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  • Créer une SARL en étant salarié du secteur privé est généralement possible, à condition de respecter l’obligation de loyauté ainsi que les clauses d’exclusivité et de non-concurrence du contrat de travail.
  • Une clause d’exclusivité ne peut pas être opposée au salarié pendant 1 an à compter de l’immatriculation de sa SARL, et jusqu’à 2 ans en cas de prolongation du congé pour création d’entreprise.
  • Avec 24 mois d’ancienneté, le salarié peut demander un congé ou un temps partiel pour création d’entreprise, en prévenant son employeur au moins 2 mois à l’avance.

Ouvrir une SARL en ligne en étant salarié constitue une solution intéressante pour augmenter ses revenus ou tout simplement concilier profession et passion. Cette pratique devient de plus en plus courante. Selon l’Insee, 29 % des entreprises créées au premier semestre 2022 l’ont été par des salariés du secteur privé.

Mais avant de se lancer, il convient de bien se renseigner sur les limites d’un tel projet ainsi que sur les aides et aménagements prévus pour le salarié créateur d’entreprise.

Est-il possible de créer une SARL en étant salarié ?

Créer une SARL en étant salarié est tout à fait envisageable dans le secteur privé. La législation actuelle encourage même cette pratique, qui présente surtout des avantages financiers. Cependant, certaines règles régissant le contrat de travail liant l’employé et l’employeur peuvent empêcher la concrétisation d’un tel projet.

D’autre part, le salarié créateur d’entreprise est tenu de respecter également les dispositions légales et conventionnelles en vigueur. En effet, il doit à la fois bien vérifier celles :

  • Du Code du travail ;
  • Prévues dans le contrat de travail.

On peut, par exemple, cumuler salarié et auto-entrepreneur si le contrat de travail le permet.

Les revenus sont déclarés séparément avec leurs propres cotisations. Cela offre des revenus complémentaires mais implique des obligations fiscales et sociales.

Un agent public peut lui aussi créer une entreprise, mais sous des conditions spécifiques. Il doit obtenir l’autorisation de son administration, valable 3 ans au maximum et renouvelable 1 an, et passer à temps partiel (au moins un mi-temps). Certaines professions réglementées sont par ailleurs soumises à des incompatibilités propres à leur statut.

Comment s’effectue la création d’une SARL en étant salarié ?

Pour créer une SARL en étant salarié, le principal concerné peut demander un congé à son employeur. S’il en obtient, il doit veiller à bien respecter les conditions prévues par le contrat de travail. Notons que dans le cadre de la démarche, il a la possibilité de bénéficier de divers dispositifs d’aide à la création de l’entreprise.

Congé pour reprise ou création d’entreprise

Pour pouvoir profiter du temps partiel ou du congé partiel, le créateur salarié doit avoir au moins 24 mois d’ancienneté dans l’entreprise ou le groupe, consécutifs pour un congé à temps plein, sauf accord collectif prévoyant une autre durée. Afin de l’obtenir et avoir du temps libre pour réaliser son projet, il faut qu’il en informe son employeur deux mois à l’avance par tout moyen donnant une date certaine à sa demande, par exemple une lettre ou un courrier électronique recommandé. L’employeur dispose de 30 jours pour y répondre. Une fois ce délai dépassé, une absence de réponse vaudra acceptation.

Il convient de savoir que la lettre doit décrire en quoi consistera l’activité de l’entreprise. Il faudra qu’elle contienne également un certain nombre d’informations parmi lesquelles on retrouve la :

  • Date souhaitée pour la mise en place du congé ;
  • Durée du congé ;
  • Réduction de travail désirée (pour le temps partiel).

Ce type de congé ne donne pas droit à une rémunération. Il dure un an et il est renouvelable une fois, sauf accord collectif prévoyant une autre durée. L’employeur peut toutefois reporter le départ en congé de 6 mois au maximum. Dans une entreprise de moins de 300 salariés, il peut aussi refuser le congé si le salarié a déjà créé ou repris une entreprise moins de 3 ans auparavant. En profitant du dispositif, le salarié peut réintégrer son poste dans le cas où son projet de création d’entreprise échouerait.

Créer une SARL coûte au minimum environ 230 € de frais légaux. Ce montant comprend l’annonce légale de constitution (148 € HT en France métropolitaine), les frais d’immatriculation (33,83 €) et la déclaration des bénéficiaires effectifs (19,33 €). Il faut aussi déposer le capital social. Les frais varient selon l’accompagnement professionnel choisi.

Passer à temps partiel pour créer sa SARL

Le salarié qui veut conserver une partie de son salaire peut demander un passage à temps partiel pour création ou reprise d’entreprise, plutôt qu’un congé à temps plein. La condition d’ancienneté est la même, soit 24 mois, consécutifs ou non, dans l’entreprise ou le groupe. La demande est adressée à l’employeur au moins 2 mois avant la date souhaitée. Elle précise la date de début du temps partiel, l’ampleur de la réduction du temps de travail souhaitée, la durée envisagée et l’activité de la future SARL.

Un avenant au contrat de travail fixe ensuite la durée de cette période, et toute prolongation donne lieu à la signature d’un nouvel avenant. Le salarié prévient son employeur au moins 3 mois avant la fin du temps partiel. Il retrouve alors un emploi à temps plein, avec une rémunération au moins équivalente à celle qu’il percevait avant.

ACRE : une aide désormais réservée à certains créateurs

L’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE) exonère partiellement le gérant de SARL de ses cotisations sociales personnelles pendant 12 mois. Elle porte sur l’assurance maladie-maternité, la retraite de base, l’invalidité-décès et les allocations familiales, mais pas sur la retraite complémentaire. L’exonération atteint 25 % lorsque le revenu d’activité ne dépasse pas 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (36 045 € en 2026), puis elle devient dégressive et cesse de s’appliquer à partir de 48 060 €.

Être salarié ne donne plus droit, à lui seul, à l’ACRE. En 2026, l’aide est réservée à des publics précis, notamment :

  • Les demandeurs d’emploi indemnisés, ou non indemnisés inscrits depuis plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
  • Les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS ;
  • Les jeunes de 18 à 25 ans (29 ans en cas de handicap reconnu) ;
  • Les créateurs qui s’installent dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou une zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ;
  • Les salariés d’une entreprise en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire qui reprennent une entreprise.

L’ACRE n’est pas automatique. Le gérant doit adresser sa demande à l’Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début de son activité, avec les justificatifs de son éligibilité.

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Éviter les doubles cotisations

Pour payer moins de cotisations sociales, il est possible d’opter pour le versement de dividendes en fin d’année. Ils seront soumis ainsi aux prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026 (soit un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % avec l’impôt sur le revenu), mais seront exonérés de charges, sauf pour le gérant majoritaire. Pour le gérant majoritaire, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes placées en compte courant d’associé supporte des cotisations sociales (article L136-3 du Code de la sécurité sociale).

Le gérant associé unique d’EURL est TNS et non salarié, même rémunéré. Un gérant non associé a le statut d’assimilé salarié et relève du régime général. Le statut choisi impacte la protection sociale et la fiscalité.

Quelles sont les restrictions pour créer une SARL en étant salarié ?

La non-concurrence constitue l’une des principales règles à respecter par le salarié créateur d’entreprise. Cette dernière découle de l’obligation de loyauté envers son employeur. Avant de se lancer, l’employé doit vérifier également que son contrat de travail ne contient pas une clause d’exclusivité lui empêchant de réaliser son projet.

Clause d’exclusivité

Elle compte parmi les clauses à vérifier en premier lorsque l’on envisage de créer une SARL en étant salarié. Son non-respect risque d’entraîner le licenciement de l’employé. L’exclusivité peut concerner les activités semblables ou non à celles de l’employeur.

D’autre part, lorsque le contrat de travail contient une clause d’exclusivité, elle ne peut pas être opposable au créateur d’entreprise pendant la première année d’activité, soit pendant un an à compter de l’immatriculation de la SARL au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers. Au terme de cette période, ce dernier devra ensuite, soit :

  • Cesser l’activité nouvellement créée ;
  • Rompre le contrat de travail.

L’introduction de la clause dans le contrat doit être motivée par une raison valable, par exemple pour protéger des intérêts légitimes de l’entreprise. Celle-ci peut être également justifiée par la nature des fonctions de l’employé qui prévoit de lancer sa propre activité.

Il est tout aussi important de savoir que l’inopposabilité de la clause concerne également les salariés qui bénéficient d’un congé pour création d’entreprise, à temps plein ou à temps partiel. En cas de prolongation de ce congé, la mesure est valable pendant deux ans au maximum.

Sous certaines conditions, le salarié créateur d’entreprise a la possibilité également de procéder à une négociation auprès de son employeur pour retirer la clause pendant un an au maximum. Avec l’accord de ce dernier, le contrat de travail fera alors l’objet d’une modification. Pour profiter de cette option, il ne devra pas :

  • Détourner la clientèle ;
  • Débaucher les collaborateurs ;
  • Porter atteinte aux intérêts de l’entreprise.
Dans certains cas, seules les activités salariées sont concernées par l’exclusivité. La clause sera alors sans effet.

Devoir de loyauté

Même en l’absence de clause, le salarié entrepreneur est soumis à une obligation de loyauté envers son employeur. Il ne doit en aucun cas nuire à l’activité de l’entreprise pour laquelle il travaille. En effet, il lui est par exemple interdit de :

  • Dénigrer les produits et les services de l’entreprise ;
  • Vendre d’autres produits ou services durant les heures de travail.
L’employeur peut considérer un manquement à cette obligation comme une faute professionnelle.

Clause de non-concurrence

C’est après l’activité salariée que la clause de non-concurrence empêche la création de la SARL sur un territoire limité. Elle interdit à l’ancien employé de rejoindre les rangs des concurrents après avoir quitté une entreprise, pendant une durée déterminée.

Mais pour que la clause soit valable, l’employeur est tenu de respecter un certain nombre de conditions de fond et de forme. En guise d’exemples, elle doit :

  • Être justifiée par des intérêts légitimes de l’entreprise (de la même manière que pour la clause d’exclusivité) ;
  • Être limitée dans le temps et dans l’espace ;
  • Être assortie d’une contrepartie financière non dérisoire, dont le montant est fixé par le contrat de travail ou la convention collective ;
  • Prendre en considération l’emploi du salarié ;
  • Tenir compte de la capacité du salarié à retrouver un emploi.

La clause peut être déclarée nulle dans le cas où ces conditions ne seraient pas remplies. En revanche, si elle est valable, et que l’ancien salarié ne la respecte pas, l’employeur peut cesser de lui verser la contrepartie financière et le poursuivre en justice. Le juge peut alors le condamner à des dommages et intérêts et au remboursement de tout ou partie de la contrepartie perçue.

Est-il possible de devenir associé de SARL en étant salarié ?

Devenir associé constitue également une alternative intéressante lorsque l’on ne souhaite pas prendre le risque de créer une SARL en étant salarié. Sans la qualité de dirigeant, le salarié pourra participer tout de même aux décisions prises par les associés et percevoir les dividendes versés par l’entreprise en question.

Être gérant et salarié d’une SARL : quelle fiscalité et quel statut social ?

Dans une telle situation, il faudra continuer à déclarer ses revenus salariés dans « Traitements et salaires », sur la feuille de déclaration d’IR. Le gérant et salarié de la SARL devra effectuer également la déclaration des revenus issus de son entreprise, soit dans la catégorie :

  • Bénéfices non commerciaux ;
  • Bénéfices industriels et commerciaux ;
  • Traitements et salaires.

Tout dépend de son rôle au sein de l’entreprise et de la forme juridique choisie.

D’autre part, il continuera à payer ses cotisations sociales au régime général, à hauteur de ses revenus salariés. En même temps, il devra cotiser pour les revenus générés par son entreprise. En fonction du statut juridique choisi, le paiement s’effectuera au SSI ou auprès du régime général.

Les prestations sociales (maladie) du gérant et salarié de la SARL sont versées par le régime de l’activité qu’il exerçait avant le cumul, en principe le régime général des salariés. Il peut toutefois opter pour l’autre régime.

Gérant majoritaire de la SARL : un double statut social

Le gérant majoritaire de SARL, qui détient plus de 50 % des parts sociales, relève du régime des travailleurs indépendants. Salarié par ailleurs, il cotise donc à deux régimes. Son employeur prélève ses cotisations salariales sur sa fiche de paie. Le gérant règle de son côté ses cotisations de travailleur indépendant à l’Urssaf, calculées sur sa rémunération de gérant et sur une partie de ses dividendes. Pendant ses deux premières années d’activité, faute de revenus connus, l’Urssaf lui appelle des cotisations forfaitaires.

Gérant minoritaire ou égalitaire : assimilé salarié

Le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, qui détient 50 % des parts sociales ou moins, a le statut d’assimilé salarié. Il relève du régime général, comme dans son emploi salarié. Ses cotisations sont les mêmes que celles d’un salarié cadre, sauf l’assurance chômage. Ce choix simplifie la gestion du cumul, car le créateur reste rattaché à un seul régime de Sécurité sociale. Pour un salarié qui crée sa SARL à plusieurs, la répartition des parts sociales entre associés mérite donc d’être réfléchie dès la rédaction des statuts.

Un salarié du secteur privé peut créer une SARL tout en conservant son emploi, s’il respecte son obligation de loyauté et vérifie les clauses d’exclusivité et de non-concurrence de son contrat de travail. La clause d’exclusivité ne peut pas lui être opposée pendant 1 an à compter de l’immatriculation. Avec 24 mois d’ancienneté, il peut aussi demander un congé ou un temps partiel pour création d’entreprise. Son statut social dépend enfin de sa place dans la SARL, puisque le gérant majoritaire relève des travailleurs indépendants et le gérant minoritaire ou égalitaire du régime général.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 29/09/2026

FAQ

Quels sont les avantages et inconvénients de créer une entreprise ?

Le principal avantage d’un tel projet réside dans le fait que l’entrepreneur puisse exercer plus librement une activité qui le passionne. Les revenus peuvent être plus intéressants, mais sont parfois instables. Il est bon de noter qu’au démarrage, le propriétaire d’une entreprise fait souvent face à plus de difficultés financières.

Quelle différence entre un associé et un dirigeant d'entreprise ?

Le dirigeant est responsable d’une société et la représente auprès des clients et des tiers. C’est à lui d’expliquer aux actionnaires et investisseurs la stratégie de développement adoptée par cette dernière. Quant à l’associé, il ne gère pas l’activité au quotidien comme le gérant. C’est une personne physique ou morale qui possède des parts dans l’entreprise et participe aux décisions.

Quel régime social quand on est micro-entrepreneur et salarié ?

Lorsque l’on est à la fois salarié et micro-entrepreneur, il est obligatoire de payer ses cotisations sociales au titre de ses deux activités. Les cotisations salariales sont prélevées sur le salaire, tandis que les cotisations du micro-entrepreneur sont calculées sur son chiffre d’affaires et payées à l’Urssaf. En effet, il convient de préciser que le principal concerné devra cotiser pour chaque activité qu’il exerce.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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