les apports en numéraire ou en nature (par exemple un bien immobilier), et désigner un ou plusieurs gérants.

Une fois les statuts signés, la SCI doit être immatriculée au registre du commerce et des sociétés (RCS). Depuis le 1er janvier 2023, cette formalité s’effectue en ligne sur le guichet unique électronique de l’INPI, qui transmet le dossier au greffe du tribunal de commerce compétent. Le dossier comprend notamment:

  • Le formulaire de création de personne morale ;
  • Une attestation de parution dans un journal d’annonces légales ;
  • Un justificatif d’occupation du siège social.
À l’issue de ces formalités, la SCI obtient un extrait Kbis, acte officiel attestant de son existence légale.

Comment fonctionne la protection sociale en SCI ?

Les cotisations sociales obligatoires

Les montants des cotisations varient selon le statut du gérant.

Un vide juridique persiste néanmoins sur certains aspects spécifiques aux SCI.

Pour le gérant associé dont la rémunération relève du régime TNS, les principaux taux de cotisations s’établissent, en 2026, à :

  • Maladie-maternité : taux progressif jusqu’à 8,50 % du revenu (puis 6,50 % au-delà de 3 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale) ;
  • Retraite de base : 17,87 % dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), puis 0,72 % au-delà ;
  • Retraite complémentaire : 8,10 % jusqu’à 1 plafond, puis 9,10 % entre 1 et 4 plafonds ;
  • Allocations familiales : de 0 à 3,10 % selon le niveau de revenu ;
  • CSG-CRDS : 9,70 %.

Le gérant non associé assimilé salarié s’acquitte quant à lui des cotisations du régime général, hormis l’assurance chômage. Sa protection sociale comprend la maladie, la retraite et la prévoyance, avec des taux identiques aux salariés.

Les gérants non rémunérés n’ont aucune cotisation à verser, mais ne bénéficient d’aucune couverture sociale au titre de leur mandat.

La couverture sociale du gérant associé

La protection sociale du gérant associé d’une SCI varie selon sa situation personnelle et professionnelle.

S’il perçoit une rémunération, il bénéficie d’une couverture maladie-maternité ainsi que d’une assurance invalidité-décès au titre du régime social des indépendants.

Les prestations retraite suivent également un schéma spécifique : le gérant associé cumule des droits à la fois sur le régime de base et sur le régime complémentaire obligatoire.

Son résultat imposable impacte directement le montant de ses cotisations et donc le niveau de sa protection.

Pour les personnes physiques exerçant une profession libérale en parallèle, la couverture sociale de gérant de SCI peut se cumuler avec celle de leur activité principale, sous réserve de respecter certains plafonds de revenus.

Quelles sont les charges sociales selon le type de gérance ?

Le cas du gérant associé non rémunéré

L’absence de rémunération pour un gérant associé de SCI représente une situation fréquente, particulièrement dans les structures familiales ou patrimoniales. Cette configuration modifie considérablement son statut vis-à-vis de l’impôt sur le revenu.

N’étant rattaché à aucun régime social spécifique, le gérant associé non rémunéré ne verse aucune cotisation. Cette situation présente un avantage financier immédiat pour la société, mais entraîne l’absence totale de couverture sociale au titre du mandat de gérance.

Les associés peuvent toutefois prévoir dans les objets sociaux une rémunération ultérieure, notamment si la SCI évolue vers une activité de nature commerciale.

Dans ce cas, une mise à jour des statuts et de nouvelles formalités seront nécessaires pour régulariser la situation sociale du gérant.

La situation du gérant familial

Dans le cadre d’une SCI familiale, le statut social du gérant présente des caractéristiques particulières liées aux liens de parenté entre associés.

La qualité de membre de la famille modifie substantiellement la situation du gérant. Lorsque ce dernier appartient au cercle familial (parents, enfants, conjoints), sa rémunération n’est généralement pas déductible des résultats de la société.

Les charges sociales restent calculées sur la totalité des sommes perçues, sans possibilité d’abattement.

Un élément notable pour la création d’entreprise familiale : le gérant parent qui conserve la direction après transmission des parts aux enfants maintient son régime social initial. Cette règle s’applique même si sa participation devient minoritaire suite aux donations.

Comment choisir entre TNS et assimilé salarié ?

Les avantages du statut de travailleur non salarié

Le principal atout du statut de travailleur non salarié réside dans son coût avantageux pour la SCI. Les charges sociales représentent environ 45% de la rémunération, soit près de deux fois moins que le régime des assimilés salariés.

Cette différence notable permet d’optimiser la trésorerie de la société, particulièrement durant les premières années d’activité.

Un gérant TNS bénéficie également d’une plus grande flexibilité dans la gestion de ses cotisations, avec la possibilité de les moduler selon les résultats de la SCI.

La protection sociale offerte par ce statut s’aligne progressivement sur celle du régime général, notamment pour la couverture maladie de base.

Le TNS conserve aussi une liberté totale dans l’organisation de son travail, sans lien de subordination avec la société.

Le régime d’assimilé-salarié en détail

L’affiliation au régime d’assimilé salarié pour un gérant de SCI nécessite l’existence d’un lien de subordination, matérialisé par un contrat de travail distinct du mandat social.

Cette double qualité permet au dirigeant de bénéficier d’une protection sociale étendue.

La rémunération du gérant assimilé salarié fait l’objet d’une fiche de paie mensuelle, avec des cotisations calculées selon les mêmes règles que les salariés.

Sa protection inclut notamment une meilleure prise en charge des frais de santé et une pension de retraite calculée sur l’ensemble de sa rémunération.

L’assimilé salarié ne cotise pas à l’assurance chômage : il ne peut pas percevoir d’allocations France Travail au titre de son mandat, à la différence d’un salarié classique.

TNS ou assimilé salarié en SCI : le tableau comparatif

Pour trancher entre les deux régimes, il est utile de mettre en regard leur coût, leur couverture et leurs conditions d’accès. Le comparatif complet entre TNS et assimilé salarié détaille chaque critère ; voici l’essentiel appliqué à la SCI.

Critère Gérant TNS Gérant assimilé salarié
Condition d’affiliation Gérant associé rémunéré Lien de subordination (contrat de travail)
Coût des charges sociales ≈ 45 % de la rémunération ≈ 80 % de la rémunération
Protection sociale Correcte, mais plus limitée (IJ, retraite) Étendue, proche du salarié cadre
Assurance chômage Non couverte Non couverte au titre du mandat
Dividendes Cotisations sur la part > 10 % du capital Aucune cotisation sur les dividendes

Dans les faits, le TNS convient aux SCI qui recherchent le coût le plus faible, tandis que l’assimilé salarié séduit les gérants qui privilégient une couverture sociale complète.

Quelle protection sociale pour une SCI à l’IS ?

Les particularités du régime social à l’IS

La soumission d’une SCI à l’impôt sur les sociétés modifie substantiellement le régime social du gérant.

Les rémunérations versées au dirigeant sont considérées comme des salaires sur le plan social, entraînant une affiliation obligatoire au régime général de la sécurité sociale.

Cette qualification implique le versement de cotisations patronales et salariales calculées selon les mêmes règles que pour les salariés classiques.

Le gérant bénéficie ainsi d’une protection sociale complète incluant l’assurance chômage, à condition que son mandat social soit doublé d’un contrat de travail pour des fonctions techniques distinctes.

Les gérants de SCI à l’IS peuvent optimiser leur protection sociale en combinant leur statut avec une activité salariée externe, tout en respectant les plafonds de cumul autorisés.

Impact sur les dividendes et rémunérations

La distribution des dividendes dans une SCI à l’IS fait l’objet d’un traitement social spécifique.

Seule la fraction excédant 10% du capital social est soumise aux cotisations sociales pour les gérants relevant du régime des travailleurs non-salariés.

Le versement des dividendes s’accompagne d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, comprenant 18,6 % de prélèvements sociaux et 12,8 % d’impôt sur le revenu. Les associés conservent la possibilité d’opter pour l’imposition au barème progressif avec un abattement de 40%.

Pour les gérants assimilés salariés, les dividendes échappent aux cotisations sociales, quelle que soit leur proportion par rapport au capital social. Cette distinction crée une opportunité d’optimisation pour les SCI familiales en phase de transmission patrimoniale.

La combinaison d’une rémunération fixe modérée et de dividendes permet souvent d’optimiser la protection sociale du gérant tout en maîtrisant le niveau global des prélèvements.

Peut-on cumuler plusieurs statuts sociaux en SCI ?

Le cumul de plusieurs statuts sociaux avec la fonction de gérant de SCI s’avère possible sous certaines conditions précises.

Un gérant peut notamment exercer une activité salariée en parallèle de ses fonctions, sans que cela n’affecte son rattachement au régime des travailleurs non-salariés pour la SCI.

Les règles diffèrent selon la nature des activités cumulées. Un gérant de SCI peut conserver une profession libérale principale tout en dirigeant la société, avec une affiliation distincte pour chaque activité.

Le cumul avec un mandat social dans une autre société reste également envisageable.

Le cumul d’un contrat de travail au sein même de la SCI requiert des fonctions techniques distinctes de la gérance et un véritable lien de subordination, particulièrement complexe à démontrer en pratique.

La protection sociale s’adapte alors selon les situations : maintien du régime principal si l’activité de gérance est accessoire, ou affiliation à plusieurs régimes en cas d’activités équivalentes. Les plafonds de cotisations sont calculés sur l’ensemble des revenus cumulés.

Comment sont calculées les cotisations retraite ?

Pour 2026, les cotisations retraite du gérant de SCI varient selon son régime d’affiliation. Un gérant TNS verse 17,87 % de ses revenus pour la retraite de base, dans la limite de 48 060 € (le plafond annuel de la Sécurité sociale), puis 0,72 % au-delà, et 8,10 % pour la retraite complémentaire jusqu’à ce plafond, contre 9,10 % entre 1 et 4 plafonds.

Les gérants assimilés salariés cotisent quant à eux aux taux du régime général : la retraite de base est calculée dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, à laquelle s’ajoute la retraite complémentaire Agirc-Arrco répartie sur deux tranches de rémunération.

Les gérants de SCI non rémunérés doivent savoir qu’en l’absence de versement de cotisations retraite, aucun trimestre n’est validé pour leurs droits à la retraite. En 2026, une rémunération de 1 803 € permet de valider un trimestre d’assurance.

Le conjoint du gérant peut-il avoir un statut particulier ?

Pour le conjoint participant à l’activité de la SCI, trois options de statut sont possibles :

  • Collaborateur ;
  • Salarié ;
  • Associé.

Chaque choix entraîne des implications différentes en matière de protection sociale.

Un conjoint collaborateur participe à la gestion sans rémunération mais bénéficie d’une couverture sociale basique. Le statut de conjoint salarié nécessite un véritable contrat de travail avec des fonctions distinctes de celles du gérant.

L’option du conjoint associé permet quant à elle une participation directe au capital de la SCI. Sa couverture sociale dépend alors de son niveau d’implication et de rémunération.

Depuis le 1er janvier 2022, le statut de conjoint collaborateur est limité à 5 ans maximum sur l’ensemble de la carrière.

Le régime social du gérant de SCI dépend avant tout de sa qualité d’associé et de l’existence d’un lien de subordination : le gérant associé rémunéré est un travailleur non-salarié, tandis que le gérant non associé subordonné est assimilé salarié. Le premier coûte environ 45 % de charges pour une protection plus légère, le second près de 80 % pour une couverture proche de celle d’un salarié. Le gérant non rémunéré, très courant dans les SCI patrimoniales, ne cotise pas et ne se constitue aucun droit. En SCI à l’IS, les rémunérations relèvent du régime général et les dividendes supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Le choix du statut se fait donc en arbitrant entre coût des cotisations et niveau de protection recherché.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 26/08/2026

FAQ

Quelles sont les autres formes de sociétés civiles ?

Hormis la SCI, on trouve la SCP (professions libérales), la SCM (partage de moyens entre professionnels), la SCCV (construction-vente immobilière), la SCEA (exploitation agricole) et la société civile de portefeuille (gestion de patrimoine financier). Chacune a un objet non commercial spécifique. Les associés y sont généralement responsables indéfiniment. Ces structures offrent souplesse et cadre juridique adapté.

Une SCI de construction-vente a-t-elle un régime social spécifique ?

La SCI de construction-vente est considérée comme commerciale par nature. Le gérant relève obligatoirement du régime des travailleurs non-salariés (TNS), même s’il n’est pas associé, en raison du caractère commercial de l’activité.

SCI : salaire ou dividende ?

Dans une SCI (Société Civile Immobilière), les associés ne perçoivent pas de salaire, sauf s’ils sont salariés dans un cadre spécifique, ce qui est rare. Les revenus qu’ils retirent proviennent généralement des dividendes, issus des bénéfices distribuables. Ces dividendes sont soumis à l’impôt sur le revenu ou au PFU (31,4 %). Le choix dépend de la structure fiscale (IS ou IR) de la SCI.

Quel est le régime social du gérant d'une SCI ?

La SCI ayant une activité civile, le gérant n’est en principe affilié à aucun régime social obligatoire au titre de son mandat. S’il n’est pas rémunéré : aucune cotisation. S’il est rémunéré, cette rémunération n’ouvre pas droit à un régime spécifique (ni TNS, ni assimilé salarié) sauf s’il existe un véritable lien de subordination, qui peut alors entraîner l’affiliation au régime général.

Un gérant de SCI doit-il payer des cotisations sociales à l'URSSAF ?

Non, tant que la SCI conserve une activité purement civile (gestion patrimoniale) et que le gérant n’est pas rémunéré dans un cadre de subordination. Le mandat de gérant de SCI ne génère pas de cotisations sociales URSSAF, contrairement au dirigeant d’une société commerciale (SARL, SAS…).

Les revenus d'une SCI à l'IR sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

Non, pas de cotisations sociales, mais aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité). Chaque associé les paie sur sa quote-part de revenus fonciers, en plus de l’impôt sur le revenu. À l’inverse, une SCI à l’IS ne subit pas ces prélèvements sur ses bénéfices (mais l’associé les supporte sur les dividendes distribués).

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris