Comment faire la déclaration d’impôt de votre SARL en 2026 ?
Dernière mise à jour le 06/08/2026
- Quelles sont les conséquences du régime fiscal de la SARL sur sa déclaration d’impôt ?
- Quelle déclaration pour une SARL à l’impôt sur les sociétés ?
- Quelle déclaration pour une SARL à l’impôt sur le revenu ?
- Comment le gérant de SARL déclare-t-il ses revenus ?
- Les autres déclarations fiscales de la SARL
- Quels délais pour déclarer les impôts de votre SARL en 2026 ?
- Quels risques en cas d’erreur ou de retard dans la déclaration d’impôt de la SARL ?
- Une SARL a deux déclarations bien distinctes. La société déclare son résultat, et le gérant déclare ses propres revenus.
- Le régime fiscal choisi, impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu, détermine le formulaire à déposer et la personne qui paie l’impôt.
- La déclaration de résultat se transmet uniquement en ligne. Pour un exercice clos au 31 décembre 2025, la date limite se situe autour du 20 mai 2026.
- Un retard coûte cher. La majoration est de 10 %, à laquelle s’ajoutent des intérêts de retard de 0,20 % par mois.
Quand vous cherchez comment déclarer les impôts de votre SARL, vous tombez vite sur deux sujets qui n’ont rien à voir. D’un côté, la société doit déclarer chaque année le bénéfice qu’elle a réalisé. De l’autre, vous, en tant que gérant, devez déclarer ce que la société vous a versé. Ces deux déclarations suivent des règles différentes, avec des formulaires et des délais qui leur sont propres. Comprendre cette distinction change tout, car elle vous évite des erreurs fréquentes dans la gestion d’une SARL. Voyons précisément qui déclare quoi, avec quel formulaire, et avant quelle date en 2026.
Quelles sont les conséquences du régime fiscal de la SARL sur sa déclaration d’impôt ?
Le régime fiscal de votre SARL décide de presque tout. Il détermine le formulaire à remplir, la personne qui supporte l’impôt et le mode de calcul du bénéfice imposable. Une SARL peut relever de deux régimes, l’impôt sur les sociétés (IS) par défaut ou l’impôt sur le revenu (IR) sur option et sous conditions dans la limite de 5 ans.
Le choix entre l’IS et l’IR n’est pas qu’une question de taux. Il modifie l’identité même du contribuable. À l’IS, c’est la société qui déclare et paie. À l’IR, ce sont les associés qui portent l’impôt sur leur déclaration personnelle. Le tableau ci-dessous résume ces différences :
| Critère | SARL à l’IS | SARL à l’IR |
|---|---|---|
| Qui déclare le résultat | La société | La société (déclaration d’information) |
| Formulaire de la société | 2065 | 2031 |
| Qui paie l’impôt | La société | Chaque associé |
| Base d’imposition | Bénéfice de la société | Quote-part de chaque associé |
| Taux | 25 % ou 15 % (IS) | Barème progressif de l’IR |
La SARL à l’IS
À l’impôt sur les sociétés, la SARL est un contribuable à part entière. Elle calcule son bénéfice, le déclare et règle l’impôt correspondant. Les associés n’ont rien à déclarer sur ce bénéfice tant qu’ils ne se versent pas de dividendes. L’article 206 du Code général des impôts soumet les SARL à ce régime par principe.
À l’IS, le bénéfice reste dans la société, sauf décision de distribution. Ce régime sépare nettement le patrimoine de l’entreprise de celui des associés. C’est le régime le plus répandu pour l’imposition d’une SARL.
La SARL à l’IR
À l’impôt sur le revenu, la SARL ne paie pas d’impôt elle-même. Elle reste transparente sur le plan fiscal. Elle déclare son résultat pour information, puis ce résultat est réparti entre les associés selon leur part dans le capital. Chaque associé déclare ensuite sa quote-part dans sa propre déclaration de revenus, même s’il n’a rien touché en pratique.
L’option pour l’IR est limitée à cinq exercices, sauf pour la SARL de famille qui peut la conserver sans limite de durée.
IS ou IR : quelle différence concrète sur votre déclaration ?
La différence entre l’IS et l’IR apparaît clairement au moment de déclarer le résultat. À l’IS, la société paie seule. À l’IR, chaque associé est imposé sur sa part, même sans versement réel de rémunération.
Julien dirige une SARL avec deux associés. La société réalise 60 000 euros de bénéfice. À l’IS, la société déclare ce bénéfice sur le formulaire 2065 et paie l’impôt correspondant. Julien et ses associés ne déclarent rien, sauf s’ils se versent des dividendes. À l’IR, la société déclare le même bénéfice sur le formulaire 2031, puis chaque associé reporte sa part sur sa déclaration personnelle. S’il détient un tiers du capital, Julien déclare alors 20 000 euros dans ses revenus, qu’il les ait perçus ou non.
Quelle déclaration pour une SARL à l’impôt sur les sociétés ?
La SARL à l’IS dépose chaque année une liasse fiscale. Ce dossier contient sa déclaration de résultat et un ensemble de tableaux comptables. Le document central est le formulaire 2065. La société y calcule son bénéfice imposable, applique le taux d’IS et détermine le montant dû.
La liasse fiscale et le formulaire 2065
La liasse fiscale regroupe le formulaire 2065 et ses annexes. Le formulaire 2065 récapitule le résultat de l’exercice et l’impôt à payer. Les annexes détaillent le bilan, le compte de résultat et les retraitements fiscaux. Ensemble, ils permettent à l’administration de vérifier le calcul.
Le bénéfice déclaré n’est pas le bénéfice comptable brut. Vous partez du résultat comptable, puis vous le retraitez pour obtenir le résultat fiscal. Certaines charges se réintègrent, d’autres se déduisent. C’est ce résultat fiscal qui sert de base à l’impôt.
Les annexes selon le régime (réel simplifié ou réel normal)
Les annexes à joindre dépendent de votre régime d’imposition des bénéfices. Une petite SARL au réel simplifié remplit des tableaux allégés. Une SARL plus importante au réel normal fournit une liasse plus détaillée.
| Régime | Formulaire de résultat | Tableaux annexes |
|---|---|---|
| Réel simplifié | 2065 | 2033-A à 2033-G |
| Réel normal | 2065 | 2050 à 2059-G |
Le régime réel simplifié s’applique en dessous de certains seuils de chiffre d’affaires. Au-delà, la SARL bascule au réel normal, avec des obligations comptables plus lourdes.
Le paiement de l’IS et les acomptes
L’IS ne se paie pas en une fois. La société verse quatre acomptes dans l’année, calculés sur le bénéfice de l’exercice précédent. Ces acomptes se règlent aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, via le relevé d’acompte 2571. La société régularise ensuite le solde avec le relevé 2572, après la clôture.
Une SARL qui débute ou dont l’IS de référence est inférieur à 3 000 euros n’a pas d’acompte à verser. Elle paie l’intégralité au moment du solde.
Quelle déclaration pour une SARL à l’impôt sur le revenu ?
Quand la SARL a opté pour l’IR, elle ne paie pas l’impôt à la place des associés. Elle déclare son résultat sur un formulaire dédié, puis chaque associé reprend sa part dans sa déclaration personnelle. Ce régime concerne surtout les SARL récentes qui ont exercé l’option, et les SARL de famille.
Le formulaire 2031 et la répartition du résultat
La SARL à l’IR dépose le formulaire 2031, accompagné des mêmes annexes 2033 que le réel simplifié. Ce formulaire présente le bénéfice de la société et sa répartition entre les associés. La société ne calcule aucun impôt sur ce document. Elle sert d’intermédiaire entre son résultat et la déclaration de chaque associé.
La part de chaque associé se calcule selon son pourcentage dans le capital. Un associé qui détient 40 % du capital se voit attribuer 40 % du bénéfice, indépendamment de ce qu’il a réellement perçu.
La déclaration de chaque associé (report sur la 2042)
Chaque associé reporte sa quote-part sur sa déclaration de revenus personnelle. Le montant s’inscrit dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO. Cette part s’ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Le report du résultat à l’IR a une conséquence directe. Vous pouvez être imposé sur un bénéfice que vous n’avez pas touché, parce que la société l’a conservé. C’est pourquoi l’option IR se réfléchit avant tout selon la situation personnelle des associés.
Sophie détient la moitié d’une SARL de famille à l’IR. La société dégage 30 000 euros de bénéfice mais n’en distribue rien pour financer sa croissance. Sophie doit tout de même déclarer 15 000 euros de BIC sur sa déclaration 2042-C-PRO. Ces 15 000 euros s’ajoutent au salaire de son mari et sont imposés au barème du foyer.
Comment le gérant de SARL déclare-t-il ses revenus ?
Le gérant déclare ce que la société lui verse, et rien d’autre. Il peut percevoir une rémunération pour son mandat, et des dividendes s’il est associé. Ces deux revenus ne se déclarent pas de la même façon.
La déclaration de rémunération du gérant
La rémunération du gérant de SARL s’impose dans la catégorie des traitements et salaires. Vous la déclarez comme un salarié classique, avec un abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels. L’article 62 du Code général des impôts rattache la rémunération du gérant majoritaire à cette catégorie.
La rémunération du gérant est le plus souvent préremplie sur votre déclaration, à partir des informations transmises par la société. Vous devez malgré tout vérifier le montant et le corriger si nécessaire.
Les dividendes perçus en tant qu’associé
Les dividendes versés par la SARL suivent un régime fiscal spécifique. Par défaut, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé flat tax. Depuis le 1er janvier 2026, son taux est de 31,4 %. Il se compose de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (article 200 A du Code général des impôts).
Vous pouvez aussi renoncer à la flat tax et choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, vous profitez d’un abattement de 40 % sur le montant des dividendes, mais ce choix s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année. Le choix entre flat tax et barème dépend de votre situation, et l’imposition des dividendes en SARL mérite un calcul au cas par cas.
Les autres déclarations fiscales de la SARL
Au-delà de l’impôt sur les bénéfices, la SARL déclare d’autres taxes tout au long de l’année. La TVA et la contribution économique territoriale concernent la plupart des sociétés.
La déclaration de TVA
La SARL collecte la TVA sur ses ventes et la reverse à l’État, après avoir déduit celle qu’elle a payée sur ses achats. Le rythme des déclarations dépend de son régime de TVA.
En dessous des seuils de franchise en base, la société ne facture pas de TVA et n’en déclare pas. Ces seuils sont de 85 000 € pour la vente de biens et de 37 500 € pour les prestations de services. Entre ces seuils et 945 000 € (biens) ou 286 000€ (services), la SARL relève du régime réel simplifié, avec une déclaration annuelle unique (formulaire CA12), à condition que la TVA due reste inférieure à 15 000 euros. Au-delà, elle passe au régime réel normal de TVA, avec une déclaration mensuelle (formulaire CA3).
La CFE et la CVAE (CET)
La contribution économique territoriale regroupe deux taxes locales. La première est la cotisation foncière des entreprises (CFE), assise sur la valeur locative des locaux utilisés par la société. Toute SARL y est soumise, dès sa deuxième année d’activité. La première année bénéficie d’une exonération.
La seconde est la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Elle ne concerne que les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 500 000 euros. Cette taxe est en cours de suppression progressive, son taux baisse chaque année.
Quels délais pour déclarer les impôts de votre SARL en 2026 ?
La date limite de dépôt de la déclaration de résultat dépend de la date de clôture de votre exercice. La plupart des SARL clôturent au 31 décembre, mais une clôture en cours d’année reste possible. Le tableau ci-dessous récapitule les échéances 2026 selon votre situation.
| Situation | Formulaire | Date limite 2026 |
|---|---|---|
| SARL à l’IS, clôture au 31/12/2025 | 2065 | Autour du 20 mai 2026 (télédéclaration) |
| SARL à l’IR, clôture au 31/12/2025 | 2031 | Autour du 20 mai 2026 (télédéclaration) |
| Clôture en cours d’année | 2065 ou 2031 | Dans les 3 mois suivant la clôture |
| Acomptes d’IS | 2571 | 15 mars, 15 juin, 15 sept., 15 déc. |
La déclaration de résultat se transmet uniquement par voie électronique, via une procédure appelée EDI-TDFC. Le dépôt papier n’existe plus. Vous passez par un partenaire agréé ou par votre expert-comptable.
L’exercice clos au 31 décembre
Pour un exercice clos au 31 décembre 2025, la déclaration se dépose au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai 2026. Les entreprises qui télétransmettent bénéficient d’un délai supplémentaire de quinze jours. En pratique, l’échéance se situe autour du 20 mai 2026.
L’exercice clos en cours d’année
Une SARL qui clôture son exercice à une autre date que le 31 décembre dispose de trois mois pour déposer sa déclaration de résultat. Le compteur démarre à la date de clôture. Une SARL qui clôture au 30 juin 2026 déclare donc au plus tard fin septembre 2026.
Quels risques en cas d’erreur ou de retard dans la déclaration d’impôt de la SARL ?
Un retard ou une erreur dans la déclaration d’impôt de votre SARL entraîne des pénalités. Leur montant dépend de la gravité et de la bonne foi. Une correction spontanée coûte toujours moins cher qu’un redressement.
Les majorations et intérêts de retard
Le retard de dépôt de la déclaration de résultat déclenche plusieurs sanctions. Elles s’appliquent sur le montant de l’impôt dû.
- Une majoration de 10 % pour un dépôt tardif sans mise en demeure ;
- Des intérêts de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an ;
- Une majoration de 40 % en cas de manquement délibéré, c’est-à-dire une erreur volontaire ;
- Une majoration de 80 % en cas de manœuvres frauduleuses.
L’article 1728 du Code général des impôts prévoit ces majorations pour défaut ou retard de déclaration.
Comment corriger une erreur sur sa déclaration d’impôt de SARL ?
Une erreur de déclaration se rattrape. Si vous vous apercevez d’un oubli après le dépôt, vous transmettez une déclaration rectificative. Faite spontanément, cette démarche réduit fortement les pénalités.
Si vous contestez une pénalité ou une imposition, vous pouvez adresser un recours gracieux à l’administration fiscale. Vous demandez alors une remise totale ou partielle des majorations, en expliquant votre situation. Ce recours reste possible même après le paiement.
Une SARL porte deux déclarations d’impôt qu’il ne faut pas confondre. La société déclare son résultat, sur le formulaire 2065 à l’impôt sur les sociétés ou sur le formulaire 2031 à l’impôt sur le revenu. Le gérant, lui, déclare sa rémunération dans la catégorie des traitements et salaires, et ses éventuels dividendes soumis à la flat tax de 31,4 % depuis 2026. La déclaration de résultat se transmet en ligne, avant le 20 mai environ pour un exercice clos au 31 décembre. À cela s’ajoutent la TVA et la contribution économique territoriale. Un retard expose à une majoration de 10 % et à des intérêts de retard, d’où l’intérêt d’anticiper ces échéances.
Dernière mise à jour le 06/08/2026
FAQ
Quel formulaire pour déclarer les impôts d'une SARL ?
Une SARL à l’impôt sur les sociétés déclare son résultat sur le formulaire 2065, accompagné des annexes de la liasse fiscale. Une SARL à l’impôt sur le revenu utilise le formulaire 2031, puis chaque associé reporte sa part sur sa déclaration personnelle 2042-C-PRO.
Quelle est la date limite de déclaration de résultat d'une SARL en 2026 ?
Pour un exercice clos au 31 décembre 2025, la déclaration se dépose autour du 20 mai 2026 grâce au délai accordé aux télétransmissions. Pour un exercice clos en cours d’année, la SARL dispose de trois mois à compter de la clôture.
Une SARL à l'IR paie-t-elle elle-même l'impôt ?
Non. Une SARL à l’impôt sur le revenu ne paie pas l’impôt. Elle déclare son résultat, puis ce résultat est réparti entre les associés. Chaque associé paie l’impôt sur sa quote-part, via sa propre déclaration de revenus.
Comment un gérant majoritaire déclare-t-il ses revenus ?
Le gérant majoritaire déclare sa rémunération dans la catégorie des traitements et salaires, avec un abattement de 10 %. Ses dividendes se déclarent à part et supportent la flat tax. La fraction de dividendes supérieure à 10 % du capital est en plus soumise aux cotisations sociales.
Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax est de 31,4 %. Elle comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec un abattement de 40 % sur les dividendes.
La déclaration d'impôt d'une SARL est-elle obligatoirement en ligne ?
Oui. La déclaration de résultat se transmet uniquement par voie électronique, selon la procédure EDI-TDFC. Le dépôt papier n’est plus accepté. La société passe par un partenaire agréé ou par son expert-comptable.
Que se passe-t-il en cas d'oubli de déclaration ?
Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % et des intérêts de retard de 0,20 % par mois. En cas d’erreur volontaire, la majoration monte à 40 %, et jusqu’à 80 % pour des manœuvres frauduleuses. Une déclaration rectificative spontanée limite ces pénalités.
Peut-on déclarer soi-même les impôts de sa SARL ou faut-il un professionnel ?
Vous pouvez déclarer vous-même les impôts de votre SARL si vous maîtrisez la comptabilité et la fiscalité. La liasse fiscale reste toutefois technique. Beaucoup de dirigeants confient cette obligation à un professionnel pour sécuriser les montants déclarés et respecter les délais.
Sources de l'article
- Article 206 du Code général des impôts
- Article 219 du Code général des impôts
- Article 62 du Code général des impôts
- Article 200 A du Code général des impôts
- Article 1728 du Code général des impôts
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