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Devenir auto-entrepreneur en jardinage

Devenir auto-entrepreneur en jardinage

De nombreux entrepreneurs débutent leur activité avec la création d’une micro-entreprise. La facilité des formalités de création, son régime fiscal et ses cotisations sociales prévisibles font partie des principaux avantages de l’auto-entreprise. Toutefois, certaines professions sont inaccessibles à un auto-entrepreneur, en plus des activités relevant de la compétence de la Mutuelle sociale agricole. Focus sur le jardinage en auto-entreprise.

Est-il possible d’être jardinier auto-entrepreneur ?

En principe, le statut d’auto-entrepreneur est incompatible avec les activités agricoles. Le jardinage est en effet assimilé à une activité agricole et relève ainsi de la compétence de la Mutuelle sociale agricole ou MSA. Il s’agit d’une caisse sociale spécifique ayant pour attribution la gestion des charges sociales des professionnels de l’agriculture.

Tout travail sur les végétaux, entre autres l’élagage, l’entretien d’espace vert, l’entretien de jardin et autres, dépend de la MSA. Cet organisme ne reconnait pas le statut d’auto-entrepreneur qui est soumis au RSI. Toutefois, il existe une solution pour pouvoir s’installer en tant que jardinier auto-entrepreneur.

Comment devenir auto-entrepreneur en jardinage ?

Bien que le jardinage ne soit pas compatible avec le statut d’auto-entrepreneur, il existe une alternative pour devenir auto-entrepreneur jardinier et profiter du régime de la micro-entreprise.

Quelques conditions à remplir…

Un auto-entrepreneur doit respecter certaines obligations pour exercer le métier de jardinier. Il doit veiller à ne pas limiter l’activité au jardinage uniquement. En effet, l’auto-entrepreneur peut pratiquer une activité de jardinage en déclarant entre autres « services aux personnes jardinage et petit bricolage ». Il peut ainsi intervenir pour des petits travaux tels que :

  • la tonte de pelouse ;
  • la taille de haies ;
  • le débroussaillage ;
  • la plantation d’arbres et d’arbustes ;
  • l’entretien des arbres fruitiers ;
  • le désherbage ;
  • la cueillette de fruits et légumes (pour une consommation personnelle).

Le chiffre d’affaires de l’auto-entreprise ne doit pas excéder les 70 000 euros. Si ce seuil est dépassé pendant 2 années consécutives, l’auto-entrepreneur passe automatiquement au régime réel d’imposition.

Un auto-entrepreneur exerçant des activités de services à la personne (SAP) peut être payé en CESU (Chèques Emploi Service Universel) préfinancés, sous certaines conditions. Il doit pour cela s’inscrire auprès du Centre de remboursement du chèque emploi service universel ou CRCESU.

En optant pour l’activité services à la personne, l’auto-entrepreneur peut faire bénéficier à ses clients d’un crédit d’impôt de 50 %. Les conditions sont simples. Il suffit en effet de demander un agrément simple de la DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) de son département.

Un fonctionnaire à la recherche d’une activité complémentaire est libre de devenir auto-entrepreneur.

Les règles pour devenir jardinier auto-entrepreneur

L’accès au métier d’auto-entrepreneur dans les services à la personne est soumis à des conditions. L’auto-entrepreneur doit respecter les obligations suivantes pour s’adonner à des activités de jardinage dans le cadre des services à la personne.

  • Effectuer uniquement la tonte de gazon, la taille d’arbres, le désherbage et les autres travaux d’entretien courant de jardin et/ou de potager. La création et la restauration de jardins et d’espaces verts appartiennent à un paysagiste, un métier également incompatible avec le statut d’auto-entrepreneur. Il ne peut pas non plus ajouter la vente d’outils et de produits de jardinage et d’élagage à ses activités.
  • Le jardinage ne doit pas constituer la majorité du chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur. Il doit ainsi ajouter au moins une autre activité à part le petit jardinage telle que le ménage, la garde d’enfants, les petits bricolages, etc.
  • Se limiter à une clientèle de particuliers et intervenir uniquement à leurs domiciles. Dans les services à la personne, il est impossible pour un auto-entrepreneur de proposer ses services à des entreprises ou des collectivités.
  • Pour que les clients puissent prétendre au crédit d’impôt, leur dépense annuelle affectée au petit jardinage ne doit pas excéder les 5 000 euros.
  • Demander un agrément de l’État ou une autorisation du conseil départemental pour une intervention auprès de personnes fragiles: enfants de bas âge (de moins de trois ans), personnes handicapées et/ou dépendantes et personnes âgées.

Pour exercer dans le cadre de services à la personne auprès d’un public fragile, l’auto-entrepreneur doit posséder les moyens financiers et matériels nécessaires pour obtenir un agrément ou une autorisation auprès des organismes compétents.

Démarches et formalités

Les démarches et formalités à accomplir pour être auto-entrepreneur jardinier varient selon la nature de l’activité choisie en plus du petit jardinage. Dans un premier temps, le créateur d’auto-entreprise doit remplir le formulaire Cerfa P0 et s’immatriculer au Registre du commerce et des sociétés (RCS) auprès de l’Urssaf.

À la suite de cette démarche, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) enregistre l’auto-entreprise au registre national des entreprises (RNE). L’auto-entrepreneur se verra alors attribuer des numéros SIRET et SIREN et un code APE (Activité Principale Exercée).

Après l’inscription de l’auto-entrepreneur à l’URSSAF, une déclaration d’activités de services à la personne doit être effectuée pour les professions ne nécessitant ni un agrément ni une autorisation départementale.

Cette démarche s’effectue auprès de la DIRECCTE du département de l’auto-entrepreneur. Elle est facultative, mais est avantageuse aussi bien pour le jardinier auto-entrepreneur que pour ses clients. Cette déclaration permet notamment au client de bénéficier d’un allègement fiscal à hauteur de 50 %.

Liste non exhaustive des activités pouvant faire l’objet d’une déclaration de services à la personne :

  • petits travaux ménagers, surveillance et entretien de la maison ;
  • course et livraison de courses ;
  • préparation de repas à domicile ;
  • petit jardinage et bricolage ;
  • assistance administrative à domicile ;
  • soins esthétiques pour les personnes invalides ;
  • soins et promenade d’animaux domestiques pour le compte de personnes dépendantes ;
  • soutien scolaire ou cours à domicile ;
  • garde d’enfants de plus de 3 ans.

Une demande d’agrément ou une autorisation départementale est obligatoire pour l’exercice des activités suivantes :

  • garde d’enfants en bas âge de moins de 3 ans à domicile ;
  • assistance aux personnes âgées de plus de 60 ans ;
  • garde malade (sans soins médicaux) ;
  • conduite de la voiture personnelle d’une personne dépendante ;
  • accompagnement des personnes ayant des difficultés de déplacement ;
  • assistance aux personnes handicapées.

Il est possible de déclarer ou de demander un agrément SAP en ligne sur le site https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/R19148 ou par courrier.

Quelles sont les qualifications requises pour devenir jardinier indépendant ?

Avoir la main verte et des notions en botanique ne suffit pas pour devenir jardinier professionnel. Le métier de jardinier requiert, en effet, des compétences et des qualités humaines. Il s’agit d’une profession vaste qui intègre plusieurs tâches. En fonction des saisons, le jardinier peut être amené à :

  • préparer le sol pour la plantation de végétaux (bêchage du sol, désherbage, etc.) ;
  • tailler les haies ;
  • débroussailler ;
  • entretenir les arbres et arbustes (taillage, élagage, traitement contre les maladies, engraissage…) ;
  • entretenir le gazon et les pelouses ;
  • faire les semis et bien d’autres.

Le jardinier peut également faire des travaux de petit bricolage tels que l’entretien des outils et machines de jardinage. Il peut aussi réaliser des travaux de petite maçonnerie pour embellir le jardin.

Les compétences

Le métier de jardinier est jusqu’à présent accessible sans diplôme. Toutefois, le jardinage nécessite des compétences spécifiques et un savoir-faire technique. Avoir un diplôme est plus valorisant pour un jardinier auto-entrepreneur. Il s’agit d’un gage de sérieux et de professionnalisme. Les professionnels disposant d’un CAP, d’un BEP ou d’un Bac pro sont d’ailleurs plus sollicités et ont plus de chance de trouver du travail rapidement.

Par ailleurs, il est important de suivre des formations en jardinage afin d’acquérir toutes les compétences nécessaires pour être un bon d’un jardinier :

  • avoir une connaissance parfaite des caractéristiques de chaque plante et de leurs besoins en entretien à chaque saison ;
  • connaître les caractéristiques du sol ;
  • connaître la période idéale pour effectuer le semis et la récolte ;
  • avoir une connaissance parfaite des végétaux et de l’endroit propice pour les planter ;
  • connaître les caractéristiques des arbres, arbustes et arbres fruitiers ;
  • connaître parfaitement les caractéristiques des produits utilisés.

Outre les compétences techniques, un jardinier doit avoir de bonnes conditions physiques. En effet, il passe la plupart de son temps dehors dans des postures pas toujours très agréables. Il doit ainsi être endurant, mais aussi minutieux et précis. De plus, il doit être en mesure de s’adapter aux climats et aux différentes contraintes éventuelles rencontrées sur chaque chantier.

Les qualités humaines

En plus d’avoir du savoir-faire technique et de bonnes conditions physiques, un jardinier doit posséder d’autres qualités pour réussir à s’installer en auto-entrepreneur. Les missions de ce professionnel ne se limitent pas à la plantation et à l’entretien des plantes. Il doit également être assez créatif pour aménager un jardin en bonne santé et esthétique.

Bien qu’un jardinier auto-entrepreneur ne soit pas autorisé à effectuer des travaux de création, il doit être de bon conseil. Il peut, entre autres, aider son client dans l’achat de plantes et d’arbustes ainsi que de produits d’entretien. Il doit par ailleurs être soucieux du développement durable. Étant en contact permanent avec la nature, il doit utiliser des méthodes et des produits adéquats pour la préserver.

Avoir un bon relationnel fait partie des qualités humaines essentielles que doit posséder un bon jardinier. Il doit savoir communiquer facilement avec ses clients et être à l’écoute afin de satisfaire leurs attentes. Un client satisfait n’hésitera pas à recommander le jardinier à ses proches et le bouche-à-oreille est l’une des meilleures publicités pour un auto-entrepreneur.

Puisque l’activité jardinage ne peut pas être effectuée seule en auto-entreprise, le jardinier doit faire preuve de polyvalence et être capable de s’adapter à différentes situations. Il peut être amené à travailler auprès de personnes physiques. Il doit ainsi faire preuve de disponibilité et d’empathie pour mieux accompagner ces personnes dans leur quotidien.

Combien gagne en moyenne un jardinier en auto-entreprise ?

Les tarifs d’un jardinier auto-entrepreneur sont très variés. Son salaire dépend de sa clientèle et des autres activités qu’il effectue. En général, un jardinier indépendant est payé à l’heure. Sa rémunération est en moyenne comprise entre 15 et 50 euros par heure. Le jardinage étant une profession libérale relevant du RSI, les cotisations sociales de l’auto-entrepreneur sont déduites de son chiffre d’affaires (22 %).

Jardinier auto-entrepreneur : mode d’emploi pour développer votre activité

Pour pouvoir vivre de ses activités, un jardinier auto-entrepreneur doit trouver des clients. Il doit également adopter les bonnes techniques pour y arriver. Il doit également adapter ses offres en fonction des besoins de ses clients. Voici quelques conseils pour développer son activité.

Proposer une offre pertinente

Afin de proposer une offre adaptée à ses clients, un auto-entrepreneur doit étudier le marché dans lequel il souhaite se faire une place. Il doit tout d’abord s’intéresser à ce qu’offrent ses concurrents qui ne sont pas forcément des auto-entrepreneurs. Il est également conseillé de parler directement avec ses clients potentiels afin d’avoir un aperçu de leurs réelles attentes.

Ces informations permettent de tailler ses offres par rapport aux besoins des clients. L’auto-entrepreneur peut ainsi fixer ses tarifs, choisir les prestations complémentaires et la zone d’intervention. Cette étude de marché permet également de mettre en avant ses valeurs ajoutées et les avantages dont bénéficierait le client en faisant appel à ses services (crédit d’impôt, paiement en CESU, agrément, qualifications, atouts, etc.).

Établir une bonne stratégie de communication

Afin de trouver ses premiers clients, le jardinier auto-entrepreneur doit donner une bonne visibilité à son offre de service. Plusieurs solutions s’offrent à lui pour y arriver, dont les réseaux sociaux (Facebook, Linkedin, etc.). Il est également conseillé de créer son propre site internet pour avoir une bonne présence en ligne.

Outre la visibilité sur la toile, l’auto-entrepreneur doit également accorder une attention particulière à la communication locale : bouche-à-oreille, distribution de flyers, publicité dans les magazines et journaux, affiches, marquage sur véhicule, etc.

Pour en savoir plus sur les différentes prestations de services exerçables en tant qu’auto-entrepreneur :

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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