Quel expert-comptable pour un dentiste ?
Dernière mise à jour le 12/10/2026
- Un dentiste a-t-il l’obligation de prendre un expert-comptable ?
- Quelles sont les missions de l’expert-comptable d’un cabinet dentaire ?
- Quel régime fiscal pour un chirurgien-dentiste en fonction de son statut ?
- Combien coûte un expert-comptable pour un chirurgien-dentiste ?
- Comment choisir son expert-comptable quand on est dentiste ?
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- Aucun texte n’oblige un chirurgien-dentiste à prendre un expert-comptable, mais la tenue d’une comptabilité reste obligatoire dès le premier euro encaissé.
- Au-delà de 83 600 € de recettes annuelles en 2026, le micro-BNC ne s’applique plus et la déclaration 2035 devient la règle.
- L’expert-comptable d’un dentiste gère les déclarations fiscales, les cotisations Urssaf et CARCDSF et la paie des assistantes dentaires.
- Un expert-comptable coûte en général entre 1 200 € et 2 500 € HT par an pour un dentiste en nom propre, davantage pour une société d’exercice libéral (tarifs à destination de professionnels, prix constatés en octobre 2026).
Entre les soins, le planning et le suivi des patients, la comptabilité passe souvent au second plan dans un cabinet dentaire. Pourtant, les chiffres d’un chirurgien-dentiste ont leurs particularités. Ils mêlent des recettes conventionnées, des cotisations en partie prises en charge par l’Assurance maladie, une caisse de retraite propre à la profession et des investissements lourds en matériel. Un expert-comptable pour dentiste, habitué à ces règles, vous fait gagner du temps et sécurise vos déclarations. Un expert-comptable pour chirurgien-dentiste vous aide aussi à faire les bons choix au moment de l’installation ou du passage en société. Le type d’accompagnement dont vous avez besoin dépend d’abord de votre mode d’exercice, en nom propre ou en société.
Un dentiste a-t-il l’obligation de prendre un expert-comptable ?
Un chirurgien-dentiste n’a aucune obligation légale de faire appel à un expert-comptable, qu’il exerce son activité en nom propre ou en société.
Cependant, la profession d’expert-comptable est réglementée et placée sous le contrôle de son Ordre professionnel, mais aucun texte ne rend son intervention obligatoire pour les professions libérales de santé.
L’obligation légale porte sur la comptabilité du dentiste elle-même. Ses obligations comptables varient alors selon son statut juridique. En micro-BNC, un livre des recettes suffit. En déclaration contrôlée, le dentiste tient un livre des recettes et des dépenses, un registre des immobilisations, et il dépose chaque année la déclaration 2035. En SELARL ou en SELAS, les obligations sont celles d’une société. Il faut établir un bilan, un compte de résultat et une liasse fiscale, puis déposer les comptes au greffe.
Toutefois, en pratique, la plupart des dentistes installés délèguent leur comptabilité, surtout au-delà de 83 600 € de recettes annuelles. Une erreur sur la 2035 ou sur la régularisation des cotisations coûte vite plus cher que les honoraires d’un cabinet. La question de choisir un expert-comptable pour une profession libérale se pose donc dès l’installation.
Quelles sont les missions de l’expert-comptable d’un cabinet dentaire ?
L’expert-comptable d’un cabinet dentaire prend en charge tout ce qui touche aux chiffres du praticien. La lettre de mission signée avec lui fixe le périmètre exact. Elle couvre en général :
- La tenue de la comptabilité et les déclarations fiscales ;
- Le calcul et le suivi des cotisations sociales ;
- La paie des salariés du cabinet ;
- Le suivi de la TVA et de la facturation électronique ;
- L’accompagnement lors des grandes décisions, comme l’installation, le passage en société ou la cession.
La tenue comptable et les déclarations fiscales
En nom propre, l’expert-comptable d’un dentiste enregistre les recettes et les dépenses à partir des relevés bancaires et des télétransmissions. Il établit ensuite la déclaration 2035, qui détermine les bénéfices non commerciaux (BNC) du praticien. Pour les revenus 2025, elle devait être télétransmise au plus tard le 20 mai 2026.
L’expert-comptable d’un dentiste suit aussi les immobilisations du cabinet. Un fauteuil, un cône beam (scanner 3D dentaire) ou une radio panoramique ne se déduisent pas en une seule fois. Leur coût est étalé sur plusieurs années grâce à l’amortissement comptable.
En SELARL ou en SELAS, l’expert-comptable établit les comptes annuels et la liasse fiscale, c’est-à-dire l’ensemble des formulaires qui servent à déclarer le résultat de la société. Il prépare aussi l’approbation des comptes et leur dépôt au greffe.
Les cotisations sociales
Le chirurgien-dentiste conventionné relève du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC). Ses cotisations maladie, allocations familiales et CSG-CRDS sont versées à l’Urssaf. L’Assurance maladie en prend une partie en charge sur les revenus tirés de l’activité conventionnée.
La retraite du chirurgien-dentiste dépend de la CARCDSF, la caisse des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes. En 2026, la CARCDSF appelle une cotisation de retraite de base proportionnelle aux revenus, une retraite complémentaire avec un forfait de 3 210,60 €, une cotisation de prestations complémentaires de vieillesse et un régime invalidité-décès de 1 235 €.
La réforme de l’assiette sociale des indépendants calcule désormais les cotisations sur une base unique, après un abattement forfaitaire de 26 %. Cette réforme s’applique pour la première fois à la régularisation des revenus 2025. L’expert-comptable contrôle les appels de cotisations et anticipe les régularisations pour éviter les mauvaises surprises de trésorerie.
La paie des assistantes dentaires et des salariés
Un cabinet dentaire emploie souvent une ou plusieurs assistantes dentaires, parfois une secrétaire. L’expert-comptable établit les bulletins de paie, déclare les salaires chaque mois par la déclaration sociale nominative (DSN) et applique la convention collective des cabinets dentaires (IDCC 1619). Il accompagne aussi le praticien lors d’une embauche ou d’une fin de contrat.
La TVA et la facturation électronique
Les soins dentaires et les prothèses sur mesure sont exonérés de TVA en vertu de l’article 261 du Code général des impôts. Certains actes restent taxables, comme les soins esthétiques sans but thérapeutique ou les expertises. Depuis le 1er septembre 2026, chaque cabinet doit en outre pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. Votre expert-comptable vous aide à mettre en place cette facturation électronique.
Quel régime fiscal pour un chirurgien-dentiste en fonction de son statut ?
Le mode d’exercice d’un chirurgien-dentiste décide de la façon dont ses bénéfices sont imposés et dont ses cotisations sont calculées. C’est aussi sur ce choix que l’expert-comptable apporte le plus de valeur ajoutée.
| Mode d’exercice | Imposition des bénéfices | Régime social | Rôle de l’expert-comptable |
|---|---|---|---|
| Nom propre, micro-BNC | Impôt sur le revenu après un abattement de 34 % | PAMC et CARCDSF | Facultatif, utile pour comparer avec le réel |
| Nom propre, déclaration contrôlée | Impôt sur le revenu sur le bénéfice réel (2035) | PAMC et CARCDSF | Tenue comptable et déclaration 2035 |
| SELARL | Impôt sur les sociétés, dividendes au prélèvement forfaitaire unique (PFU) | Gérant majoritaire travailleur non salarié, CARCDSF | Comptes annuels, rémunération et dividendes |
| SELAS | Impôt sur les sociétés, dividendes au PFU | Président assimilé salarié pour son mandat, soins rattachés à la CARCDSF | Comptes annuels et paie du président |
| SCM | Pas d’imposition propre, chaque associé déclare sa quote-part | Pas de régime propre | Comptes de la SCM et répartition des frais |
Le choix du statut juridique d’une profession libérale se fait souvent à l’installation. Il se réexamine ensuite quand les recettes augmentent. Pour partager un local, du matériel ou du personnel entre confrères, beaucoup de praticiens créent une société civile de moyens (SCM) en plus de leur exercice individuel.
Un chirurgien-dentiste qui exerce en son nom propre
L’article 102 ter du Code général des impôts réserve le régime micro-BNC aux praticiens dont les recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 € HT. Ce seuil vaut pour 2026, 2027 et 2028. Le bénéfice imposable est alors calculé avec un abattement automatique de 34 %, sans déduction des frais réels.
Le régime micro-BNC vise surtout les dentistes collaborateurs ou remplaçants en début de carrière, sous le seuil de 83 600 €. Pour un praticien installé, le loyer, le matériel, le prothésiste et le personnel dépassent presque toujours 34 % des recettes. La déclaration contrôlée devient alors plus intéressante, car elle permet de déduire les charges réelles.
Julien, chirurgien-dentiste remplaçant, encaisse 60 000 € de rétrocessions dans l’année, soit la part des honoraires que lui reverse le titulaire du cabinet. En micro-BNC, il serait imposé sur 39 600 €. Ses charges réelles, cotisations sociales comprises, atteignent 25 000 €. En déclaration contrôlée, son bénéfice imposable descend à 35 000 €. L’option pour le réel réduit sa base imposable de 4 600 €, ce qui montre que le bon régime dépend du niveau de vos charges.
Un chirurgien-dentiste qui exerce en SEL
La SELARL et la SELAS sont soumises à l’impôt sur les sociétés. Sous conditions, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu’à 42 500 €, puis à 25 %. Depuis l’ordonnance du 8 février 2023, entrée en vigueur le 1er septembre 2024, plus de la moitié du capital et des droits de vote doit être détenue par des professionnels en exercice. La société doit aussi être inscrite au tableau de l’Ordre des chirurgiens-dentistes.
Le chirurgien-dentiste associé d’une SEL se rémunère de deux façons. D’un côté, la rémunération de son activité de soins est imposée dans la catégorie des BNC. De l’autre côté, les dividendes supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, sauf option pour le barème progressif.
En SELARL, l’article L131-6 du Code de la sécurité sociale soumet une partie des dividendes du gérant majoritaire aux cotisations sociales. Il s’agit de la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants d’associés, c’est-à-dire les sommes que l’associé a prêtées à sa société. Pour le président de SELAS, la question n’est pas encore tranchée. Cette règle des 10 % pèse lourd dans l’arbitrage entre SELAS ou SELARL, et l’expert-comptable du dentiste la chiffre avec lui.
Combien coûte un expert-comptable pour un chirurgien-dentiste ?
Les honoraires d’un expert-comptable pour un dentiste sont libres. Ils varient selon le volume d’écritures, le nombre de salariés, la forme de la structure et le niveau d’accompagnement attendu. Les fourchettes ci-dessous correspondent aux prix couramment pratiqués et restent indicatives (tarifs à destination de professionnels, prix constatés en octobre 2026).
| Prestation | Fourchette indicative HT | À noter |
|---|---|---|
| Forfait annuel en nom propre (déclaration contrôlée) | 1 200 € à 2 500 € par an | 2035, suivi des cotisations, accès à un logiciel |
| Forfait annuel en SELARL ou SELAS | 2 500 € à 5 000 € par an | Comptes annuels, liasse fiscale, approbation des comptes |
| Bulletin de paie | 20 € à 35 € par bulletin | Selon le nombre de salariés |
| Prévisionnel d’installation | 300 € à 1 000 € | Souvent demandé par la banque |
| Création de la société | 300 € à 1 500 € | Hors annonce légale et frais d’immatriculation |
Les cabinets d’expertise comptable en ligne affichent souvent des forfaits à partir de 80 € HT par mois environ pour une activité libérale (tarifs à destination de professionnels, prix constatés en octobre 2026). Un cabinet de proximité facture en général davantage, avec en contrepartie des rendez-vous en face à face. Le tarif des prestations d’un expert-comptable varie aussi selon la région et la taille du cabinet.
Comment choisir son expert-comptable quand on est dentiste ?
Les points à vérifier pour choisir son cabinet d’expertise comptable
Un cabinet comptable généraliste peut tenir la comptabilité d’un chirurgien-dentiste. Un cabinet habitué aux professions de santé ira plus vite et commettra moins d’erreurs. Avant de signer la lettre de mission, vérifiez les points suivants :
- Le cabinet suit déjà des chirurgiens-dentistes ou d’autres praticiens conventionnés ;
- Les collaborateurs du cabinet connaissent le régime PAMC, le barème de la CARCDSF et la règle des 10 % en SEL ;
- Les outils proposés récupèrent automatiquement vos relevés bancaires et vos justificatifs ;
- La facturation électronique et le choix d’une plateforme agréée font partie de l’accompagnement ;
- Un délai de réponse est garanti, avec un interlocuteur identifié ;
- La lettre de mission distingue les prestations incluses de celles facturées en plus.
Cabinet d’expertise comptable en ligne ou cabinet de proximité ?
| Critère | Cabinet en ligne | Cabinet de proximité |
|---|---|---|
| Prix | Forfait mensuel souvent plus bas | Honoraires généralement plus élevés |
| Échanges | Visio, téléphone, messagerie | Rendez-vous au cabinet possibles |
| Outils | Plateforme et synchronisation bancaire intégrées | Variables selon le cabinet |
| Profil adapté | Structure simple, praticien à l’aise avec le numérique | Structure complexe, besoin de rencontres régulières |
Un expert-comptable en ligne convient bien à un cabinet dentaire en nom propre ou à une SELARL unipersonnelle. Pour une structure à plusieurs associés avec SCM et SPFPL, un cabinet qui propose des rencontres régulières garde son intérêt. LegalPlace propose une offre de comptabilité en ligne avec un expert-comptable ComptaPlace, qui peut prendre le relais dès la création de votre société d’exercice libéral.
Un chirurgien-dentiste n’est jamais obligé de prendre un expert-comptable, mais il doit tenir une comptabilité adaptée à son mode d’exercice. Au-delà de 83 600 € de recettes, la déclaration contrôlée s’impose et la comptabilité se complique. En SELARL ou en SELAS, l’impôt sur les sociétés, le PFU à 31,4 % et la règle des 10 % rendent l’accompagnement presque indispensable. Le budget va d’environ 1 200 € par an en nom propre à plusieurs milliers d’euros en société. Un cabinet familier des professions de santé, de la CARCDSF et du conventionnement reste le choix le plus sûr.
Expertise comptable : demander un devis
Dernière mise à jour le 12/10/2026
FAQ
Un dentiste en micro-BNC a-t-il besoin d'un expert-comptable ?
Un dentiste en micro-BNC n’a pas besoin d’un expert-comptable au quotidien. Il tient un simple livre des recettes et reporte le total sur sa déclaration de revenus, avec un abattement de 34 %. Un expert-comptable reste utile pour une simulation ponctuelle, afin de vérifier si l’option pour la déclaration contrôlée réduirait le bénéfice imposable.
Quel est le seuil du micro-BNC pour un dentiste en 2026 ?
Le seuil du micro-BNC est de 83 600 € HT de recettes annuelles pour 2026, 2027 et 2028. Il était de 77 700 € jusqu’en 2025. Au-delà, le dentiste passe au régime de la déclaration contrôlée et dépose chaque année une déclaration 2035.
Les honoraires de l'expert-comptable sont-ils déductibles ?
Les honoraires de l’expert-comptable d’un dentiste sont déductibles. En nom propre, ils figurent parmi les dépenses de la déclaration 2035. En société, ils sont comptabilisés en charges et réduisent le résultat imposable. La réduction d’impôt spécifique pour frais de comptabilité n’existe plus depuis les revenus 2025.
Un dentiste collaborateur ou remplaçant doit-il tenir une comptabilité ?
Un dentiste collaborateur ou remplaçant doit tenir une comptabilité, car ses revenus sont imposés dans la catégorie des BNC. En micro-BNC, sous 83 600 € de recettes, un livre des recettes suffit. En déclaration contrôlée, il déduit ses frais réels, notamment la redevance versée au titulaire du cabinet.
À quelle caisse de retraite cotise un chirurgien-dentiste ?
Le chirurgien-dentiste cotise à la CARCDSF, la caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes. Elle gère la retraite de base, la retraite complémentaire, les prestations complémentaires de vieillesse et le régime invalidité-décès. Les autres cotisations sont versées à l’Urssaf.
Un dentiste doit-il facturer la TVA ?
Un chirurgien-dentiste ne facture pas de TVA sur les soins et les prothèses sur mesure, qui sont exonérés. La TVA s’applique en revanche à certains actes, comme les soins esthétiques sans but thérapeutique ou les expertises. Un cabinet exonéré doit malgré tout pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026.
Sources de l'article
- Article 102 ter du Code général des impôts
- Article 261 du Code général des impôts
- Article L131-6 du Code de la sécurité sociale
- Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l'exercice en société des professions libérales réglementées
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026
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