Skip to content

Le statut juridique d’une association loi 1901 permet à l’association de se distinguer d’une société. Il existe différents types d’associations : l’association de fait, l’association déclarée, l’association agréée et l’association reconnue d’utilité publique.

Ces différentes associations ont des statuts juridiques distincts.

Définition d’une association loi 1901 : quel statut juridique ?

L’association loi 1901 a été consacrée par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association. L’article 1er de ce texte de loi dispose que l’association est une convention en vertu de laquelle au moins deux personnes partagent leurs connaissances et/ou leur savoir-faire dans un but autre que le partage des bénéfices.

L’association est donc un contrat régi par le droit commun des contrats. L’association se définit par son caractère non lucratif, c’est-à-dire que l’association ne doit pas rechercher le profit.

Attention : Par principe, une association à but lucratif est impossible.

Ainsi, l’association type loi 1901 repose sur trois éléments substantiels :

  • L’accord contractuel : en effet, la création d’une association repose sur une pleine liberté contractuelle. Cela signifie que ce sont les membres de l’association qui décident des modalités de fonctionnement de l’association ainsi créée. Toutefois, l’accord contractuel doit respecter les conditions de validité du droit commun des contrats posées par le nouvel article 1128 du Code civil, c’est-à-dire notamment résulter d’un consentement non vicié des parties et avoir une cause licite ;
  • Une mise en commun de connaissances et/ou d’un savoir-faire, à la différence de la création d’une société qui implique la mise en commun d’un capital social ;
  • Un but non lucratif : en effet, dans une association, il est interdit de se partager les bénéfices réalisés.

Le statut juridique d’une association : les différentes formes d’associations

La loi du 1er juillet 1901 susvisée est venue encadrer le régime relatif aux associations. Cependant, il existe différentes formes d’associations :

  • L’association de fait : également appelée association non déclarée, l’association de fait se constitue sans autorisation ni déclaration préalable. Sa création, son fonctionnement et sa dissolution n’exigent l’accomplissement d’aucune formalité ;
Attention : L’association de fait n’est pas une personne morale. Cela signifie qu’elle ne peut pas signer des actes en son nom.
  • L’association déclarée : a contrario, une association déclarée nécessite l’accomplissement de certaines formalités de création, dont notamment la publication au Journal Officiel (JO). Cette formalité permet à l’association de devenir une personne morale. L’association déclarée est donc dotée d’une personnalité juridique propre, distincte de celle de ses membres fondateurs ;
  • L’association agréée : ce type d’associations nécessite un agrément donné par décision d’une autorité administrative. L’agrément donne l’avantage à l’association qui en est dotée d’obtenir une certaine légitimité, ce qui peut être primordial dans certains secteurs (tourisme ou défense des consommateurs par exemple) ;
  • L’association reconnue d’utilité publique (RUP) : ici, c’est l’État qui peut reconnaître à certaines associations le caractère d’utilité publique. Ce statut juridique est très important car il permet à l’association qui en bénéficie de gagner en légitimité et en notoriété. C’est le cas par exemple des associations caritatives ayant pour objet de venir en aide aux personnes démunies ;
Bon à savoir : Tandis que la plupart des associations ne peuvent recevoir que des dons manuels, une association reconnue d’utilité publique (RUP) peut également recevoir des donations et des legs.

Pour élargir sa capacité juridique, une association peut donc changer de catégorie (en passant d’une association de fait à une association déclarée par exemple pour obtenir la personnalité juridique). Toutefois, cette modification doit faire l’objet de formalités spécifiques.

?  Zoom : Afin de vous accompagner dans la création de votre association, LegalPlace vous aide à réaliser les formalités nécessaires à la création de votre organisme, à l’aide d’un questionnaire personnalisé, préalablement rempli par vos soins. Nos formalistes s’occupent de la conformité de votre dossier et sont disponibles pour répondre à toutes vos questions.

Statut juridique d’une association : statuts et règlement intérieur

Comme vu précédemment, l’association jouit d’une pleine liberté contractuelle. Il en est de même concernant son fonctionnement et sa gestion. Ce sont ainsi les membres de l’association qui organisent la gouvernance de l’association.

Toutefois, si l’association est déclarée, c’est-à-dire si elle a fait l’objet d’une publication au Journal Officiel (JO) lors de sa création, alors des statuts constitutifs devront être rédigés. Ces statuts devront contenir des informations substantielles telles que :

  • L’identité des membres fondateurs ;
  • L’objet social de l’association, c’est-à-dire une description, la plus exhaustive possible, des activités de l’organisme ;
  • L’adresse du siège social de l’association ;
  • Les conditions d’adhésion à l’association ;
  • Les modalités de fonctionnement de l’association, et notamment les organes de gouvernance ainsi que les dirigeants nommés le cas échéant ;
  • Les modalités de modification des statuts de l’association ;
  • La procédure et les causes de dissolution de l’association.

Par ailleurs, même si les statuts suffisent à définir les caractéristiques de l’association ainsi créée, il peut être utile de rédiger un règlement intérieur. Ce dernier permet de compléter les dispositions des statuts, notamment en ce qui concerne le fonctionnement de l’association.

Attention : En cas d’incompatibilité entre les statuts et le règlement intérieur de l’association, ce sont les statuts qui priment. En effet, les statuts ont force de loi pour les membres de l’association. Cela signifie qu’ils sont donc tenus de les respecter.

Statut juridique d’une association et gouvernance

Les membres de l’association sont libres de créer une hiérarchie au sein même de l’organisme.

En pratique, il est tout de même courant que l’association nomme un bureau et un Conseil d’administration. Ces organes serviront à prendre les décisions relatives à la vie de l’association. À cet effet, des assemblées générales pourront notamment être organisées. Les assemblées générales de l’association auront pour but d’examiner l’activité de l’association, de discuter des évolutions possibles, ainsi que d’approuver le budget prévisionnel de l’association pour l’année suivante.

Lors d’une assemblée générale, les membres du bureau et les dirigeants de l’association pourront être nommés. À ce titre, un président pourra être désigné. Le président de l’association sera, entre autres, le représentant légal de l’association.

Un trésorier pourra également être nommé au sein d’une association. Celui-ci sera chargé de la transparence des comptes, ainsi que de la gestion des dépenses et des recettes de l’association.

Attention : En cas de manquement, la responsabilité civile des dirigeants pourra être engagée.

Par ailleurs, une association peut tout à fait embaucher des salariés, sans que cela ne remette en question son caractère non lucratif.

En effet, dès lors qu’une association commence à embaucher, les salariés sont soumis au droit du travail, au même titre qu’une entreprise commerciale classique. Ainsi, les salariés d’une association doivent percevoir une rémunération, en contrepartie d’une prestation de travail.

Statut juridique d’une association : quelles sont les ressources financières d’une association ?

Comme nous l’avons évoqué, une association est à but non lucratif, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas rechercher le profit. Toutefois, afin de survivre, l’association dispose de plusieurs sources de financement :

  • Les recettes réalisées par l’association : celles-ci peuvent notamment provenir de la cotisation qui peut être demandée aux membres de l’association lors de leur adhésion à l’organisme ;
  • Les dons, donations et legs : comme nous l’avons vu, toutes les associations peuvent recevoir des dons manuels. En revanche, les donations et les legs sont réservées aux associations reconnues d’utilité publique (RUP) ;
  • Les subventions : l’attribution d’une subvention nécessite que l’association soit déclarée auprès de la préfecture et qu’elle soit en possession d’un numéro SIRET. Les subventions sont généralement attribuées par les collectivités publiques ;
  • Les appels à projet ou les appels aux dons : certaines fondations proposent en effet des financements pour les associations, adaptés aux causes qu’elles défendent. Cela s’apparente alors au mécénat. De la même façon, l’association peut faire un appel aux dons, notamment auprès de mécènes, afin d’obtenir des financements.

Statut juridique d’une association et fiscalité

En principe, le caractère non lucratif des associations implique une exonération du paiement des impôts commerciaux (TVA incluse). Toutefois, une association réalisant des recettes lucratives pourra déroger à ce principe et être assujettie aux impôts commerciaux.

Pour éviter ces désagréments, il est conseillé de scinder l’activité de l’association en deux : une partie à but non lucratif et une partie lucrative transférée dans une structure commerciale.Créer mon association

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 04/09/2025

82 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien
Commentaires en ligne
Afficher toutes les questions

Bonjour, J’ai vu sur Internet qu’il était possible de modifier une association loi 1901 déclarée en préfecture en association collective !

Qu’elles sont les obligations d’une association non légale où on exige aux membres une participation financière .
merci

Bonjour, Une association « non légale », c’est-à-dire non déclarée en préfecture, n’a pas de personnalité juridique distincte de ses membres. Cela signifie que les dirigeants et membres engagés peuvent être personnellement responsables des obligations financières et des dettes de l’association. Exiger une participation financière de ses membres sans cadre juridique clair peut poser des risques en matière de gestion et de responsabilité. Il est donc recommandé de formaliser l’association par une déclaration officielle afin de sécuriser son fonctionnement et d’encadrer les obligations des membres, notamment en matière de cotisations et de transparence financière. En espérant que notre réponse vous… Lire la suite »

Bonjour,
Je souhaiterais créer une association pour mon mari en état végétatif pauci relationnel, afin de financer des projets sorties comme par ex un projet cross en joelette dans un an mais aussi pour montrer notre combat. Par ailleurs pour financer les projets est ce qu on peut vendre des petites créations artisanale fait maison par moi même en tant que particulier comme par ex des accessoires en couture zero dechets, des sacs, etc… Quel statut doit on faire? Merci

Bonjour,

Oui, vous pouvez créer une association loi 1901 pour soutenir votre mari, organiser des projets et récolter des fonds. Elle peut aussi vendre des objets artisanaux réalisés par vous à titre bénévole, tant que cela reste dans un but non lucratif. Les recettes doivent être utilisées uniquement pour financer les activités de l’association.

Il suffit donc de créer une association déclarée, sans besoin de statut commercial, à condition de ne pas distribuer les bénéfices.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour
Comment créé t on une union d’associations ? Statuts….
En 2 mots, nous sommes deux clubs de rugby qui avons des équipes jeunes en commun (licenciés dans les deux clubs).La banque nous oblige à créer une union d’associations pour pouvoir continuer à avoir un compte bancaire a part, obtenir des subventions…. Quelle est la procédure ? Merci beaucoup

Bonjour, Pour créer une union d’associations, vous devez suivre la procédure de création d’une association classique régie par la loi du 1er juillet 1901. Une union d’associations est une association composée uniquement d’autres associations, sans membres individuels. Vous devez donc : Rédiger des statuts précisant que l’union est composée des associations fondatrices, son objet (par exemple, la gestion commune des équipes jeunes), son fonctionnement et ses modalités d’adhésion. Tenir une assemblée générale constitutive, avec procès-verbal, pour approuver les statuts et désigner un bureau. Déclarer l’union auprès de l’INPI via le guichet unique en ligne, en joignant les statuts et le… Lire la suite »

Bonjour, je vous explique la raison de mes questionnements infra restés vains, ceci quant à savoir s‘il y a ou non une limite du nombre de membres au C A d’une association citoyenne à but non lucratif (Loi du 1er juillet 1901) créée en 2019 Jusqu’à présent les statuts (types) y prévoient minimum 3 membres et maximum 15 membres ; à ce jour la présidente veut procéder à leur modification pour élargir le CA – Moi-même membre du CA et du bureau j’ai été amenée sur le net à poser la question suivante : Association – quelle règle de limite… Lire la suite »

Bonjour,

Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner.

En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.

Bonsoir. Je fait partie d’une association de parents d’élèves pour un rpi de deux écoles. Constitué d’un bureau avec une présidente, une secrétaire et une trésorière. Pas de CA et dans les status sont nommés comme membres de l’association tous les parents d’élèves. Une assemblée générale a été faite le 14/01/2025. Lors de cette assemblée , la présidente a annoncé sa démission ainsi que celle de sa secrétaire et de la trésorière. Trois personnes ce sont proposées pour être élu et nous voulions passé au vote. Les maires des deux village ce sont opposés a l’élection car pas de “quorum”… Lire la suite »

Bonjour, Dans le cadre d’une association loi 1901, le quorum nécessaire pour la tenue d’une assemblée générale, ainsi que les règles relatives à la tenue de celle-ci, sont en principe définis par les statuts de l’association. Ainsi, il est important de consulter les statuts de votre association pour déterminer le nombre minimum de membres présents requis pour que l’assemblée puisse valablement délibérer et voter. Concernant l’intervention des maires, en l’absence de dispositions spécifiques dans les statuts prévoyant un rôle pour les autorités municipales dans les assemblées générales de votre association, les maires n’ont pas de droit d’intervention direct dans la… Lire la suite »

Bonjour, je me permets de réitérer ma demande de ce 27 janvier :
SVP- dépendant de la Loi du 1er juillet 1901, une association citoyenne (sans but lucratif) se conformerait-elle au Code Civil ? au Code du commerce ? ou autre code législatif ?
Par avance encore merci de votre aide. Cordialement.

Bonjour,

Une association régie par la loi du 1er juillet 1901 est principalement soumise aux dispositions de cette loi spécifique, ainsi qu’au Code civil pour certaines questions générales qui ne seraient pas directement régies par la loi de 1901. En revanche, les associations ne sont généralement pas soumises au Code de commerce, sauf si elles exercent des activités de nature commerciale. Dans ce cas, elles pourraient être soumises à certaines obligations du Code de commerce, notamment en matière de comptabilité.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour,
Svp – Je sollicite savoir à quel Code législatif se conforme une association de Loi 1901.
Code Civil ? Code commercial ?
Remerciements par anticipation pour l’aide que vous m’apporterez.
Cordialement

Bonjour,

Une association loi 1901 est principalement régie par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association et son décret d’application du 16 août 1901. Elle relève principalement du droit civil, notamment des principes généraux du Code civil, en particulier en matière de contrats et de responsabilité.

Elle n’est pas soumise au Code de commerce, sauf si elle exerce des activités commerciales à titre habituel, auquel cas certaines dispositions du droit commercial peuvent lui être applicables (impôts commerciaux, obligations comptables spécifiques, etc.).

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.