Comment choisir entre une entreprise individuelle (EI) et une SASU ?
Dernière mise à jour le 11/06/2026
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- L’EI est le statut le plus simple à créer et à gérer. Il est idéal pour tester une activité ou démarrer avec peu de charges administratives.
- La SASU offre une responsabilité limitée au capital apporté, une meilleure protection sociale et des leviers d’optimisation fiscale via les dividendes.
- Sur le plan fiscal, l’EI est par défaut à l’IR tandis que la SASU est à l’IS, avec des conséquences importantes sur la charge fiscale selon le niveau de revenus.
- Le régime social est TNS pour l’EI et assimilé salarié pour le président de SASU.
- Passer d’une EI à une SASU est possible mais implique la création d’une nouvelle structure. Il n’existe pas de possibilité de transformation directe.
Le choix entre EI ou SASU est l’une des questions les plus fréquentes chez les créateurs d’entreprise souhaitant exercer seuls. Ces deux statuts juridiques unipersonnels s’adressent aux mêmes profils mais répondent à des besoins très différents. Le choix entre EI ou SASU dépend avant tout du niveau de revenus envisagé, du besoin de protection sociale, des ambitions de développement et de la tolérance aux contraintes administratives.
EI ou SASU : le tableau comparatif
| Critère | EI | SASU |
| Personnalité juridique | Pas de personnalité morale distincte | Personne morale distincte du dirigeant |
| Capital social | Aucun | 1 € minimum |
| Responsabilité | Limitée au patrimoine professionnel depuis 2022 | Limitée aux apports |
| Protection du patrimoine | Séparation automatique depuis la loi de 2022 | Responsabilité limitée au capital |
| Régime fiscal par défaut | IR | IS |
| Option fiscale | Option IS possible | Option IR temporaire (5 ans) |
| Dividendes | Non applicable | Oui ; levier d’optimisation fiscale |
| Régime social | TNS (SSI) | Assimilé salarié (régime général) |
| Cotisations sociales | 45 % environ sur le bénéfice | Environ 75 % sur la rémunération |
| Protection chômage | Non | Non |
| Formalités de création | Simples et gratuites | Plus complexes ; environ 200 à 500 € |
| Comptabilité | Allégée (micro) ou complète | Complète obligatoire |
| Evolution vers société | Impossible ; création nouvelle structure | Transformation en SAS possible |
| Entrée d’associés | Impossible | Possible (transformation en SAS) |
Quelles sont les différences fondamentales entre EI et SASU ?
Les principales différences entre l’EI et la SASU portent sur la personnalité juridique, le capital social, la responsabilité du dirigeant, le fonctionnement de l’entreprise et les possibilités de développement de l’entreprise.
La personnalité juridique
En EI
L’ entreprise individuelle n’a pas de personnalité morale distincte de son créateur. L’entrepreneur et son entreprise ne forment qu’une seule et même entité juridique. Il n’y a donc pas de capital social, pas de statuts au sens strict et pas d’immatriculation au registre du commerce en tant que personne morale. L’entrepreneur exerce en son nom propre.
En SASU
La SASU est une personne morale distincte de son actionnaire unique. Elle dispose de sa propre existence juridique (un patrimoine propre, un numéro SIRET distinct, des statuts, un capital social). L’actionnaire unique et la société sont deux entités juridiques séparées, ce qui a des conséquences importantes sur la responsabilité et la fiscalité.
Le capital social
En EI
Il n’existe pas de capital social en EI. L’entrepreneur apporte les ressources nécessaires à son activité sans formalité particulière. Aucun dépôt de fonds n’est requis lors de la création.
En SASU
La SASU nécessite un capital social, dont le montant est librement fixé par l’associé unique dans les statuts, à partir de 1 €. Ce capital représente l’apport initial de l’associé unique et constitue le patrimoine de départ de la société. Il peut être constitué d’apports en numéraire ou en nature.
La responsabilité du dirigeant et la protection du patrimoine
En EI
Depuis la loi du 14 février 2022, l’entrepreneur individuel bénéficie d’une séparation automatique entre son patrimoine personnel et son patrimoine professionnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens affectés à l’activité professionnelle. Le patrimoine personnel est protégé par défaut, sans démarche particulière. Cette protection peut toutefois être écartée en cas de faute de gestion ou si l’entrepreneur a consenti des garanties personnelles.
En SASU
En SASU, la responsabilité du président est limitée à ses apports au capital social. Les créanciers de la société ne peuvent pas se retourner contre le patrimoine personnel du président, sauf en cas de faute de gestion avérée. Cette protection est structurellement plus robuste que celle de l’EI car elle est inscrite dans la nature même de la personnalité morale.
Le fonctionnement de l’entreprise
En EI
Le fonctionnement de l’EI est extrêmement simple. L’entrepreneur prend seul toutes les décisions, sans obligation de tenir des assemblées générales ni de rédiger des procès-verbaux. Les obligations comptables varient selon le régime fiscal de l’EI. En régime micro-entreprise, elles sont allégées (tenue d’un livre des recettes et, pour les commerçants, d’un registre des achats). En revanche, en régime réel simplifié ou réel normal, l’entrepreneur individuel est soumis à des obligations comptables bien plus lourdes avec la tenue d’une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, annexe, établissement d’une liasse fiscale annuelle et, selon les seuils, dépôt des comptes). La différence avec la SASU est donc moins marquée dès lors que l’EI est au régime réel.
L’accès au régime de la micro-entreprise est possible sous conditions de chiffre d’affaires.
En SASU
La SASU implique un formalisme plus important. Les statuts définissent les règles de fonctionnement. Des décisions importantes doivent être consignées dans des procès-verbaux d’assemblée générale. Une comptabilité complète est obligatoire (bilan, compte de résultat, annexe), avec dépôt des comptes au greffe chaque année. Un commissaire aux comptes peut être requis selon la taille de la société.
Les possibilités d’évolution et de développement
En EI
L’EI est une structure fermée. Il est impossible d’accueillir des associés ou des investisseurs. Si l’activité se développe et que l’entrepreneur souhaite s’associer, il devra créer une nouvelle structure. EI et SASU ou SAS ne peuvent pas fusionner directement.
En SASU
La SASU est conçue pour évoluer. Elle peut facilement se transformer en SAS en accueillant de nouveaux associés, sans création d’une nouvelle structure. Elle peut également lever des fonds auprès d’investisseurs ou accueillir des salariés dans des conditions plus favorables qu’en EI. C’est une structure pensée pour la croissance.
Quelle fiscalité s’applique à l’EI et à la SASU ?
La fiscalité en EI
En entreprise individuelle, les bénéfices sont imposés à l’impôt sur le revenu (IR) par défaut. Ils s’ajoutent aux autres revenus du foyer fiscal et sont soumis au barème progressif de 0 % à 45 %. En régime micro-entreprise, un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité s’applique sur le chiffre d’affaires avant imposition. En régime réel, les charges réelles sont déductibles.
Depuis la loi de finances 2022, l’entrepreneur individuel peut opter pour l’IS. Cette option permet d’être imposé comme une société et de bénéficier du taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice. Cette option est irrévocable.
La fiscalité en SASU
La SASU est soumise à l’IS par défaut. Les bénéfices sont imposés au niveau de la société au taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € et à 25 % au-delà. Une option temporaire pour l’IR est possible durant les 5 premières années d’existence, sous conditions. Elle permet d’imputer les déficits sur le revenu global du dirigeant, utile au démarrage. Cette option prend fin automatiquement au bout de 5 exercices.
La SASU offre également un levier d’optimisation fiscale inexistant en EI, qui est la possibilité de se rémunérer via des dividendes. Les dividendes versés par une SASU sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux) et ne génèrent pas de cotisations sociales supplémentaires pour le président. Cela permet d’optimiser la rémunération globale du dirigeant en arbitrant entre salaire et dividendes.
Le régime social en EI
L’entrepreneur individuel relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS) , géré par la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Ses cotisations sociales sont calculées sur la base de son bénéfice imposable (environ 45 % en régime réel). En micro-entreprise, elles sont calculées sur le chiffre d’affaires à un taux fixe selon l’activité (12,3 % à 25,6 %).
Le régime social en SASU
Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié, à condition de percevoir une rémunération. Ses cotisations sociales représentent environ 82 % de sa rémunération nette (charges patronales et salariales comprises), soit un coût global plus élevé qu’en EI pour un même niveau de revenu net. En contrepartie, il bénéficie d’une protection sociale proche de celle d’un salarié (maladie, retraite, prévoyance).
Comparatif de protection sociale entre EI et SASU
| Couverture | EI (TNS) | SASU (assimilé salarié) |
| Assurance maladie | Remboursements identiques au régime général | Identique au régime général |
| Indemnités journalières | Plafonnées et conditionnées | Plus favorables |
| Retraite de base | Moins favorable qu’au régime général | Identique au régime général |
| Retraite complémentaire | SSI | AGIRC-ARRCO |
| Prévoyance invalidité-décès | Limitée | Plus étendue |
| Assurance chômage | Non | Non |
Comment créer une EI ou une SASU en 2026 ?
Formalités de création d’une EI
La création d’une entreprise individuelle s’effectue entièrement en ligne sur le guichet unique de l’INPI, gratuitement et sans formalité complexe. L’entrepreneur renseigne ses informations personnelles, la nature de son activité et son adresse professionnelle. Il reçoit ensuite son numéro SIRET sous quelques jours.
Les seuls documents nécessaires pour créer une EI sont une pièce d’identité valide, un justificatif de domicile et, pour certaines activités réglementées, les justificatifs de qualification professionnelle. La création d’une EI est entièrement gratuite, hors frais spécifiques à certaines activités réglementées.
Formalités de création d’une SASU
La création d’une SASU nécessite la rédaction de statuts, le dépôt du capital social sur un compte bancaire dédié, la publication d’une annonce légale (environ 150 € à 200 €), et le dépôt du dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI.
| Poste de dépense | Montant estimé |
| Rédaction des statuts | 0 € (en ligne) à 800 € (avocat) |
| Publication annonce légale | 150 € à 200 € |
| Frais de greffe | Environ 70 € |
| Total estimé | 220 € à 1 100 € |
EI ou SASU : quel statut choisir selon votre profil ?
Le choix entre l’EI et la SASU se résume à une question de niveau de revenus et d’ambition. L’EI est idéale pour démarrer simplement avec peu de contraintes et la SASU pour structurer une activité à fort potentiel et optimiser sa rémunération sur le long terme.
Profils pour lesquels l’EI est recommandée
L’EI est le statut idéal pour tester une activité sans s’engager dans des formalités lourdes. La création est gratuite et la fermeture simple. Elle est adaptée aux activités à faibles charges dont le chiffre d’affaires ne justifie pas la complexité d’une société. Elle convient aux micro-entrepreneurs souhaitant rester sous les plafonds de chiffre d’affaires et bénéficier du régime simplifié. Elle est également idéale pour les activités saisonnières ou complémentaires à une activité principale salariée. Enfin, elle convient aux profils qui privilégient la simplicité administrative au détriment de l’optimisation fiscale.
Profils pour lesquels la SASU est recommandée
La SASU est adaptée aux activités générant des bénéfices importants dès lors que le bénéfice dépasse 40 000 à 50 000 € annuels, la SASU offre généralement une charge fiscale et sociale optimisée. Elle convient aux entrepreneurs qui anticipent une croissance rapide et souhaitent pouvoir accueillir des associés ou des investisseurs. Elle est idéale pour ceux qui souhaitent se construire une retraite solide via le régime assimilé salarié et l’AGIRC-ARRCO. Elle convient également aux profils B2B dont les clients institutionnels privilégient les structures sociétales. Enfin, elle est adaptée aux entrepreneurs qui souhaitent optimiser leur rémunération via l’arbitrage salaire/dividendes.
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- L’EI et la SASU sont deux statuts unipersonnels qui s’adressent à des profils et des ambitions différents. L’EI est le choix de la simplicité (création gratuite, gestion allégée, régime micro possible), idéale pour les activités modestes ou en phase de test. La SASU est le choix de la structuration (responsabilité limitée, optimisation fiscale via les dividendes, meilleure protection sociale) adaptée aux activités à fort potentiel ou générant des bénéfices importants. Le choix entre les deux dépend avant tout du niveau de revenus envisagé, du besoin de protection et des perspectives de développement.
FAQ
Peut-on cumuler une EI et une SASU ?
Comment passer d'une EI à une SASU ?
L'EI permet-elle de bénéficier du régime micro-entrepreneur ?
EI ou SASU : quel statut choisir si je veux recruter rapidement ?
EI ou SASU : laquelle est la plus avantageuse fiscalement ?
Peut-on passer d'une EI à une SASU facilement ?
Quel statut est le moins chargé en cotisations sociales : EI ou SASU ?
Quels sont les inconvénients d'une SASU par rapport à une EI ?
Dernière mise à jour le 11/06/2026
Connexion
Bonjour, Je vais créer mon entreprise pour vendre un service (conseils). Je ne sais absolument pas quel statut choisir. Mon entreprise n’aura pas besoin de capital social et donc je me dis qu’il n’est pas nécessaire de faire la séparation d’avec mon patrimoine personnel; je me demande également s’il vaut mieux être rattaché à l’IS (ce que je crois avoir compris) plutôt qu’à l’IR; je comprends également qu’en SASU il y a moins de cotisations mais que c’est plus compliqué à créer …. bref, j’ai des questions qui nécessiteraient d’être un peu accompagnée mais je ne sais pas où trouver… Lire la suite »
Bonjour, pour choisir le bon statut, il est essentiel d’analyser votre besoin de protection, votre fiscalité et vos charges sociales. L’auto-entreprise est simple mais soumise à l’IR et avec des cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires. L’EI classique engage votre patrimoine sauf option pour le statut d’EI à responsabilité limitée. La SASU permet de limiter les charges sociales mais entraîne plus de formalités et l’IS par défaut. L’EURL, plus flexible, permet l’IR ou l’IS. Nous vous invitons à prendre contact avec l’un de nos comptables partenaires, par le biais de notre page contact : https://www.legalplace.fr/contact/ pour vous guider selon votre situation… Lire la suite »
Bonjour,
pouvez-vous me confirmer qu’en tant qu’entrepreneur individuel, je ne pas déduire des frais de mon CA et ensuite payer mes cotisations ?
Merci
Bonjour,
Je lance une marque de chaussures fabriquées au Portugal, un N° de TVA intracommunautaire m’a été demandé par mes fabricants afin de payer les frais de prototypage, j’ai donc crée un EI pour simplifier le process, seulement je me rend compte que j’ai beaucoup de frais à avancer avant de dégager mes premiers bénéfices et je pense qu’il serait plus judicieux de basculer vers une SASU, notamment pour les questions de TVA.
J’aimerai avoir votre avis sur la question.
Merci beaucoup
Bonjour, Voici les liens de 2 articles qui pourraient vous intéresser. L’un porte sur la TVA de la SASU et l’autre sur sa fiscalité de manière générale : https://www.legalplace.fr/guides/sasu-tva/ https://www.legalplace.fr/guides/fiscalite-de-sasu/ Avant de transformer votre EI en SASU, nous vous recommandons de prendre conseil auprès d’un expert-comptable. Ainsi, vous pourrez lui expliquer votre projet et le détail de votre situation. Il sera alors compétent pour vous orienter vers le meilleur choix. En tant que prestataire, nous pouvons vous présenter les 2 formes juridiques mais nous ne sommes pas habilités à vous conseiller sur un choix plutôt qu’un autre. En espérant que… Lire la suite »
bonjour j aimerai crée une société unipersonnel pour crée par la suite une SCI avec moi même(personne moral et personne physique) je voudrais juste savoir quel entreprise crée la moins couteuse voir même zéro frais taxe ou autre annuel. J’aimerais quelque conseil merci
Bonjour,
Si vous souhaitez créer une société unipersonnelle, deux formes juridiques s’offrent à vous à savoir la Société par actions simplifiées unipersonnelle (SASU), ou l’Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). Vous avez la possibilité également, d’opter pour la forme de l’entreprise, en choisissant entre l’Entreprise individuelle (EI) ou de la micro-entreprise, qui sont des structures avantageuses pour les auto-entrepreneurs mais qui sur le long terme, n’offrent pas les mêmes perspectives d’évolution que la SASU ou l’EURL.
En espérant que notre réponse vous aura été utile,
L’équipe LegalPlace.
Il me semble que l’EI voit ses cotisations sociales calculées sur le CA et non sur le bénéfice. Et oui, même si le bilan est déficitaire l’EI paye des cotisations plancher…
Bonjour,
En effet, le montant des cotisations sociales à payer est calculé sur le montant du chiffre d’affaires. De ce fait, une auto-entreprise déficitaire n’est pas assujettie au paiement des cotisations sociales car elle ne réalise pas de chiffre d’affaires.
En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace
En EI tout dépend si vous être en régime
micro ou régime réel . Cdlt