Holding SASU : le levier pour alléger votre fiscalité et structurer votre groupe
Dernière mise à jour le 21/07/2026
- Une holding SASU est une société par actions simplifiée à actionnaire unique dont l’activité consiste à détenir des parts ou actions dans d’autres sociétés.
- Le régime mère-fille applicable à la holding SASU exonère d’impôt les dividendes que remontent les filiales, à l’exception d’une quote-part de 5 %.
- La holding SASU peut se contenter de gérer ses titres (holding passive) ou piloter réellement son groupe (holding animatrice).
- La création d’une holding SASU coûte à partir de 200 € environ et suit les formalités classiques de la SASU, au capital minimum de 1 €.
Vous dirigez une société qui dégage des bénéfices et vous cherchez à réinvestir sans vous verser des dividendes lourdement taxés. La holding SASU répond souvent à ce besoin. Elle sert de société mère à votre activité et fait remonter les bénéfices avec une fiscalité allégée. Voici son fonctionnement, ses avantages fiscaux réels et la marche à suivre pour créer une SASU sous forme de holding.
Qu’est-ce qu’une holding SASU ?
Une holding en SASU est une société holding constituée sous la forme d’une société par actions simplifiée unipersonnelle. Concrètement, c’est une société détenue par une seule personne, dont le rôle est de détenir et gérer des participations dans d’autres sociétés, appelées filiales. La SASU sert alors de tête de groupe aussi appelée société mère. Elle chapeaute une ou plusieurs sociétés d’exploitation qui, elles, exercent l’activité commerciale.
Holding SASU passive ou animatrice
Le rôle réel de votre holding SASU détermine son régime fiscal et social. On distingue deux profils selon son degré d’implication dans le groupe, la holding animatrice et la holding passive.
La holding animatrice joue un rôle actif. Elle définit la stratégie du groupe et facture des services à ses filiales, comme la comptabilité, la gestion administrative ou la direction commerciale. Parce qu’elle exerce une véritable activité économique, elle récupère la TVA sur ses dépenses et ouvre droit à des régimes de faveur, comme le pacte Dutreil pour la transmission ou la réduction d’impôt pour souscription au capital d’une PME. Socialement, son dirigeant rémunéré relève du régime des assimilés salariés et se constitue des droits. Ces avantages supposent de pouvoir prouver le rôle réel de la holding animatrice par des faits concrets, sous peine de redressement.
La holding passive se limite à détenir ses titres et à encaisser les dividendes de ses filiales. Elle ne participe pas à leur gestion quotidienne. Elle exerce donc une simple activité de gestion de participations. Fiscalement, elle profite du régime mère-fille sur les dividendes, mais ne récupère pas la TVA sur ses dépenses et reste exclue des dispositifs réservés aux holdings animatrices. Socialement, son président n’est souvent pas rémunéré et ne cotise alors à aucun régime.
Pourquoi choisir la forme SASU pour sa holding ?
La SASU offre une grande liberté statutaire. Vous fixez vous-même les règles de fonctionnement, les modalités de décision et les conditions d’entrée d’éventuels futurs actionnaires. Cette souplesse convient bien à une structure de tête de groupe amenée à évoluer.
Le président d’une SASU rémunéré relève par ailleurs du régime général de la Sécurité sociale. Il a le statut d’assimilé salarié, avec une meilleure protection sociale que le travailleur indépendant. S’il ne se verse aucune rémunération, il ne paie aucune cotisation sociale minimale.
Sophie crée une holding SASU pour chapeauter sa société de conseil en informatique. Comme présidente, elle relève du régime assimilé salarié. Tant qu’elle ne se verse pas de rémunération, elle ne paie aucune cotisation sociale minimale et se rémunère uniquement en dividendes. Cette souplesse illustre l’intérêt de la forme SASU pour piloter une holding en parallèle d’une autre activité.
Quels sont les avantages d’une holding SASU ?
L’intérêt principal d’une holding SASU est fiscal. Elle permet de faire circuler l’argent au sein du groupe en payant très peu d’impôt, puis de réinvestir ou de préparer une transmission dans de bonnes conditions. Trois mécanismes structurent cet avantage, le régime mère-fille, l’intégration fiscale et le mécanisme des plus-values à long termes.
| Régime fiscal | Seuil de détention | Effet principal |
| Régime mère-fille | 5 % du capital | Dividendes exonérés, hors quote-part de 5 % |
| Intégration fiscale | 95 % du capital | Résultats du groupe consolidés, pertes et bénéfices compensés |
| Plus-values long terme | 2 ans de détention | Cession de titres quasi exonérée, hors quote-part de 12 % |
Le régime mère-fille de la holding SASU
Le régime mère-fille est le principal levier fiscal d’une holding. Il exonère d’impôt sur les sociétés les dividendes que la filiale verse à la holding. Seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée. Le coût fiscal réel tombe donc à environ 1,25 % du dividende reçu.
Prévu par l’article 145 du Code général des impôts, le régime mère-fille suppose trois conditions.
- La holding SASU doit détenir au moins 5 % du capital de la filiale.
- Les deux sociétés doivent être soumises à l’impôt sur les sociétés.
- Les titres doivent être conservés pendant au moins deux ans.
La filiale de Marc dégage 100 000 € de bénéfices et les remonte à sa holding SASU. Grâce au régime mère-fille, la holding n’est imposée que sur 5 000 € (la quote-part de 5 %), au taux d’IS de 25 %, soit environ 1 250 € d’impôt. Marc conserve donc près de 98 750 € dans sa holding pour financer un nouveau projet.
L’intégration fiscale de la holding SASU
L’intégration fiscale permet de consolider les résultats de toutes les sociétés du groupe. La holding paie alors l’impôt sur les sociétés sur le résultat d’ensemble. Les pertes d’une filiale viennent réduire les bénéfices d’une autre, ce qui allège la facture fiscale globale.
Le régime de l’intégration fiscale, encadré par l’article 223 A du Code général des impôts, exige une détention d’au moins 95 % du capital de chaque filiale intégrée. Toutes les sociétés doivent relever de l’impôt sur les sociétés et clôturer leur exercice à la même date. En contrepartie, la quote-part sur les dividendes internes tombe à 1 %. L’intégration fiscale reste réservée aux groupes fortement détenus.
Camille détient une holding SASU qui contrôle deux filiales à 100 %. En 2026, la première dégage 80 000 € de bénéfice et la seconde subit une perte de 30 000 €. Grâce à l’intégration fiscale, la holding n’est imposée que sur le résultat d’ensemble de 50 000 €, au lieu de payer l’IS sur les 80 000 € de la filiale bénéficiaire. Camille économise ainsi l’impôt sur les sociétés au titre de 30 000 € de bénéfices.
Les plus-values de cession en holding SASU
La plus-value réalisée par la holding SASU lors de la revente des titres d’une filiale bénéficie du régime des plus-values à long terme. Cette plus-value est exonérée d’impôt sur les sociétés, hors une quote-part de frais et charges de 12 %. L’imposition finale se limite donc à une petite fraction du gain. Cet avantage suppose que les titres cédés étaient détenus depuis au moins deux ans et qu’ils constituent des titres de participation. Il rend la holding particulièrement adaptée à une logique de revente d’entreprises, car le produit de la vente reste presque intact dans la société pour être réinvesti.
Hugo revend, via sa holding SASU, les titres d’une filiale qu’il détenait depuis quatre ans, avec une plus-value de 200 000 €. Au titre du régime des plus-values à long terme, seule une quote-part de frais et charges de 12 %, soit 24 000 €, est réintégrée et imposée à l’IS de 25 %, ce qui représente 6 000 € d’impôt. Hugo conserve donc près de 194 000 € dans sa holding pour financer un nouvel investissement.
Quels sont les inconvénients d’une holding SASU ?
La holding SASU n’a d’intérêt que si les gains fiscaux dépassent ses coûts de fonctionnement. Or gérer une société supplémentaire alourdit la charge administrative. Vous tenez une deuxième comptabilité, déposez des comptes annuels distincts et respectez un formalisme propre à la holding. Le montage comporte aussi des risques juridiques à ne pas sous-estimer :
- L’abus de droit, si le seul but du montage est d’éluder l’impôt sans réelle logique économique ;
- La qualification de holding animatrice contestée par l’administration, faute de preuves d’un rôle actif ;
- Le non-respect des conditions de l’apport-cession, qui fait tomber le report d’imposition ;
- La complexité de gestion, qui suppose presque toujours l’appui d’un professionnel.
Karim ne dégage que 20 000 € de bénéfices par an avec son activité de graphiste. En créant une holding SASU, il devrait tenir une seconde comptabilité et payer des honoraires annuels supérieurs au gain fiscal espéré. Dans son cas, la holding n’est pas rentable et une SASU simple suffit.
Quelle est la fiscalité de la holding SASU en 2026 ?
La fiscalité d’une holding SASU se joue à deux niveaux. Il y a l’impôt payé par la holding sur ses résultats, et l’impôt payé par l’actionnaire lorsqu’il sort l’argent de la société. Les règles ont évolué en 2026, ce qui change certains arbitrages.
Arbitrage entre rémunération et dividendes en holding SASU
L’arbitrage entre rémunération et dividendes dépend du niveau auquel l’argent est imposé. Tant que les bénéfices restent dans la holding, ils ne subissent que l’impôt sur les sociétés. Le taux est de 25 %, réduit à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés éligibles. C’est ce qui permet de réinvestir avec un capital presque intact.
L’imposition personnelle n’intervient qu’au moment où vous vous versez l’argent. Une rémunération de président de SASU génère des cotisations sociales, mais ouvre des droits à la retraite. Un versement en dividendes supporte la flat tax de 31,4 %, sans créer de droits sociaux.
Léa, présidente d’une holding SASU, hésite à se verser 50 000 € de dividendes. En les distribuant, elle supporte la flat tax de 31,4 %, soit 15 700 € d’impôt personnel. En les laissant dans sa holding, cette somme reste disponible pour racheter une nouvelle société, sans imposition supplémentaire immédiate. Léa choisit donc de conserver les fonds dans sa holding.
Le montage apport-cession en holding SASU
L’apport-cession permet de vendre son entreprise en reportant l’impôt sur la plus-value. Vous apportez d’abord les titres de votre société à votre holding. La holding SASU revend ensuite ces titres. L’impôt sur la plus-value d’apport est alors mis en report, c’est-à-dire différé dans le temps. Ce report d’imposition suppose plusieurs conditions :
- La holding qui reçoit les titres doit être contrôlée par l’apporteur et soumise à l’impôt sur les sociétés.
- Le report est maintenu tant que l’apporteur conserve les titres de sa holding.
- Si la holding revend les titres apportés dans les trois ans, elle doit réinvestir une large part du produit de la vente dans une activité économique éligible.
Antoine vend son entreprise valorisée 1 000 000 €, sur laquelle il réalise une plus-value de 800 000 €. Plutôt que de vendre en direct et de payer l’impôt tout de suite, il apporte les titres à sa holding SASU, qui les revend ensuite. L’imposition de la plus-value de 800 000 € est alors reportée. En réinvestissant au moins 70 % du produit dans une nouvelle activité sous trois ans, Antoine conserve ce report et réemploie la quasi-totalité des fonds dans son groupe.
Le mécanisme d’apport-cession, prévu par l’article 150-0 B ter du Code général des impôts, a été durci par la loi de finances pour 2026. Pour les cessions réalisées à partir du 21 février 2026, la holding doit réinvestir au moins 70 % du produit de la vente, contre 60 % auparavant. Le délai pour réinvestir passe à trois ans, et les actifs financés doivent être conservés au moins cinq ans.
Comment créer une holding SASU ?
La création d’une holding SASU suit les mêmes étapes que celle d’une SASU classique. La différence tient surtout à l’objet social, qui doit mentionner l’activité de détention de participations. La création d’une holding SASU se déroule en quatre grandes étapes.
- La rédaction des statuts de la holding ;
- Le dépôt du capital social sur un compte bloqué ;
- La publication d’un avis de constitution ;
- Le dépôt du dossier d’immatriculation au guichet unique de l’INPI.
Rédiger les statuts de la holding SASU
La rédaction des statuts est la première étape de création d’une holding SASU. Les statuts fixent les règles de fonctionnement et doivent préciser un objet social de holding mentionnant l’activité de détention de participations. Pour une SASU, ils sont établis et signés par l’actionnaire unique.
Déposer le capital social de la holding SASU
Le dépôt du capital social intervient après la signature des statuts de la holding SASU. L’actionnaire unique verse les fonds sur un compte bloqué et libère au moins la moitié des apports en numéraire à la constitution, le solde dans les cinq ans. Le capital minimum d’une holding SASU est de 1 €. Le capital peut être constitué d’apports en numéraire (de l’argent) ou d’apports en nature (des titres de sociétés que vous détenez déjà). L’apport de titres est justement ce qui transforme une SASU ordinaire en société mère. En pratique, un capital supérieur au minimum rassure les banques et facilite les futurs rachats de sociétés financés par emprunt.
Inès crée sa holding SASU avec un capital de 5 000 € en numéraire. Elle libère la moitié à la constitution, soit 2 500 €, et versera le solde dans les cinq ans. Ce capital de départ lui permet d’obtenir plus facilement un prêt bancaire pour racheter une première société d’exploitation.
Publier un avis de constitution de la holding SASU
La publication d’un avis de constitution dans un support d’annonces légales informe les tiers de la création de la holding SASU. Elle coûte environ 142 € pour une SASU en France métropolitaine. L’avis doit comporter plusieurs mentions obligatoires :
- La dénomination sociale, suivie le cas échéant du sigle ;
- La forme juridique, soit la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ;
- Le montant du capital social ;
- L’adresse du siège social ;
- L’objet social ;
- La durée de la société ;
- Les nom, prénom et domicile du président ;
- Les conditions d’admission aux assemblées et d’exercice du droit de vote ;
- Le greffe du tribunal de commerce compétent pour l’immatriculation.
Déposer le dossier de création de la holding SASU au guichet unique de l’INPI
Le dépôt du dossier d’immatriculation se fait de façon dématérialisée sur le guichet unique de l’INPI. Une fois le dossier validé, vous recevez l’extrait Kbis de la holding SASU, en général sous une semaine. La société peut alors détenir des titres et encaisser des dividendes.
Créer la holding avant ou après la société d’exploitation ?
Le moment où vous créez la holding change la mécanique du montage. Deux cas de figure se présentent selon que votre société existe déjà ou non. Si vous partez de zéro, vous créez d’abord la holding, qui crée ensuite sa filiale et la finance. Si votre société existe déjà, vous transférez ses titres à la holding par un apport de titres. Ce second cas ouvre la voie au mécanisme d’apport-cession.
Thomas possède déjà une SASU de développement web qui vaut aujourd’hui 250 000 €. Il crée une holding SASU et lui apporte les titres de sa société. La holding devient société mère et perçoit désormais les dividendes de la SASU en quasi-franchise d’impôt grâce au régime mère-fille. Thomas prépare ainsi la revente future de son activité tout en gardant les fonds dans son groupe.
Combien coûte la création d’une holding SASU ?
Le coût de création d’une holding SASU tourne autour de 200 € si vous réalisez les démarches vous-même. Ce budget correspond aux frais obligatoires, auxquels s’ajoutent d’éventuels honoraires si vous êtes accompagné. Voici le détail des principaux postes de coût :
| Poste de coût | Montant |
| Annonce légale de constitution (SASU, France métropolitaine) | 142 € |
| Frais de greffe pour l’immatriculation au RCS | 33,83 € |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 19,33 € |
| Accompagnement (plateforme juridique, expert-comptable, avocat) | Variable selon le montage ; tarif LegalPlace Dès 0 € HT (hors frais administratifs obligatoires) |
Aux frais de création de la holding SASU de départ s’ajoutent des coûts récurrents. Une holding tient une comptabilité propre, distincte de celle de ses filiales. Il faut donc prévoir des honoraires annuels pour la comptabilité de la holding.
Nadia crée seule sa holding SASU en 2026. Elle paie 142 € d’annonce légale, 33,83 € de frais de greffe et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, soit un total d’environ 195 €. En passant par un professionnel pour sécuriser son montage, elle ajoute quelques centaines d’euros d’honoraires à ce budget de base.
La holding SASU est une société par actions simplifiée à actionnaire unique qui détient des participations dans d’autres sociétés. Elle permet de faire remonter les dividendes des filiales avec une fiscalité très allégée grâce au régime mère-fille, de consolider les résultats via l’intégration fiscale et de céder des titres en quasi-franchise d’impôt. Sa création reste simple et peu coûteuse, autour de 200 €, mais elle implique une gestion rigoureuse et se justifie surtout dans une logique de développement, de réinvestissement ou de transmission. Compte tenu des règles fiscales durcies en 2026, un accompagnement professionnel sécurise le montage.
FAQ
Quelle différence entre une holding SASU et une holding SAS ?
Quel capital minimum pour créer une holding SASU ?
Une holding SASU peut-elle avoir une activité commerciale ?
Comment se rémunérer avec une holding SASU ?
Le régime mère-fille est-il automatique ?
Peut-on transformer une SASU existante en holding ?
Une holding SASU doit-elle avoir un commissaire aux comptes ?
Dernière mise à jour le 21/07/2026
Sources de l'article
- Article 145 du Code général des impôts
- Article 216 du Code général des impôts
- Article 223 A du Code général des impôts
- Article 219 du Code général des impôts
- Article 150-0 B ter du Code général des impôts
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