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  • Une SCI à l’IS est une société civile immobilière soumise à l’impôt sur les sociétés, au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice imposable, puis 25 % au-delà.
  • L’option pour l’IS permet à la SCI de déduire chaque année une partie de la valeur de son bien immobilier (c’est l’amortissement) pour réduire son résultat imposable.
  • En contrepartie, la plus-value réalisée lors d’une revente du bien est calculée sans abattement pour durée de détention, ce qui peut générer une fiscalité élevée.
  • L’option IS devient irrévocable après cinq exercices comptables, et le retour à l’IR entraîne une imposition immédiate des plus-values latentes et des réserves non distribuées.

La SCI à l’IS séduit de plus en plus d’investisseurs immobiliers grâce à ses avantages fiscaux, notamment l’amortissement du bien et des charges déductibles plus larges qu’à l’impôt sur le revenu (IR). Mais la fiscalité de la SCI soumise à l’impôt sur les sociétés comporte aussi des contreparties importantes, en particulier lors de la revente du bien immobilier.

Qu’est-ce qu’une SCI ?

Une SCI, ou société civile immobilière, est une société créée pour détenir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers. Contrairement à une entreprise classique, la SCI n’a pas vocation à vendre des produits ou des services. Son seul objet, c’est l’immobilier.

En pratique, la SCI permet à plusieurs personnes d’acheter un bien ensemble de façon organisée. Chaque associé, c’est-à-dire chaque membre de la SCI, détient des parts sociales. C’est la SCI qui est propriétaire du bien, et non les associés directement. La SCI est gérée par un gérant, désigné dans les statuts, qui s’occupe de la gestion quotidienne au nom de la société.

Thomas et sa sœur Emma achètent un appartement locatif ensemble via une SCI familiale. Thomas détient 60 % des parts et Emma 40 %. C’est la SCI qui perçoit les loyers et paie les charges. Thomas est désigné gérant.
La SCI est très utilisée car elle évite les blocages de l’indivision, c’est-à-dire la situation où plusieurs personnes sont copropriétaires d’un bien sans règles claires. Ensuite, la SCI facilite la transmission du patrimoine, notamment en permettant de donner des parts à ses enfants de façon progressive et souvent avec des avantages fiscaux.

Par défaut, une SCI est soumise à l’impôt sur le revenu. Concrètement, les loyers encaissés par la SCI sont imposés directement dans la déclaration personnelle de chaque associé, au prorata de ses parts. Les associés peuvent toutefois choisir de soumettre la SCI à l’impôt sur les sociétés.

Qu’est-ce qu’une SCI à l’IS ?

Concrètement, la SCI à l’IS est une SCI qui paie elle-même l’impôt sur ses bénéfices, au lieu que ces bénéfices remontent au niveau des associés. C’est la différence essentielle avec la SCI à l’IR.

SCI à l’IR vs. SCI à l’IS

Dans une SCI à l’IR, les bénéfices remontent automatiquement aux associés. Chaque associé déclare sa quote-part dans ses revenus personnels et paie l’impôt à son taux marginal, que la SCI ait distribué de l’argent ou non. On parle de SCI transparente car le fisc voit à travers la société et impose directement les associés.

Dans une SCI à l’IS, c’est la société qui paie l’impôt sur ses bénéfices nets. Les associés de la SCI ne sont imposés que s’ils décident de se verser des dividendes, c’est-à-dire une part des bénéfices. Tant que l’argent reste dans la société, les associés ne paient rien personnellement. On parle de SCI opaque car la société dispose de sa propre fiscalité, distincte de celle des associés.

La SCI de Marc dégage 12 000 € de bénéfice locatif net. À l’IR, Marc déclare ces 12 000 € dans ses revenus personnels et les supporte à sa tranche marginale de 30 %, soit 3 600 € d’impôt. À l’IS, la SCI paie 15 % sur ce bénéfice, soit seulement 1 800 €. Marc n’est imposé personnellement que s’il décide de se verser des dividendes.

Quand une SCI est-elle obligatoirement soumise à l’IS ?

Dans certaines situations, la SCI ne peut pas rester à l’IR.

En effet, l’impôt sur les sociétés s’applique automatiquement, sans démarche particulière. C’est le cas lorsque la SCI fait de la location meublée à titre habituel et que les recettes de location meublée dépassent 10 % de son chiffre d’affaires total.

C’est aussi le cas lorsqu’un associé de la SCI est lui-même une société soumise à l’IS, comme une SARL ou une SAS.

Voici une vidéo pour mieux comprendre comment fonctionne la SCI soumis à l’IS :

Quels sont les avantages de la SCI à l’IS ?

La SCI soumise à l’impôt sur les sociétés présente plusieurs avantages fiscaux réels, surtout pour les investisseurs dont les revenus personnels sont déjà fortement imposés.

L’amortissement du bien dans une SCI à l’IS

C’est l’avantage de la SCI le plus puissant de la SCI soumise à l’impôt sur les sociétés. En régime IS, la SCI peut pratiquer l’amortissement de son bien immobilier.

L’amortissement en SCI, c’est la déduction annuelle d’une fraction de la valeur du bien du résultat imposable de la SCI. En clair, chaque année, la SCI déduit comptablement une partie de la valeur de l’immeuble, ce qui réduit son bénéfice imposable et donc son impôt.

De plus, l’amortissement porte sur la valeur des constructions uniquement, pas sur le terrain. Il est calculé sur une durée de 20 à 40 ans selon le type de bien.

Ainsi, une SCI qui perçoit des loyers peut afficher un bénéfice imposable très faible, voire nul, grâce aux amortissements, alors même que les loyers entrent bien sur le compte bancaire de la société.

Julie apporte un immeuble de 300 000 € à sa SCI à l’IS, dont 60 000 € de terrain non amortissable. La SCI amortit 240 000 € sur 30 ans, soit 8 000 € par an. Si la SCI perçoit 10 000 € de loyers nets de charges, son bénéfice imposable n’est plus que 2 000 €. La SCI paie alors 300 € d’IS au taux de 15 %, contre potentiellement 3 000 € ou plus à l’IR selon la tranche marginale de Julie.

Des charges déductibles plus larges qu’à l’IR

En régime IS, les charges déductibles de la SCI sont plus étendues qu’à l’IR. En pratique, la SCI à l’IS peut déduire deux catégories de charges de son résultat imposable.

Les premières sont les charges courantes. Il s’agit des intérêts d’emprunt (ce que la SCI rembourse à la banque au titre des intérêts de son crédit immobilier), des primes d’assurance, des frais de gestion locative, des travaux d’entretien et de réparation, ainsi que des honoraires de l’expert-comptable chargé de la comptabilité de la SCI.

Les secondes sont les charges liées à l’acquisition du bien. La SCI à l’IS peut ainsi déduire les frais de notaire et les droits d’enregistrement payés lors de l’achat, ainsi que la rémunération du gérant si elle est prévue dans les statuts. À l’IR, ces charges ne sont pas déductibles ou sont plafonnées dans le cadre des revenus fonciers, ce qui réduit mécaniquement les possibilités d’optimisation fiscale.

Le pilotage du revenu imposable des associés

En SCI à l’IS, les associés décident chaque année s’ils distribuent les bénéfices sous forme de dividendes ou s’ils les laissent dans la société. C’est un avantage de pilotage fiscal important que n’offre pas la SCI à l’IR.

À l’IR, l’imposition est automatique puisque les associés déclarent leur quote-part des bénéfices qu’ils aient ou non encaissé de l’argent.

En pratique, la SCI à l’IS est particulièrement intéressante pour les associés fortement imposés, qui préfèrent capitaliser les bénéfices dans la société plutôt que de les percevoir chaque année.

Le report du déficit dans une SCI à l’IS

Si la SCI à l’IS termine une année avec plus de charges que de recettes, on parle de déficit. Ce déficit n’est pas perdu. La SCI le conserve et le déduit de ses bénéfices des années suivantes, ce qui réduit mécaniquement l’impôt à payer à ce moment-là.

En revanche, à l’IR, le déficit foncier de la SCI s’impute directement sur le revenu global des associés dans la limite de 10 700 € par an (ou 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique éligibles), puis se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Les deux mécanismes sont différents, et le choix dépend de la situation fiscale personnelle des associés.

Quels sont les inconvénients de la SCI à l’IS ?

La SCI à l’IS comporte des contreparties significatives qu’il est important de les mesurer avant de prendre une décision, surtout si une revente du bien est envisagée à moyen terme.

La plus-value à la revente calculée sans abattement

La plus-value de la SCI à la revente calculée sans abattement est l’inconvénient le plus lourd de la fiscalité de la SCI impôt sur les sociétés. Quand la SCI revend son bien, la plus-value est calculée entre le prix de vente et la valeur nette comptable du bien. La valeur nette comptable correspond à la valeur d’origine du bien diminuée de tous les amortissements pratiqués depuis son entrée dans l’actif de la SCI.

Autrement dit, plus la SCI a amorti le bien, plus la valeur nette comptable est faible, et donc plus la plus-value professionnelle imposable est élevée.

Et contrairement au régime IR, il n’existe aucun abattement pour durée de détention en IS. De ce fait, aucune exonération totale n’est possible, quelle que soit la durée de détention.

La SCI de Pierre a acquis un immeuble pour 400 000 € et a pratiqué 42 500 € d’amortissements sur 15 ans. La valeur nette comptable est de 357 500 €. Si Pierre revend l’immeuble 500 000 €, la plus-value imposable à l’IS est de 142 500 €, soit 35 625 € d’IS au taux de 25 %. À l’IR, les abattements applicables après 15 ans de détention auraient réduit significativement cette imposition.
La plus-value à la revente dans une SCI à l’IS peut être très élevée après plusieurs années d’amortissements. Pensez à anticiper cette fiscalité dès la création de la SCI, notamment si une revente est envisagée à moyen terme.

La double imposition lors de la distribution des dividendes

Quand les associés souhaitent récupérer les bénéfices de la SCI, ils doivent voter une distribution de dividendes de la SCI. Or, ces dividendes ont déjà supporté l’IS au niveau de la société.

Les dividendes de la SCI sont ensuite imposés une seconde fois au niveau des associés, via la flat tax de 31,4 %, comprenant 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. C’est ce qu’on appelle la double imposition économique.

En pratique, un euro de bénéfice dans la SCI peut supporter deux niveaux d’imposition avant d’arriver dans le patrimoine personnel d’un associé.

L’obligation de comptabilité commerciale

La comptabilité de la SCI à l’IS est obligatoirement soumise à la comptabilité commerciale.

Concrètement, la SCI à l’IS doit tenir une comptabilité rigoureuse en partie double, établir des comptes annuels (donc bilan, compte de résultat, annexe…) et déposer une déclaration fiscale annuelle.

En pratique, cela nécessite presque toujours le recours à un expert-comptable, ce qui représente un coût annuel fixe.

En revanche à l’IR, une SCI dont tous les associés sont des personnes physiques bénéficie d’obligations comptables bien plus légères.

Les déficits ne s’imputent pas sur les revenus des associés

En SCI à l’IS, les déficits restent dans la société. Les déficits ne peuvent pas être déduits des revenus personnels des associés.

À l’IR en revanche, le déficit foncier peut s’imputer sur le revenu global des associés dans la limite de 10 700 € par an, ce qui permet de réduire immédiatement leur impôt personnel.

Ainsi, pour un investisseur qui cherche à optimiser sa fiscalité personnelle à court terme grâce à un déficit, la SCI à l’IR peut donc être plus avantageuse.

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Comment choisir entre SCI à l’IS et SCI à l’IR ?

Le choix entre les deux régimes dépend avant tout de la situation fiscale personnelle des associés, de la durée de détention prévue et des objectifs patrimoniaux. Voici les critères essentiels pour trancher.

Critère SCI à l’IR SCI à l’IS
Imposition des loyers Quote-part des revenus fonciers des associés Résultat net de la SCI à 15 % ou 25 %
Amortissement du bien Non autorisé Autorisé sur la durée de vie du bien
Charges déductibles Limitées aux revenus fonciers Plus larges (frais d’acquisition, rémunération gérant…)
Plus-value à la revente Régime des plus-values immobilières avec abattements Plus-value professionnelle sans abattement
Distribution des bénéfices Imposition directe des associés Dividendes soumis à la flat tax à 31,4 %
Déficit Imputable sur le revenu global (dans la limite de 10 700 €/an) Report sur les bénéfices futurs de la SCI uniquement
Comptabilité Allégée pour les SCI avec associés personnes physiques Comptabilité commerciale obligatoire
Option irrévocable Non Oui, après 5 exercices

Les situations où l’IS est préférable

La SCI à l’IS est généralement pertinente pour les associés dont la tranche marginale d’imposition dépasse 30 %. Dans ce cas, l’imposition des loyers à l’IS (à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà) est plus favorable que l’imposition au barème progressif de l’IR.

De même, la SCI à l’IS convient aux projets immobiliers avec un fort potentiel d’amortissement, ou lorsque les associés souhaitent capitaliser les bénéfices dans la société sans les distribuer immédiatement.

Antoine et Léa, tous deux cadres supérieurs imposés à 45 %, créent une SCI pour acquérir un immeuble de rapport. Opter pour l’IS leur permet d’être imposés à 15 % sur les premiers 100 000 € de bénéfice plutôt qu’à 45 % à titre personnel, ce qui représente un gain fiscal immédiat significatif.

Il faut savoir également que le taux réduit de 15 % est soumis à deux conditions cumulatives :

  • Le chiffre d’affaires de la SCI doit être inférieur à 10 000 000 € ;
  • Le capital de la SCI doit être détenu à au moins 75 % par des personnes physiques et entièrement libéré.
Une SCI dont l’un des associés est une société (comme une holding, une SARL ou une SAS)  peut donc être exclue du taux réduit.

Les situations où l’IR est préférable

En revanche, le régime de l’IR pour une SCI reste plus adapté lorsque les associés sont faiblement imposés à l’IR, ou lorsqu’ils souhaitent revendre le bien à moyen terme et bénéficier des abattements sur les plus-values immobilières.

De même, la SCI à l’IR est souvent préférée dans le cadre d’une SCI familiale dont l’objectif principal est la transmission du patrimoine, notamment parce que la fiscalité des donations et successions de parts de SCI à l’IR peut être plus favorable selon la situation des héritiers.

Comment est imposée la plus-value dans une SCI à l’IS ?

Lors de la cession d’un bien immobilier détenu par une SCI à l’IS, la plus-value professionnelle est calculée selon le prix de cession moins la valeur nette comptable du bien, c’est-à-dire sa valeur d’acquisition réduite de l’ensemble des amortissements pratiqués depuis l’entrée du bien dans l’actif de la SCI.

Cette plus-value à la revente est ensuite soumise à l’IS au taux normal de 25 %. Il n’existe aucun mécanisme d’abattement pour durée de détention, contrairement au régime des plus-values immobilières privées applicable aux particuliers ou aux SCI à l’IR.

La SCI de Pierre a acquis un immeuble pour 400 000 € et a pratiqué 42 500 € d’amortissements sur 15 ans. La valeur nette comptable est de 357 500 €. Si Pierre revend l’immeuble 500 000 €, la plus-value imposable à l’IS est de 142 500 €, soit 35 625 € d’IS au taux de 25 %. À l’IR, les abattements applicables après 15 ans de détention auraient réduit significativement cette imposition.

En pratique, plus la SCI a amorti le bien sur une longue période, plus la valeur nette comptable est réduite, et donc plus la base imposable de la plus-value est élevée.

Il n’existe aucune exonération totale possible sur les plus-values immobilières dans une SCI à l’IS, contrairement à l’exonération sur résidence principale applicable aux particuliers. C’est pourquoi la durée de détention prévue du bien immobilier est un facteur déterminant dans le choix du régime fiscal.

Comment sont imposés les associés d’une SCI à l’IS ?

Dans une SCI à l’IS, les associés ne sont pas imposés sur les bénéfices réalisés par la société tant que ces bénéfices ne leur sont pas distribués. Dans une SCI à l’IS, les associés ne sont imposés personnellement que lorsqu’ils perçoivent des dividendes. C’est une différence fondamentale avec la SCI à l’IR, où chaque associé est imposé chaque année sur sa quote-part des bénéfices, qu’il ait ou non encaissé de l’argent.

Dividendes et flat tax à 31,4 %

Lorsque les associés décident de se distribuer les bénéfices de la SCI à l’IS, les sommes perçues sont qualifiées de dividendes SCI . En %%curentyear%%, ces dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax à 31,4 %. La flat tax comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.”

Les associés peuvent toutefois opter pour l’imposition de leurs dividendes au barème progressif de l’IR. Dans ce cas, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % sur la partie soumise à l’impôt sur le revenu, ce qui réduit significativement la base imposable.

De plus, une fraction de la CSG (6,8 %) devient déductible du revenu imposable l’année suivante, ce qui n’est pas possible avec la flat tax.

En revanche, les associés restent redevables des prélèvements sociaux de 18,6 % sur le montant brut des dividendes, sans abattement. Cette option peut être avantageuse si la tranche marginale d’imposition de l’associé est inférieure à 12,8 %. Elle est globale car elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values mobilières de l’associé pour l’année concernée.

Élodie détient 50 % des parts d’une SCI à l’IS qui distribue 20 000 € de dividendes. Sa quote-part est de 10 000 €. Avec la flat tax de 31,4 %, elle paie 3 140 € d’impôt, après que la SCI a déjà acquitté l’IS sur ses bénéfices. Si elle opte pour le barème progressif et que sa tranche marginale est de 11 %, elle paie seulement 2 520 € au total grâce à l’abattement de 40 %.

Le compte courant d’associé comme alternative aux dividendes

Le compte courant d’associé est une alternative méconnue mais efficace à la distribution de dividendes. Un associé peut prêter des fonds à la SCI à l’IS, qui lui verse en retour des intérêts. Pour l’associé, ces intérêts constituent un revenu de capitaux mobiliers soumis à la flat tax de 31,4 % (ou au barème progressif de l’IR sur option). Pour la SCI, ces intérêts sont déductibles de son résultat imposable, ce qui réduit l’IS à payer.

Toutefois, la déductibilité des intérêts est plafonnée. Les intérêts versés à un associé ne sont déductibles du résultat de la SCI que dans la limite du taux effectif moyen (TEMP), c’est-à-dire le taux moyen pratiqué par les banques pour les prêts à taux variable aux entreprises sur plus de deux ans.

Le taux effectif moyen est publié chaque trimestre par l’administration fiscale. Les intérêts versés au-delà de ce plafond ne sont pas déductibles et viennent augmenter la base imposable de la SCI à l’IS.

Voici les taux maximaux déductibles applicables en 2026 selon la date de clôture de l’exercice :

Période de clôture de l’exercice Taux maximal déductible
Exercices clos au 31/12/2025 4,70 %
Exercices clos du 31/01 au 27/02/2026 4,49 %
Exercices clos du 28/02 au 30/03/2026 4,44 %
Exercices clos du 31/03 au 29/04/2026 4,39 %
Exercices clos du 30/04 au 30/05/2026 4,37 %
Exercices clos du 31/05 au 29/06/2026 4,34 %

En pratique, le compte courant d’associé permet de rémunérer les associés sans passer par une distribution de dividendes soumise à une double imposition complète. C’est donc un outil de pilotage du revenu imposable des associés particulièrement intéressant dans une SCI à l’IS bien gérée.

Comment passer une SCI de l’IR à l’IS ?

La SCI soumise à l’impôt sur les sociétés peut opter pour ce régime fiscal dès sa création ou en cours de vie sociale. La démarche est relativement simple, mais ses conséquences sont durables et méritent une analyse approfondie avant toute décision.

Option pour l’IS à la création de la SCI ou en cours de vie sociale

Lors de la création de la SCI, les associés peuvent choisir d’emblée le régime IS en le précisant dans les statuts ou en notifiant l’option au service des impôts des entreprises. C’est la solution la plus simple, car elle évite toute complexité liée au changement de régime.

En cours de vie sociale, une SCI à l’IR peut opter pour l’IS à tout moment. L’option doit être notifiée au service des impôts des entreprises avant la fin du troisième mois de l’exercice au titre duquel la SCI souhaite être soumise à l’IS pour la première fois. Au-delà de ce délai, l’option ne prend effet que pour l’exercice suivant.

La SCI de Nathalie clôture ses exercices au 31 décembre. Si Nathalie souhaite que la SCI bascule à l’IS à compter du 1er janvier 2026, elle doit notifier l’option au service des impôts avant le 31 mars 2026.

Le délai de rétractation de 5 exercices et ses conditions

L’option pour l’IS n’est pas immédiatement définitive. En effet pendant une période de cinq exercices suivant l’exercice au titre duquel l’option a pris effet, la SCI peut renoncer à l’IS et revenir au régime de l’IR. Cette renonciation doit être notifiée au service des impôts des entreprises avant la clôture du premier exercice concerné par le retour à l’IR.

Passé ce délai de cinq exercices, l’option IS devient irrévocable. La SCI reste définitivement soumise à l’impôt sur les sociétés, sans possibilité de retour au régime de l’IR.
La SCI à l’IS est un régime fiscal puissant pour les investisseurs immobiliers fortement imposés à l’IR, qui souhaitent profiter de l’amortissement du bien et piloter leur revenu imposable sur le long terme. En revanche, la SCI à l’IS se révèle pénalisante en cas de revente, en raison d’une plus-value professionnelle calculée sans abattement sur la valeur nette comptable après amortissements.

FAQ

Une SCI à l'IS peut-elle faire de la location meublée ?

La location meublée exercée par une SCI entraîne automatiquement l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés dès lors que les recettes de location meublée dépassent 10 % du chiffre d'affaires total de la société. En dessous de ce seuil, la SCI peut rester à l'IR.

Les associés d'une SCI à l'IS paient-ils des impôts sur les bénéfices non distribués ?

Dans une SCI à l'IS, les associés ne sont pas imposés sur les bénéfices conservés dans la société. Seule la SCI acquitte l'IS sur son résultat fiscal, et les associés ne sont imposés personnellement que lorsqu'ils perçoivent des dividendes en SCI.

Peut-on déduire les intérêts d'emprunt dans une SCI à l'IS ?

Les intérêts d'emprunt sont intégralement déductibles du résultat imposable d'une SCI à l'IS, sans plafond spécifique pour une SCI de taille standard. Combinée à l'amortissement immobilier, cette déduction peut permettre à la SCI de dégager un résultat fiscal quasi nul pendant plusieurs années.

Quelle déclaration fiscale doit déposer une SCI à l'IS ?

Une SCI à l'IS doit déposer chaque année une déclaration de résultat via le formulaire 2065, par voie électronique, dans les trois mois suivant la clôture de l'exercice. La SCI doit également tenir une comptabilité commerciale complète et déposer ses comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.

SCI IS ou SCI IR : quel régime choisir pour une SCI familiale ?

Dans le cadre d'une SCI familiale dont l'objectif est la transmission du patrimoine, le régime IR est souvent privilégié car les plus-values bénéficient d'abattements pour durée de détention pouvant mener à une exonération totale. La SCI à l'IS reste plus adaptée pour une SCI familiale à vocation locative avec des associés fortement fiscalisés souhaitant capitaliser les revenus.

Une SCI à l'IS peut-elle bénéficier des abattements sur la résidence principale des associés ?

La SCI à l'IS ne peut pas bénéficier de l'exonération de plus-value sur résidence principale, car la cession d'un bien relève du régime des plus-values professionnelles, sans abattement. En revanche, dans une SCI à l'IR, l'associé occupant le bien peut, sous certaines conditions, bénéficier d'une exonération partielle à hauteur de sa quote-part.

Comment calculer la valeur des parts d'une SCI à l'IS avec impôt latent lors d'une cession ?

Lors de la cession de parts d'une SCI à l'IS, l'acheteur déduit du prix des parts l'impôt latent que la société devra payer sur les plus-values non encore réalisées. Ce mécanisme, appelé décote IS, minore mécaniquement la valeur des parts par rapport à la valeur de marché du bien détenu par la SCI.
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Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 19/05/2026

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Je suis perdue pour savoir si je conserve ma sci à l IR ou si je passe à l Os sachant que mon idée était d avoir un studio de rapport location en complément de ma retraite et céder des parts peu à peu à ma fille.

Bonjour, D’un point de vue général, le choix du régime fiscal d’une Société Civile Immobilière (SCI) entre l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS) s’articule autour de la nature des revenus locatifs et de la stratégie de transmission patrimoniale. À l’IR, les bénéfices sont imposés directement au niveau des associés, ce qui s’applique principalement aux locations nues sous peine de requalification commerciale, et permet de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les plus-values au bout d’un certain délai de détention du bien. À l’IS, c’est la société qui supporte l’impôt, ce qui permet de déduire des charges… Lire la suite »

Bonjour,
Je ne comprends pas bien l’intérêt de la SCI à l’IS pour les revenus élevés. Est-ce simplement dans l’hypothèse de ne pas se verser de dividendes? Sauf erreur de ma part, ces derniers sont imposés à un peu plus de 30% actuellement. Et ils auront déjà subit une imposition de 15 à 25% via l’IS. L’intérêt réside t il donc uniquement dans la possibilité d’amortir le bien ou de déduire les frais d’acquisition? A la condition que l’argent ne sorte pas de la SCI et de réinvestir perpétuellement?
Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Bonjour, La SCI peut opter pour l’impôt sur les sociétés conformément à l’article 239 du Code général des impôts. Dans ce régime, les bénéfices sont imposés au niveau de la société (art. 206 CGI). Les distributions aux associés sont ensuite imposées comme revenus de capitaux mobiliers (art. 108 et 109 CGI). Les règles d’amortissement et de déduction des charges relèvent des dispositions fiscales applicables aux sociétés soumises à l’IS. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit fiscal afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous… Lire la suite »

Bonjour,
La SCI est en France, le gérant également mais les associés sont en Suisse.
Comment va se passer l’imposition : IS , IR ou autre pour les associés suisse ?

Bonjour,

Le régime fiscal d’une SCI dépend de son option ou non pour l’impôt sur les sociétés (art. 206 et 239 CGI). À défaut d’option, elle relève en principe de l’IR (art. 8 CGI). Les associés non résidents sont imposables en France sur leurs revenus de source française (art. 4 A et 164 B CGI), sous réserve des conventions fiscales internationales.

Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit fiscal afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour, dans une optique d’épargne et de transmission, j’ai en projet de créer une SCI familiale (à lS) avec ma compagne avec un capital sociale faible (disons 1000€). L’idée est que nous (les 2 associés) alimentions en compte courant d’associé la SCI pour qu’elle achète des parts de SCPI. Ce prêt nous permettrait de récupérer les dividendes perçus par la SCI sans fiscalité tant que le CC d’associé est négatif. Au bout d’un certain temps, l’idée est de démembrer la SCI et de donner la nue propriété à nos enfants. Ma question porte sur la fiscalité applicable lors de la… Lire la suite »

Bonjour, Votre demande implique l’application de règles fiscales à une structuration déterminée. Nous ne pouvons l’analyser. À titre général, le boni de liquidation correspond à l’excédent d’actif net sur les apports (art. 1844-9 C. civ.). En cas d’IS, il est assimilé à un revenu distribué (art. 112 du CGI) et soumis aux règles des distributions (art. 158 du CGI). Le compte courant d’associé constitue une créance distincte de l’apport en capital. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat fiscaliste afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous… Lire la suite »

Bonjour,
Je voudrait détenier un appartement en France en SCI, imposé à l’IR, je suis résident fiscal suisse, je dois rien déclaré en France, mais plutôt en suisse?
merci

Bonjour, Si vous détenez un bien immobilier en France par l’intermédiaire d’une SCI imposée à l’impôt sur le revenu (IR), les revenus fonciers générés en France restent imposables en France, même si vous êtes résident fiscal en Suisse. En tant qu’associé non résident, vous devez déclarer votre quote-part de revenus en France, puis la reporter également dans votre déclaration suisse, avec un mécanisme d’élimination de la double imposition prévu par la convention fiscale franco-suisse. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons… Lire la suite »

Bonsoir, sci familliale is sans revenu, residence secondaire, il y a t-il une taxation?

Bonjour, Même si une SCI familiale ne génère pas de revenus et possède uniquement une résidence secondaire, elle est tout de même soumise à certaines obligations fiscales. La SCI doit déclarer ses biens immobiliers à l’administration fiscale, notamment en ce qui concerne la taxe foncière, qui est due chaque année sur les propriétés immobilières, y compris les résidences secondaires. De plus, même en l’absence de revenus, si la SCI possède un bien, elle devra s’acquitter de la taxe d’habitation sur la résidence secondaire, sauf si un exonération spécifique s’applique. En revanche, si la SCI est soumise à l’impôt sur les… Lire la suite »

Bonjour, si l’on choisit l’IR à la création de la SCI et que l’on veut ensuite opter pour l’IS, le changement est-il possible ? Y a-t-il des conditions ?

Bonjour, Une SCI relevant de plein droit de l’impôt sur le revenu (IR) peut opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) de manière expresse, au sens de l’article 239 du Code général des impôts. Cette option est possible à tout moment et sans condition de délai depuis la création de la société, à condition d’en informer l’administration fiscale dans les délais prévus. A noter que l’option pour l’IS est irrévocable : une fois exercée, il n’est plus possible de revenir au régime de l’IR. Elle doit être formulée par une décision unanime des associés et notifiée au service des impôts… Lire la suite »

Bonjour 1- Je souhaite créer une SCI en prêtant 100% de la somme à la société + 5% d’intérêt sur ce prêt, et donc sans emprunt bancaire. 2- Je ne ferai sans doute pas de plus value car je le paie cher. 3- l’exploitation du local sera faite par une autre société à qui ma SCI louera le lieu. Je compte donc récupérer les sommes prêtées à la SCI en remboursement des comptes courants, en les prenant donc sur les revenus locatifs de la SCI. Quel est le meilleur statut (IR ou IS) pour se faire et payer le moins… Lire la suite »

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Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.